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    Lettres - Le PQ et les cégeps

    16 avril 2011 |Michel Paillé, démographe - Québec, le 10 avril 2011 | Québec
    Ainsi donc, le Parti québécois pourrait adopter prochainement une résolution voulant que tout finissant du secondaire français doive poursuivre, le cas échéant, des études collégiales dans cette même langue. Sont nommément visés une fraction importante d'étudiants francophones et allophones — ces derniers comptant de nombreux immigrants parmi eux — qui s'inscrivent dans des cégeps où l'enseignement se donne en anglais. Il serait toutefois exagéré de considérer ce prolongement de la loi 101 comme le nec plus ultra du renforcement du statut du français au Québec.

    Tenons pour acquis que la mesure péquiste vise aussi les immigrants qui, arrivant au Québec avec des études d'ordre secondaire dûment complétées, s'inscrivent au collégial dès leur arrivée. Mais qu'en est-il de la francisation de tous les autres immigrants, beaucoup plus nombreux ceux-là, qui cherchent du travail immédiatement? Que propose le PQ pour faire en sorte que le fameux «contrat moral» liant le Québec aux immigrants soit respecté? Selon ce «contrat», l'immigrant s'engagerait à apprendre le français, tandis que le gouvernement lui promet des cours dès son arrivée. «Contrat» bafoué par des abandons très élevés, par des objectifs plutôt faibles, par de longues semaines d'attente, par des ressources réduites alors que les niveaux d'immigration augmentent, etc. Dès lors, faut-il s'étonner que l'on ait recensé au Québec, en 2006, plus de 191 000 immigrants ne sachant toujours pas converser en français, dont 125 000 qui vivaient parmi nous depuis 10 ans ou plus?

    Pour mettre les choses en perspective, remarquons qu'au cours de la période 1994-2003, 32 300 diplômés du secondaire en français se sont inscrits dans des cégeps anglophones, alors que nous avons accueilli ces mêmes années 181 000 immigrants ne connaissant pas le français (dont plus de 40 % pouvaient parler l'anglais). Bref, le PQ met-il sa priorité à la bonne place?

    ***

    Michel Paillé, démographe - Québec, le 10 avril 2011












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