Pagé défend Drainville
Il faut cesser de voir des intentions cachées chez les députés péquistes qui brassent des idées, juge le député de Labelle
Québec — Il faut cesser, au Parti québécois, de croire que des «intentions cachées» motivent ceux qui, comme Bernard Drainville, réfléchissent à «faire de la politique autrement». C'est ce que soutient le député de Labelle, Sylvain Pagé, qui est lui-même en train de peaufiner un rapport prônant une «nouvelle culture politique».
La semaine dernière, un document synthèse signé par M. Drainville et établi cet été à partir d'un millier de courriels envoyés par les citoyens a nourri plusieurs rumeurs tenaces ainsi que des théories sur d'éventuels désirs du député de Marie-Victorin de briguer la direction du PQ. À l'instar de son ex-collègue Pierre Curzi, M. Pagé croit qu'il faut saluer «ceux et celles qui veulent faire des efforts pour amener des suggestions intéressantes». Il pense que derrière ces initiatives, «il ne faut pas juste voir des "intentions cachées". Moi je pense qu'il y a de bonnes intentions dans ce que Bernard, Pascal [Bérubé] ou d'autres font». S'arrêtant à son cas, M. Pagé insiste: «Je n'ai pas d'agenda caché. Je ne vise aucun poste. Ça fait quand même dix ans que je suis là. J'ai longtemps manifesté pacifiquement mon désaccord avec la façon dont on fait la politique. Je vais continuer à être pacifique, mais beaucoup moins discret.»
Pas de filtre péquiste
Sylvain Pagé se dit très favorable «dans l'ensemble, à quelques exceptions près» au rapport de M. Drainville, qui recoupe le sien passablement: «Je regardais certaines lignes de Drainville et je me suis dit: "a-t-il lu mon texte?"»
Quant à son rapport, il «ne sera menaçant pour personne», blaguait-il. Le député aurait bien aimé envoyer son texte à l'imprimerie hier, mais il soutient avoir dû en retarder d'une semaine la publication, car il voulait y apporter d'ultimes ajouts et corrections. Il a entre autres modifié le ton qui était beaucoup plus «brutal» au départ. M. Pagé, qui exècre la partisanerie au point de refuser systématiquement d'applaudir ses collègues lorsqu'ils marquent un point rhétorique lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, soutient que son document ne passera pas «par le filtre du PQ» avant d'être rendu public.
Le document, rédigé à partir d'une consultation d'une vingtaine de personnes — dont le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, le chef adéquiste, Gérard Deltell et le co-porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir —, contiendra une vingtaine de propositions. Il en présentera les grandes lignes lors du caucus de mercredi et jeudi à Saguenay, réunion des élus qui s'annonce des plus houleuses. Par la suite, lors d'une tournée, il compte organiser des «assemblées citoyennes». Un panel de trois politiciens issus de partis distincts débattrait de son rapport.
Vote libre
M. Pagé et son voisin de comté Claude Cousineau (Bertrand) étaient passés près de quitter le caucus péquiste à leur tour en juin. Hier, ils ont renouvelé leur confiance en leur chef, Pauline Marois. M. Pagé a soutenu que cette dernière avait «entendu certains messages et avait commencé à rectifier le tir». Au début de l'été, M. Cousineau, opposé à la loi 204 sur le futur amphithéâtre de Québec, s'était dit «en réflexion» quant à son appartenance au PQ. En cette fin d'été, il soutient avoir décidé de «terminer son mandat sous la bannière péquiste», la sienne depuis quatre élections. Il n'en sollicitera pas un autre toutefois, notamment pour des raisons de santé. Des examens lui feront d'ailleurs rater le caucus de cette semaine. En entrevue hier, il a tenu à souligner son désaccord avec la position du PQ au sujet du projet de loi 14 sur les mines. Il estime que sa collègue Martine Ouellet fait fausse route lorsqu'elle soutient que le PQ bloquera le projet de loi si l'on n'y ajoute rien sur l'augmentation des redevances. M. Cousineau souhaiterait que soient adoptées les dispositions du projet de loi donnant voix au chapitre aux citoyens et aux autorités municipales, face à un projet minier. Contrairement au PQ donc, il va «voter pour»; «c'est ça aussi, faire de la politique autrement!»
La semaine dernière, un document synthèse signé par M. Drainville et établi cet été à partir d'un millier de courriels envoyés par les citoyens a nourri plusieurs rumeurs tenaces ainsi que des théories sur d'éventuels désirs du député de Marie-Victorin de briguer la direction du PQ. À l'instar de son ex-collègue Pierre Curzi, M. Pagé croit qu'il faut saluer «ceux et celles qui veulent faire des efforts pour amener des suggestions intéressantes». Il pense que derrière ces initiatives, «il ne faut pas juste voir des "intentions cachées". Moi je pense qu'il y a de bonnes intentions dans ce que Bernard, Pascal [Bérubé] ou d'autres font». S'arrêtant à son cas, M. Pagé insiste: «Je n'ai pas d'agenda caché. Je ne vise aucun poste. Ça fait quand même dix ans que je suis là. J'ai longtemps manifesté pacifiquement mon désaccord avec la façon dont on fait la politique. Je vais continuer à être pacifique, mais beaucoup moins discret.»
Pas de filtre péquiste
Sylvain Pagé se dit très favorable «dans l'ensemble, à quelques exceptions près» au rapport de M. Drainville, qui recoupe le sien passablement: «Je regardais certaines lignes de Drainville et je me suis dit: "a-t-il lu mon texte?"»
Quant à son rapport, il «ne sera menaçant pour personne», blaguait-il. Le député aurait bien aimé envoyer son texte à l'imprimerie hier, mais il soutient avoir dû en retarder d'une semaine la publication, car il voulait y apporter d'ultimes ajouts et corrections. Il a entre autres modifié le ton qui était beaucoup plus «brutal» au départ. M. Pagé, qui exècre la partisanerie au point de refuser systématiquement d'applaudir ses collègues lorsqu'ils marquent un point rhétorique lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, soutient que son document ne passera pas «par le filtre du PQ» avant d'être rendu public.
Le document, rédigé à partir d'une consultation d'une vingtaine de personnes — dont le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, le chef adéquiste, Gérard Deltell et le co-porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir —, contiendra une vingtaine de propositions. Il en présentera les grandes lignes lors du caucus de mercredi et jeudi à Saguenay, réunion des élus qui s'annonce des plus houleuses. Par la suite, lors d'une tournée, il compte organiser des «assemblées citoyennes». Un panel de trois politiciens issus de partis distincts débattrait de son rapport.
Vote libre
M. Pagé et son voisin de comté Claude Cousineau (Bertrand) étaient passés près de quitter le caucus péquiste à leur tour en juin. Hier, ils ont renouvelé leur confiance en leur chef, Pauline Marois. M. Pagé a soutenu que cette dernière avait «entendu certains messages et avait commencé à rectifier le tir». Au début de l'été, M. Cousineau, opposé à la loi 204 sur le futur amphithéâtre de Québec, s'était dit «en réflexion» quant à son appartenance au PQ. En cette fin d'été, il soutient avoir décidé de «terminer son mandat sous la bannière péquiste», la sienne depuis quatre élections. Il n'en sollicitera pas un autre toutefois, notamment pour des raisons de santé. Des examens lui feront d'ailleurs rater le caucus de cette semaine. En entrevue hier, il a tenu à souligner son désaccord avec la position du PQ au sujet du projet de loi 14 sur les mines. Il estime que sa collègue Martine Ouellet fait fausse route lorsqu'elle soutient que le PQ bloquera le projet de loi si l'on n'y ajoute rien sur l'augmentation des redevances. M. Cousineau souhaiterait que soient adoptées les dispositions du projet de loi donnant voix au chapitre aux citoyens et aux autorités municipales, face à un projet minier. Contrairement au PQ donc, il va «voter pour»; «c'est ça aussi, faire de la politique autrement!»
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