dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Amir Khadir - Le chef de l'opposition officieuse

Mathieu Bock-Côté, chargé de cours en sociologie à l'UQAM  4 juin 2011  Québec
Amir Khadir parle effectivement le langage de la décolonisation.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Amir Khadir parle effectivement le langage de la décolonisation.
On peut reconnaître le talent politique indéniable d'Amir Khadir sans approuver d'aucune manière la philosophie qu'il sert. L'homme est intelligent, on le dit même cultivé, et dispose manifestement de tous les moyens requis pour s'imposer comme une figure incontournable de la recomposition politique québécoise. La complaisance d'une certaine intelligentsia l'a par ailleurs transformé en conscience humanitaire du Parlement, un statut qui va bien à celui qui revendique souvent un monopole de la vertu.

Depuis quelques mois, l'objectif de M. Khadir semble limpide: développer une stratégie de polarisation en occupant la fonction tribunitienne contre une classe politique relativement homogène malgré ses distinctions partisanes. C'est d'ailleurs ainsi qu'il est parvenu à inscrire Québec solidaire dans le jeu politique et à déclasser Françoise David, dont le progressisme soporifique ne parvenait pas à interpeller au-delà de la gauche communautaire et féministe. Amir Khadir joue en plus sur le sens de la transgression, ce qui plaît à une frange de l'électorat exaspérée par la langue de bois technocratique.

Une stratégie qui porte ses fruits

M. Khadir semble miser sur une coalition des radicalismes, certains d'entre eux étant quelquefois contradictoires, mais tous unis néanmoins dans une veine protestataire. Mais surtout, au coeur de cette stratégie, Khadir privilégie de plus en plus l'appropriation d'un discours qui était autrefois celui d'une gauche nationale et populaire, voire populiste, conjuguant socialisme et indépendance. Ses dernières frasques sur les représentants de la Couronne britannique vont dans ce sens.

Cette stratégie porte ses fruits, d'autant plus que les souverainistes ont souvent offert leur tribune à Khadir, en l'accréditant ainsi comme un porteur légitime de l'option nationale. S'ajoute à cela la décomposition du souverainisme officiel, qui a notamment eu pour conséquence depuis quelques années l'autonomisation d'une tendance indépendantiste assez radicale portée sur le militantisme de rue davantage que sur la poursuite d'une stratégie parlementaire. Cette mouvance semble séduite par la rhétorique décolonisatrice d'Amir Khadir.

Car Amir Khadir parle effectivement le langage de la décolonisation. Son imaginaire politique est structuré en bonne partie par la critique de l'impérialisme qu'il associe pêle-mêle à l'Amérique, à Israël et aux multinationales, ce qui l'amène à certaines dérives malheureuses, notamment son association jamais reniée au boycottage de la boutique Le Marcheur. Khadir fait le procès d'un souverainisme embourgeoisé et entend le réinvestir d'une ferveur contestataire, voire révolutionnaire. Ce discours décolonisateur est souvent exemplifié par les questions liées aux ressources naturelles, qui interpellent directement une vieille couche encore active de l'imaginaire politique québécois, traversée par la peur de la spoliation du pays.

La vraie altérité politique

S'il parvient à bricoler une synthèse idéologique convaincante entre ce nationalisme décolonisateur et le populisme gauchisant qui lui a valu un premier succès d'estime, Khadir pourrait faire de Québec solidaire un acteur politique important. S'il ne peut viser sérieusement le poste de premier ministre, il peut néanmoins devenir une force politique importante cannibalisant le souverainisme officiel sans pour autant parvenir à le remplacer. Il contribuerait paradoxalement au maintien des libéraux au gouvernement. Il n'est pas certain que Khadir ne les préfère finalement à la solution de remplacement péquiste.

Pour Khadir, la lutte politique ne consiste pas à distinguer entre ce que Cioran appelait les «nuances du pire» mais dans un affrontement entre le bien et le mal. Cette «idéologisation» du jeu politique l'avantage dans un espace public qui fonctionne au pragmatisme comptable. À travers tout cela, Amir Khadir s'impose de plus en plus comme le chef de l'opposition officieuse, celui qui incarne la véritable altérité politique.

Au Parti québécois, on devra se demander comment développer un nationalisme de rupture qui, sans être populiste, redevienne néanmoins populaire et canalise le sentiment protestataire dans la population. Pour les souverainistes, Amir Khadir vient de passer du statut de problème mineur à problème majeur.

***

Mathieu Bock-Côté, chargé de cours en sociologie à l'UQAM
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • michel lebel - Inscrit
    4 juin 2011 07 h 09
    La nouveauté!
    Comme bien des Québécois sont "écoeurés" de la politique des "vieux" partis, ils sont prêts à soutenir tout ce qui semble "nouveau". De Layton, à Khadir, à Legault, peu importe vraiment ce que défende ces "nouveaux", en autant qu'ils se distinguent des "vieux". Ce qui est fort facile! C'est ainsi que, par exemple, Khadir prend une place démesurée dans l'opinion publique, les médias l'ayant évidemment adopté. En d'autres termes, la politique comme la nature a horreur du vide!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fruitloops - Inscrit
    4 juin 2011 08 h 13
    Antidote à l'apathie.
    J'aime bien votre prose, monsieur BkC, nettement plus digeste qu'administrée par voie orale...

    Amir Khadir, en chef de l'opposition officieuse, c'est plutôt bien vu et une excellent chose — vu l'apathie (en dehors des coups de gueule, dont le Québec raffole tant) qui règne à l'Assemblée Nationale.

    Je viens également de visionner INCENDIES de Mouawad-Villeneuve. Il m'apparaît que la nouvelle politisation occidentale proviendrait de l'Orient. C'est une bonne chose que ces orientaux d'adoption viennent nous secouer le pommier québécois et raviver une gauche sous respirateur depuis des lunes.

    Le capitalisme obèse et corrompu des Goldman Sachs, Accurso, PKP, et des partis libéraux de ce monde va foutre cette planète en l'air si on continue à le laisser faire!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Charles Dubois - Inscrit
    4 juin 2011 08 h 27
    Une analyse brillante!
    C'est du grand Mathieu Bock-Côté!

    Amir Khadir est un bourreau de travail, mais aussi un idéologue. On doit reconnaitre son talent et sa grande intelligence. L'Assemblée nationale, par sa simple présence, gagne en légitimité et en respect de la démocratie. Tant qu'à élire un «backbencher» du PQ ou d'un autre parti, il est préférable d'avoir un député comme lui même si on ne partage aucunement ses idées parfois folichonnes et ses idéaux marxistes au niveau économique.


    AMIR ET LES CHAUSSURES

    Par ailleurs, il est inquiétant qu'un député s'en prenne à un marchand de chaussures de la rue Saint-Denis. Le conflit au Moyen-Orient ne devrait pas entraver la paix sociale au Québec. Certains groupes veulent transposer les idéologies sectaires de leur pays d'orgine ici et les conflits sociaux qui s'y rattachent. Le conflit israélo-arabe est empreint d'antisémitisme primaire à l'échelle sociale et cela semble déborder au Québec. L'image du Québec à l'étranger est entachée par les manifestations d'activistes et des amis de M. Khadir devant le commerce d'un honnête marchand de chaussures qui a le malheur de vendre 2 % de chaussures «Made in Israel». C'est honteux! Il est avant tout un idéologue qui a toujours raison donc il s'en contrefout que l'on puisse trouver cela honteux...


    Amir Khadir est probablement le député ou l'élu le plus anti-américain, le plus anticapitaliste et le plus à l'extrême gauche en Amérique du Nord.C'est absurde, mais tous les courants sont légitimes au Québec.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean-Pierre Marcoux - Inscrit
    4 juin 2011 09 h 20
    Recomposition politique québécoise
    Si Amir Khadir prend la place qu'il prend, c'est peut-être parce que, ce qu'il dit nous redonne confiance dans la politique au sens noble du terme.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Luc Boyer - Abonné
    4 juin 2011 09 h 29
    Je me demande
    Je me demande bien comment Amir Khadir peut s'approprier le vote indépendantiste lui qui vient de se réjouir du vote fédéraliste orange des Québécois. Mais il misera juste s'il comprend que les Québécois sont beaucoup plus socio-démocrate que nationaliste. Jouera-t-il l'indépendance? Je ne crois pas. Et si la machine électorale orange le soutient, là ce sera une autre histoire. Une telle cohérence pourrait sourire à plusieurs qui trouveront la grimace amère quand pour une deuxième fois ils se rendront compte que le Canada n'a plus besoin du Québec pour définir ses orientations fondamentales. Mais tout s'achète, même un peuple. Tout dépend de quel côté il marche. Je parle de l'Outaouais, bien sûr. On appellera cela l'avenir d'une illusion du peuple québécois et le grand thaumaturge en sera Amir aux grands mirages. Car il en résultera que Jean Charest risque de l'emporter.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie Lauzier - Inscrite
    4 juin 2011 10 h 23
    Un René Lévesque du 21e siècle?
    «Ce discours décolonisateur est souvent exemplifié par les questions liées aux ressources naturelles, qui interpellent directement une vieille couche encore active de l'imaginaire politique québécois, traversée par la peur de la spoliation du pays.» M B-C

    Khadir incarnerait à sa façon une sorte de René Lévesque du 21e siècle? Je le crois.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie Lauzier - Inscrite
    4 juin 2011 10 h 36
    L'omniprésence d'Amir
    @ Djeep

    "Si Amir Khadir prend la place qu'il prend" c'est aussi parce qu'il est le seul élu de Québec solidaire et qu'il doit se prononcer sur tout, tout seul.

    Envoyons lui 5 ou 6 co-députés aux prochaines élections; ils se partageront le travail et, du coup, Khadir pourra souffler entre deux combats.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel hugues Lemay - Inscrit
    4 juin 2011 11 h 16
    Il serait temps de s'interroger...
    Si les leaders indépendantistes veulent faire du Québec un pays libre et démocratique, ils doivent se recentrer sur les valeurs sociales-démocrates, être fidèles aux principes démocratiques et respecter nos lois et institutions. Actuellement, PQ, PLQ et ADQ, du pareil au même. La dernière commission parlementaire en est la preuve. Qu’on soit d’accord ou non avec son programme, il faut admettre qu’Amir Khadir est le seul à se tenir debout à l’Assemblée nationale. La vérité, c'est que le PQ, le PLQ, l'ADQ et même le futur parti de François Legeault, sous des masques différents, dilapident tranquillement nos richesses collectives. Le simple citoyen et les petits entrepreneurs dont je suis, se sentent floués. On utilise l'argent du public pour engraisser encore plus les proches des partis et la grande entreprise. On dilapide nos ressources naturelles. Pour cà, nos politiciens sont prêts à toutes les bassesses. Les belles paroles et le ronronnement des Bouchard, Charest, Legeault, Marois et Delltell ne sont que du vent. Le déficit en est la preuve...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roy10egen Roy10egen - Inscrit
    4 juin 2011 15 h 42
    Analyse journalistique ou sociologique?
    Monsieur Bock signe et signale qu'il est sociologe, chargé de cours. Bien.  Pourtant, cela m'étonne, puisque  j'ai sous les yeux un texte d'opinion où on découvre  l'image que se fait un intellectuel  à propos du député Amir. Monsieur Bock a droit á ses opinions. Et dans sa vie privée,  discutant avec ses amis, il peut bien penser ce qu'il veut en y mélangeant idées et croyances.  C'est autre chose, si on enseigne et si, en écrivant, on s'affiche avec des titres de scientiste sociale. Dans ce cas, les lecteurs et les lectrices sont  en droit d'attendre un texte qui contient une analyse plus approfondie qui dépasse l'exposé de ses impressions et de ses croyances. On s'expose aussi à la critique de ses pairs.
    L'approche journalistique réduit trop souvent la popularité du député Amir à des traits de personnalité. Heureusement, le texte de Monsieur Bock n'en reste pas là et s'efforce de trouver une interprétation politique au discours d'Amir.  Le défaut vient du manque de rigueur.  Pour l'atteindre, le scientiste sociale doit relativiser ses propres préjugés et éviter de faire l'économie de certains questionnements. Et puisqu'il sagit  d'un phénomène politique qui se cristalise autour du député Amir, il faudrait ordonner certaines données essentielles.   Primo: que dénonce-t-il ( quel est son discours et ses actions conséquentes),  qui interpelle-t-il ( groupes et classes sociales ) et quels intérêts sont-ils mis en cause? Segundo :  comment sont reçus et interprétés les interventions politique de Amir député de QS? Tercio:  en quoi consiste et comment s'inscrit le projet de QS par rapport au Québec 2011-2012 dans le Canada Harper?  Quelle interprétation donner au programme de QS, en particulier l'appel à une Assemblée Constituante? Comment situer le tout dans une perspective des rapports politiques et de possibles changements...
    Une thèse de doctorat, me dira-t-on? Pourquoi pas. Mais au moins de la sociolog
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Martin Dufresne - Abonné
    4 juin 2011 22 h 47
    Trop, c'est comme pas assez
    "la fonction tribunitienne"... Wouahaha... On n'a pas peur du ridicule chez monsieur Bock-Côté!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • ChristianH - Inscrit
    5 juin 2011 16 h 44
    Trop, c'est trop...
    « Khadir prend une place démesurée dans l'opinion publique, les médias l'ayant évidemment adopté. En d'autres termes, la politique comme la nature a horreur du vide! »
    michel lebel - samedi 4 juin 2011 07h09 »

    Les académiques, comme les employés des médias, ont aussi horreur du vide

    L'importance du député Khadir et ses propos ne sont dépendants que de la névrose de l'intérêt humain, qui habite ces académiques et ces employés des médias.

    Laisse-moi en paix avec les frasques du médecin et député Khadir.
    L'importance que vous lui accordez par rapport à l'électorat, sous le 2 %, ne fait que gaspiller honteusement mon temps de lecture libre.
    CH
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • JY Lemire - Inscrit
    6 juin 2011 01 h 53
    Courage de ses convictions.
    Je repecte Amir Khadir même si je suis en desaccord avec certaines de ses positions.

    Un médecin spécialiste qui décide de se lancer en politique dénonçant les excès des puissants de ce monde (pour 3 fois moins de salaire), est digne de respect at admiration.

    Amir Khadir a le COURAGE de poser les questions que les autres députés n'osent pas toucher.

    J'aimerais savoir pourquoi M. Bock-Côté perpetue des mensonges à l'égard de M. Khadir?

    M. Khadir a bien dit, je l'ai entendu à la radio moi-même, qu'il n'a pas demandé le boycottage de la boutique Le Marcheur, mais le boycottage des produits faits en Israël. La quête de justice ne connais pas de frontière.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Ginette Bertrand - Inscrite
    6 juin 2011 20 h 18
    @ Roy10egen
    Un savant donneur de leçons devrait, il me semble, au moins signer ses écrits.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Francis Robillard - Inscrit
    7 juin 2011 05 h 05
    Mathieu, Mathieu... t'es encore chargé de cours?
    En espagne il n'y a pas si longtemps, il y avait des processions des tenants de l'orthodoxie social et économique, qui célébraient les chaînes qui les liaient au passé, à la pauvreté, à la guerre. C'était leurs espoirs pour maintenir une situation qui les appauvrissaient mais qui était la seule qu'ils connaissaient.

    Nul ne connait l'avenir, il y en aura toujours pour expliquer que la forme d'un nuage a telle ou telle signification. Alors que tout le monde sait que si le nuage se rend jusqu'à nous, on pourrait avoir du vent, de la pluie ou juste un peu d'ombre. Mais il ne faut pas craindre le ciel pour autant!!

    Tout ce talent et ces mots et tu es encore chargé de cours, est-ce lié ou est-ce simplement une manifestation que nous sommes au prise dans une société qui célèbre ses chaines plutôt que de permettre à ses talents de s'émanciper et devenir... professeur?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sena - Abonné
    7 juin 2011 11 h 39
    Chouchou du Devoir
    J'aimerais qu'on m'explique comment ce polémiste en herbe réussit à faire publier par Le Devoir ses opinions sur n'importe quoi. Son inconfort avec toute forme de diversité ethnoculturelle laisse peu de place à l'objectivité.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
15 réactions
14 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012