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Le français au Québec - La langue fait-elle encore réagir?

Sabrina Plante - Étudiante à la maîtrise en études politiques appliquées et militante pour le français  9 juillet 2011  Québec
Il serait impropre de proclamer d’emblée la fin du combat en faveur de la langue française. <br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Il serait impropre de proclamer d’emblée la fin du combat en faveur de la langue française.
Le 5 juin dernier renaissait le Mouvement Québec français. Ayant peu fait couler d'encre, la résurrection de ce groupe dont l'objectif est de défendre le français au Québec laisse percevoir un paradoxe: celui d'une apparente indifférence de la population, alors que, pourtant, la création même d'un tel mouvement témoigne d'un souci réel quant à la question linguistique.


C'est en effet avec un soulèvement d'apparence moindre que le gouvernement libéral a pu faire adopter, en 2010, sous le bâillon, la loi 115 sur les écoles passerelles, après l'invalidation de la loi 104 par la Cour suprême du Canada. C'est aussi avec peu de remords que les Québécois ont élu, lors des élections du 2 mai dernier, des députés ayant des difficultés apparentes à s'exprimer en français.

Certains diront que la langue ne mobilise plus comme avant, que la question linguistique n'a plus raison de semer des bouleversements, que la population, enclavée dans une mondialisation où l'anglais apparaît indispensable, est passée à autre chose.

Pourtant, il serait impropre de proclamer d'emblée la fin du combat en faveur de la langue française. Comment alors témoigner de la continuité de l'existence de mouvements de longue date voués à la sauvegarde linguistique, tels le mouvement Impératif français ou le Mouvement estrien pour le français? Ou de rendre compte de la multiplication, au cours des dernières années, de groupes régionaux dédiés à la question linguistique tels, notamment, les mouvements Montréal, Montérégie et Laval français desquels, justement, en est venu à faire revivre le mouvement Québec français? En ce sens, afin d'analyser la situation, il est pertinent d'évacuer certaines idées.

Contester différemment

Témoigner du déclin du souci linguistique uniquement par le constat d'une réduction de la fréquence et de la massivité des manifestations citoyennes serait une erreur, car il faut ici considérer une transformation générale du rapport à l'expression citoyenne. Les grandes mobilisations collectives se font en effet plus rares, mais la prise de position individuelle, elle, connaît un affichage en montée fulgurante. Il suffit de jeter un oeil sur les nombreux commentaires laissés à la suite d'articles sur les pages Internet, les rhétoriques échafaudées dans les médias sociaux, ou la prolifération des blogues où un peu tout le monde se donne le droit de dénoncer, d'épancher ses opinions et de débattre. L'émanation du souci collectif se fait désormais par la somme des marques d'expression individuelles.

En d'autres termes, s'il est plus difficile aujourd'hui de mobiliser une foule qui témoignera de son point de vue à l'aide de slogans et de pancartes, des actions individuelles sur le Web, néanmoins, témoignent que la langue préoccupe les Québécois. À titre d'exemple, si la Loi sur les écoles passerelles n'a pas soulevé les foules, elle a pourtant été sujette à une vaste contestation virtuelle, à l'aide, entre autres, d'une prolifération de photos de profil de l'image d'une bouche bâillonnée sur laquelle était inscrit le numéro du projet de loi 103 (devenue la loi 115) sur le média social Facebook. Une façon nouvelle de protester, qui se décline de façon différenciée du passé, s'établit donc.

Une nouvelle réalité

Par ailleurs, une seconde erreur quant à l'analyse de la question de la langue serait d'attribuer l'appétit pour son combat aux générations uniquement précédentes, et d'estimer que les nouvelles générations, vivant aujourd'hui au sein d'une certaine paix linguistique, n'ont que faire des vieilles revendications de leurs aînés.

Il est vrai que, les jeunes, dans lesquels je m'inclus, n'ont pas vécu l'effervescence des luttes pour le français de la Révolution tranquille, et n'ont pour mémoire de l'instauration des lois 63, 22 ou 101 que des notions historiques de livres ou de souvenirs racontés par leurs ascendants. Nés dans un environnement où l'anglais, omniprésent, représente le pouvoir attractif d'un monde globalisé, où la culture anglophone apparaît comme un vecteur faisant le lien avec le reste du monde, ces jeunes ressentent l'importance de l'acquisition de cette langue. Une pareille conception ne contredit cependant pas l'importance de conserver son idiome.

Je viens d'une génération où plusieurs, en effet, cherchent à être bilingues, trilingues, quadrilingues, sans pourtant renier la seule langue qui puisse exprimer avec justesse les élans de ce qu'ils représentent. Voilà un rapport linguistique au sein duquel les francophones ne jouent plus le rôle d'opprimés comme c'était le cas jadis. Ce faisant, le sens de la lutte n'est plus dirigé contre l'anglais, mais pour le français. C'est donc sous une perspective différente que s'érige une même bataille: elle n'est plus tant dirigée contre l'oppression, mais pour la sauvegarde et l'émulation.

Nombreux sont donc ceux de cette nouvelle génération de batailleurs qui se soucient de la vitalité de leur langue au Québec, et de façon particulière dans nos établissements d'enseignement. En fait la preuve l'émergence de divers mouvements étudiants tels le Mouvement étudiant pour le français de l'UQAM, le Mouvement étudiant pour le français de l'Université de Montréal, de même que la création, l'an dernier, du Mouvement des cégépiens pour le français, ainsi que la multiplication de groupes dans les médias sociaux dédiés à la discussion sur le sujet, tel le groupe Universités francophones du Québec en péril.

Une importance qui se réaffirme

Je défends ici un point de vue partisan, je ne m'en cache guère, tout en étant pleinement consciente que la question linguistique est source de désintéressement chez plusieurs. Moins flagrantes que par le passé, les raisons de défendre la langue ne trouvent pas écho chez tous. Mais devant tous ceux qui ne s'en soucient pas se dressent des militants qui ont fait le pari de dissiper cette indifférence.

Les moyens et les raisons de se battre pour la langue prennent aujourd'hui un angle distinct par rapport aux combats linguistiques passés, mais l'objectif fondamental reste le même: nous voulons exister. La langue française nous parle. C'est l'émoi d'un peuple qui se cherche encore. C'est la force impétueuse d'un chant, c'est toute la lyre d'un texte. C'est un million de petites choses qui font qu'ici est incomparable à ailleurs. Le Québec se doit de prendre part au monde, mais il ne pourra le faire qu'en restant authentique. Chaque langue de cette planète constitue un apport incommensurable à l'humanité. Chacune d'entre elles, par ses mots, ses expressions, évoque et témoigne d'une façon distincte de concevoir et de vivre cette humanité.

Le combat linguistique est pertinent aujourd'hui, tout comme il l'était il y a quelques décennies, comme il le sera encore dans plusieurs autres années. Jamais nous ne pourrons dire avoir gagné, toujours nous devrons défendre nos barricades dans cette lutte à forces inégales. La langue fait encore réagir, elle le doit encore, elle le devra toujours.

***

Sabrina Plante - Étudiante à la maîtrise en études politiques appliquées et militante pour le français
 
 
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  • Henri Marineau - Inscrit
    9 juillet 2011 03 h 15
    Hymne à la protection de notre langue
    C'est le titre que je donnerais à votre texte...un petit bijou ressorti de l'écrin de nos origines et qui vient rehausser toute la joie de le porter avec fierté!

    Bravo Mme Plante, pour cette illustration et défense de notre langue maternelle! Il est encourageant de constater que des jeunes comme vous ont à coeur le souci de protéger le français...il en a bien besoin!
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  • Yves Côté - Abonné
    9 juillet 2011 03 h 52
    La république...
    A mon avis, pour regrouper le plus grand nombre des Québécois, la cible claire à dorénavant viser doit nominativement devenir l'adoption pour le Québec de la république.
    Cela tirera vers le haut les exigences démocratiques de tous les citoyens du territoire, sans personnalisation ou identification de l'indépendance à quelque groupe d'origine, groupant tout le monde autour d'un fonctionnement démocratique égalitaire et, au Québec, s'exprimant définitivement en français.
    Il ne suffit plus de faire le bilan négatif pour nous d'un Canada qui, dans les faits, est et restera anglais. Cela ne nous emmènera jamais ailleurs que dans un ressassement éternel de nos justes insatisfactions. Le bilan, aussi nécessaire qu'il soit, ne doit pas devenir l'objectif sur lequel tous doivent travailler. Ce travail collectif de tirer le bilan dure maintenant depuis cinquante ans; quiconque ressent le besoin de le connaître peut avoir accès à des textes, des chansons, des films, des émissions de qualité qui l'illustrent.
    Pour mettre véritablement cap sur l'indépendance du Québec, ne faut-il pas regarder du côté ce qui nous donne à tous envie d'aller plus loin plutôt que de satisfaire à tourner sans cesse le fer dans une plaie vive; espérant de manière cachée ou avouée qu'un certain masochisme suffise à justifier l'indépendance politique d'une nation qui n'en finit plus d'accoucher d'elle-même ?
    Là où cela nous mène, il y a trop longtemps que nous ne faisons sans cesse qu'y aller...
    Parlons dorénavant ensemble de la république. L'occasion nous en est donnée avec la visite des deux royaux tourtereaux, ne la ratons pas. Outre de recentrer définitivementle combat politique des Québécois sur l'avenir du pays, l'avantage sera nettement d'ouvrir l'esprit d'un plus grand nombre à l'indépendance.
    Et faisons confiance à ces jeunes qui, après tout, sont les nôtres du Québec.
    Vive le Québec bientôt libre !
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  • Roger Sylvain - Inscrit
    9 juillet 2011 08 h 57
    Lutte pour le français OUI,lutte contre l'anglais NON
    Il est de la responsabilité des francophones de promouvoir le français et de rendre cette langue attirante et vivante.
    J'ai toujours milité pour l'utilisation du français dans les espaces publiques,par contre je n'accepterai jamais que l'on puisse mettre des restrictions à l'usage de l'anglais.
    Les libertés individuelles sont trop importantes pour être sacrifiées aléatoirement.

    Je suis un francophone et il est difficile pour moi de défendre la Loi 101 car je vois très bien que ce qui est demandé des Anglophones c'est qu'ils s'effacent et qu'ils disparraissent. On leur demande d'accepter exactement ce que nous trouvions inacceptable pour les Francophones avant la Loi 101.

    On les considère Canadiens mais non Québécois.
    On leur dit,de façon camouflée,vous ne faites pas partie de notre société et au plus on vous tolère car on a pas le choix.
    Voilà où nous en sommes rendu avec la Loi 101 et ses applications draconiennes.
    Qui s'offusque de savoir que la population étudiante anglophone est passée de 250,000 à 100,000 dans l'espace de 35 ans?
    Qui s'offusque du fait qu'il y a eu un exode de plus 1 000 000 d'Anglophones depuis l'application de la Loi 101?
    Qui s'offusque que toute contribution anglophone au Québec est passée sous silence?
    Personne. Il est là le drame.
    Roger Sylvain
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  • Roger Sylvain - Inscrit
    9 juillet 2011 09 h 54
    Défendre le français ne veut pas dire ...
    devoir en plus détester l'anglais,détester les Anglais,détester le Canada,détester la monarchie,détester les fédéralistes,au fait détester tout ce qui n'est pas pure laine et séparatiste.
    Roger Sylvain
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  • André Michaud - Inscrit
    9 juillet 2011 11 h 20
    convaincre les citoyens
    Le problème No.1 avec la langue, c'est que les citoyens ne VEULENT PAS faire l'effort d'apprendre à parler et écrire correctement.

    Mon père avec une 4i année en 1920 maîtrisait mieux la langue écrite que les jeunes de secondaire 5. Et ce n'est pas une impression vaque...Ayant travaillé 35 au MELS , j'ai vu des tonnes de copies de l'examen de sec.5. Et voila qu'il devient de plus en plus difficile de voir des profs de langue compétent sortir des universités.

    En principe les citoyens sont pour la langue, mais dans le concret c'est l'indifférence la plus TOTALE!!! Pourtant certains continuer de nier cette réalité et vivent d'illusions en croyant qu'un référendum magique changerait tout et donnerait le goût de l'effort subitement ???
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  • Michel Leclaire - Abonné
    9 juillet 2011 12 h 14
    @ Roger Sylvain
    "...Les libertés individuelles sont trop importantes pour être sacrifiées aléatoirement. ..."


    Pourriez-vous me dire ce qui prime: l’intérêt collectif ou les libertés individuelles?
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  • Louis Salvail - Abonné
    9 juillet 2011 13 h 01
    Roger Sylvain, vous fabulez!
    Vous me faites bien rire avec vos chiffres ridicules!
    Il est vrai que les anglophones ont quitté le Québec
    entre 1977 et 1979 d'une façon plus importante que
    précédemment et que par la suite. Sachez que depuis les
    années 40, les anglophones du Québec l'ont toujours quitté en
    plus grand nombre que les francophones.
    Ce qui est tout à fait normal, car cette
    population est beaucoup plus mobile que celle des francophones.
    Sachez également que le nombre
    d'anglophones ayant quitté le Québec après 1979 est a peu
    près redevenu ce qu'il était avant l'adoption de la loi
    101. Votre million d'anglophones qui auraient quitté
    le Québec suite à l'adoption de la loi 101 est tout simplement
    farfelu et d'une malhonnêteté intellectuelle crasse.
    S'il y a eu exode d'un million de citoyens dans l'histoire du
    Québec, c'est bien celle des francophones (jusqu'aux années 30)!

    De penser que défendre le français se fait nécessairement
    contre les anglophones est d'un ridicule consommé. D'où,
    pour l'amour du ciel, prenez-vous que nous traitons les
    anglophones comme des citoyens de second ordre? De plus,
    vous condamnez les applications courantes draconiennes de la loi 101.
    Mais où étiez-vous ces 30 dernièeres années? Comment est-ce possible
    quand ses articles ont été déclarés
    inconstitutionnels les uns après les autres depuis son adoption?

    Vous êtes donc de ceux qui défendent le
    français dans leur tête exclusivement, en ne disant mot et en
    pensant qu'aller plus loin (et demeurer vigilant) reste inavouable.
    Il est vrai que pour moi, la défense du français ne se fait pas
    ainsi!

    Sachez finalement que je ne déteste ni le Canada, ni la monarchie et
    encore moins mes compratriotes et ce, peu importe leurs idées. Je suis
    certain que c'est le cas de la majorité des méchants séparatistes. Il semble
    que vous aimez beaucoup démoniser ceux qui pensent que le Québec
    est leur seule patrie. Ceci doit vous réconforter.
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  • Geoffroi - Abonné
    9 juillet 2011 14 h 21
    Pierre Curzy notre Sauveur
    Depuis qu'il a quiitté le PQ, Pierre Curzy, le promoteur du français au CEGEP, n'a pas dit un mot, à ma connnaissance, concernant le dossier de la langue française et... de tous les autres d'ailleurs.

    « Cieux, répandez votre rosée, Et que la terre enfante son sauveur»

    Jean Racine
    Extrait de Athalie
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  • Du Caurroy - Abonné
    9 juillet 2011 15 h 04
    Un réconfortant message d'espoir!
    Le «vieux» que je suis se réjouit de voir que des jeunes assurent la relève.
    Il est vrai que, par les temps qui courent, l'on ne semble pas trop se soucier du véritable déclin de notre langue nationale.
    Raison de plus pour se saisir de toutes les tribunes qui s'offrent, comme le fait avec aplomb et brio Madame Plante, que je salue et félicite!
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  • Zarathoustra - Inscrit
    9 juillet 2011 15 h 13
    La superstructure éducationnelle comme prisme de la préservation et de la promotion de notre langue...
    Voici un article intéressant du Devoir, rédigé il y a peu de temps par un enseignant au secondaire, celui-ci faisant l'éloge de l’importance de la préservation de notre langue comme prévention à une culture québécoise de survivance.

    Pour ce faire, il fait une analyse pertinente en utilisant une théorie géoéconomique (le "staple") du développement d'une nation en la raccrochant au produit générateur que représente la langue dans la sphère culturelle nationale. De plus, il encourage bien évidemment tous les enseignants, dans leur classe respective, à faire la promotion de la richesse de notre langue au regard de leurs élèves, car sa pérennité réside certes entre les mains des générations futures - donc, en l'occurrence, des générations actuelles.

    Bonne lecture!

    http://www.ledevoir.com/societe/education/324476/l
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  • Georges Paquet - Abonné
    10 juillet 2011 17 h 14
    À Sabrina Plante.
    Bravo et merci pour votre texte, en un français remarquable, qui dévoile une véritable préoccupation, parfaitement légitime d'ailleurs, pour la survie, en Amérique et dans le monde, de notre belle langue et de la culture qu'elle porte.

    L'intelligence de vos propos m'invite à vous suggérer de réfléchir aux meilleurs moyens pour assurer cette survie, vigoureuse et riche, que nous souhaitons.

    Vous savez bien que plusieurs analystes soutiennent que l'Indépendance du Québec pourrait mettre en danger la survivance même de notre langue en Amérique du Nord. Personne n'a trouvé la logique et les moyens pour résister à la mondialisation.
    Se pourrait-il qu'un combat déterminé, mais franc et serein, pour que le Canada accroisse rapidement et régulièrement l'utilisation du français partout et en fasse une promotion toujours plus active sur la scène internationale, ait un succès plus rapide et plus déterminant qu'une indépendance toujours éloignée et qui une fois acquise, peut-être, on verrait un Canada qui deviendrait unilinque anglais avec une hâte et une agressivité qu'on ne pourraît pas lui reprocher.
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  • Roland Berger - Abonné
    10 juillet 2011 17 h 39
    Un Québec bilingue officiellement unilingue
    Lentement mais sûrement, le Québec se dirige vers son destin folklorique : un Québec bilingue officiellement unilingue. La loi 101 tombera progressivement en décrépitude. Sa démolition par la Cour suprême des anglos hors Québec ne sera même plus requise. Oui, le Québec est une société fondamentalement différente.
    Roland Berger
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    10 juillet 2011 19 h 58
    À Roger Sylvai
    M. Sylvain je ne sais pas sur quelle planète vous vivez, sur la lune peut-être? À Montréal, comme dans le bon vieux temps dans le monde du travail, ou au resto, dès que quelqu'un dans un groupe parle anglais ou français avec un accent, on se met à parler anglais. C'est rendu que de jeunes auteurs québécois francophones, dans des groupes ou individuellement, écrivent leurs chansons en anglais, d'ailleurs dans les écoles c'est ce qu'on leur suggère: l'un d'entre eux a même affirmé à Télé-Québec, l'an passé, qu'il ne pourrait pas écrire de chanson en français parce que ça sonne quétaine. Alors franchement... Les raisons qui font que la communauté anglophone décroit sont multiples, mais indépendemment de ça, les écoles passerelles se multiplient, fréquentées en bonne partie par des francophones "de souche" et de plus en plus de jeunes et de vieux écoutent la télé et la radio en anglais, et de ça on en parle nulle part. Il faut "détester l'anglais et les anglais"?? Pour écrire ça vous devez avoir au moins 150 ans!

    M. MICHAUD, vous avez écrit que "les citoyens ne veulent pas faire l'effort d'apprendre à écrire et à parler une langue". Je suppose que vous avez fait vos études il y a très longtemps. Le système d'éducation a changé parfois pour le pire, surtout pour l'enseignement du français et de l'histoire. On a
    enseigné au son, et puis n'importe comment et aujourd'hui de jeunes profs ne connaissent même pas parfaitement la langue qu'ils enseignent.. On a commencé à créer une culture québécoise, ce qui était excellent, mais dans l'enseignement on a fait abstraction des niveaux de langage, idem dans les médias parlés.

    Ce n'est pas le peuple qui est responsable, mais les dirigeants et les élites d'hier, et la domination mondiale de l'anglais. Les franphones représentent 3% environ de la polulation de l'Amérique du nord, alors il y a mieux à faire que de critiquer LE PEUPLE.
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    11 juillet 2011 05 h 21
    La multiplication des réactions... solution ou problème?
    Correction: Le titre de mon précédant commentaire était "À Roger Sylvain et André Michaud". Poblème technique je suppose, il a été coupé.

    Cela dit voici mon commentaire sur la lettre. C'est une communication pleine d'espoir et d'observations pertinentes, portée par un souffle et un style puissant, mais en même temps, je pense qu'elle illustre, en partie du moins, un phénomène qui relève peut-être davantage du problème que de la solution: la multiplication des lieux ou (SIC: prob. d'ordi!) il est possible de réagir mais sans agir et surtout sans changer quoi que ce soit... Cela est vrai des média sociaux, blogues, etc., mais aussi des groupuscules que j'appellerais para-politiques, comme Les intellectuels pour l'indépendance du Québec, etc., et même ceux pour la langue française. Même chez les démissionnaires du Parti Québécois l'unité ne règne pas... pas davantage qu'au parti lui même?

    Cet éclatement de mouvements soutenant d'une manière ou d'une autre notre existence en tant que nation francophone n'est-il pas aussi à l'image du Québec actuel? Mme Plante dans sa lettre affirme que "toujours nous devrons défendre nos barricades dans cette lutte à forces inégales" c'est sans doute vrai, mais dans un Québec indépendant, celle-ci grugerait moins de nos énergies, et nous aurions tous les leviers pour cette défense. Pour y arriver c'est vers une coalition plus ou moins formelle des groupes et des idées qu'il faut tendre, avec des moyens concrets (États généraux, ou que sais-je) car présentement, la division des forces souverainistes en de multiples organismes ne fait aucunement avancé l'option, et ravive la pertinence l'expression populaire qui affirme qu'il y a au Québec plus de chefs que d'"Indiens". De chefs dont l'égo est plus affirmé... que les convictions.
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  • André Michaud - Inscrit
    12 juillet 2011 09 h 39
    nos ennemis bureaucrates
    @Mme Massicotte

    Pour avoir travaillé 35 ans au MELS, j'ai vu comment les bureaucrates universitaires imbus d'eux-même du ministère de l'Éducation ont en effet DÉTRUIT l'enseignement efficace du français . Ce sont EUX, la supposé élite universitaire francophone , qui ont détruit l'enseignement, pas des anglos.. Ces pédants se croyaient supérieures aux profs d'expérience et les ministres de TOUS les partis ont supporté les réformes farfelues.
    On est même plus capable de maîtriser la langue chez les futurs profs à l'université...un DÉSASTRE TOTAL!!

    Comment revenir à un enseignement efficace ? Aucun parti ne le fera car une correction non complaisante ferait monter le taux d'échec de façon astronomique, avec toutes les conséquences...Il est maintenant trop tard...indépendance ou non! Le dentifrice ne retournera pas dans le tube..

    Une conclusion s'impose, les technocrates du MELS , notre élite universitaire francophone, ont DÉTRUIT l'enseignement du français. Et personne ne parle de leur faire un procès publique et dévoiler les noms de ces destructeurs de la langue...et ils sont partis avec de grosses pensions en plus...

    Aucun journaliste a fait enquête sur ces destructeurs de l'enseignement de la langue..noms, années...mais au contraire on perpétue le mythe des méchants anglos qui auraient détruit notre langue...et on protège l'identité des bureaucrates VRAIMENT responsables..qui doivent bien rire de nous avec leurs poches pleines..
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  • Lise Moga - Inscrite
    12 juillet 2011 09 h 52
    Un plâtre sur une jambe de bois.
    " Les franphones représentent 3% environ de la polulation de l'Amérique du nord, alors il y a mieux à faire que de critiquer LE PEUPLE." Célina A Massicotte

    Toute langue est avant tout un moyen de communication. Entre nous, pour soi et pour les autres, pourrait-on juste élever quelque peu le seuil de notre exigeance par rapport à l'utilisation adéquate de la langue française? Précédemment je lisais M. Beaulieu et M. Pâquet accuser le prince William d'être le fossoyeur de la langue française. Quel bon jugement!!! Quand les défenseurs québécois du fait français versent dans semblable démagogie pour expliquer pourquoi et comment notre langue est en perte de vitesse, il leur faudrait peut-être mieux, pour la cause, de se déclarer forfait; ils nuisent plus qu'ils n'aident car plus on éloigne de la source, la cause explicite d'un usage pernicieux, plus il devient difficile d'apporter un correctif quelconque.

    Chez nous, nous sommes 4 et le langage de rue, le joual ou toutes autres calamités ne sont pas acceptés entre nos murs. Au secondaire, le langage de ma plus grande lui a vallu l'étiquette de "snob" et cela par ses contemporains "pure laine" plutôt que par les 97% anglophones de l'Amérique du Nord ou pour toutes autres entités de la couronne britanique ayant exitées de 1600 à nos jours.

    L'éducation, selon nos valeurs québécoises occupe quel rang? Les derniers sondages lui accordaient-ils seulement la note de passage? Travaillons à élever notre niveau d'éducation et, pour le français, ce sera beaucoup plus efficace que de suggérer la séparation, le ghetto ou tout autre solution aussi farfelue.
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    12 juillet 2011 17 h 07
    Le joual, est une calamité?, l'indépendance une notion farfelue?, et le français au Québec une cause perdue...
    Woh les moteurs! comme on dit en joual. L'argot ça s'est parlé, chanté, on l'a entendu au cinéma, idem pour l'américain (le slang). Notre cinéma, notre théâtre ont explosé et se sont fait reconnaître à l'extérieur quand on y a entendu la langue du peuple. Tremblay est joué dans plusieurs langues vernaculaires. Le problème est ailleurs, comme l'a expliqué M. Michaud, dans le système d'éducation. Quant à l'indépendance, il y aura bientôt 200 pays qui siègeront à l'ONU: aucun n'est retourné en arrière, alors ça ne doit pas être si farfelu que ça... L'indépendance ne nous enpêchera en rien de s'occuper de l'éducation, bien au contraire, on perdra moins d'énergie de temps et même d'argent à se chamailler tout le temps et un peu partout avac Ottawa, Et ce n'est qu'une aspect de la question.

    M. Michaud, vous êtes... pessimiste? J'apprécie les informations que vous avez diffusées sur ce forum, mais il faut regarder vers l'avant. J'ai lu sur slate (Tunisie) un excellent article sur le difficile destin de ce pays, qui selon ce journaliste, Tunisien justement, n'a plus d'identité, surtout chez les jeunes; les partis politiques n'ont pas d'expérience, de tradition, et se sont de vieux généraux qui essaie de garder le bateau à flot. C'est grave, mais tant qu'il y a l'espoir...

    Le problème du Québec, pour ceux qui le rêve pays et francophone, c'est la division du mouvement souverainiste, c'est le fait que nos leaders manquent de vision, de conviction (que des égos). Il y a des gens qu'on disait finis, sur le plan de la santé, etc., qui ont rebondi, il en va de même des nations quand on s'y met. Une majorité est contre les écoles passerelles, une majorité craint l'assimilation... Je suis naïve? Les enfants sont aussi naïfs et ça ne les en empêche pas de devenir adultes. Il faut croire, et construire nos rêves. Des états généraux de la souveraineté indépendants des partis serait un début, non?
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  • francaisdamerique - Inscrit
    15 juillet 2011 09 h 17
    Bravo Mme Plante...
    "Nous voulons exister". Quelle phrase véridique et quel beau texte de cette jeune québécoise.

    En se basant sur les données mêmes de Statistique Canada, il semble bien que le nombre de francophones dans cette région du nord de l’Amérique soit en pleine décroissance. Cette diminution de la population de la langue de Molière est un fait culturel qui n’est pas récent et qui découle directement du phénomène des familles exogames, de la politique du multiculturalisme (le pluralisme) et évidemment du bilinguisme institutionnel mis en place par le gouvernement Trudeau dans les années 70.

    Il y en a certains qui s’imaginent que dans 20 ans, l’environnement politique et linguistique au Québec n’aura pas changé. Nous sommes dans une ère de mondialisation où la culture du dominant a déjà commencé à faire des ravages auprès des jeunes. Il est indubitable qu’avec les communications de masse toujours en constante expansion, pour les générations benjamines (X, Y et autres à venir), l’anglais prend et prendra une place de premier plan, et surpassera le français dans les années à venir s’il n’y a pas de vrais changements politiques. Ceci est très évident à Montréal et dans sa périphérie.
    Et ce n’est pas en participant directement dans la politique fédérale par l’entremise de partis politiques fédéraux que nous allons régler nos problèmes d’ordres législatifs, linguistiques, politiques, économiques et judiciaires. Tout cela ne donne que de la crédibilité à leur système puisqu’on s’engage de plein gré sur le terrain de l’autre et du même coup, nous acceptons ses principes de base comme les nôtres.

    Cyril Dionne
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  • francaisdamerique - Inscrit
    15 juillet 2011 09 h 18
    Bravo Mme Plante...
    C’est aussi très triste de voir qu’il y a encore des gens qui attendent un renouveau fédéraliste où la langue française serait sur le même pied d’égalité que l’anglais dans ce pays au nord du 49e parallèle. Après les échecs de Meech et de Charlottetown qui visaient une réforme constitutionnelle importante, il est évident qu’il n’y en aura pas et que le statu quo est ici pour demeurer au Canada anglais. Que de dire que l'Indépendance du Québec pourrait mettre en danger la survivance même de notre langue en Amérique du Nord est simplement ridicule. C'est tout simplement le contraire. Les "canadians" poursuivre depuis fort longtemps l'assimilation des francophones hors Québec et ils ont réussi. L'indépendance une fois acquise ne ferait que confirmer cette agressivité linguistique des anglophones puisqu'ils n'auraient plus besoin de payer et maintenir des institutions francophones hors Québec.

    Et il y a qui pense que les pauvres petits anglais au Québec vont s'effacer et disparaître. Quelle naïveté!

    C'est vrai que "le problème du Québec, pour ceux qui le rêve pays et francophone, c'est la division du mouvement souverainiste" comme le relate Mme Massicotte. Les francophones ont le don de s'entredéchirer et cet état d'esprit ne fait que nuire leur cause. Unité tout d’abord, et après on pourrait assister à une coloration politique au Québec lorsqu’il deviendra un pays.

    Et ceux qui s’imaginent que l’assimilation est un phénomène hors Québec risquent fort d’avoir une mauvaise surprise d’ici une génération.

    Cyril Dionne
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