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    Parti québécois - Le mur

    2 septembre 2011 | Bernard Descôteaux | Québec
    Le dossier du Devoir sur un amphithéâtre à Québec
    Les députés du Parti québécois se sont réunis ces deux derniers jours pour préparer la rentrée parlementaire du 19 septembre. Pour une bonne part, ce fut une séance de lessive du linge sale péquiste. Si quelques taches ont été nettoyées, plusieurs sont tenaces. Rien n'est encore assuré pour Pauline Marois.

    La chef péquiste est une leader blessée dont l'autorité est menacée de toutes parts. Il y avait urgence pour elle de colmater les brèches à cette réunion de Saguenay pour que ne survienne pas une nouvelle hémorragie au sein du caucus. Apparemment, elle a réussi. Au prix toutefois d'un compromis important. Elle accepte que ses députés puissent voter librement sur le projet de loi 204 portant sur l'amphithéâtre Labeaume, lequel a servi de déclencheur à la crise et entraîné un premier mouvement de démission. Par ailleurs, elle confie à un comité le soin de définir pour l'avenir les balises d'un vote libre.

    Ce compromis était inévitable. Elle manifeste ainsi son ouverture à tous ceux qui dans le parti veulent «faire de la politique autrement». Elle s'assure d'un répit sur ce premier front de contestation. En revanche, elle n'a manifesté aucune volonté de pactiser avec ceux qui réclament l'abandon de sa politique de «gouvernance souverainiste» perçue comme une renonciation de l'idée même de souveraineté. Sa réponse est claire. Cette politique adoptée en congrès demeure et ne sera pas discutée dans le cadre des états généraux de la souveraineté. Cela n'apaisera en rien les Lisette Lapointe, Pierre Curzi, Jean-Martin Aussant et compagnie qui plaident pour que le Parti québécois revienne à sa mission fondamentale de promotion de la souveraineté, ce qui à leurs yeux exige un changement de chef qui serait d'autant plus urgent que Pauline Marois n'arrive pas à séduire la population.

    Plusieurs militants croient que leur parti s'en va vers un mur, selon l'expression du président démissionnaire de l'association Montréal-Centre, Atim Léon. Ils ont ô combien raison. Mais Pauline Marois n'en est pas la cause, comme celui-ci le pense. C'est collectivement que le Parti québécois fonce vers ce mur, autant sa direction que ses militants qui ne veulent pas voir que le mouvement souverainiste est l'objet d'un décrochage politique. L'élection fédérale du 2 mai nous l'a révélé brutalement. Après le Bloc québécois, c'est le Parti québécois qui est en train d'en être la victime. Le montre bien la chute vertigineuse de popularité de ce parti dans les sondages.

    L'absence d'explication rationnelle de ce phénomène ne justifie pas le déni collectif dont semblent frappés les souverainistes. Au contraire, cette ultime chicane alimentera la lassitude des électeurs souverainistes dont la passion à l'égard de ce projet s'est émoussée au fil des années.

    Le Parti québécois peut éviter le mur vers lequel il se dirige. Tout au moins, il est possible de limiter les dégâts, pour peu que la raison reprenne le dessus. Il appartient à Pauline Marois de tenter quelque chose puisque c'est elle qui est au volant. Elle doit trouver le compromis qui permettra un rapprochement. Autrement, la campagne pour obtenir son départ continuera. Démissionnerait-elle que son successeur prendrait toutefois les rênes d'un parti profondément divisé, affaibli et déboussolé.
     
     
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