Autoroute de la Beauce - Des opposants au «tracé Est» menacés de mort
Québec — Des opposants au tracé du prolongement de l'autoroute de Beauce ont fait l'objet de menaces graves et le ministre des Transports, Sam Hamad, a contribué à créer le «climat» dans lequel elles ont été proférées, a soutenu le Parti québécois hier. «J'ai eu des menaces de mort l'été dernier, en instance devant la Cour supérieure. C'est arrivé au mois de juin. Et j'en ai eu aussi une fois le jugement rendu; et j'en ai eu encore dernièrement, au mois de mars», a raconté Josée Bilodeau, hier, au parlement. Mme Bilodeau est propriétaire d'un boisé menacé par le «tracé Est» que cherche à imposer le gouvernement du Québec malgré plusieurs revers judiciaires. Mme Bilodeau, qui a porté plainte, a ajouté qu'on a aussi menacé les agriculteurs Manon Poulin et Marc St-Hilaire — qui s'opposent au «tracé Est» — de «brûler leur ferme».
Malgré les jugements défavorables du Tribunal administratif du Québec, de la Cour supérieure et du BAPE, qui indiquent que ce tracé est «illégal», le gouvernement n'en démord pas. La Cour supérieure a donné raison l'automne dernier à ceux qui militent pour le «tracé Ouest». Mais le gouvernement Charest, le 24 mars, a déposé le projet de loi 2 pour mettre fin aux procédures judiciaires et affirmer que le décret qui impose le tracé «s'applique malgré toute décision d'un tribunal qui a déclaré invalide, après cette date, le décret qui y est visé». Le critique en matière de transports, Nicolas Girard, estime que ce projet de loi «a un caractère exceptionnel» et «vise à enlever des droits à des citoyens. Pire, il vise à enlever un droit de manière rétroactive», a-t-il soutenu hier. Lors d'une consultation cette semaine, le Barreau a aussi dénoncé la tentative du gouvernement.
C'est en 2004 que le «tracé Est» a été adopté par le gouvernement, alors qu'un autre tracé, à l'ouest, avait été présenté auparavant comme le meilleur et déclaré «légal depuis trois décennies», un tracé que «personne n'a jamais contesté». Concernant cette volte-face de 2004, Mme Bilodeau a eu ces mots: «C'est un secret, on n'arrive pas à comprendre, vraiment pas.» Elle soutient qu'avant le dépôt du projet de loi, elle s'apprêtait à démontrer hors de tout doute que le tracé Ouest avait «moins d'impacts agricoles».
Contre la Beauce
Aux yeux du ministre Hamad, ceux qui s'opposent au tracé pour lequel a opté le gouvernement sont très peu nombreux et, en définitive, sont «contre la Beauce», qui attend ce prolongement depuis longtemps. Il dit avoir déposé une loi parce que les opposants l'avaient emporté sur des «points administratifs».
Favorable au prolongement, le PQ s'oppose toutefois à la loi qui aurait pour effet de rendre caduque toute contestation du tracé. M. Girard y voit une lutte de «David contre Goliath». Il estime que les déclarations du ministre ont été «irresponsables» et qu'elles ont mis «le feu aux poudres».
Malgré les jugements défavorables du Tribunal administratif du Québec, de la Cour supérieure et du BAPE, qui indiquent que ce tracé est «illégal», le gouvernement n'en démord pas. La Cour supérieure a donné raison l'automne dernier à ceux qui militent pour le «tracé Ouest». Mais le gouvernement Charest, le 24 mars, a déposé le projet de loi 2 pour mettre fin aux procédures judiciaires et affirmer que le décret qui impose le tracé «s'applique malgré toute décision d'un tribunal qui a déclaré invalide, après cette date, le décret qui y est visé». Le critique en matière de transports, Nicolas Girard, estime que ce projet de loi «a un caractère exceptionnel» et «vise à enlever des droits à des citoyens. Pire, il vise à enlever un droit de manière rétroactive», a-t-il soutenu hier. Lors d'une consultation cette semaine, le Barreau a aussi dénoncé la tentative du gouvernement.
C'est en 2004 que le «tracé Est» a été adopté par le gouvernement, alors qu'un autre tracé, à l'ouest, avait été présenté auparavant comme le meilleur et déclaré «légal depuis trois décennies», un tracé que «personne n'a jamais contesté». Concernant cette volte-face de 2004, Mme Bilodeau a eu ces mots: «C'est un secret, on n'arrive pas à comprendre, vraiment pas.» Elle soutient qu'avant le dépôt du projet de loi, elle s'apprêtait à démontrer hors de tout doute que le tracé Ouest avait «moins d'impacts agricoles».
Contre la Beauce
Aux yeux du ministre Hamad, ceux qui s'opposent au tracé pour lequel a opté le gouvernement sont très peu nombreux et, en définitive, sont «contre la Beauce», qui attend ce prolongement depuis longtemps. Il dit avoir déposé une loi parce que les opposants l'avaient emporté sur des «points administratifs».
Favorable au prolongement, le PQ s'oppose toutefois à la loi qui aurait pour effet de rendre caduque toute contestation du tracé. M. Girard y voit une lutte de «David contre Goliath». Il estime que les déclarations du ministre ont été «irresponsables» et qu'elles ont mis «le feu aux poudres».
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