Pollution d'origine agricole - Le resserrement des règles était attendu
Il y a cinq ans, l'annonce de telles mesures aurait sans doute provoquer un tollé considérable en milieu agricole.
Les énormes pressions de l'opinion publique dans la plupart des régions du Québec depuis quelques années contre la pollution d'origine agricole et plus spécialement contre l'expansion de la production porcine ont fait basculer la dialectique en ce domaine, comme en font foi les réactions à la suite de l'annonce de nouvelles règles sur les exploitations agricoles par le gouvernement québécois.
Il y a cinq ans, l'annonce de telles mesures aurait sans doute provoquer un tollé considérable en milieu agricole, particulièrement à l'Union des productions agricoles (UPA) et à la Fédération des producteurs de porcs du Québec. Hier, l'UPA a «réservé un accueil mitigé» aux nouvelles mesures. La fédération a commencé par dire que ces mesures étaient «disproportionnées par rapport à la problématique agricole réelle», mais elle y a quand même vu des notes positives.
«Bien que les producteurs de porcs dénoncent plusieurs aspects du nouveau règlement, ceux-ci sont heureux que le principe des rejets réels soit enfin reconnu à compter du 15 juin 2002. Il est clair qu'on sent une volonté du gouvernement de collaborer et de gérer l'environnement dès maintenant, sur la base de données représentatives par le biais d'une approche ferme par ferme. Chaque producteur sera mieux responsabilisé», a déclaré Clément Pouliot, président de la fédération.
Celle-ci tenait d'ailleurs son assemblée annuelle à Magog. Comment ont réagi les délégués? «De façon sereine et calme. On savait qu'il y aurait une réglementation plus sévère», a répondu M. Pouliot. Ces mesures, dont l'annonce a été faite jeudi, sont perçues à la fédération comme une étape dans un dossier en évolution, tant du côté des producteurs eu égard à la protection de l'environnement que du côté de l'opinion publique qui parfois démontre une méconnaissance de la réalité, pense-t-on à la fédération.
«De plus en plus d'organismes réclament un débat public. Peut-être est-ce la voie à prendre? Rien ne doit être écarté pour régler la problématique. Il s'agit aussi d'une occasion pour combler le niveau de méconnaissance qui existe», soutient M. Pouliot, très conscient que le gouvernement a pris en considération non seulement les intérêts économiques des producteurs mais aussi toute la dimension sociale, environnementale et politique. M. Pouliot souhaite qu'on en arrive à un consensus dans la société sur un modèle durable de production.
Le gouvernement aura réussi avec cette annonce à susciter des réactions favorables de l'Union des municipalités du Québec, qui se dit d'accord avec la majorité des dispositions, ce qui devrait permettre une meilleure cohabitation des milieux ruraux et urbains. Même le président de l'Union paysanne, Roméo Bouchard, s'est dit agréablement surpris par l'annonce du gouvernement, notamment en ce qui concerne le prolongement du moratoire, l'arrivée d'une centaine de nouveaux inspecteurs et la tenue d'un débat public au BAPE.
Les groupes environnementaux, dont l'Union québécoise pour la conservation de la nature, qui s'était retirée du comité de travail formé en mai pour discuter de la situation des porcheries, n'ont émis aucun communiqué hier en réaction à ces mesures gouvernementales.
L'Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQUINAC), qui représente les meuniers et les intégrateurs, c'est-à-dire les plus gros producteurs de porcs directement ou indirectement, est demeurée silencieuse également. Elle tenait aussi son assemblée annuelle hier et une porte-parole a fait savoir qu'aucune déclaration ne serait faite avant la semaine prochaine.
Parmi les inquiétudes de l'UPA et de la fédération, il y a bien sûr la question des coûts d'ajustement. Québec promet 257 millions sur trois ans pour aider les agriculteurs à se conformer aux nouvelles règles. Les producteurs disent ne pas savoir si ce sera de l'argent neuf, ni quand cet argent viendra. Ils affirment avoir eu de mauvaises expériences dans le passé. La fédération déclare que l'agriculture est le parent pauvre en matière de soutien gouvernemental comparativement aux secteurs industriel et municipal.
Enfin, M. Pouliot prévoit que le moratoire prolongé de deux ans et les mesures plus sévères contribueront à faire régresser la production porcine au Québec, dont la part au Canada est déjà passé de 34 à 31 %. Il faut dire que la production porcine augmente dans l'Ouest. L'an passé, la croissance fut de 4 % au Québec et les prévisions pour cette année étaient de 5 %, mais c'était avant l'annonce de jeudi.
Il y a cinq ans, l'annonce de telles mesures aurait sans doute provoquer un tollé considérable en milieu agricole, particulièrement à l'Union des productions agricoles (UPA) et à la Fédération des producteurs de porcs du Québec. Hier, l'UPA a «réservé un accueil mitigé» aux nouvelles mesures. La fédération a commencé par dire que ces mesures étaient «disproportionnées par rapport à la problématique agricole réelle», mais elle y a quand même vu des notes positives.
«Bien que les producteurs de porcs dénoncent plusieurs aspects du nouveau règlement, ceux-ci sont heureux que le principe des rejets réels soit enfin reconnu à compter du 15 juin 2002. Il est clair qu'on sent une volonté du gouvernement de collaborer et de gérer l'environnement dès maintenant, sur la base de données représentatives par le biais d'une approche ferme par ferme. Chaque producteur sera mieux responsabilisé», a déclaré Clément Pouliot, président de la fédération.
Celle-ci tenait d'ailleurs son assemblée annuelle à Magog. Comment ont réagi les délégués? «De façon sereine et calme. On savait qu'il y aurait une réglementation plus sévère», a répondu M. Pouliot. Ces mesures, dont l'annonce a été faite jeudi, sont perçues à la fédération comme une étape dans un dossier en évolution, tant du côté des producteurs eu égard à la protection de l'environnement que du côté de l'opinion publique qui parfois démontre une méconnaissance de la réalité, pense-t-on à la fédération.
«De plus en plus d'organismes réclament un débat public. Peut-être est-ce la voie à prendre? Rien ne doit être écarté pour régler la problématique. Il s'agit aussi d'une occasion pour combler le niveau de méconnaissance qui existe», soutient M. Pouliot, très conscient que le gouvernement a pris en considération non seulement les intérêts économiques des producteurs mais aussi toute la dimension sociale, environnementale et politique. M. Pouliot souhaite qu'on en arrive à un consensus dans la société sur un modèle durable de production.
Le gouvernement aura réussi avec cette annonce à susciter des réactions favorables de l'Union des municipalités du Québec, qui se dit d'accord avec la majorité des dispositions, ce qui devrait permettre une meilleure cohabitation des milieux ruraux et urbains. Même le président de l'Union paysanne, Roméo Bouchard, s'est dit agréablement surpris par l'annonce du gouvernement, notamment en ce qui concerne le prolongement du moratoire, l'arrivée d'une centaine de nouveaux inspecteurs et la tenue d'un débat public au BAPE.
Les groupes environnementaux, dont l'Union québécoise pour la conservation de la nature, qui s'était retirée du comité de travail formé en mai pour discuter de la situation des porcheries, n'ont émis aucun communiqué hier en réaction à ces mesures gouvernementales.
L'Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQUINAC), qui représente les meuniers et les intégrateurs, c'est-à-dire les plus gros producteurs de porcs directement ou indirectement, est demeurée silencieuse également. Elle tenait aussi son assemblée annuelle hier et une porte-parole a fait savoir qu'aucune déclaration ne serait faite avant la semaine prochaine.
Parmi les inquiétudes de l'UPA et de la fédération, il y a bien sûr la question des coûts d'ajustement. Québec promet 257 millions sur trois ans pour aider les agriculteurs à se conformer aux nouvelles règles. Les producteurs disent ne pas savoir si ce sera de l'argent neuf, ni quand cet argent viendra. Ils affirment avoir eu de mauvaises expériences dans le passé. La fédération déclare que l'agriculture est le parent pauvre en matière de soutien gouvernemental comparativement aux secteurs industriel et municipal.
Enfin, M. Pouliot prévoit que le moratoire prolongé de deux ans et les mesures plus sévères contribueront à faire régresser la production porcine au Québec, dont la part au Canada est déjà passé de 34 à 31 %. Il faut dire que la production porcine augmente dans l'Ouest. L'an passé, la croissance fut de 4 % au Québec et les prévisions pour cette année étaient de 5 %, mais c'était avant l'annonce de jeudi.
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