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    Démission de Nathalie Normandeau

    6 septembre 2011 21h51 | Alexandre Shields | Québec
    La ministre des Ressources naturelles et de la Faune et vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, quitte la vie politique. Elle a dit souhaiter que «le mot liberté ait encore tout son sens».

    «Avant la politique, il y a la vie», a lancé cet après-midi Mme Normandeau au cours d’un point de presse où il a abondamment été question des «sacrifices» qu’impose la vie politique. Elle s’est également dit heureuse de ses réussites politiques, notamment la défense des régions, l’élaboration du Plan Nord et la signature d’une entente avec Ottawa au sujet du gisement pétrolier de Old Harry. Mais dans son message livré à la presse, elle n’a pas glissé un seul mot du dossier très controversé des gaz de schiste.

    Le premier ministre Jean Charest, présent à ses côtés, s’est quant à lui dit attristé par le départ de sa collègue, lui qui l’a convaincue de faire le saut en politique provinciale en 1998. Il a qualifié Mme Normandeau de «femme d’exception» et salué celle qui «a défendu son coin de pays», la Gaspésie. Même s’il s’agit du départ d’un sixième ministre de son gouvernement depuis 2008, il n’y voit pas de sujet d’inquiétude.

    Âgée de 43 ans, Mme Normandeau a une longue feuille de route politique. Elle a été élue députée de Bonaventure pour la première fois en novembre 1998. Elle a pris du galon dès l’élection du premier gouvernement Charest en 2003, en devenant ministre déléguée. Après le scrutin de 2007, elle a été nommée vice-première ministre et ministre des Affaires municipales, et a été reconfirmée dans ses fonctions après les élections de novembre 2008. Ce n’est qu’en juin 2009 qu’elle a été désignée ministre des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord.

    Controverses

    En conférence de presse à Québec aujourd’hui, il a été très peu question des dossiers très controversés pilotés au cours de la dernière année et demi par la vice-première ministre. Mme Normandeau a surtout été critiquée pour sa gestion du dossier du gaz de schiste. Au moment où Le Devoir discutait du sujet avec elle pour la première fois, en juin 2010, elle s’était portée à la défense de l’industrie, et ce, même si aucune information indépendante sur les impacts de cette filière n’était alors disponible.

    Le ministère travaillait alors étroitement avec les gazières et la vaste majorité de la population ignorait le potentiel gazier du sous-sol de la province. «On s’emploie, avec l’Association pétrolière et gazière du Québec, à développer des outils de communication pour faire tomber un certain nombre de préjugés, avait expliqué Mme Normandeau. On s’emploie à ce que les citoyens aient accès à la bonne information. Par exemple, dans le domaine du gaz, les gens se demandent si on cause un préjudice aux nappes phréatiques lorsqu’on fait un forage. La réponse est non. Est-ce que les substances auxquelles on a recours pour forer sont polluantes? La réponse est non.»

    Il n’était alors pas question d’impliquer le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans ce dossier. La ministre comptait même déposer un projet de loi pour encadrer l’exploitation des hydrocarbures dès l’automne 2010. Qui plus est, dans le budget 2009, les libéraux avaient annoncé un congé de redevances pour les puits gaziers qui entreraient en production d’ici le 1er janvier 2011. Aucune entreprise ne s’est finalement prévalue de cette mesure.

    La vice-première ministre a continué de défendre la gestion du dossier du gaz de schiste après s’être résolue à impliquer la BAPE — dont le rapport s’est avéré très critique de l’action du MRNF — dans le dossier. Après avoir mis en avant la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement énergétiques du Québec, la ministre des Ressources naturelles avait insisté sur le piètre état des finances publiques pour justifier la décision du gouvernement de permettre l’exploitation du gaz de schiste.

    Il lui est même arrivé de citer le cas des garderies à sept dollars pour expliquer la nécessité de forer le sous-sol québécois à la recherche de combustible fossile. «Juste pour vous donner un exemple. Les services de garde à sept dollars, c’est extraordinaire qu’on se soit doté de ça. Ça nous coûte 1,5 milliard de dollars par année. Ça, les amis, si on veut éviter d’aller vous en chercher davantage dans les poches, il faut jouer sur la colonne des revenus et s’assurer de créer de la richesse ici. Et c’est comme ça que notre société sera en mesure de grandir et que nos enfants ne seront pas hypothéqués par les dettes qu’on va leur laisser pour les 10, 15, 20 ou 25 prochaines années.»

    Un virage vers le gaz naturel

    Nathalie Normandeau a par ailleurs promis que le Québec prendrait le virage du gaz naturel d’ici une décennie. «Ce qu’on veut faire, comme société, c’est se donner 10 ans pour opérer une reconversion entre le pétrole et le gaz naturel, a-t-elle soutenu en septembre 2010, au cours d’un point de presse tenu au Congrès mondial de l’énergie, qui se tenait à Montréal. Dans notre portefeuille de consommation, on souhaite que le gaz naturel prenne davantage de place que le pétrole.» À ce jour, Québec n’a toujours aucun plan.

    La ministre a par la suite suscité une certaine controverse en affirmant qu’un puits de gaz de schiste émettait autant de gaz à effet de serre qu’une vache. Des propos tenus peu de tant avant que le commissaire au développement durable ne souligne dans un rapport que les bénéfices économiques de l’industrie du gaz de schiste n’ont toujours pas été démontrés, blâmant au passage le MRNF.

    Elle s’est également attiré de nombreuses critiques dans le dossier pétrolier. Lorsque Le Devoir a révélé qu’Hydro-Québec a cédé à une entreprise privée des permis d’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti, elle a refusé de divulguer ce que Québec avait obtenu en échange de permis situés sur des terrains qui renfermeraient des milliards de barils de pétrole.

    Mme Normandeau a en outre répété que le gouvernement du Québec n’irait pas de l’avant avec l’exploitation pétrolière du gisement maritime de Old Harry, situé en plein coeur du golfe du Saint-Laurent, sans une évaluation environnementale rigoureuse. Mais elle a aussi vanté les bénéfices pour le Québec d’un exploitation de cette ressource, et ce, malgré les risques environnementaux associés aux forages en mer.
    Par ailleurs, sa liaison avec Yvan Delorme avait fait jaser. Il s’agit d’un ancien chef de police de Montréal qui a démissionné peu après avoir été nommé.

    Le Devoir
    Avec La Presse canadienne
     
     
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