Le Conseil de la fédération n'est pas voué à la promotion du fédéralisme
Pas un sou des Québécois n'y est dépensé pour encourager le fédéralisme, fait valoir le ministre des Affaires intergouvernementales, Pierre Moreau
Photo : Agence Reuters Mike Cassese
Le Conseil de la fédération, formé à l’initiative du premier ministre du Québec, Jean Charest, ne représente pas une dépense de fonds publics afin de faire la promotion du fédéralisme, selon le ministre Pierre Moreau.
Québec — Le Conseil de la fédération ne représente pas une dépense de fonds publics pour faire la promotion du fédéralisme, a soutenu Pierre Moreau hier. Le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes répondait ainsi à Pauline Marois et Bernard Drainville, qui ont affirmé le contraire lundi et hier. Ces derniers concluent qu'eux aussi, une fois au pouvoir, pourraient dépenser légitimement des fonds publics pour promouvoir leur option, la souveraineté. «Si c'est bon pour eux, pourquoi ce n'est pas bon pour nous?», a lancé Bernard Drainville lundi.
Le Conseil de la fédération est une «structure» qui organise entre autres une conférence annuelle des premiers ministres provinciaux et des représentants des territoires. Depuis sa création en décembre 2003, le conseil a coûté plusieurs millions aux Québécois, a soutenu Bernard Drainville lundi. Un des objectifs du conseil est de «promouvoir la coopération entre les provinces et les territoires et de tisser des liens plus étroits entre les membres du conseil, dans le but de renforcer le Canada». Selon le ministre Moreau, «le Conseil de la fédération, c'est un forum où on prend position sur les grands enjeux de la fédération canadienne, un régime qui existe», a-t-il souligné hier. La chose prend racine dans les conférences interprovinciales, dont la première a été organisée par Honoré Mercier, à Québec, en 1887.
En revanche, ce que propose Mme Marois revient, selon lui, à se servir de l'État pour «promouvoir l'idée d'un parti politique» qui veut modifier un régime existant. «Et il y a une distinction entre faire la promotion d'une idée d'un parti politique et celle d'un gouvernement», a-t-il insisté. Mais l'idée du Plan nord, par exemple, qui a d'abord été présentée lors d'un conseil général du PLQ en 2008, est-ce l'idée d'un parti? «Le Plan nord, c'est une réalisation de développement économique. C'est normal que le gouvernement fasse cela», a répondu M. Moreau.
Le ministre estime au reste que, avec sa déclaration, Pauline Marois a voulu simplement calmer les inquiétudes de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, exprimées dans sa lettre publiée par Le Devoir lundi. M. Moreau soutient que la ministre a voulu mettre fin au «flou artistique» que lui reproche l'ancien chef. Cette affirmation de la chef — alors que Bernard Drainville soutenait la veille que le parti n'était pas prêt à prendre une décision sur le sujet— dénote «un manque sérieux de leadership de la part de Mme Marois» et démontre qu'elle cède aux «radicaux de son parti», en vue du vote de confiance qu'elle doit affronter lors du congrès qui doit se tenir à la mi-avril.
Les «pressés»
Par ailleurs, la députée de Crémazie, Lisette Lapointe, a au moins un allié dans le caucus péquiste, Jean-Martin Aussant, député de Nicolet-Yamaska. L'épouse de Jacques Parizeau s'est vu refuser par le parti un projet de modification de l'article 1 du programme pour y ajouter le principe de dépenses publiques pour la souveraineté et la création d'une commission qui préparerait le référendum. M. Aussant, qui se définit comme un «pressé de faire la souveraineté», «plus pressé que M. Parizeau», soutient que la «proposition Crémazie» ou l'équivalent sera «discutée au congrès» de la mi-avril, «c'est sûr». «Il peut y avoir des modifications proposées qui se rapprochent de ce que Mme Lapointe veut», a-t-il opiné.
Le Conseil de la fédération est une «structure» qui organise entre autres une conférence annuelle des premiers ministres provinciaux et des représentants des territoires. Depuis sa création en décembre 2003, le conseil a coûté plusieurs millions aux Québécois, a soutenu Bernard Drainville lundi. Un des objectifs du conseil est de «promouvoir la coopération entre les provinces et les territoires et de tisser des liens plus étroits entre les membres du conseil, dans le but de renforcer le Canada». Selon le ministre Moreau, «le Conseil de la fédération, c'est un forum où on prend position sur les grands enjeux de la fédération canadienne, un régime qui existe», a-t-il souligné hier. La chose prend racine dans les conférences interprovinciales, dont la première a été organisée par Honoré Mercier, à Québec, en 1887.
En revanche, ce que propose Mme Marois revient, selon lui, à se servir de l'État pour «promouvoir l'idée d'un parti politique» qui veut modifier un régime existant. «Et il y a une distinction entre faire la promotion d'une idée d'un parti politique et celle d'un gouvernement», a-t-il insisté. Mais l'idée du Plan nord, par exemple, qui a d'abord été présentée lors d'un conseil général du PLQ en 2008, est-ce l'idée d'un parti? «Le Plan nord, c'est une réalisation de développement économique. C'est normal que le gouvernement fasse cela», a répondu M. Moreau.
Le ministre estime au reste que, avec sa déclaration, Pauline Marois a voulu simplement calmer les inquiétudes de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, exprimées dans sa lettre publiée par Le Devoir lundi. M. Moreau soutient que la ministre a voulu mettre fin au «flou artistique» que lui reproche l'ancien chef. Cette affirmation de la chef — alors que Bernard Drainville soutenait la veille que le parti n'était pas prêt à prendre une décision sur le sujet— dénote «un manque sérieux de leadership de la part de Mme Marois» et démontre qu'elle cède aux «radicaux de son parti», en vue du vote de confiance qu'elle doit affronter lors du congrès qui doit se tenir à la mi-avril.
Les «pressés»
Par ailleurs, la députée de Crémazie, Lisette Lapointe, a au moins un allié dans le caucus péquiste, Jean-Martin Aussant, député de Nicolet-Yamaska. L'épouse de Jacques Parizeau s'est vu refuser par le parti un projet de modification de l'article 1 du programme pour y ajouter le principe de dépenses publiques pour la souveraineté et la création d'une commission qui préparerait le référendum. M. Aussant, qui se définit comme un «pressé de faire la souveraineté», «plus pressé que M. Parizeau», soutient que la «proposition Crémazie» ou l'équivalent sera «discutée au congrès» de la mi-avril, «c'est sûr». «Il peut y avoir des modifications proposées qui se rapprochent de ce que Mme Lapointe veut», a-t-il opiné.
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