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François Legault - Entrer dans l'arène

Bernard Descôteaux   30 août 2011  Québec
François Legault caracole au sommet des sondages électoraux. Le succès de ce candidat virtuel au poste de premier ministre s'explique par des propositions simples qui s'en tiennent à l'essentiel. Celles-ci doivent toutefois encore être soumises à l'épreuve du réel qu'est le combat politique.

L'ancien ministre péquiste de l'Éducation et de la Santé n'est pas un politicien charismatique, tant s'en faut! Pas plus que l'homme d'affaires Charles Sirois qui l'accompagne dans cette aventure qu'est la Coalition pour l'avenir du Québec. Paradoxalement, là se trouve leur capacité de séduction à l'égard d'électeurs qui, ces temps-ci, recherchent moins les beaux parleurs et plus les leaders qui ont des réalisations dans leurs bagages. Un Québécois sur trois les croit volontiers lorsqu'ils disent que, pour relancer le Québec, il faut cesser d'être à tout pour tous et se concentrer plutôt sur la remise en état des systèmes d'éducation et de santé et la reprise en main de nos assises économiques et culturelles.

Le programme mis en avant par la Coalition contient à cet égard peu ou pas d'idées nouvelles. Elles ont déjà été exprimées par les uns ou les autres. Tout tient plutôt à l'identification des problèmes auxquels il faut s'attaquer de toute urgence. Et aussi à l'affirmation d'une forte détermination à réaliser ce qui doit l'être, quel qu'en soit le prix politique à payer en cours de route.

Le quatrième volet de ce programme rendu public hier, celui sur la culture, illustre bien l'approche du tandem Legault-Sirois. C'est sans surprise que l'on trouve ainsi affirmée la préoccupation de la Coalition à l'égard de la pérennité de la langue et de la culture françaises en Amérique du Nord. Aucun parti politique au Québec ne peut évidemment négliger cette question. La surprise est plutôt dans la réponse proposée: «Le Québec doit être souverain en matière linguistique en raison de sa réalité objective en Amérique du Nord. Il est légitime pour son gouvernement d'utiliser la clause dérogatoire lorsqu'il s'agit de défendre la langue française.»

Le ton est volontaire et, afin d'être bien clair, on ajoute ne pas exclure le recours à cette clause pour mettre fin au régime des écoles passerelles. Chose que n'a pas osé faire le gouvernement Charest l'automne dernier, dont on se distingue ainsi quant à sa résolution à défendre la langue et de la culture françaises. Du même coup, on rassure les Québécois qui ont une fibre nationaliste quant au rôle de l'État en cette matière, comme la Coalition l'avait fait plus tôt cette année à propos du rôle de l'État dans la dispensation des services de santé en rejetant l'idée de la privatisation prônée par l'Action démocratique.

On peut donc retenir qu'un éventuel gouvernement dirigé par François Legault ne serait pas là pour démanteler l'État québécois, ni abdiquer ses responsabilités sur le plan social comme sur le plan culturel. Rassuré, on ne peut l'être toutefois entièrement, car François Legault, s'il n'a pas encore créé officiellement son parti, a néanmoins un pied dans l'arène politique partisane. S'il ose affirmer aujourd'hui ne pas écarter le recours à la clause dérogatoire pour défendre la Charte de la langue française, on ne sait pas s'il le ferait. La consolidation de la position du français devra être menée de façon résolue, mais de manière souple et tolérante, écrit-il. Ces nuances lui gardent bien des portes ouvertes et sont autant d'inconnues. Le premier ministre Jean Charest a bien raison de l'inviter à entrer de plain-pied dans l'arène politique. Seule la confrontation avec ses adversaires nous dira là où il loge vraiment.
 
 
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  • alen - Inscrit
    30 août 2011 06 h 53
    Mettre ses <le-lottes>
    Ça fait pour le moins bizarre d'entendre un homme qui se présente comme le <réformateur> du Québec et de ses institutions, prêt à tout pour opérer le changement, passer toute la conférence de presse à dire qu'<il faut que l'Office de la langue française ou que les citoyens mettent leurs culottes...> Je pensais que c'était précisément ce qu'allait faire Monsieur Legault, mettre ses <le-lottes>!
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  • François Ricard - Abonné
    30 août 2011 07 h 25
    Le parti des millionnaires
    "Le parti des Millionnaires" Quel beau nom qui sied si bien aux principaux dirigeants de ce nouveau parti.
    Les Legault, Sirois, Garcia, auxquels d'autres auront tôt fait de se joindre, sont tous des multi-millionnaires. Ils ont amassé leur fortune avec la connivence bien souvent de nos gouvernements. Maintenant, dans un mouvement d'ambition effrénée, ils veulent prendre en main tout l'État.Et dire qu'il se trouve des salariés, des petits commerçants, des syndiqués qui veulent mettre ces gens au pouvoir pour leur permettre à ces riches possédants de se mieux enrichir.
    Et n'oublions pas que tous ces millionnaires fraient depuis des lunes avec les Desmarais. Avec eux au pouvoir, le Québec ne sera vraiment plus une démocratie mais une véritable oligarchie.
    Démocrates, réveillons-nous avant qu'il ne soit trop tard.
    Vouloir ignorer la question nationale est complètement aberrant. Dans tous les domaines, Ottawa a son mot à dire. Par exemple, le gaz de schiste. Si nous voulons en vendre aux USA, il faut passer par Ottawa. Si nous voulons établir des alliances avec l'EU, il faut passer par Ottawa. Si Ottawa dépense 35 milliards pour des avions de chasse, il nous faut payer. Si nous voulons apporter des changements au régime de santé, il nous faut respecter les paramètres déjà dictés par Ottawa. Dire que l'on va ignorer la question nationale, c'est déjà berner la population à des fins purement électoralistes...comme le fait le gouvernement Charest
    Quand Legault, Sirois et autres nous disent qu'ils vont ignorer la question nationale, ils se leurrent et nous leurrent en même temps.
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  • michel lebel - Inscrit
    30 août 2011 08 h 04
    Quelle galère!
    Les Québécois ne veulent plus entendre la voix des partis traditionnels. Ils en ont soupé de la langue de bois; ils sont donc prêts à voter pour Legault, comme ils ont récemment voté pour Clayton. La démarche défie la raison! C'est ainsi. Et vogue la galère!
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  • Jean Lapointe - Abonné
    30 août 2011 08 h 10
    Qu'est-ce qui peut bien motiver Framçois Legault à agir?

    Les Libéraux on sait pourquoi ils sont en politique, c'est pour défendre et protéger les intérêts de leurs amis chefs d'entreprises et investisseurs . Ce qui les motive c'est faire de l'argent et devenir importants.

    Tout le reste est subordonné à cet objectif. Pour eux, les gens ne sont que des producteurs d'un côté et des consommateurs de l'autre et ils doivent donc être au service du développement économique.Bien sûr il faut les amuser et les distraire et leur donner quelques bonsbons mais c'est pour qu'ils soient plus productifs.

    Les souverainistes du Parti québécois on sait aussi pourquoi il sont en politique. C'est surtout, pour la plupart d'entre eux je pense, pour que les Québécois deviennent maîtres chez eux .La recherche de la liberté est une sacrée bonne motivation à agir et c'est justement ce qui les fait agir.

    Mais pourquoi diable François Legault veut-il faire de la politique?

    Pourquoi se démène-t-il à ce point dans l'espoir de pouvoir imposer les réformes qu'il trouve nécessaires?

    Il ne donne pas l'impression d'être motivé par la recherche d'une plus grande liberté ni par la recherche d'une plus grande justice, bien que cette recherche ne semble pas absente complètement de ses préoccupations.

    Il ne semble pas non plus motivé par la recherche du pouvoir pour le pouvoir ni par la soif d'être de plus en plus riche.

    Il ne semble pas motivé non plus par le souci d'amener ses compatriotes à un meilleur avenir, par le souci de les rendre plus heureux.

    Mais pourquoi diable s'agite-t-il à ce point ?

    Serait-il un passionné des beaux bilans financiers ? Serait-il motivé par le souci de se dépasser en se donnant des objectifs personnels audacieux histoire de se prouver à lui-même qu'il en est capable ?

    Serait-il plutôt au service de quelqu'un d'autre de qui il espèrerait une reconnaissance?

    En fait François Legault m'intrigue et m'inquiète aussi parce que je n'arrive pas à saisir ses véritables motiv
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  • France Marcotte - Abonnée
    30 août 2011 09 h 14
    Des nuances prometteuses
    "La consolidation de la position du français devra être menée de façon résolue, mais de manière souple et tolérante", écrit François Legault.

    "Ces nuances lui gardent bien des portes ouvertes et sont autant d'inconnues (...) Seule la confrontation avec ses adversaires (dans l'arène politique) nous dira là où il loge vraiment", dit M.Descôteaux, en omettant pas au passage de faire une fleur à Jean Charest, bien entendu.
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  • BernardP - Inscrit
    30 août 2011 09 h 27
    Les mêmes vielles cassettes
    M. François Legault continue à faire jouer les mêmes vieilles cassettes de lieux communs que nous entendons depuis des décennies. Et les électeurs embarquent comme si tout çà était nouveau...

    Ce qui le motive? Pourquoi pas cette bonne vieille pigûre de la politique? D'ailleurs, qu'est-ce qui a bien pu pousser un prospère homme d'affaires comme M. Legault à se lancer en politique, sinon un cas aigüe de cette affliction?
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  • Robert Dufresne - Abonné
    30 août 2011 09 h 52
    Resasser de vieilles idées
    François Legault veut nous représenter les idées qu'il prônait lors de son dernier mandat en politique. Son parti a perdu le pouvoir, il a perdu la confiance des enseignants. Seront nous assez amnésique pour ramener ce dinosaure au pouvoir ?
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  • michel lebel - Inscrit
    30 août 2011 09 h 55
    Conservatisme et populisme!
    Legault est le clone de Lucien Bouchard, donc essentiellement un conservateur. Legault veut aussi imiter le style Harper: favoriser nettement l'entreprise privée, moins de présence étatique(dégraisser la machine)) et ainsi rendre le Québec plus riche. Il veut rendre service aux Québécois. Sortir de l'immobilisme et donner espoir. Ce qui est le propre de la politique, nouvelle et ancienne, depuis toujours. L'Histoire se répète depuis fort longtemps!! Legault n'invente pas la roue! Et ce n'est manifestement pas un grand politique!
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  • Alexandre Dionne - Abonné
    30 août 2011 13 h 05
    Pas d'accord et d'accord avec M. Descôteaux.
    " L'ancien ministre péquiste de l'Éducation et de la Santé n'est pas un politicien charismatique, tant s'en faut! ", dit M. Descôteaux.

    Il ne faudrait pas oublier que le " charisme ", du moins tel que le définit Max Weber (concept qu'emploi notamment le grand historien Ian Kershaw pour décrire l'immense pouvoir qu'a eu dès avant janvier 1933 Hitler), a moins à voir avec les qualités individuelles objectives mais concerne les attentes en quoi croit un peuple et la capacité d'un homme à les rencontrer. Outre que M. Legault s'exprime et se présente toujours avec aplomb, calme et enthousiasme, force est de voir que le " charisme " qu'il remplit recouvre cette douteuse mais médiatiquement fort louangée " volonté de changement " ! (Il faudrait que M. Descôteaux s'interroge un peu plus souvent sur le rôle conditionnant des chroniques et éditoriaux médias de masse au Québec, presse et radio surtout incluses). D'ailleurs, M. Descôteaux, ne la qualifiant pas de charismatique, parle de cette osmose entre les Legault et Sirois qui cherchent et un peuple québécois qui se cherche.... Identifier les problèmes avant d'en trouver les solutions. Mais n'est-il pas vrai, contrairement aux sophismes, qu'aucun parti en régime parlementaire de démocratie représentative moderne ne se dispense de cette quête et qu'aucun ne prend le peuple en otage (ou chacun le fait, plutôt, tant fédéralistes et droitistes, souverainistes et gauchistes !) ?

    Enfin, j'endosse la conclusion que la suspicion sur la " lucidité " droitiste et maintenant, l'affirmation du volontarisme identitaire de la CAQ doivent être mises à l'épreuve de l'arène politique pour voir ce qu'en diront notamment le PQ et l'ADQ.
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  • Geoffroi - Abonné
    30 août 2011 13 h 11
    Une arène pour un taureau écorné
    » L'arène politique est le seul terrain qu'on peut continuer à occuper après avoir été disqualifié.»

    Philippe Bouvard
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  • Georges Hubert - Inscrit
    30 août 2011 16 h 07
    Une contribution valable.
    Les propositions de M. Legault sont, comme toute proposition dans le contexte d'une seine démocratie, toujours les bienvenues.

    Mais mois je n'achète pas ... voilà tout !
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  • Jc Leblond - Inscrit
    30 août 2011 22 h 27
    Un vendeur de chars usagés
    François Legault est un vendeur de chars usagés. Il manie les chiffres et les solutions simplistes avec conviction, même lorsqu'il ne sait clairement pas de quoi il parle. Un technocrate avide de pouvoir qui a réussi à donner à la langue de bois et au "Gros Bon Sens" de Mario un petit coup de Armor All pour les faire reluire le temps de la vente. Pourquoi ne s'est-il pas rejoint à un des partis existants? Parce-qu'il sent que les vieilles marques sont fatiguées. En lançant une nouvelle marque, il renouvelle sa propre image, pour nous faire oublier son passé de ministre complice de Lucien Bouchard. Il évite aussi du même coup d'avoir à partager le pouvoir avec la base militante d'un parti bien implanté. Cette fois-ci, s'il réussit à nous faire acheter sa vieille réguine chromée, on saura que c'est lui, le Cheuf.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    5 septembre 2011 11 h 56
    F. Legault.
    François Legault, c'est comme le clinquant dont la masse a besoin pour continuer de croire encore à la politique. Il est comme un gérant d'estrade. Il parle de la politique comme si c'était un jeu de lego.
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