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Québec investit 3,9 milliards dans le réseau routier de la province

800 infrastructures seront touchées par les travaux

Isabelle Porter   1 mars 2011  Québec
Le ministre des Transports, Sam Hamad, souligne que tout a été mis en oeuvre pour limiter l'impact sur la circulation.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le ministre des Transports, Sam Hamad, souligne que tout a été mis en oeuvre pour limiter l'impact sur la circulation.
Québec — Encore cette année, le réseau routier fera l'objet d'investissements massifs avec pas moins de 3,9 milliards d'investissements. Un grand chantier qui risque de faire maugréer bien des automobilistes.

«La prochaine saison ne fera pas exception: on maintient la cadence!», a annoncé fièrement le ministre des Transports, Sam Hamad, en soulignant que tout avait été mis en oeuvre pour limiter l'impact sur la circulation. «C'est comme une vieille maison. Ça fait 30-40 ans qu'elle est là. [...] C'est dérangeant, mais il faut qu'on passe par là.»

Au total, pas moins de 800 infrastructures seront touchées par les travaux, et ce, sur 2000 kilomètres de routes. Avec 3,9 milliards d'investissements, on injecte dans le réseau 300 millions de moins que l'an dernier, un écart attribuable à la fin de l'aide financière en provenance du gouvernement fédéral, a justifié le ministre, à Montréal. Malgré tout, c'est encore beaucoup plus que ce que le ministère réservait au réseau au début des années 2000, a-t-il précisé plus tard à Québec.

Une grande part des investissements sont destinés à des réparations et à l'entretien des routes (849 millions) et des structures (1,14 milliard). On consacre tout de même 1,17 milliard au développement du réseau, à l'ajout de nouvelles artères et de voies supplémentaires sur les autoroutes existantes.

Lorsqu'on lui demande s'il ne favorise pas ainsi l'étalement urbain, le ministre répond que «la circulation a augmenté» depuis les années 1960 et qu'«il y a un besoin». On aurait tort, ajoute-t-il, d'opposer les automobilistes et le transport en commun. «Le transport en commun, c'est une bonne chose pour toutes sortes de raisons, mais, en même temps, il va toujours y avoir une femme monoparentale, une maman ou un papa qui, le matin, est obligé de prendre l'auto pour aller porter l'enfant puisque le transport en commun ne répond pas nécessairement au besoin.»

Parmi les grands projets routiers au Québec, on note le prolongement de l'autoroute 35 en Montérégie, de même que la 410 à Sherbrooke. Le réaménagement de l'échangeur Charest-Robert Bourassa à Québec sera poursuivi, de même que la construction de l'autoroute 85 dans le Bas-Saint-Laurent et de l'autoroute 73 dans la Beauce.

Ces investissements portent exclusivement sur les travaux et n'incluent pas toutes les études, tous les plans, et travaux d'ingénierie au programme du ministère pour 2011-2012, a-t-on expliqué.

Collusion?

Hier, la Fédération des chambres de commerce et l'Association des ingénieurs-conseils ont toutes les deux salué les nouveaux fonds injectés dans le réseau. Or du côté du Parti québécois, on n'a pas manqué de rappeler les scandales qui ont secoué le secteur.

«Il est consternant de voir le ministre Hamad se péter les bretelles comme il l'a fait aujourd'hui. Il n'y a rien de réjouissant à voir un ministre être fier d'annoncer que les Québécois vont voir un milliard de leurs taxes et impôts cette année se diriger directement dans les mains d'un système de collusion», a critiqué le député péquiste responsable des dossiers de transport, Nicolas Girard.

«Poussé dans les câbles depuis cinq ans, [le gouvernement Charest] a été forcé de créer une unité anti-collusion au sein même du ministère des Transports du Québec. C'est donc admettre que cela existe», a-t-il soutenu.

***

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • Jean Martinez - Inscrit
    1 mars 2011 07 h 55
    30% trop cher...
    Le député Girard a raison et la population du Québec doit maintenir la pression.
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  •  
  • alen - Inscrit
    1 mars 2011 08 h 01
    Rien que ça
    Je ne sais pas si vous y avez pensé mais c'est 3,9 G $ de plus sur la dette. 200 millions $ d'amortissement et 200 millions $ d'intérêts additionnels ajoutés au déficit annuel... Payables par la taxe santé!
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  • Daniel Houx - Inscrit
    1 mars 2011 08 h 05
    Méfiance
    Normalement, en tant qu'automobiliste, je me réjouirais d'une telle nouvelle. Ça fait tellement longtemps que les routes étaient en mauvais étât et demandaient un sérieux investissement. Malheureusement, en tant que payeur de taxe, je me demande quel montant ira véritablement à la réfection des routes et combien dans les poches des ptits amis du parti?
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  • Bernard Gervais - Abonné
    1 mars 2011 09 h 20
    Questions
    Le député Nicolas Girard a raison. Quelle proportion des sommes annoncées par le ministre des Transports, Sam Hamad, sera vraiment utilisée pour refaire les routes, quand on pense au système de collusion qui existe chez les entreprises qui obtiennent les contrats ?

    De plus, qui peut nous assurer que ces travaux de réfection seront pour une fois bien faits, surtout quand on sait - même si l'ancienne ministre des Transports (Julie Boulet) a déjà déclaré que c'était faux - que, très souvent, on refait les routes de façon bâclée au Québec ?
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  • Claude Archambault - Inscrit
    1 mars 2011 09 h 23
    @ Danielh
    Il est facile à savoir combien ira dans les poches des amis, environ 10 à 20%. Ce qui est une marge normal dans le milieu des affaires, car il y a de grand investissement en équipement et des responsabilités, après tout VOUS travailleriez vous pour rien ?
    Pour ce qui est des ti-amis, celle là manque de preuve, une affirmation gratuite, mais aussi forte plausible, car en général le monde des affaires est plutôt fédéraliste, ce qui fait qu’ils sont beaucoup plus proches du parti Libéral que du PQ. Les gens d’affaire n’aiment pas les gouvernements à tendance socialiste normalement il prône plus les libertés individuel que les droit collectifs, la vaste majorité s’oppose au politique du PQ.
    Ceci dit, il est fort probable que ceux qui reçoivent les contrats soit en majorité des fervent libéraux, car ils sont la majorité.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    1 mars 2011 09 h 42
    Manque de vision
    D'accord pour les réparations et l'entretien, même pour les reconstructions comme Turcot. Non à la construction ou à l'élargissement de nouveaux bouts d'autoroute un peu partout. Saupoudrage électoraliste. Un tiers de ce budget est du gaspillage. Ces politiciens ne semblent pas voir que le prix de l'essence est parti pour augmenter indéfiniment. Il faut donc plutôt investir dans le transport collectif pour être prêt le jour pas si lointain où nous n'aurons plus le choix.
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  • Carole Dionne - Inscrite
    1 mars 2011 20 h 42
    ET OÙ PREND-ON L'ARGENT?
    Pas grave, on met cela sur la dette pour nos enfants. Moi aussi je suis capable d'en faire autant. Ça ne prend pas un génie pour penser comme ça. On créé un fond des générations pour se donner bonne conscience.
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  • Richard Larouche - Inscrit
    2 mars 2011 17 h 58
    Comment se tirer dans le pied...
    Puisque le Québec n’est présentement pas un producteur de pétrole, il doit importer cette ressource au coût astronomique de plus de 10 milliards par année. D’ailleurs, plusieurs acteurs de l’industrie pétrolière croient que le jour où l’essence coûtera 5$ le litre n’est pas très loin (donc les coûts pourraient atteindre les 40 milliards d’ici la fin de la décennie).

    Il me semble donc que les projets d’expansion du réseau autoroutier représentent un gaspillage pur et simple de l’argent des contribuables. C’est sans compter les impacts environnementaux de la dépendance au pétrole qui sont déjà bien connus, mais aussi des impacts négatifs de l’activité sédentaire associée au transport automobile (Frank et al., 2004) et à l’étalement urbain (Ewing et al., 2008). D’où l’importance de favoriser les transports alternatifs (marche, vélo, autobus, train, taxi, auto-partage, etc.).

    Extrait de mon blogue : http://cyclorevolution.blogspot.com/2011/03/elargi
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