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Refonte de la Loi sur les mines - Un projet de loi inadéquat

André Gaumond, président et chef de la direction de Mines Virginia Inc.  11 juillet 2011  Québec
Monsieur le premier ministre Jean Charest,

Le 12 mai dernier, le ministre délégué aux Mines, Serge Simard, a déposé un nouveau projet de loi (14) visant à modifier l'actuelle Loi sur les mines du Québec. Bien que le projet soit très bien titré — Loi sur la mise en valeur des ressources minérales dans le respect des principes du développement durable — nous croyons sincèrement que, dans son libellé actuel, il risque de créer d'immenses préjudices pour un des secteurs économiques les plus viables de tout le Québec.

Si l'intention du législateur est de favoriser le maintien d'un équilibre entre la prospérité économique, l'acceptabilité sociale et le respect de l'environnement, certains aspects de ce projet législatif sont tout simplement inadéquats.

Je crois, comme beaucoup de mes collègues entrepreneurs, que des modifications à la loi sont toujours requises afin d'aligner celle-ci avec les besoins changeants de notre société. Bien que contraignantes, plusieurs modifications ont été appuyées inconditionnellement par l'industrie. Cependant, certains changements proposés récemment créent de dangereux précédents qui menacent les fondements même de l'exploration minière et ne règlent en rien les possibles conflits avec nos autorités locales. Comme pour l'eau et l'air, nous ne croyons pas que le gouvernement puisse transférer son devoir de gérer de manière responsable les ressources du sous-sol québécois.

Confusion à craindre

Le projet de loi, tel que formulé, suspend tous les travaux d'exploration dans des zones où nous retrouvons souvent des ressources de grande qualité. Décréter l'application immédiate de cette disposition revient à rendre potentiellement caducs des droits légalement obtenus. La Colombie-Britannique s'est enlisée dans cette voie au début des années 90 et son industrie a mis plus d'une décennie à s'en remettre. Soumettre par la suite l'exercice de nos activités de recherche de la ressource aux aléas politiques locaux ne peut que semer la confusion et engendrer une forme de «balkanisation» dans la filière minérale du Québec.

À la lumière des efforts colossaux que l'industrie minière déploie pour se gagner une licence sociale, nul ne peut mettre en doute la bonne foi de notre industrie. De la création de fonds visant la restauration de sites abandonnés à la création de fonds des générations dans les collectivités, l'industrie minière met en place des initiatives de plus en plus avant-gardistes afin de se gagner une licence sociale et l'acceptabilité sociale de projets miniers au sein de la population. Les avantages que retirent les collectivités de tout développement minier dans une région sont tout simplement spectaculaires.

Le message offert aux investisseurs est que, à l'aube du lancement d'une campagne de sollicitation financière sur les marchés internationaux en vue de soutenir la réalisation du Plan Nord, l'État suspend des activités industrielles, rend caducs des droits légalement acquis, introduit rétroactivement des éléments juridiquement non définis, tout en se déresponsabilisant de requêtes potentielles d'indemnisation pour les préjudices causés. Les investissements colossaux liés au développement minier obligent les entrepreneurs miniers québécois à trouver les fonds nécessaires auprès d'instances basées un peu partout au Québec ou ailleurs et leur choix dépend de la stabilité des lois et de l'accès au territoire.

Compétitivité en péril

Je crois que les instances gouvernementales, les associations minières et les regroupements municipaux doivent rapidement amorcer des discussions afin d'arriver à un consensus sur un modèle où l'exploration minière pourra évoluer dans le respect des citoyens, tout en permettant aux entreprises qui génèrent des milliards de dollars dans l'économie québécoise de bénéficier de règles stables et uniformes.

Toute l'industrie de l'exploration minière était fière de voir le gouvernement lancer le projet de développement structurant du Plan Nord, qui s'inscrit dans la lignée des grands bâtisseurs du Québec. Il serait très dommage de voir un projet de loi inadéquat et piloté à la hâte mettre en péril la compétitivité du Québec et le climat d'affaires favorable à la pleine réalisation du Plan Nord.

***

André Gaumond, président et chef de la direction de Mines Virginia Inc.
 
 
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  • FrancineT - Inscrit
    11 juillet 2011 07 h 45
    Chantage ou menace?
    Plus ça change plus c'est pareil. Encore du chantage et des menaces pour empêcher le contrôle et la gestion efficace d'un bien collectif.

    Désolé pour vous M. Gaumond mais les québecois d'aujourd'hui sont pas mal plus allumés, informés et moins naïfs qu'ils ont déjà été. Il est fini le temps où il suffisait de nous lancer des petites miettes sous la table pour nous rassasier.
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  • Bernard La Riviere - Abonné
    11 juillet 2011 10 h 37
    Creuser ailleurs
    Allez creuser ailleurs, c'est tout. C'est ce que font tous les rongeurs quand on les dérange. Quant à «rendre potentiellement caducs des droits légalement obtenus», rappelons au président et chef de la direction que des droits légalement obtenus peuvent être légalement retirés; comme quand on perd un permis de conduire...
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  • Louise Lefebvre - Inscrite
    15 juillet 2011 19 h 01
    Mauvaise réputation
    On s'en fout du plan nord...quand les minières auront vidé le sous-sol et détruit l'environnement il ne nous restera plus rien et le peuple se sera appauvri...
    Malheureusement la seule image que j'ai d'un site minier, c'est la désolation et la laideur et non la richesse!
    C'est comme lorsque l'on regarde une forêt luxuriante ...on se sent riche. Mais devant on coupe à blanc on se sent dépouillé et agressé!!!
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  • Michel Rathier - Inscrit
    18 juillet 2011 18 h 08
    Bravo M. Gaumond !
    Bravo M. Gaumond pour enfin affirmer ce qu'une majorité de Québécois pense. Ainsi selon un récent sondage Léger Marketing-Le Devoir – 56% de Québécois appuie le Plan Nord (13 juin 2011). Nous pouvons nous réconforter d’apprendre qu’une solide majorité de Québécois continue de trouver que l’exploration et le développement de nos ressources hydriques, éoliennes, agricoles, forestières et minérales sont des activités qui demeurent des valeurs certaines pour assurer notre croissance économique continue. Le filière minérale c'est 54 000 travailleurs et plus de 7 milliards de générés annuellement dans notre économie. Il est donc malicieux et faux de prétendre comme le font de nombreux détracteurs professionnels de cette industrie que la loi est une pièce législative glauque et archaïque qui remonte au temps de Zola ! Ce n'est pas en frappant sur un de nos secteurs économiques les plus profitables pour la collectivité que nous allons assurer l'enrichissement des générations à venir. En matière d'exploration minérale, tant les PME que les professionnels et scientifiques du domaine adoptent de plus en plus, des normes de responsabilité sociale qui sont alignées sur les meilleures pratiques mondialement reconnues en matière de développement durable. Même la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable ESG UQÀM a reconnu dans un mémoire sur une nouvelle stratégie minérale pour le Québec (Pour un développement responsable des ressources minières au Québec. Lapointe, Décary-Gilardeau, Morin. Octobre 2007) la validité des normes E3 PLUS promues au Québec par l’Association de l’Exploration Minière du Québec (AEMQ). Il faut en finir avec ces démagogues de salon qui ne cessent de s'en prendre à nos bâtisseurs en région. Dieu merci qu'un grand nombre de citoyens continuent de voir clair.
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