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    Lettres - «Ni à gauche ni à droite, mais devant nous»

    24 mai 2011 |Zoé Gagnon - Montréal, le 20 mai 2011 | Québec
    La lettre du président du PQ, Raymond Archambault, parue dans Le Devoir, reflète l'attitude péquiste qui m'a finalement désenchantée de ce parti. Je parle bien sûr d'une chasse aux ennemis de la souveraineté menée parmi... les souverainistes.

    Au lieu de commenter la très pertinente remarque d'Amir Khadir sur la nécessité d'une réforme électorale pour un système proportionnel, M. Archambault n'a fait que japper contre son vote personnel. Au lieu d'expliquer pourquoi le modèle souverainiste du PQ serait plus pertinent que celui de Québec solidaire (QS), sa lettre ne fait même pas état de la différence qui existe entre les deux.

    La voici: le PQ rattache l'indépendance à l'identité et fait primer l'indépendance sur les questions sociales. QS rattache ses valeurs souverainistes à l'idée d'un pays ayant le pouvoir de mettre en oeuvre des projets de justice sociale.

    M. Archambault décrit la position péquiste comme «ni à gauche ni à droite, mais devant nous»: voilà bien la rhétorique chancelante du PQ, celle-là même qui a conduit à la nécessité de QS à sa gauche et à la tentation Legault à sa droite.

    Au lieu de se rallier à la proposition de scrutin proportionnel de QS, une réforme qui aurait donné au Bloc 18 sièges au lieu de 4, le PQ s'acharne à dire que QS est contre le Bloc et donc l'ennemi no 1 de la souveraineté. Enfin, au lieu d'expliquer pourquoi les propositions du PQ sont meilleures que celles de QS, M. Archambault tente de nous faire croire que l'ensemble des membres de QS ne se disent souverainistes que par hypocrisie, et cela, parce que son député aurait voté orange.

    Pourquoi une réaction aussi hargneuse que ridicule? Le PQ aurait-il peur d'une vague orange similaire aux provinciales de 2013?

    Même en tant qu'indépendantiste convaincue, je suis excédée par cette attitude négative et revancharde. Je ne sais même plus si je reconnaîtrais mes valeurs progressistes dans un Québec souverain gouverné par Mme Marois. J'ai honte de ce parti devenu dysfonctionnel et de son programme inauthentique taillé à la tentation du pouvoir. Dirigeants du PQ, vous m'avez déçue. Veuillez considérer ceci comme ma lettre de démission.

    ***

    Zoé Gagnon - Montréal, le 20 mai 2011
     
     
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