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Le mini-sommet se termine dans le calme

Geneviève Otis-Dionne   31 juillet 2003  Québec
Journée relativement paisible hier pour les manifestants anti-OMC... et les policiers. Une cinquantaine de contestataires se sont rencontrés en début d'avant-midi au parc Lafontaine pour tenir un carnaval anticapitaliste. Des discours contre l'OMC, la guerre en Irak et le capitalisme ont été faits par divers militants, autour d'un lunch préparé par quelques âmes généreuses.

La présence policière autour du parc était discrète, même si les policiers restaient sur leurs gardes. Une seule arrestation a été faite en matinée: un mineur qui se promenait avec une arme blanche dans le parc a été reconduit chez ses parents et a reçu une amende.

Vers 16h, après avoir passé la journée au parc, les quelques manifestants ont marché en direction du palais de justice pour apporter leur soutien à Jaggi Singh, qui a comparu devant le juge en après-midi (voir autre texte).

Le périmètre de sécurité autour du Sheraton a été démonté en après-midi et les voitures pouvaient circuler de nouveau sur René-Lévesque à l'heure de pointe. Les manifestants avaient délaissé le parterre du Sheraton en cette dernière journée de contestation pour tenir leur carnaval anticapitaliste au parc Lafontaine.

Un bilan positif malgré les arrestations

La porte-parole de la Mobilisation populaire contre le minisommet de l'OMC, Mélanie Sylvestre, dresse un bilan positif des cinq journées de mobilisation, malgré les arrestations de lundi. Elle écorche par contre au passage le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et les médias concernant les événements qui se sont déroulés en début de semaine.

Selon elle, «l'arrestation massive de lundi n'était pas justifiée puisque les manifestants se trouvaient dans une zone de repos, une zone verte. À ce moment-là, la manifestation était terminée.» Mme Sylvestre soutient que les policiers ont abusé de leur pouvoir et que «même s'ils ont dit qu'ils étaient là pour assurer la sécurité autant des manifestants que des gens à l'intérieur, les antiémeutes n'étaient pas dirigés vers le Sheraton, mais bien vers les manifestants.»

Concernant les vitres brisées dans la rue Peel, la porte-parole indique que les organisateurs avaient demandé aux manifestants de respecter «la dignité humaine et la vie des être humains». Selon elle, «tous les gens qui ont participé [aux manifestations] dans la rue ont respecté ça», et elle refuse de condamner ces actions. Elle ajoute: «Ceux qui n'ont pas respecté la dignité humaine, ce sont les policiers. Il y a eu des coups de matraques qui ont été donnés et il y a eu de la brutalité policière visible au centre de détention.»

Mme Sylvestre déplore la «couverture médiatique du lendemain [mardi], qui a été plutôt néfaste pour la mobilisation». La presse avait en effet qualifié certains manifestants de «voyous» et de «casseurs». Mme Sylvestre affirme toutefois que «la population a été plus intelligente» et qu'elle a compris que les manifestants n'étaient pas tous des marginaux.

La porte-parole indique également qu'un «énorme travail d'éducation et de sensibilisation avait été fait auprès de la population deux mois avant le minisommet de l'OMC». De ce côté, le bilan est donc «très positif». La marche de dimanche, qui avait réuni plus de 1000 personnes, est aussi un grand succès pour le groupe.

D'autres journées de mobilisation sont prévues en septembre pour dénoncer le sommet de l'OMC qui se déroulera à Cancún et pour appuyer les manifestants qui vont être au Mexique.

Bilan positif

pour la police également

Le SPVM a déclaré qu'il était satisfait du déroulement des opérations entourant la tenue du minisommet. «Jusqu'ici, c'est un bilan qui est positif», a annoncé hier aux journalistes le policier responsable des relations avec les médias, Ian Lafrenière.

Pour ce qui est du nombre d'arrestations qui ont eu lieu lundi, M. Lafrenière soutient que la manifestation était devenue incontrôlable et qu'en termes juridiques, «on peut parler d'émeute. On parle d'agression armée. Des gens se sont présentés à la manifestation avec des balles de golf, des balles de billard, des cocktails Molotov. Ces personnes-là ne sont pas des gens qui veulent manifester paisiblement.»

À partir du moment où du vandalisme a été fait, explique M. Lafrenière, les policiers ont annoncé à deux reprises par haut-parleur que les manifestants se trouvaient dans un attroupement illégal et qu'ils devaient quitter les lieux. «Il n'y a pas de zone d'amnistie à Montréal. La zone verte peut bien être leur zone, mais à partir du moment où quelqu'un a fait un crime, ça n'empêche pas son arrestation», a déclaré le policier.

«Pour nous autres, la liberté d'expression, c'est important, mais pas à tout prix, a ajouté M. Lafrenière. La liberté d'expression de quelqu'un finit là où celle de l'autre commence.»

Carte controversée

Le policier se réjouit toutefois que tout se soit bien passé dimanche lors de la marche Personne n'est illégal, ainsi que mardi et hier lors des deux dernières journées de mobilisation.

Pour donner accès aux journalistes au périmètre de sécurité, le SPVM a essayé un nouvel outil qui était une carte d'identification avec photo. L'idée était bonne, mais le SPVM a placé son logo au centre de la carte. Certains journalistes se sont sentis mal à l'aise au centre des manifestants avec cette carte dans le cou et ont vite compris qu'il valait mieux la garder dans leurs poches. M. Lafrenière avoue que, malgré la grande utilité de l'outil en question, la carte pourrait être refaite pour éviter la confusion chez les manifestants.






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