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Québec - L'immigration au pifomètre

Un niveau élevé de nouveaux arrivants est perçu comme bénéfique par le gouvernement libéral

Robert Dutrisac   3 septembre 2011  Québec
Chez les économistes, il n’existe pas de consensus sur l’apport des immigrants à l’enrichissement collectif.<br />
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
Chez les économistes, il n’existe pas de consensus sur l’apport des immigrants à l’enrichissement collectif.
Depuis le lancement au printemps des consultations sur la planification de l'immigration pour la période 2012-2015, la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Kathleen Weil, a fait l'étalage de ses indiscutables bonnes manières et surtout d'un inébranlable optimisme que certains ont toutefois qualifié de jovialisme. Pour elle, le Québec «n'est pas une société fragile», mais, au contraire, «une société extrêmement forte, extrêmement dynamique, extrêmement compétitive». Les seuils d'immigration que propose le gouvernement Charest pour les trois prochaines années témoignent de cette perception: le nombre d'immigrants admis diminuera de 4000 par rapport à 2010, une année record, mais se maintiendra à 50 000 par an, un seuil parmi les plus élevés depuis les années 70.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    3 septembre 2011 11 h 44
    Juste une question économique ?
    Quand j'étais jeune, l'immigration était considérée comme une "faveur" que faisait "notre beau grand pays" à des "pauvres étrangers" à qui on permettait ainsi de repartir à neuf, de jouir de nos institutions démocrtiques et de réussir, s'ils avaient du coeur au ventre. Aujourd'hui on la justifie uniquement en termes économiques ("combler les besoins de main d'oeuvre", langage codé du CPQ pour dire fournir à nos entreprises des professionnels éduqués, travailleurs, dociles et compétents qu'on pourra payer à peine mieux que le salaire minimum). Pour le CPQ, le chômage, ceuz les immigrants en particulier, est une bonne affaire, ça permet de garder les salaires bas. Ils oublient qu'un travailleur mal payé ne dépense pas gros non plus, il ne fait pas beaucoup marcher l'économie, alors que les riches, eux, ont tendance à envoyerer leur argent à l'étranger, en voyages, en produits de luxe, en résidences secondaires, et en investissements dans des paradis fiscaux.
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  • Daniel Campeau - Abonné
    3 septembre 2011 16 h 42
    Une immigration à revoir
    Je crois qu'il est impératif d'imposer un moratoire sur l'immigration. Si environ 55 000 immigrants s'installent au Québec, dont 85% environ à Montréal et dans ses banlieues, il faudrait analyser si notre capacité d'intégrer harmonieusement tous ces gens réussit jusqu'à maintenant.

    Les nouveaux immigrants qui arrivent ici sur la base de diplômes (que les employeurs ne reconnaissent pas) et sans expérience québécoise se retrouvent bien souvent dans des boulots qui ne leur correspondent pas du tout. Est-ce qu'ils sont venus chercher ? Nous ne pourrons pas éternellement recevoir des immigrants qui travailleront dans des centres d'appels ou conduiront des taxis.

    Il est clair aussi, comme le souligne M. Terreault, qu'une main-d'oeuvre fragile acceptera volontiers un salaire plus bas, ce qui inévitablement a un impact sur les salaires en général, du moins dans certains secteurs.

    Ceux qui resteront au bas de l'échelle ne consommeront pas beaucoup et ne feront pas tourner l'économie autant que le Canada le voudrait, tandis que ceux qui arrivent avec beaucoup d'argent pourront investir dans l'immobilier ou placer leur argent ailleurs.

    Montréal et sa banlieue s'anglicisent très rapidement et l'immigration y est pour quelque chose. L'avenir du Québec m'inquiète un peu je dois dire.
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  • Oreille de crisse - Inscrit
    3 septembre 2011 23 h 22
    Pour une immigration sélective
    L'immigration pour combler le choc démographique est un mythe selon les chercheurs Dubreuil et Marois. Idem pour les besoins de main d'oeuvre dont en réalité la pénurie serait sectorielle et régionale. Pourquoi ne pas limiter l'immigration entre 5 000 et 10 000 personnes qualifiés pour satisfaire les vrais besoins? Pourquoi continuer à ouvrir les vannes au nom de la prétendue sacro-sainte réunification des familles?
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  • cpoulin - Inscrit
    4 septembre 2011 17 h 31
    On veut-on en venir
    J'ai beau avoir relu ce long article, je continue à ne pas comprendre l'esprit qui anime le journaliste qui l'a rédigé. Quel est le problème au juste? À propos de cette allusion aux économistes qui ne s'entendent pas sur "l'apport des immigrants à l'enrichissement collectif", ma première remarque est de proposer qu'il est tout à fait dans l'ordre des choses que les économistes ne s'entendent pas. Cette science ne cherche pas à répondre aux questions par des réponses de nature scientifique comme le font les physiciens. Alors pourquoi souligner une telle évidence. Ma deuxième remarque vise à remettre en question certaines thèses qui m'ont l'air de ne pas tenir compte de réalités historiques très lourdes sur les effets bénéfiques de l'immigration. Que seraient devenues les États unis sans cet apport. Et l'Europe qui compte sur ces apports pour assurer son développement depuis des décennies. Faut pas dire n'importe quoi! Claude Poulin
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  • France Marcotte - Abonnée
    5 septembre 2011 09 h 01
    Discréditer sans trop se fatiguer
    "Dès 2003, le gouvernement Charest a décidé d'accueillir davantage d'immigrants[...] Pour justifier cette hausse, on invoquait essentiellement le vieillissement de la population et les pénuries de main-d'oeuvre qui menaçaient l'économie du Québec."
    "Certains y verront une stratégie machiavélique que déploie le Parti libéral pour favoriser sa domination politique au Québec. «Malgré une francisation relative de l'immigration, l'appui au Parti libéral du Québec demeure proportionnellement plus fort chez les immigrants que chez les natifs. Le gouvernement a donc un intérêt objectif à faire diminuer la part relative des natifs dans la population», écrivent le philosophe Benoît Dubreuil et le démographe Guillaume Marois."

    En qualifiant cette proposition de "machiavélique", on la discrédite en la ridiculisant. Cela ne prouve pas qu'elle ne soit pas vraie mais que le journaliste est bien décidé à nous convaincre qu'elle est fausse.
    Cela me convainc qu'elle est sans doute vraie.
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