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Salaire des enseignants - M. Legault, combien je vaux?

Julie Goulet-Kennedy, enseignante en adaptation scolaire au secondaire  27 avril 2011  Québec
François Legault propose une augmentation de salaire pouvant aller jusqu'à 20 % destinée aux enseignants qui augmenteront le niveau de réussite de leurs élèves. Cette logique s'appliquerait aussi aux directeurs, qui recevraient des augmentations de salaire selon leur performance. Tout ça dans le but d'augmenter la productivité de nos écoles et de mieux investir dans notre capital humain.

À titre d'enseignante en adaptation scolaire, je crois sincèrement que M. Legault surévalue son niveau de compréhension des problématiques dans nos écoles. Sur quoi s'appuie-t-il pour faire de telles propositions? Sur son expérience en gestion des affaires? A-t-il passé beaucoup de temps en présence d'élèves dans une école dernièrement? Cette obsession de tout voir comme un investissement d'affaires va beaucoup trop loin. Il est grand temps d'avoir une conversation de fond.

Et les autres?

Commençons simplement. Vous êtes un enseignant, vous avez quatre groupes de 32 élèves chacun, et plus ou moins 5 élèves en difficulté par groupe. Si la moyenne des notes scolaires de vos groupes augmente en fin d'année, vous aurez une prime sur votre paie. Sur quels élèves mettriez-vous votre énergie jusqu'en juin? Ceux qui donnent des résultats; c'est normal! Et les autres élèves?

Pourquoi pensez-vous que cette idée ne vient pas du milieu, ou mieux encore, d'un enseignant? Comme a mentionné Gaston Marcotte, le président fondateur du Mouvement humanisation, on n'apprend pas de quelqu'un qui nous ment. Un enseignant qui mise sur la réussite de ses élèves pour son 20 % d'augmentation salariale sera démasqué par ses élèves, surtout par ses élèves en difficulté. Ils ont le flair pour l'arnaque! Si, en réponse à la pression, l'enseignant juge qu'il n'est pas payant pour lui de passer du temps avec eux, les conséquences peuvent être importantes. C'est terriblement dangereux de mettre les enseignants dans cette position!

M. Legault, que faisons-nous de l'enseignant qui mise sur l'épanouissement global de ses élèves plutôt que sur l'augmentation de leur moyenne scolaire? Souvent, l'un vient avec l'autre, mais si ce n'est pas le cas, disons parce que les élèves ont des difficultés d'apprentissage majeures, comment évaluons-nous la «performance» de cet enseignant? La réussite des élèves en difficulté se calcule souvent en petits pas. Est-ce à dire que le salaire de l'enseignant augmenterait en petits dollars? C'est complètement absurde!

Équipe unie

Regardons les choses en face. Dès la naissance, nous sommes inégaux: l'alimentation, le niveau d'attention et de soins des parents sont inégaux d'une famille à l'autre. Si l'égalité des chances n'est pas une priorité dans nos écoles, je plains ceux qui commencent au bas de l'échelle de la vie.

Rapidement, nous réalisons ce que nos intérêts, nos expériences et nos études valent sur le marché de l'emploi. Sommes-nous obligés dès l'enfance de les qualifier, de les quantifier tel un investissement et ainsi mettre les élèves en situation de concurrence? Est-ce vraiment une bonne façon de préparer notre future génération? Moi j'y vois plutôt un risque de marginalisation beaucoup trop précoce. Pouvons-nous, dans les 14 premières années de leur vie, nous intéresser davantage à leurs passions et au développement de leur intellect?

Ceux qui doutent que nous préparions suffisamment la future génération aux réalités de notre société, je vous demande ceci: au lieu de nous forcer à changer les choses à coups de primes et d'exigences de rendement, pouvez-vous prendre le temps de nous écouter?! Cela fait des années que nous luttons pour avoir les moyens de mieux faire notre travail! Joignez-vous à nous pour exiger plus de temps avec nos élèves grâce à des ratios plus petits, davantage de ressources pour nos élèves en difficulté et plus de budgets pour des projets innovateurs. Nous n'avons pas besoin de carotte au bout du bâton pour avancer, nous avons besoin d'une équipe plus forte et d'une communauté unie!

***

Julie Goulet-Kennedy, enseignante en adaptation scolaire au secondaire
 
 
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  • Monsieur Pogo - Inscrit
    27 avril 2011 01 h 46
    Cheptel scolaire
    <<Vous êtes un enseignant, vous avez quatre groupes de 32 élèves chacun, et plus ou moins 5 élèves en difficulté par groupe. Si la moyenne des notes scolaires de vos groupes augmente en fin d'année, vous aurez une prime sur votre paie. Sur quels élèves mettriez-vous votre énergie jusqu'en juin? Ceux qui donnent des résultats; c'est normal! Et les autres élèves?>>

    Si,dans l’énoncé ci-haut, on remplace <<élève>> par <<veau>>, on s’aperçoit que monsieur Legault confond allégrement l’enseignement avec l’élevage bovin.
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  • Darwin666 - Inscrit
    27 avril 2011 06 h 58
    La réussite
    «que faisons-nous de l'enseignant qui mise sur l'épanouissement global de ses élèves plutôt que sur l'augmentation de leur moyenne scolaire?»

    La proposition de M. Legault privilégie une vision limitée de la réussite, soit celle qui est mesurée avec les notes du bulletin. Pourtant, la mission de l'école n'est-elle pas toujours d'instruire, socialiser et qualifier ? Son projet semble ne retenir que le troisième élément de cette mission et totalement éliminer le deuxième.
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  • Charles F. Labrecque - Abonné
    27 avril 2011 08 h 15
    Simpliste
    Il existera toujours des simplistes, qui se riront des personnes qui oseront proposer des changements pour améliorer nos façons de faire.SVP. ne faites pas de vagues.
    Chère enseignante, vous demandez combien vaut un enseignant et bien je vous dirais que c'est vous qui avez établit les normes.
    Parce que, vous refusez d'être évaluée régulièrement comme le sont les professionnels tel: les ingénieurs, les médecins, les avocats et tous les membres d'une profession au Québec. En plus plutôt que d'être membre et représentée par un ordre professionnel, vous avez plutôt choisie d'être membre d'un syndicat qui a pour tâche de protéger le bien-être de ces membres, même les incompétents, coûte que coûte sans tenir compte de leurs étudiants.
    Or aujourd'hui nous devons reconnaître que la population se rappelle des spectacles et parades syndicales qui ont fait rager les parents, vous a en moindre estime. Et ceci est malheureux, que vous seule pourrez changer cette perception
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  • Denis Paquette - Abonné
    27 avril 2011 08 h 27
    Et dire qu'il se voit comme alternative et premier ministre
    Merci madame de ramener a l'ordre cet énergumène d'une autre époque
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  • Franfeluche - Abonné
    27 avril 2011 08 h 45
    Comment va-t-on si prendre ?
    Comment va-ton s'y prendre pour procéder à l'évaluation du personnel enseignant et des directions d'écoles ? Chose certaine, la définition et la mesure de la productivité dans le domaine de l'enseignement est beaucoup plus complexe que dans le domaine industrielle. Alors, M.Legault, j'attends de vous que vous nous dites comment vous aller procéder pour faire cette évaluation. Personnellement, je ne me contenterai pas d'une simple déclaration d'intention.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    27 avril 2011 09 h 01
    C'est absurde.
    Cette proposition de François Legault est complètement absurde.

    Ça ne mériterait même pas une discussion si ce n'était que, malheureusement, bien des gens risquent de trouver ça intéressant comme proposition.

    Avec une idée pareille, François Legault révèle qu'il ne comprend absolument rien à l'éducation et à l'enseignement.

    Je me demande bien dans quel monde il vit. Ça fait peur.
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  • Gilles Roy - Abonné
    27 avril 2011 11 h 38
    Très bien, ce texte
    Texte clair, pertinent et juste. Dommage que la finale vienne un brin gâcher la sauce. C'est que la diminution de ratio, l'ajout de ressources et la montée de projets innovateurs ne mènent à faire que «davantage la même chose» (mais pour plus cher), et constituent ce faisant de fausses réponses à de vrais problèmes.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    27 avril 2011 12 h 53
    1984
    Quand je prends connaissance des propositions de François Legault en matière d' éducation, je pense au roman d'Orwell intitulé 1984.

    En serions-nous rendus là ?

    Serait-ce que François Legault aspirerait à faire du Québec un État totalitaire?
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  • Catherine Gagnon - Abonnée
    28 avril 2011 11 h 38
    L'Art d'être populiste!!!
    Chers François Legault,

    votre proposition, si elle se réalisait un jour, me ferait courir vers les écoles privées. Ainsi, je pourrai, sans remord, me préoccuper uniquement de ceux qui performent. Voilà à quoi rime votre mesure populiste. L'école pour tous ne veut plus rien dire pour vous? Assumez-vous en tant que Néo-libérale et avouez qu'au fond, ce que M. sirois et vous souhaitez n'est pas tant d'ajuster le salaire des enseignants que de mettre un terme à l'École pour tous! De plus, quiconque a travaillé en éducation sait très bien que les enseignants font des pieds et des mains pour tenter d'aider leurs élèves. Ce qui m'amène à penser que vous savez très bien (puisque vous provenez du monde de l'éducation) que cette mesure n'aiderait en rien les enseignants ni les élèves. Vous souhaitez que l'élite puisse avoir toute les chances qu'elle avait jadis. Vous concluez qu'il est temps que nous mettions un terme à l'école pour tous. Si au moins vous aviez le courage d'être honnête!! Ah oui, j'oubliais, merci à l'avance pour tous les dommages collatéraux qu'engendreront vos propos sur l'idée tordue que se faisait déjà la population sur les enseignants!!!
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