dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

État des routes - Des causes: aussi l'effet d'un camionnage sans limite

Victor-Lévy Beaulieu   6 août 2011  Québec
À l’entrée du tunnel Louis-Hippolyte-LaFontaine<br />
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
À l’entrée du tunnel Louis-Hippolyte-LaFontaine
L'état pitoyable de notre infrastructure routière n'a pas pour seule raison l'incompétence présumée de nos architectes, de nos ingénieurs et de nos entreprises de construction. Il tient aussi à un facteur fort important dont on ne semble pas tenir compte dans les analyses que je lis dans les journaux, entends à la radio et à la télévision.

Quand furent construits nos réseaux routiers, que ce soit dans les grands centres urbains ou partout ailleurs au Québec, c'était à une époque où le camionnage était marginal par-devers ce qu'il est devenu. Mais nos gouvernements ayant privilégié le corporatisme du camionnage et lui ayant cédé pratiquement le transport de toutes nos marchandises, sans considération pour l'effet que ça aurait sur notre infrastructure routière, ont déterminé la catastrophe dont nous sommes désormais les prisonniers.

Jusqu'à la fin des années 1950, on se servait beaucoup du fleuve pour le transport des marchandises: nous possédions une flottille de goélettes qui cabotaient efficacement, de Montréal jusqu'aux régions les plus éloignées de l'estuaire; nous privilégions aussi le transport par voie ferrée, de sorte que nos routes servaient d'abord et avant tout aux citoyens désireux de se déplacer d'un lieu à l'autre.

Si on avait développé notre transport fluvial et notre transport ferroviaire, plutôt que de céder au corporatisme du camionnage, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Quelle formidable aberration que celle-là! Alors que nos voies ferrées et nos trains sont si vétustes que ça ne cesse pas de dérailler et d'être toujours en retard, nous sommes fiers de la société Bombardier qui fabrique des trains ultra-performants partout dans le monde, sauf au Québec!

Surchargés et pressés

Nous avons plutôt préféré mettre sur nos routes d'énormes fardiers, souvent surchargés, qui roulent à grande vitesse en toutes saisons, peu respectueux du respect des lois et des règlements. Exemple: dans mon coin de pays, quand je roule sur la route 132 à 100 kilomètres à l'heure, je me fais constamment doubler par ces monstres routiers qui filent à 120 et à 130 kilomètres à l'heure. Les temps des dégels, des redoux et des pluies ne changent rien au fait qu'ils se considèrent comme les rois de la route et qu'ainsi, ils peuvent tout se permettre. Tous les étés, on doit donc «repatcher» des kilomètres et des kilomètres de routes défoncées, pleines de trous, de brèches et de fendillements.

Il ne faut donc pas croire que cette politique aberrante du transport ne concerne que les grands centres. Il y a quelques années, pour permettre à l'industrie du camionnage de pouvoir y aller à fond de train, on a refait, dans l'arrière-pays des Trois-Pistoles, la route qui mène aux grandes entreprises forestières. Trois mois après son inauguration, c'était en si piteux état à cause des camionneurs déchaînés qu'on a dû tout refaire!

Autre exemple de notre incurie en matière de transport. Dans les années 60, le gouvernement a versé de généreuses subventions aux cultivateurs qui abandonnaient leurs terres pour qu'ils démolissent leurs maisons et leurs bâtiments, même celles et ceux qui étaient en bon état et dont on aurait pu se servir à d'autres fins.

Mais le plus stupide de l'affaire, c'est qu'une fois les cultivateurs en allés, on a remodelé les routes de tous les rangs en les élargissant, en les surélevant au moyen de milliers de tonnes de gravier, en les asphaltant même! Et pourquoi donc, dans des rangs où l'on ne trouve plus que deux cultivateurs? Pour rien d'autre que la satisfaction des entreprises de camionnage: rouler plus rapidement, toujours de plus en plus rapidement!

L'automobiliste qui s'aventure sur ces nouvelles routes-là doit constamment faire face à ces monstres roulant à la fine épouvante, et dont les conducteurs prennent plaisir à le serrer de près, sans ralentir, en faisant venir le plus de nuages de poussière qu'ils peuvent! Les forces policières chargées de surveiller les routes? Les effectifs sont si peu nombreux dans l'arrière-pays que les camionneurs peuvent y circuler, même dangereusement, en toute impunité.

Le (bon) exemple américain

Nos fonctionnaires du ministère des Transports, si américanistes, auraient pu prendre exemple sur ce que plusieurs États américains font depuis plusieurs années pour préserver leur infrastructure routière: une réglementation fort sévère, un contrôle pour ainsi dire permanent des fardiers, des amendes très onéreuses pour celui qui défie la loi.

D'autre part, ces États ont amélioré et améliorent encore leur système de voie ferrée et, là où c'est possible de le faire, le transport maritime. Des villes comme Boston, par exemple, ont démoli leur infrastructure autoroutière qui faisait de leur cité une catastrophe quotidienne; ces autoroutes laides et encombrées sont devenues de superbes parcs et des lieux de résidence où il fait à nouveau bon de vivre. Un réseau ferroviaire renouvelé et l'amélioration du transport maritime font aujourd'hui de Boston un exemple à suivre, particulièrement en ce qui concerne la diminution de la pollution: moins de smog, plus de verdure... les dirigeants d'une ville ayant enfin compris que le citoyen doit être la priorité, et non le corporatisme du camionnage.

Au lieu de simplement refaire ce qui ne tient plus debout tout seul, pourquoi nos fonctionnaires, nos architectes et nos ingénieurs ne feraient-ils pas preuve d'inventivité plutôt que d'une paresse crasse qui, une fois les travaux faits, laissera Montréal, nos autres grands centres urbains et nos campagnes aussi crasseux que leur peu d'imagination et d'inventivité?

***

Victor-Lévy Beaulieu, écrivain
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Charles F. Labrecque - Abonné
    6 août 2011 08 h 51
    Surprise
    Quelle surprise pour moi, de constater que notre VLB grand écrivain québécois nous présente un commentaire des plus positif et d'une véridique qui soit. Je souhaite que notre premier ministre et tous ces ministres lisent et comprennent la porté intelligente de ce texte. Nous devons comprendre que le développement du transport des marchandises dans notre province a été spolié par les nos politiciens à courte-vue influencés par les compagnies de transport et de leur thèse " just in time". Souhaitons que notre gouvernement aura la sagesse de repenser son ce développement de transport suggéré par VLB
    Merci à notre grand écrivain et espérons que vous récidiverez bientôt.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • André Martineau Quai Des Brumes - Abonné
    6 août 2011 09 h 00
    Le doigt sur le bobo !
    Ça nous prendrait de la vision à long terme, c'est-à-dire une écologie politique qui placerait le citoyen et son environnement au centre de notre développement.....durable évidemment. La vision électoraliste de nos partis politiques ne convient plus. Oui, nous avons besoin d'une "nouvelle manière de faire de la politique" mais ceci implique que le citoyen se sente concerné et qu'il prenne en main sa propre destinée.
    Vive la révolution citoyenne !
    André Martineau
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • jeanduc - Abonné
    6 août 2011 09 h 23
    Just in time
    "Mais nos gouvernements ayant privilégié le corporatisme du camionnage et lui ayant cédé pratiquement le transport de toutes nos marchandises".

    Le principe de gestion "Juste à temps" explique plutôt la raison pour laquelle l'inventaire à tous les niveaux de la chaîne de distribution se retrouve sur les routes plutôt que dans des entrepôts alimentés par le transport en vrac. La mode et les exigences des consommateurs, notamment en regard de la diversité et de la qualité des biens de consommation, expliquent l'augmentation fulgurante des déplacements des marchandises. Le gouvernement devrait règlementer davantage le camionnage mais, il ne faut pas le rendre responsable de tous les maux.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Danielle Dufresne - Inscrite
    6 août 2011 09 h 46
    désastre
    M. Beaulieu vous avez parfaitement raison. à chaque fois que je dois me rendre à Rimouski ou en Gaspésie ou à Montréal je suis toujours à me demander pourquoi les marchandises ne transitent-elles pas par le fleuve ou par les voies ferrées. Nous aurions intérêts à reprendre ces modes de transport. Les infrastructures du Québec ne peuvent pas supporter tout ce poid et nous, les conducteurs, prenons beaucoup de risques au contact des camionneurs pressés. Ce n'est certes pas la seule solution mais elle fait, bien évidemment, parti des améliorations sensées.
    Danielle
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mbotemingi - Abonné
    6 août 2011 13 h 02
    Bonne analyse
    J'adhère à votre propos. Bravo, enfin une personne qui fait une analyse pertinente.

    Oui, plus de trains, plus de bateaux, cela dégagerait nos routes et nos rues. Oui, pour une révision de notre politique sur les transports de marchandises.

    Quand je pense aux dommages causés par les mastodontes qui envahissent nos routes et nos rues. Aussi, je me demande si les propriétaires de ces entreprises de transport, paient leur juste part de taxes et d'impôts pour l'entretien de ce qu'il massacrent par leur poids lourds.

    Toutefois, j'ajoute que j'ai beaucoup de respect pour les chauffeurs de ces mastodontes, car lorsque je suis à leur côté, je constate quelle niveau de patience et de concentration, ils doivent avoir pour éviter les conducteurs imprudents qui les doublent sans laisser l'espace nécessaire à un freinage pour une telle masse.

    Estelle, automobiliste
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • jpz - Abonné
    6 août 2011 13 h 09
    Urgent de prendre des décisions avec une vraie VISION D'AVENIR
    Et ça empire et personne n'ose décider des orientations avec une vraie VISION D'AVENIR

    Ainsi, depuis quelques décennies que je tente de convaincre des décideurs à AGIR comme propose Hubert Reeves dans " Mal de Terre " augmenter le ferroutage et le cabotaqe pour diminuer les émissions polluantes et diminuer l'usure et reconstruction très couteuses des infrastructures. le transport ferroviaire prend 10 fois moins d'énergie par tonne et le transport maritime 100 fois moins que le transport par camion remorque, tout en ne causant aucun dommage à notre réseau routier public.

    Ainsi, il y aurait des milliers de voyages de camions-citernes ou de matières dangereuses des transports de matériaux en moins sur nos routes si on utilisait des minicargos pétroliers ou des navires-transporteurs de conteneurs ou de citernes pour acheminer, les produits et la gazoline, le kérosène vers les ports de Montréal, de Québec de la Baie et le long du fleuve St Laurent, cette autoroute maritime. Ensuite, un réseau ferroviaire remis à niveau pourrait servir à acheminer entre les ports et les villes et villages et usines et autres lieux de productions ou d'utilisation tous les matériaux .
    Présentement, au lieu de dire qu'il y a pénurie de camionneurs on formerait des conducteurs de trains et de navires où 2 ou 3 peuvent faire le transport de milliers de citernes et de conteneurs. Ainsi, on protégerait nos routes publiques , de plus, il y aurait moins d'accidents de poids lourds, on sauverait des milliers de tonnes de GES et comme les poids lourds causent l'usure prématurée des routes et infrastructures on économiserait des M$ et de mégatonnes d'asphalte et de béton. Ainsi pour le projet de la Romaine on devait utiliser le cabotage, mais ce n'est pas fait...contre toute logique, on va démolir la 138 pour plusieurs années.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • jpz - Abonné
    6 août 2011 13 h 12
    Décider et agir pour diminuer les émissions polluantes et les domages routiers.
    Évidemment, que le "juste à temps" demanderait aux industriels de planifier à la quinzaine au lieu du quotidien, mais c'est certainement réalisable.
    Mais, nos politiciens et décideurs semblent incapable de résister aux lobbying et pressions des entreprises et on doit endure ce qui se passe, endurer les pertes de temps, payer pour réparer et reconstruire les infrastructures. Contre toute logique personne n'ose décider et agir selon le gros bon sens...
    Comme l'électrification des principaux réseaux ferroviaires et la diminution du camionnage, il y aurait des M$ de crédits aux émissions de CO2 à encaisser.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • camelot - Inscrit
    6 août 2011 13 h 53
    Dnger public
    Monsieur Beaulieu a raison. Nous avons déjà, ma famille et moi, été pris dans un tempête de neige en sortant de Rimouski. Malgré le mauvais temps, nous nous sommes fait dépassés par des camions gigantesques filant à une vitesse folle et jetés hors la voie. Cette attitude est criminelle et irresponsable. Bien évidemment, aucun patrouilleur en vue. Les Gaspésiens devraient s'en préoccuper s'ils veulent des visiteurs.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Geoffroi - Abonné
    6 août 2011 14 h 49
    Que la route est beeeelle
    Pour ajouter à votre texte :

    On se développe vraiment grâce à un excellent système de transport polyvalent, ou on favorise essentiellement les ballades et même les "courses" de bicycles, motos bruyantes et chars sur les routes de nos villes et campagnes.

    A-t-on les moyens financiers de se payer les deux !/?*

    Des belles routes avec larges accotements pleins de bicyclettes, chars et "trucks", à asphalter aux 2 ans, c'est ce que le monde veut ou désire, et c'est du bonbon pour les élections et les entrepreneurs. Tandis que les trains et les bateaux c'est lent, ça n'intéresse presque personne et y a pas beaucoup de votes là. Un choix a été fait et appliqué par des députés élus. S'il faut faire de la politique "autrement" peut-être que Curzy, s'il sort de sa torpeur, pourrait s'en occuper.

    Une solution: des radars ambulants mais.. les élections s'en viennent vite. Faut pas trop frustrer les électeurs déviants - iI y en a probablement 1 sur 3 -.

    Du respect et du courage tout le monde svp.

    Merci beaucoup VLB
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Geoffroi - Abonné
    6 août 2011 19 h 19
    Que la route est beeeelle (fin)
    Comnbien ça coûte pour transporter à Montréal, Toronto, Boston ou Los Angeles, par camion ou par train, des cretons et autres viandes préparées ou des portes et fenêtres ou autres produits d'entreprises locales et régionales de Saguenay ou Rimouski?

    Je suis convaincu que si les entreprises de Saguenay ou de Rimouski l'on fait par camion, elles ont déjà fermé leurs portes pour s'implanter à Laval, Montréal, Longueuil ou...Toronto. Si c'est pas encore le cas, ce le sera bientôt.

    Ça coûte très cher le transport par camion pcq les chemins de fer on y pense même pas: pcq'ils sont tout crôche et autres raisons pas toujours valables ...encore moins les bateaux. Ce sont les régions qui en paient le prix fort pcq leurs travailleurs pour vivre...déménagent à Laval. Montréal et Longueuil...ou Toronto.

    Est-ce qu'il y a UN parti politique au Québec qui "songe" à s'occuper de cette réalité quotidienne rarement traitée par les médias?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie-France Legault - Inscrit
    7 août 2011 06 h 29
    Enfin quelqu'un met le
    doigt sur le bobo...nous sommes plusieurs à penser que les routes sont brisées par les camions chargés au-delà des limites permises.

    Ce sont eux qui brisent les routes. Les automobilistes ne sont pas les démolisseurs de routes.
    Il faudrait remettre le transport par train pour éviter les dégâts sur nos routes.
    Mais on transforme les voies ferrées en pistes cyclabes.
    le "lobby des camionneurs" est très puissant. Il est devenu "maître" de nos routes. Personne n'ose les contester. Les payeurs de taxe doivent se contenter de payer, de payer encore les réparations de route chaque année. Des millions de $$$ perdus qui pourraient être utilisés autrement.

    Qui, parmi les ministres, députés, aura le courage d'arrêter ce carnage
    annuel sur nos routes?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • François Ricard - Abonné
    7 août 2011 08 h 36
    L'Europe est un exemple à imiter
    En France, en Italie, en Suisse, en Belgique, les camions sont strictement limités à des vitesses données selon le type de route: 90 kl sur les autoroutes; 80 kl sur les routes nationales; 70 kl sur les routes cantonales. Ceci pour protéger l'infrastructure routière. Car plus un camion chargé roule vite, plus il endommage la route.
    Une première offense prive le chauffeur de son permis de conduire pour un an; une deuxième offense pour trois ans; une troisième offense, il perd son permis à vie.
    Et ces limites de vitesse apparaissent en gros chiffres sur l'arrière du camion.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Lacey - Inscrit
    7 août 2011 10 h 04
    À la population d'agir
    Le transport ferroviaire doit tout simplement redevenir ce qu'il était, c'est évident. En plus de ralentir de beaucoup la destruction pure et simple des infrastructures routières, les tragédies fatales seront moins fréquentes. Un camion 53 pieds ou un train routier roulant à 120km/h et qui entre en collision avec un véhicule automobile, c'est un carnage assuré. (D'ailleurs, qui a autorisé la venue de ces "superbe" train routier?).

    Les électeurs(trices) du Québec et du Canada doivent forcer les candidats et les partis politiques à se commettre sur le sujet avant, pendant et après les périodes électorales. De plus, nous devons forcer les partis politiques à inscrire leurs positions relatif au transport à l'intérieur de leur programme électoral. C'est à nous d'influencer les politiciens afin d'amener nos priorités sur la sellette, de devenir en quelque sorte, notre propre lobbyiste.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mameselle - Inscrit
    7 août 2011 11 h 33
    Une autre perspective svp? Voilà celle d'un camionneur... (première partie))

    Bonjour,

    Je comprends vos commentaires parce que j’avais exactement les mêmes il y a quelques années jusqu’à ce que je rencontre un camionneur indépendant qui est devenu…mon conjoint.

    Détrompez-vous. Je ne roule pas en 4 x 4. Nous habitons dans le Mile End et prenons le transport en commun et le vélo pour nous déplacer en ville. Nous sommes vraiment découragés de voir à quel point le réseau routier québécois est en mauvais état.
    Je travaille avec des nouveaux arrivants qui proviennent parfois de pays en guerre ou de pays en voie de développement (avec un réseau routier désuet ou inexistant) et une de leur première réflexion est : pourquoi les routes du Québec sont aussi abîmées?

    Honnêtement, je ne sais pas quoi leur répondre. Mais la première chose qui me vient en tête n’est sûrement pas d’accuser les camionneurs. C’est facile de mettre la faute sur leur dos : ils sont gros, on les voit tout de suite, ils nous dérangent quand on roule= ce sont le gros méchants qui détruisent la route. Il faut trouver un bouc émissaire. C’est vraiment réducteur comme réflexion.

    Il aurait été intéressant que vous vous donniez la peine de vous renseigner du côté des camionneurs.

    1- Au Québec, la loi oblige les camionneurs à faire installer un limiteur de vitesse à 105 km/heure.

    2- Les camionneurs qui roulent au Québec paient une fortune à la SAAQ (plusieurs milliers de dollars par camion en fonction du nombre de km qu’ils roulent par année) pour refaire les routes.

    3- En Norvège et en Suède, les camions sont aussi lourds, il y en a autant, l’hiver aussi rigoureux et pourtant les routes sont impeccables.

    4-Au Michigan, aux États-Unis, les camions sont plus lourds (11 essieux) et les routes sont nettement plus belles.

    5- Au Québec, pendant la période du dégèle (mars à mai) on impose aux camionneurs de réduire leur charge. Pourtant, en Ontario et au Michigan, on ne réduit pas la charge en période de dég
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mameselle - Inscrit
    7 août 2011 11 h 35
    Une autre perspective s.v.p.? (deuxième partie)
    Je pourrais continuer la liste mais voilà où je veux en venir :
    Il y a un problème au niveau de la conception des routes. Je ne m’y connais pas en construction ni en ingénierie mais il me semble que notre asphalte ne soit pas très solide. D’où ça origine? Où va l’argent des payeurs de taxes et camionneurs (qui, en passant, payent aussi les mêmes taxes que vous en plus de celles de la SAAQ)? Est-ce qu’on fait des études comparatives avec les pays où les routes tiennent le coup? Problème au niveau politique? Corruption? Je ne sais pas. Je me questionne mais je ne vais pas lancer la pierre au premier venu.

    Chose certaine, la question doit être creusée mais pas uniquement sur le dos des camionneurs qui sont traités comme une nuisance publique. Il n’y a pas un seul responsable.

    Camionneur est un métier extrêmement difficile et exigeant. J’ai pu le constater en faisant quelques voyages avec mon conjoint. D’abord, ils doivent, eux aussi, faire du slalom entre les nids-de-poule. Aussi, pour le nombre de mauvais camionneurs, il y en a tout autant en voiture qui coupent constamment les véhicules lourds. Un camion ne freine pas aussi vite qu’une petite voiture.
    Sans compter le stress du client qui veut sont produit maintenant même si les routes sont bloquées par le trafic, même s’il y a une tempête de neige, même si la douane décide que c’est la journée où elle fouille de fond en comble votre camion.

    Pourquoi le client est stressé? Parce que le consommateur veut tout, tout de suite. Le consommateur, c’est nous. C’est un problème de société et c’est notre vision du monde qu’il faut revoir.
    Si nous souhaitons moins de camions sur les routes, il faut repenser notre consommation.
    Et au lieu de leur cracher au visage, soyez reconnaissant envers l’homme ou la femme qui n’a pas vu sa famille depuis une semaine pour vous livrer votre café de Colombie.
    Et même si votre café arrivait par bateau ou train, il faudra
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Daniel Guay - Abonné
    7 août 2011 13 h 50
    La faute à qui?
    Qui est-ce qui veut tout avoir plus vite... c'est l'offre et la demande. Nous sommes prêts à se stationner sur le comptoir du MC Do, nous allons faire 100km pour ce qu'on veut avoir hier, on exige de tout obtenir tout de suite. Voie ferré et voie maritime = plusieurs jours d'attente (les territoires Européns et Québecois ne se comparent pas) = on va chez le compétiteur qui va l'avoir demain plutôt qu'après demain. De plus l'industrie du camionnage contribue financièrement à elle seule à une très grande partie des revenus. Des permis, des droits, des amendes qui n'ont rien avoir avec la sécurité et des tracasseries administratives qui font augmenter les coûts d'exploitation qui nous sont refilés.

    P.S.: Je ne suis ni camionneur ne relié à cette industrie, je suis judte réaliste.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc O. Rainville - Inscrit
    9 août 2011 10 h 08
    Très juste
    Ce n'est pas la première fois dans les pages du Devoir et ailleurs qu'un intervenant réclame le retour d'une marine marchande au Québec. Il est bon toutefois de retaper sur le clou de temps en temps. Il ne faut pas oublier toutefois que le lobby du camionnage à Québec fait la loi au Ministère des Transports. L'industrie du camionnage a été déréglementée. Le cas du projet de rénovation de l'échangeur Turcot est un exemple frappant de l'influence de cette industrie. Par voie de communiqué, le MTQ a répondu à ses demandes en promettant plus de fluidité sur le nouvel échangeur. Fluidité... Tout le contraire de ce que demandaient les opposants aux projet.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie-France Legault - Inscrit
    11 août 2011 12 h 11
    Au Québec il y a un
    laxisme vis-à-vis l'application des lois. Une extrême tolérance existe pour les camionneurs.
    J'ai un exemple...je roulais sur la 615 dans le nord de Montréal je suivais une bétonnière qui filait à 130 kilomètres et je la suivais à 125 kilomètres.
    J'ai été arrêtée et j'ai payé $125...
    Tandis que la bétonnière a continué son chemin à la même vitesse.

    Il y avait un policier sur le viaduc avec son appareil à mesurer la vitesse.
    Et c'est seulement MOI qui a été arrêté...
    J'en ai conclu que les camions, bétonnières peuvent faire la vitesse qu'ils veulent, ils sont tolérés, les policiers sont "aveugles" pour les camions....

    Sans doute ont-ils un horaire très strict à respecter...
    tandis que les automobilistes sont les "victimes" désignées...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
18 réactions
9 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012