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Pourquoi apprendre une langue?

C'est dire au monde réel et à soi-même un message primordial: nous voulons vivre ensemble pour ce que nous sommes

Martin Pâquet - Titulaire de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord de l'Université Laval et auteur, avec Marcel Martel, de Langue et politique au Canada et au Québec: une synthèse historique (Boréal, 2010)  10 mars 2011  Québec
Des élèves d’une école primaire de Montréal. Le gouvernement Charest propose d’instaurer l’immersion en langue anglaise pendant un semestre au cours de la sixième année du primaire, mais à quelle fin promeut-on cette mesure? <br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Des élèves d’une école primaire de Montréal. Le gouvernement Charest propose d’instaurer l’immersion en langue anglaise pendant un semestre au cours de la sixième année du primaire, mais à quelle fin promeut-on cette mesure?



L'actualité récente a remis de l'avant la question linguistique. À la suite de la proposition du gouvernement Charest d'instaurer l'immersion en langue anglaise pendant un semestre au cours de la sixième année du primaire, plusieurs sont intervenus dans l'espace public. Je voudrais ici signaler un point qui m'apparaît fondamental dans ce débat. À quelle fin promeut-on cette mesure? En d'autres mots, pourquoi apprendre une langue comme l'anglais, l'espagnol, ou simplement le français?

Qu'est-ce qu'une langue?

Pour ce faire, il m'apparaît important de définir ce qu'est une langue. D'abord, la langue forme un mode de communication par lequel les individus échangent entre eux et traduisent leur rapport au monde réel. Sans l'usage d'une langue, nous n'aurions qu'un contact atrophié avec notre environnement. Dans un deuxième temps, la langue constitue le moyen par lequel nous formons une communauté. Elle est un marqueur identitaire grâce auquel les individus manifestent à soi et aux autres, leurs caractéristiques propres et leur appartenance sociale. Parler français ou anglais n'est pas seulement échanger entre des individus épars. C'est partager aussi une culture commune ou, comme le signale le sociologue Joseph Yvon Thériault, faire société.

Un écosystème politique

Dans un troisième temps, la langue est pleinement un enjeu politique: l'utilisation d'une langue par ses locuteurs véhicule les aspirations, les divisions, les alliances, les rivalités et les neutralités présentes dans la communauté. Plus encore, elle est un enjeu parce que les acteurs politiques lui attribuent des valeurs pour ce qu'elle représente en elle-même. En effet, le français, l'anglais et les langues autochtones au Canada et au Québec ne sont pas des modes de communication neutres, bien au contraire. Ces langues constituent des écosystèmes en équilibre parfois précaire. Elles traduisent des conceptions fondamentales du bien commun au coeur du lien social. D'où leur caractère particulièrement sensible.

La Loi sur les langues officielles en 1969 et la Charte de la langue française en 1977 sont des exemples montrant bien la dimension politique de la langue. Le bilinguisme officiel au Canada et l'instauration du français comme langue publique au Québec ont suscité à l'origine un vif débat. De plus, puisqu'elles s'adressent à des communautés distinctes, ces lois ne correspondent pas aux mêmes conceptions du bien commun et des droits qui l'accompagnent. Néanmoins, elles ont servi d'instruments politiques pour les citoyens, dans la conservation et la sauvegarde de leurs écosystèmes respectifs.

Au-delà de la prison du discours qui semble enfermer les individus, la langue révèle ainsi la réalité sociohistorique des luttes, des relations de domination et des inégalités existantes dans la société. Parler français en Acadie ou en Ontario ne reflète pas les mêmes rapports socioéconomiques et politiques que parler anglais à Montréal. La langue est donc politique, car elle incarne notre rapport au monde réel.

Pourquoi donc apprendre une langue?

La proposition du gouvernement Charest a recueilli l'appui de plusieurs qui voient dans l'immersion anglaise la simple acquisition d'un mode de communication. Selon ces derniers, apprendre l'anglais apparaît comme une nécessaire ouverture au monde, un monde dont le business english serait la lingua franca par excellence. Par-delà ce dernier postulat qui demeure à prouver — nous pourrions aussi parler de l'importance de l'espagnol, du mandarin ou de l'hindi —, l'ouverture au monde apparaît surtout sous les oripeaux de l'économie. En fournissant la clef d'accès aux marchés mondiaux, l'apprentissage de l'anglais permettrait ainsi d'échanger avec les Américains, les Moldaves, les Indonésiens ou les Nigérians. En soi, cette opinion n'est pas criminelle, mais puisque l'être humain ne se résout pas aux simples interactions économiques et à l'emploi du Berlitz, elle apparaît plutôt limitative.

D'autres insisteront sur le deuxième aspect d'une langue. Parler anglais serait s'ouvrir à une autre culture et, puisque l'ouverture serait garante de la compréhension mutuelle, ils accordent ainsi une valeur positive à la proposition gouvernementale. Encore là, si nul n'est contre la vertu, rien n'est moins certain sur un plan pratique. La compréhension se fonde sur la reconnaissance de ce qui est à la fois commun et propre à tout un chacun. Comment reconnaîtrait-on la spécificité de la société québécoise si cette dernière possède les mêmes traits standardisés que la société américaine ou anglo-canadienne? Comment pourrait-on comprendre pleinement le rapport qu'elle entretient à son monde spécifique?

Lorsqu'ils choisissent d'assister à une représentation du Cirque du Soleil, les habitants de Las Vegas ou de Londres ne vont pas voir un spectacle des cirques Barnum's ou des Shriners. C'est la spécificité culturelle québécoise qui les attire, une spécificité qui s'exprime en français. Si l'ouverture à l'autre implique l'abandon de la spécificité de soi, comment pourrait-on alors reconnaître la diversité culturelle qui nous caractérise tous sur cette planète?

Le rapport de force linguistique


Enfin, la proposition du gouvernement Charest pose problème dans la dimension proprement politique de la langue. La proposition de l'immersion anglaise comprend ici un message implicite. L'ouverture au monde — entendre ici l'accès aux marchés — passerait par l'acquisition d'une seule langue, soit celle qui possède actuellement le rapport de force le plus favorable. Cette proposition ne tient pas compte du contexte nord-américain où la diversité culturelle est fortement réduite au profit d'un modèle linguistique dominant. Quand un modèle domine, vous avez toujours le choix d'opter pour ce dernier. Toutefois, les autres options se résorbent et l'offre s'amenuise, à moins de réinvestir lourdement dans la promotion de ces autres langues.

Qui plus est, la proposition touche au lien fondamental qui est au coeur du bien commun au Québec, celui d'une communauté dont la langue française soude l'appartenance sociale. Il importe dès lors d'être particulièrement prudent en cette matière puisque, en valorisant un statut «marchand» de l'anglais, il y a risque de déprécier le statut premier du français et, partant, de déstabiliser l'écosystème québécois. Dès lors, le bien commun serait atteint dans son coeur même.

La leçon irlandaise

Pourquoi apprendre une langue? Si l'Irlandais George Bernard Shaw parlait anglais, la langue dominante dans l'Empire britannique, c'est qu'il n'avait pas eu le choix, l'option ne se présentant pas à lui. En effet, l'enseignement du gaélique en Irlande étant fortement réprimé depuis le XVIIe siècle, il n'a pas pu composer son oeuvre en cette langue, faute de la connaître. Aujourd'hui, par respect de la diversité culturelle et par souci du sentiment d'appartenance à la société irlandaise, le gaélique a de nouveau droit de cité après un long silence dans l'espace public.

Après que la République irlandaise eut réinvesti dans la promotion de cette langue fortement dévalorisée autrefois, l'affichage y est maintenant bilingue, des programmes d'enseignement sont offerts dès le primaire et des médias diffusent en gaélique. Le réapprentissage de cette langue n'est pas motivé par la nostalgie du temps disparu ou une quelconque fermeture à l'autre. Dans le contexte d'une mondialisation marchande et niveleuse, le gaélique exprime aussi le rapport au monde réel des Irlandais. En réapprenant cette langue connue d'eux seuls, les Irlandais nous transmettent un message: ils ne sont pas nombreux à l'échelle de la planète, mais ils comptent pour ce qu'ils sont.

Dans le débat sur l'immersion anglaise, le cas irlandais est porteur d'une leçon. Ouvrir l'avenir à nos descendants, c'est leur donner des moyens. Ceux d'exprimer leur rapport au monde réel dans une langue qui traduit leur appartenance sociale à une communauté ayant traversé le temps. Ceux d'exposer à la face du monde leurs caractéristiques propres et les traits qu'ils partagent en commun avec les autres. Ouvrir l'avenir à nos descendants, c'est aussi leur permettre de préserver l'ensemble des options possibles dans un monde où la diversité culturelle constitue une richesse en péril. Pourquoi apprendre une langue comme le français? C'est dire au monde réel et à soi-même un message primordial: nous voulons vivre ensemble pour ce que nous sommes.

***

Martin Pâquet - Titulaire de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord de l'Université Laval et auteur, avec Marcel Martel, de Langue et politique au Canada et au Québec: une synthèse historique (Boréal, 2010)
 
 
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  • S Allard - Inscrit
    10 mars 2011 05 h 36
    Pourquoi cette peur de l'anglais?
    Si j'ai bien compris le sens de cet article, l'auteur est contre la proposition du gouvernement. C'est que l'enseignement intensif de l'anglais en 6e année risque d'atteindre cet écosystème fragile du français. L'enseignement de l'anglais est dangereux ou du moins risqué.

    Alors, que faut-il faire? Même si ce n'est pas clairement dit, j'ai l'impression que l'auteur s'insère dans la tendance de ceux qui préconisent l'enseignement limité de l'anglais si ce n'est pas d'anglais du tout. En effet, le français est dans un état si fragile que tout contact avec l'anglais dans les écoles serait dangereux. Pourquoi pas abolir l'enseignement de l'anglais?

    Or, le gros hic dans tout ce débat c'est que l'anglais est aujourd'hui la langue véhiculaire universelle. C'est embêtant pour nous parce que c'est notre grand ennemis historique. Si le gouvernement avait proposé de faire un enseignement intensif de l'espagnol, il y a fort à parier que personne n'aurait parlé des risques pour la langue française.

    Là, nous sommes coincés. l'anglais c'est important. Tous les parents le savent. Toutes les écoles privées insistent là-dessus et ajoutent l'espagnol et le mandarin. Par contre, pour les écoles publiques, attention, trop d'anglais c'est dangereux. Pourquoi tourner autour du pot ? L'anglais est dangereux pour les uns mais pas pour les autres.
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  • Michel Paillé - Abonné
    10 mars 2011 06 h 24
    La loi 101 n’est pas qu’utilitariste

    Cet excellent article de Martin Pâquet ramène dans l’actualité mon combat contre une perception superficielle de la loi 101 que certains cherchent à rabaisser au niveau d’un utilitarisme des plus primaire. Voir : «La portée de la loi 101 va bien au-delà du domaine public» au lien B2 au site : http://michelpaille.com .

    Michel Paillé, démographe, Québec
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  • Caroline Moreno - Inscrit
    10 mars 2011 06 h 48
    PLUS QU'UNE LANGUE : UN BONHEUR !
    vidéo :
    Différents et semblables
    http://www.youtube.com/watch?v=PEp6KOOLCcY
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    10 mars 2011 06 h 51
    Toujours le même problème
    Ce n'est pas l'anglais le problème; c'est la faiblesse du français. Un français chétif, un français hésitant qui risque de disparaître si on ouvre la porte à l'anglais.

    On voit souvent des Québécois vivant à l'étranger depuis 5 ou 10 ans. Ils commencent à perdre leur français. A 20 ans, c'est un peu la limite. Pensez juste à Bernard Geffrion. A la fin, il parlait à peine français.

    Les Français peuvent vivre 30 ans à l'étranger. Leur français est impeccable.

    Tout est là.
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  • Stephanie L. - Inscrite
    10 mars 2011 08 h 12
    La langue, véhicule de culture.
    Excellent texte qu'auraient intéret à lire tout ceux qui limitent leur perception du français à un ensemble de mots servant à communiquer, encore que même sous cet angle, les francophones eux-mêmes souffrent parfois de lacunes importantes dans l'art de les assembler de façon cohérente!

    Une langue est un véhiule de culture, d'histoire et surtout d'identité. Je suis toujours renversée devant l'indifférence de certains francophones évoquant avec indifférence une éventuelle disparition du français au Québec, comme s'il ne s'agissait que d'une mode qui doit inévitablement passer un jour. Comme si la régression de notre langue n'avait aucune conséquence du moment que nos descendants parviennent à parler les uns avec les autres.

    Comment un peuple peut-il avoir véritablement accès à son histoire, sa littérature, ses chansons et sa poésie s'il doit pour la découvrir avoir recours à une traduction, forcément incapable d'en préserver l'essence? Cessons de traiter le français comme une langue morte!
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  • Pierre Perreault - Abonné
    10 mars 2011 08 h 30
    Etre d'abord ce que nous sommes
    Cet article est un pur bonheur mais c'est surtout un révélateur de du doute collectif sur la valeur de notre langue, comme sur la valeur de ce que nous sommes.
    Ca sent les réactions d'un groupe d'opprimés ou du moins pas très fier.
    Un groupe de francophones qui parlent ensemble. Un seul est anglophone. Qu'arrive-t-il? Les francophones se mettent à parler en anglais. Quel prix a cette illusion du respect?
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  • Laurent Desbois - Inscrit
    10 mars 2011 09 h 12
    Le chinois est parlé deux fois plus que l’anglais dans le monde.
    Le chinois est parlé deux fois plus que l’anglais dans le monde.

    La langue chinoise existe depuis le début de la dynastie Han, il y a 2000 ans (202 BC-AD 220) et est aujourd’hui la langue la plus parlée dans le monde.

    La grande majorité des personnes parlant chinois se trouve dans la République Populaire de Chine (1,1 milliards) et Taiwan (19 millions), mais d’autres se retrouvent dans tout le sud-est de l’Asie, y compris Hong Kong, l’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande et Singapour. Le chinois est parlé deux fois plus que l’anglais dans le monde.

    http://www.business-internet-chine....

    La langue et la culture chinoises de plus en plus populaires à travers le monde grâce aux Instituts Confucius

    http://www.chine-nouvelle.com/press...

    Selon le ministère chinois de l’Education, 40 millions de personnes apprennent le chinois à travers le monde et ce chiffre devrait atteindre quelque 100 millions en 2010.
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  • Jean Richard - Abonné
    10 mars 2011 09 h 39
    Peur de l'anglais ?
    @ S Allard

    « Pourquoi cette peur de l'anglais?
    Si j'ai bien compris le sens de cet article, l'auteur est contre la proposition du gouvernement. »

    Eh bien, vous n'avez pas bien compris, je le crains ! Il n'y a pas de peur de l'anglais pas plus qu'il n'y a de parti-pris contre la proposition du Parti libéral du Québec. Il semble que vous soyez passé à côté du contenu de l'article si on en juge par les propos de votre commentaire.

    La langue outil - Personne ne conteste l'utilité de l'anglais pour arriver à communiquer avec des gens de divers pays. J'ai déjà eu à utiliser l'anglais pour parler à des Allemands, des Norvégiens, des Danois, des Japonais, des Italiens, des Polonais, des Inuit... Deux choses : ça n'en fait pas pour autant une langue universelle car à l'échelle mondiale, il y a encore des milliards d'individus qui ne le parlent pas. Ensuite, la connaissance de l'anglais des non-anglophones avec qui j'ai eu à utiliser cette langue était généralement très élémentaire et uniquement fonctionnelle. De l'anglais Berlitz, avec ses douze phrases de touriste qui vous permette de dire bonjour et de commander une bière au bar.

    La langue de culture - Détrompez-vous : l'usage de l'anglais pour parler à un Chinois ne va pas vraiment vous ouvrir la porte de la culture chinoise. La minorité de Chinois parlant un peu l'anglais se sont contentés d'en faire une langue outil et rien d'autre. Idem pour les autres peuples, dans la forte majorité des cas. Idem pour bien des Européens et des Africains.

    La langue de la politique - On pourrait en parler des heures et des heures. Mais nier qu'anglais et impérialisme vont de pair, c'est refuser d'y voir clair. Comment nier que les Américains veulent encore dominer le monde ? Plus près de nous, comment nier, sinon par ignorance, que le ROC aimerait bien en finir avec la spécificité du Québec ?

    La langue de culture -
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  • Victor Beauchesne - Abonné
    10 mars 2011 10 h 25
    paradoxe
    Limitons l'apprentissage de l'anglais au Québec car le français est trop fragile et risquerait de disparaître comme l'irlandais autrefois.

    Si j'ai bien compris c'est essentiellement le message de M. Pâquet.

    Sans nier l'importance de la langue française comme base communautaire au Québec, beaucoup d'autres pays dont la langue n'a aucunement la portée internationale du français, ont quand même réussi à garder leur langue d'origine tout en enseignant l'anglais, la lingua franca mondiale incontestable, à tous les étudiants.

    Vous n'avez qu'à interpeller n'importe qui en anglais à Stockholm, Copenhague, Amsterdam et on vous répondra poliment dans un anglais correct. Pourtant, le suédois, le danois ou le néerlandais sont à toutes fins pratiques confinés à leur pays d'origine.

    La quasi disparition de l'irlandais est beaucoup plus attribuable à une situation coloniale brutale où la langue irlandaise fut réprimée en même temps que l'Irlande subissait une saignée démographique importante. La force du nombre des francophones et la précarité de la colonie anglaise au Canada ont obligé l'acceptation d'un certain statut du français qui n'a aucune commune mesure avec ce qui est arrivé en Irlande.

    Bravo aux Irlandais pour avoir ressuscité leur langue, ils ont toujours été optimistes malgré leurs souffrances. Au Québec, c'est le contraire, on est toujours pessimiste, nos souffrances ont été relativement bénignes. La phobie de voir des menaces partout mène souvent à des choix qui ont des effets pervers.

    Mes amis irlandais qui ont fait toutes leurs études en irlandais, incluant universitaires, l'ont fait par choix et non par contrainte étatique. L'élément responsabilité personnelle était primordiale. Au Québec on a une fâcheuse tendance à minimiser la responsabilité personnelle en pelletant nos problèmes sur le dos du gouvernement. Il y a une limite à ce que les lois peuvent faire.
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  • Allophone - Inscrit
    10 mars 2011 12 h 20
    L'anglais est dangereux pour les uns mais pas pour les autres
    A S Allard:
    "Toutes les écoles privées insistent là-dessus (l'enseignement d'anglais) et ajoutent l'espagnol et le mandarin. Par contre, pour les écoles publiques, attention, trop d'anglais c'est dangereux. Pourquoi tourner autour du pot ? L'anglais est dangereux pour les uns mais pas pour les autres."
    Je vais oser d'avancer une theorie. Ce ne pas tout le monde qui apprend facilement les langues. Je connais un parent qui n'avait pas de choix que de retirer son enfant de l'ecole d'immersion francaise parce que c'etait trop difficile pour lui a apprendre (de facon intensif), en plus de tout ce qu'il devait apprendre en matiere academique. Ca commencait a nuire les autres sujets d'ecole. Les ecoles privees selectionnent les eleves les plus performants. Ces eleves ont besoin de moins de temps pour apprendre et appliquer les differents concepts, donc, ils ont plus de temps libre a maitriser d'autres habiletes.... comme l'anglais, l'espagnol et le mandarin. Immersion d'anglais ne devrait pas etre imposee; ca devrait etre a la discretion de chaque parent, ou chaque eleve, selon son interet et selon son habilete d'accepter plus de fardeau academique. Mais il devrait y avoir un choix disponible pour les enfants qui seraient capables d'apprendre une autre langue sans nuire a sa propre langue, au lieu de leur le priver a cause des autres. C'est ainsi dans le systeme anglophone, d'ou le choix de programme d'immersion, bilingue ou "regulier".
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  • Bernard Terreault - Abonné
    10 mars 2011 14 h 04
    @allophone : bon point
    Certains sont passablement doués pour les langues (moi par exemple), certains pas du tout (la plupart des anglos-saxons). Même chose pour la musique, les maths ou le tennis. Exige-t-on de tout le monde de jouer du violon comme Angèle Dubeau, de maîtriser le calcul tensoriel et la théorie quantique des champs, et de d'expédier la balle à 240 km/h comme Milos Raonic?
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  • De St-Éloi - Abonné
    11 mars 2011 05 h 57
    Un message politique clair
    Le message du gouvernement était clair : on oblige tous les francophones et les allophones à faire une année intensive d'anglais, mais on oblige par les anglophones à en faire autant. Ajoutez à ce message celui de l'ex loi 103 qui permet de contourner les dispositions de la loi 101 aux immigrants. Ajoutez à cela les mesures annoncées, mais oubliez de renforcement de la loi 101 par la ministre St-Pierre vous avez un message politique clair : la langue anglaise est indispensable à la vie économique et commune du Québec. Or le français devrait occuper cette position au Québec. Message très clair envoyé aux immigrants à tous les Québécois.
    Cet article, de même que celui de Christian Rioux, celui de Christian Dufour, qualifié de radical par Christianne Charette ( ça fait beaucoup de noms commençant par Christ) nous montre que la belle unanimité des médias face à cette mesure cache un débat réel. Radio-Canada en ce sens a montré très peu de sens critique devant cette politique du gouvernement. Cette institution, est de plus en plus clairement en faveur d'un certain bilinguisme, ne se porte pas à la défense du français comme langue commune du Québec, sauf lorsqu'il s'agit de diffuser des capsules linguistiques. L'attitude des Désautels, des Charest et de la plupart des autres animateurs de Radio-Canada est toujours de minimiser la diminution du poids du français à Montréal et au Québec. Même le Parti Québécois a fait fausse route. Si la mesure en elle-même est peut-être bonne, dans le cas d'une application qui serait facultative, le message politique lui est très clair : le PQ ne l'a pas compris, Le véritable débat ne s'est pas fait.
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  • pierre lagarde - Inscrit
    5 décembre 2011 09 h 05
    l'importance d'une langue
    je trouve qu'il est important pour tout un chacun d'apprendre au moins une autre languel et de la parler. l'article est interessant, je j'emprofite pour partager un site que j'ai decouvert. www.12speak.com est un site gratuit d'apprentissage de langues telles que l'espagnol, anglais, italien etc.. la particularite de ce site est qu'il est dynamique, et propose plusieurs options d'apprentissage via le chat mode avec des natifs pour ameliorer vos connaissances et rencontrer de nouvelles personnes,et des jeux de vocabualire pour pratiquer votre vocabulaire, et travailler a votre propre rytme. www.12speak.com visite, c'est gratuit et amusant.
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