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Crise au Parti québécois - La perte de conscience nationale

Antonin-Xavier Fournier, professeur de science politique au Cégep de Sherbrooke  2 septembre 2011  Québec
Trop souvent, lorsque l'on tente d'expliquer la crise que traverse le Parti québécois, on cherche à réduire le débat à un affrontement entre ceux que Pauline Marois qualifie de pressés et les pragmatiques qui attendent les conditions gagnantes. Or, ce qui ébranle actuellement l'ensemble du mouvement souverainiste dépasse largement la question circonstancielle du leadership et des différentes tendances qui s'affrontent à l'intérieur des forces indépendantistes.

En fait, c'est le nationalisme québécois tout entier qui traverse actuellement une grave crise «existentielle» et cette crise, qui touche particulièrement le Parti québécois, ne pourra être résolue par des initiatives cherchant à redonner des lettres de noblesse aux charges publiques, comme le suggèrent le rapport Drainville ou les propositions euphoriques de Pierre Curzi.

En vérité, la tempête qui secoue les souverainistes est le résultat d'un amalgame de conjonctures complexes qui, isolément, n'expliquent que partiellement la réalité. Cependant, prises dans leur ensemble, elles donnent la pleine mesure d'une tourmente qui n'a certes pas fini d'alimenter le débat public.

Les explications du déclin

Le déclin du nationalisme québécois a donné lieu à plusieurs analyses depuis 1995. Pour certains, dont le professeur Jean-Herman Guay, le PQ vogue d'une crise à l'autre en partie parce que les Québécois n'ont plus de raisons objectives de se révolter. Les luttes nationalistes traditionnelles basées sur l'affranchissement des francophones de la domination anglo-saxonne seraient aujourd'hui dépassées. Les Québécois, maîtres chez eux depuis le début des années 1960, ne sentiraient plus le même besoin de poursuivre les luttes des générations précédentes. Les «raisins de la colère» n'étant plus là, le mouvement souverainiste en subit logiquement les conséquences en se marginalisant à petit feu.

Pour d'autres, le déclin de la question nationale s'explique par la volonté des gouvernements de diluer la culture majoritaire des francophones du Québec dans le multiculturalisme. Érigé en doctrine d'État tant sur la scène provinciale que fédérale, le multiculturalisme en vient à présenter la culture majoritaire comme une culture parmi tant d'autres, empêchant ainsi les questions nationalistes de s'exprimer et provoquant par le fait même une forme de «dénationalisation» des enjeux identitaires. Il s'agirait donc, dans cette perspective, de rétablir le rapport à la culture majoritaire en réaffirmant les caractéristiques de la nation québécoise.

Un nationalisme de crises

S'il est sans doute vrai que les luttes nationalistes ont aujourd'hui changé et que la culture québécoise est diluée dans la construction de l'espace identitaire canadien, il ne faut surtout pas oublier que le nationalisme québécois est aussi le résultat d'une succession de conflits qui ont servi à alimenter les partis politiques dans leurs projets de société. Cette construction nationaliste de l'affrontement nous rappelle que le monde politique est aussi le résultat d'une confrontation à l'intérieur du système politique, confrontation qui conditionne, en quelque sorte, l'environnement politique.

Par exemple, le nationalisme canadien-français, puis québécois, a toujours été alimenté par ces différentes crises. Que ce soit l'affaire Louis Riel, les écoles francophones de l'Ontario, le débat entourant les conscriptions, les batailles pour l'affichage de la langue française et la longue période des luttes constitutionnelles entre 1970 et 1992, les partis politiques ont toujours pu compter sur la crise pour mobiliser l'électorat. Ce fut le cas autant du Parti libéral de Robert Bourassa que du Parti québécois de René Lévesque. Cette mobilisation par la crise est cependant de moins en moins présente, expliquant entre autres la marginalisation du Bloc québécois à l'occasion des dernières élections fédérales.

Une perte de conscience nationale

Depuis le référendum de 1995, on peut remarquer que la scène politique québécoise n'est plus alimentée par les tensions nationales. Tirant des leçons de cette période tumultueuse, la classe politique fédéraliste a compris que la crise servait de puissant levier aux ambitions nationalistes des Québécois. En refusant systématiquement d'entrer sur ce terrain fertile, les partis fédéralistes coupent l'un des fondements les plus profonds du nationalisme québécois: le sens de l'histoire.

En effet, pour le citoyen de la décennie 2010, le rapatriement de 1982 n'est que le lointain souvenir d'une bataille menée par une autre génération. Il en va de même pour les accords de Meech et de Charlottetown. Les revendications nationales prennent donc de plus en plus une dimension abstraite qui ne trouve plus d'encrage dans la société québécoise. Ne pouvant plus compter sur le sentiment de révolte, noyé dans l'ensemble multiculturel canadien et sans un conflit pour ranimer la flamme nationaliste, les Québécois perdent peut-être peu à peu cette conscience nationale qui permettait au mouvement souverainiste d'incarner les ambitions d'une société.

Cette perte de conscience est-elle symptomatique d'une amnésie permanente ou temporaire? Difficile à prévoir, le monde politique étant par nature instable et imprévisible. Entre-temps, les Québécois continuent d'oublier le sens de l'histoire, provoquant du même souffle la tourmente qui secoue actuellement le PQ. Chose certaine, ce ne sont pas de «petites rénovations» démocratiques déjà proposées depuis plus de 40 ans qui viendront modifier cette réalité.

***

Antonin-Xavier Fournier, professeur de science politique au Cégep de Sherbrooke
 
 
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  • jeanduc - Abonné
    2 septembre 2011 07 h 04
    Bonne analyse!
    Par contre, je m'étonne que les politiciens indépendantistes ne fassent que peu de cas du déclin du français à Montréal et du bradage de nos ressources naturelles. N'y a t-il pas là matière à mobilisation?
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  • Georges Paquet - Abonné
    2 septembre 2011 07 h 35
    Il faudrait donc une "grosse" provocation.
    Je m'étonnais quelques fois du souhait simpliste que formulait certains citoyens, attendant que quelque part dans le "reste" du Canada, quelqu'un provoque une révolte des beaux esprits, par exemple, en piétinant le drapeau québécois, ou en congédiant un travailleur québécois parce qu'il oserait parler à ses collègues en français. Malheureusement, les chances que cela se produise ne sont pas légions.
    Je crois qu'il faut voir dans cette attente d'une provocation, la faiblesse du projet lui-même et la raison pour laquelle les convictions étant si superficielles, il faille les "fouetter" avec une ardeur renouvelée. Ce à quoi, tout le monde se lasse...
    La tâche la plus importante serait donc de définir le projet lui-même. On verrait si les Québécois en veulent...

    Georges Paquet
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  • Alexandre Dionne - Abonné
    2 septembre 2011 08 h 37
    Bon texte.
    Mieux que le texte paru dans La Presse, " La parlotte souverainiste ", d'un certain histrion-téléologue au service du présentisme, d'une rétrodiction historienne éminemment douteuse et d'un prophétisme ahurissant (pour un enseignant en histoire !).

    À suivre.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    2 septembre 2011 08 h 40
    De nègres blancs à très égaux
    Bien oui, M. Vallières avait bien saisi notre situation de Québécois francophones, dans son livre publié en 1968 : Nègres blancs d'Amérique, ce que nous ne sommes plus, pas plus qu'anciesn porteurs d'eau. Nous nous la faisons porter actuellement par des Américains espagnols qui travaillent dans nos champs.
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  • Hyperbolique - Inscrit
    2 septembre 2011 08 h 53
    Bien d'accord
    ... la tenue d'État généraux sur la souveraineté ne fera qu'ériger en spectacle les divisions au sein du camp souverainiste plutôt que de régler quoi que ce soit. Il est à peu près certain que le PQ deviendra un petit parti de moins de 12 sièges aux prochaines élections. Et, vu les gaffes à répétitions que les souverainistes commettent depuis les derniers mois, ils seront les seuls responsables de leur débâcle et de la réélection de Jean Charest. Ce même Jean Charest dont on accuse de corruption. Ça tout l'air que ça n'intéresse plus vraiment les souverainistes...
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  • plan sud - Inscrit
    2 septembre 2011 09 h 50
    1992
    Je suis toujours étonné des interprétations faites du non de 1995.
    Je ne veux pas m'étendre très longtemps sur le sujet, mais pourquoi ne parle-t-on jamais de 1992, du non au canada suite à le triste entente de Charlottetown, lui aussi suite à un référendum, celui-là fédérale.
    Le Canada non plus, n'a pas su réussir son projet de pays. Ce non n'est-il pas aussi représentatif de la vision d'un Québec dans le Canada.
    On a bien dit ce qu'on ne voulait, soit d'un Canada comme il nous est présenté, comme nous y serions accepté.
    Pourquoi cette défaite Canadienne a perdu son importance dans notre environnement politique, je ne parviens pas à le comprendre.
    20 ans plus tard on en entend même plus l'écho. Sélective la mémoire vous dites...
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  • celuiqui - Abonné
    2 septembre 2011 09 h 52
    Erreur révélatrice ?!

    « Les revendications nationales prennent donc de plus en plus une dimension abstraite qui ne trouve plus d'encrage dans la société québécoise. »

    Il aurait fallu écrire « ancrage », n’est-ce pas ?
    Pour ce qui est d’encrage, j’ai nettement l’impression que cet encrage, c’est-à-dire le fleuve d’écrits sur le sujet, se porte plutôt bien !
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  • Michel Simard - Abonné
    2 septembre 2011 10 h 39
    La perte de conscience mènera à la perte de l'existence (1)
    Les interprétations simplistes des partisans de la marginalisation et de la disparition de la nation québécoise, ou ce qui est équivalent la langue française, comme le fait l'Ontarien George Paquet, montre encore une fois leur total mépris de leurs conationaux.

    La nécessité et le désir d'indépendance ne découle pas de frustrations superficielles face à des manifestations du mépris des Canadians envers les Québécois (manifestations qui ressurgissent et ressurgiront régulièrement parce que ce mépris est inhérent à l'identité canado-britannique) mais bien parce que la nécessité et la volonté de prendre son destin en mains s'inscrit dans une identité nationale bien ancrée, existante que les Québécois (et Québécois exilés en Ontario et ailleurs) en soient conscients ou non. Le réel est souvent enfoui très profond dans l'inconscient. Les frustrations ne sont que l'émergence de ce qui est profondément enfoui et ne peut que provoquer onde de choc, sauf si la nation québécoise s'écrase, ce qui est la stratégie des prétendus fédéralistes.
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  • Michel Simard - Abonné
    2 septembre 2011 10 h 40
    La perte de conscience mènera à la perte de l'existence (2)
    La perte de conscience se traduit par une absence d'action visant à perpétuer et à développer la nation québécoise. Selon la religion du clan canadianiste, le Québec n'est qu'une collection d'individus épars dont le développement devrait se limiter à l'accumulation de richesse. Malgré ses prétentions mensongères, le clan canadianiste dénie l'existence et la légitimité de la nation québécoise. Il n'y a jamais eu de réelle volonté de "fédéralisme renouvelé", la preuve étant que tous les canadianistes, par exemple chez Gesca, sont tout à fait satisfaits d'un affaiblissement de l'équipe indépendantiste, affaiblissement qu'ils confondent avec disparition, sans qu'aucun changement ne soit apporté au fonctionnement de leur nation canadiane. C'est pourquoi personne dans le clan canadianiste ne se formalise que la nation québécoise ait dit non au Canada.

    Si certains Québécois persistent dans leur inconscience de former une nation, il est clair que cette nation se désintégrera. Mais tel n'est pas l'objectif des Canadianistes ? Un peuple ne survit que s'il le veut.
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  • Jean-Paul Rouleau - Abonné
    2 septembre 2011 10 h 43
    Enfin, un texte qui porte sur le fond du problème !
    « État et avenir de la conscience nationale », voilà un sujet qui pourrait servir de thème à des États généraux sur la souveraineté. Il permettrait de dépasser les questions de stratégies et de considérer en toute lucidité les vraies causes des déboires du Bloc québécois et du Parti québécois, pour aboutir aux motivations et aux raisons fondamentales de promouvoir et de réaliser l'indépendance du Québec, en 2011.

    Jean-Paul Rouleau, abonné
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    2 septembre 2011 11 h 40
    États généraux de la NATION
    Ce qu’il faut actuellement, c’est des États généraux de la NATION QUÉBÉCOISE.
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  • plan sud - Inscrit
    2 septembre 2011 11 h 56
    Bourassa
    Si l"on tient compte des sièges vendus PLQ depuis la nuit des temps, la défaite de Robert Bourassa était sans précédent. De !02 a 26 sièges, soit une perte de 66sieges d un coup.
    Pourtant en 1985 il était de retour pour un autre mandat de 9 ans je crois.

    "ils seront les seuls responsables de leur débâcle et de la réélection de Jean Charest"

    Je ne vois pas en quoi. A l oppose du PLQ le PQ n est pas un parti de pouvoir mais un parti de programme, libre aux Québecois de choisir ce qu ils veulent. MagouilesvsPays un choix qui, s il se fait magouilles, en dira beaucoup sur nous et de nos aspirations. Le PQ n a pas a sauver le Québec malgré lui. On a le NPD pour ça.
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  • emeri - Abonné
    2 septembre 2011 13 h 12
    Le panneau!
    Combien parmi vous chers blogueurs tombent dans le panneau en
    disant que l'anglo ses adoucie. Et que veut-on de plus qu'un premier ministre (Harper) qui nous l'honneur de causer quelques lignes en
    français.
    Vous avez oublié le gros shows du bon Jack et de sa bouille populiste
    qui a endormie les plus mou d'entre-nous.

    Mais mon cher Paquet, l'ontarien, la provocation elle est de tous les
    instants dans les radios, les journaux, les télévisions et les blogues
    anglophones de beaux pays.

    On ne s'essuierait plus les pieds sur le drapeau du Québec?
    Ouvrez-vous les yeux et les oreilles monsieur dans votre beau pays.
    Et les médias montréalais n'ont de cesse de se plaindre de ne plus
    pouvoir afficher dans la seule langue anglais comme dans le bon
    vieux temps. Mais ça ne les empêches pas de défendre à employés
    de servir la clientèle francophones... en français.

    Oui mes amis, c'est le temps plus que jamais de s'atteler à faire
    l'indépendance de l'État du Québec avant que l'on disparaisse pour de bon.

    Réjean Grenier
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  • tohi1938 - Inscrit
    2 septembre 2011 13 h 33
    Problème effectivement très bien posé, qui rassure et rafraîchit!
    Pour mettre ça en perspective, il faut et il suffit de rappeler que ce n'est pas Vatican 2 (et encore moins des États Généraux sur la langue...) qui a convaincu de tempérer l'absurde de l'imaginaire chrétien, et sa mobilisation pour accroître le pouvoir romain.
    C'est la sagesse populaire, ou plus clairement le déclin de l'ignorance.
    Toutes les religions dites chrétiennes ne promettent que du rêve, en fait du vide, mais un vide qui repose sur un imaginaire menaçant, mais heureusement non vérifiable, non vérifié, et donc sans grand sens, mais tellement bien prêché que tout le monde se force pour y croire afin d'éviter de se sentir excommunié, jusqu'à ce que la raison finisse enfin par prendre le dessus.
    Il est donc logique et normal que les œillères finissent par s'effondrer, et que l'électorat cherche quelque chose de pas mal plus concret que les "peurs" pour se mobiliser.
    Autrement dit, le rêve et le mythe de la souveraineté se sont dissipés au profit d'une préoccupation du mieux vivre, et c'est tant mieux. Bonjour le petit pain, et bonjour la géhenne!
    Donc, accueillons la quête du mieux-être, et honnissons la quête d'un avenir aussi fallacieux qu'absurdement imaginaire, mais raison d'être de ceux et celles qui sont avides de domination des autres.
    En d'autres termes, repoussons l'intoxe qui ne profite qu'aux apparatchiks.
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  • plan sud - Inscrit
    2 septembre 2011 15 h 03
    M Tohi
    qui a convaincu de tempérer l'absurde de l'imaginaire chrétien,

    Je crois que vous avez commis une faute d'orthographe dans votre phrase, puisque chrétien devrait s'écrire avec un C majuscule. Et la on peu en saisir le vrai sens.

    Vous dites aussi: la quête d'un avenir aussi fallacieux qu'absurdement imaginaire.
    Je comprends mal votre logique, puisque l'avenir n'est vérifiable qu'une fois passé, il reste donc toujours imaginaire et fallacieux. Et de remplacer le petit pain par des beignes de Tim Horton, ce n'est pas ce que j’appelle avancer. A moins bien sur que vous ne cherchiez qu'une bouée, alors là je comprends que le vide d'un beigne vous sert d'avantage, et qu'au lieu de rêver, vous pourriez mieux ramer.
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  • Loraine King - Inscrite
    2 septembre 2011 16 h 22
    @Michel Simard
    Je suis 100 % d'accord avec votre propos, sauf sur un point : le peuple qui a cette volonté est le peuple canadien, celui que Stephen Harper décrit comme étant le premier peuple canadien, dont la langue est le français. L’identité que nous avons bien ancrée sur ce sol depuis des siècles ans est l’identité canadienne.

    Il y a 40 ans, des politiciens de toutes les couleurs ont décidé qu’il fallait nous enlever notre identité, chacun pour leurs propres raisons : pour certains il fallait qu’en en finisse avec notre ethnie canadienne pour se transformer spontanément en nation québécoise. On nous disait que nos ancêtres qui ont laissé les traces de leur génie et de leur endurance sur tout le continent nord-américain, nos ancêtres donc manquaient d’ambition (!), et que les politiciens que nos ancêtres ont élus et qui ont dirigé la société riche vers le pays hautement développé dans lequel nous vivons étaient tous des vendus qui n’avaient pas nos intérêts en tête (!). Pour d’autres, ce ne fut qu’un jeu politique dont le résultat fut que même l’Ontarienne que je suis est maintenant membre d’une nation québécoise dans un Canada uni.

    On ne m’accordera pas le droit de vote, je suis Ontarienne, mais je voterais avec enthousiasme pour que la province de Québec se retire de la fédération canadienne et devienne un pays. Mais contrairement à vous, pour distinguer le peuple de mes ancêtres, je vais dorénavent honorer leur mémoire et utiliser le terme canadien pour vous et moi, comme le faisait ma mère, et comme le firent mes ancêtres pendant des siècles. J'espère ne pas vous offenser. Quant aux autres qui vivent dans cette fédération, je les nommerai peut-être les Américains Royalistes ou les Américains du Nord Britannique ; je suis convaincu que cela leur fera plaisir.

    Que les politiciens aillent se faire foutre, et surtout qu’ils ne touchent plus à mon nom.
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  • Stephane Levasseur - Inscrit
    3 septembre 2011 14 h 18
    Cycle de vie d'un parti politique
    Merci M. Fournier pour votre élégante analyse. Je me permet de la compléter.

    Cycle de vie d'un parti politique :

    1. Un changement s'opère dans la société.
    Exemples: la minorité francophones cherche à s'émanciper

    2. Une idée nouvelle, une façon de penser innovatrice ou un projet inspirant jaillit de ce changement.
    Exemple: indépendance du Québec

    3. Des hommes et des femmes ont comme projet de changer la société autour de cette idée et se présentent aux élections.
    Ex: fondation du PQ

    4. Le peuple décide par leurs votes si le projet vaut la peine d'être appliqué. Le changement s’opère dans la société ou le projet échoue.

    Wash-Rinse-Repeat

    Lorsque le projet échoue, il y a toujours des "purs et durs" qui ne vont pas renoncer, c'est normal. Il y a aussi les politiciens de carrière et les groupes d'intérêts qui ne lâchent pas prise. Pendant ce temps, la société change encore et de nouveaux projets politiques voient le jour.

    *TOUSSE* dette souveraine *TOUSSE* corruption *TOUSSE* inégalités de revenus *TOUSSE* décrochage scolaire *TOUSSE* vieillissement *TOUSSE*

    Gros rhume de cerveau...

    Stephane Levasseur
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  • serge lemay - Inscrit
    5 septembre 2011 09 h 39
    La division en politique n'est que souhaitable
    Sauf si le scrutin n'est pas démocratique. Par exemple, Harper est majoritaire avec 39 % de l'électorat, à ce prix là le Québec est indépendant depuis 1980. Si le vote était proportionnel au Québec comme au Canada, les choses seraient tout autre. La coalition qui dirigerait le Canada serait composée de libéraux et de NPD et on pourrait même y voir un appui des Bloquistes. Au Québec on pourrait avoir trois ou quatre partis souverainiste montrant la diversité des opinions quant à la future constitution parlementaire du nouveau pays.

    Le PQ a eu quarante ans pour mettre la table de l'indépendance et ils discutent encore de la couleur de la nappe. Par contre on voit naître de nouvelles options, on voit de plus en plus d'immigrants en faveur de l'indépendance car beaucoup de Québécois et de Néo-Québécois en se reconnaissent pas dans la politique Canadienne et tous savent que la seule façon d'obtenir des élections proportionnelles est de former un nouvel état sur des bases démocratiques.
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  • Lise Moga - Inscrite
    5 septembre 2011 16 h 12
    Un pays pour qui?
    Il faudrait peut-être se demander à QUI servirait l'indépendance du Québec? Plusieurs québécois ne se sentent concernés ni par les malheurs du fédéralisme, ni par les si somptueuses réalisations du PQ, souvent au-delà de nos moyens... à quoi servirait de se donner un autre pays si on n'a pas la croyance que l'on y gagnerait plus de respect, plus de liberté, plus d'équité et moins d'aliénation? Dans 40 ans d'aiguillonnage, dans 18 ans de pouvoir pendant lesquels il y a eu deux crises, donc deux occasions particulières pour manifester tout son talent, il aurait dû y avoir suffisamment de temps pour nous convaincre du meilleur! Le parti qui me donnerait cette perception, n'est pas encore créé.
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    5 septembre 2011 17 h 18
    À Serge Lemay:
    J'aimerais bien savoir d'où vous tenez cela "on voit de plus en plus d'immigrants en faveur de l'indépendance". Si c'est le cas, comment se fait-il que l'option stagne et que le PLQ reste au pouvoir bien qu'il soit impopulaire? Doit-on comprendre que ce sont les "de souche" qui se détournent de l'indépendance? D'ailleurs, combien d'immigrants se présentent sous la banière du P. Q. ? Le Bloc c'était autre chose... mais il ne pouvait réaliser l'indépendance: rassurant. Quant à Khadir, Q. S., c'est évident, prône une indépendance de gauche, ça mène où?

    À part ça on va faire l'indépendance pour avoir la proportionnelle? Franchement, vaudrait mieux déménager...

    Quant au NPD d'une hypothétique coalition avec le défunt Bloc, n'est-ce pas lui qui a proposé une motion reconnaissant "le droit des Québécois à franciser ses immigrants" sans tenir compte que la cour suprême n'a de cesse de gruger la loi 101 qui le permet. Que donnerait une telle coalition: encore plus d'hypocrisie? Car le Bloc a appuyé cette motion voté à l'unanimité, plutôt que d'en démontrer l'absurdité.

    Perte de conscience tout court?
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