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    Tout va très bien, monsieur le ministre

    6 août 2011 | Luc Desnoyers, Montréal | Québec
    Sam Hamad, ministre québécois des Transports<br />
    Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Sam Hamad, ministre québécois des Transports
    Allo, allo, Jean, quelles nouvelles?
    Absent depuis trois jours,
    Au bout du fil je vous appelle.
    Que trouverai-je à mon retour?»
    «Tout va très bien, mon très cher ministre.
    Tout va très bien, tout va très bien.
    Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise
    On déplore un tout petit rien
    Un incident, une bêtise
    La chute d'un petit paralume.
    Mais à part ça, monsieur le ministre,
    Tout va très bien, tout va très bien.»

    «Allo, allo, Norman, quelles nouvelles?
    Un paralume qui tombe?
    Expliquez-moi, délégué fidèle,
    Comment cela s'est-il produit?»
    «Cela n'est rien, monsieur le ministre,
    Cela n'est rien, tout va très bien.
    Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise
    On déplore un tout petit rien.
    Il est tombé sur l'autoroute
    Et il a bloqué la 720.
    Mais à part ça, monsieur le ministre,
    Tout va très bien, tout va très bien.»

    «Allo, allo, Gérald, quelles nouvelles?
    La 720 serait bloquée?
    Expliquez-moi, monsieur le maire,
    Comment cela s'est-il passé?»
    «Cela n'est rien, monsieur le ministre,
    Cela n'est rien, tout va très bien.
    Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise.
    On déplore un tout petit rien.
    Si le paralume chuta, monsieur,
    C'est que les murs étaient pourris.
    Mais à part ça, monsieur le ministre,
    Tout va très bien, tout va très bien.»

    «Allo, allo, Michelle, quelles nouvelles?
    Les murs étaient pourris?
    Expliquez-moi, car je chancelle,
    Comment cela s'est-il produit?»
    «Eh bien voilà, monsieur le ministre.
    Apprenant qu'elle était coupée,
    C'est l'inspection qui a tout lâché.
    Les entrepreneurs ont tout bâclé.
    Et c'est en comblant la caisse
    Que tout a été oublié.
    Le béton s'est mis à couler
    Pas trop vite, mais pas cher,
    Et les ponts se mettent à tomber.
    Mais à part ça, monsieur le ministre,
    Tout va très bien, tout va très bien.»

    ***

    Adaptation contemporaine de Tout va très bien, Madame la Marquise (Ray Ventura, 1935)

    ***

    Luc Desnoyers, Montréal
     
     
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