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Pétrole sur l'île d'Anticosti - Marois veut une étude du BAPE

Robert Dutrisac   18 février 2011  Québec
Pauline Marois se défend de vouloir imposer un moratoire sur l’exploitation du pétrole de schiste.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Pauline Marois se défend de vouloir imposer un moratoire sur l’exploitation du pétrole de schiste.
Québec — La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, exige que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) se penche sur les gisements pétroliers de l'île d'Anticosti avant que Pétrolia puisse procéder à des travaux d'exploration plus poussés.

Mais la chef péquiste s'est défendue de vouloir imposer un moratoire sur l'exploitation de ces gisements non traditionnels de pétrole de schiste. «Il devrait y avoir sûrement une étude environnementale du BAPE», a déclaré Pauline Marois, qui a tenu une conférence de presse en compagnie du leader parlementaire, Stéphane Bédard. Point besoin de parler d'un moratoire — un mot dont elle a cherché à éviter l'usage — puisque l'exploration n'est pas commencée, a argué Mme Marois.

Pétrolia en est aux premières étapes de l'exploration — l'extraction de carottes — sur l'île d'Anticosti, un territoire protégé jusqu'en 2007, année où le ministre de l'Environnement de l'époque, Claude Béchard, a ordonné son dézonage. Cette opération permettait à Hydro-Québec de céder l'année suivante ses droits à Pétrolia sur 35 concessions totalisant 5000 km2 en vertu d'un contrat toujours gardé secret malgré les récentes implorations de la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau. Après le refus du président de Pétrolia, André Proulx, de rendre public le contrat, Hydro-Québec lui enverra une lettre pour lui demander formellement de le faire, a-t-on indiqué, hier, à la société d'État.

Le 8 février dernier, Nathalie Normandeau a rencontré pendant une heure et demie les dirigeants de Pétrolia, qui lui ont remis un projet de communiqué de presse contenant de l'information privilégiée sur les derniers résultats de l'exploration sur l'île d'Anticosti, comme le révélait RueFrontenac.com. Ce communiqué a été diffusé le lendemain. Stéphane Bédard s'est dit «très troublé» par ces circonstances qu'il juge obscures.

L'attachée de presse de la ministre, Marie-France Bédard, a indiqué, hier, qu'à sa connaissance, il n'avait pas été question lors de cette rencontre des royautés que pourrait toucher Hydro-Québec en vertu de l'entente secrète.

À l'Assemblée nationale, Pauline Marois a repris les extrapolations du président de Pétrolia, André Proulx, en évoquant la possibilité d'extraire 3 milliards de barils de pétrole de l'île d'Anticosti pour des revenus de 240 milliards de dollars, ce que n'a pas manqué de railler le premier ministre Jean Charest. «C'est trop beau pour être vrai», a-t-il lancé. Le «gros bon sens» dit qu'«il faut se méfier».

Comme l'a fait Jean Charest, Nathalie Normandeau a critiqué, hier, Mme Marois pour avoir mis sur pied en 2001-2002 un régime de crédits d'impôt pour l'exploration minière, gazière et pétrolière, une mesure que le gouvernement Charest a pourtant décidé de maintenir.

Pauline Marois a expliqué que ces crédits d'impôt remplaçaient le programme d'actions accréditives devenu une véritable «passoire». Elle a accusé le gouvernement Charest de vendre au rabais les ressources naturelles du Québec et elle a déploré qu'il ait démantelé la filiale d'Hydro-Québec de pétrole et de gaz.
 
 
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    18 février 2011 07 h 55
    Économie 101: c’est ce qu’on appelle la naissance d’une bulle spéculative

    Nous savons, nous au Québec, qu’il n’y aura aucune exploitation de pétrole et de gaz de schistes (schales) ni à l’Île d’Anticosti et ni dans la formation d’Utica dans la vallée du St-Laurent, tant et aussi longtemps qu’il ne sera certain et hors de tout doute que l’environnement sera protégé et que la collectivité québécoise ne recevra leur juste part de redevances et de royautés du sol que leur appartient.
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    18 février 2011 08 h 58
    Le pétrole bleu
    C’est d’autant plus inutile de penser même à polluer notre sol que demain, ou dans quelques années, nous pourrions fabriquer du pétrole artificiel en recyclant du Co2. La technique existe déjà sous le nom de «Pétrole bleu».

    http://fr.sott.net/articles/show/2467-Transformer-
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  • F.Alvarado - Inscrit
    18 février 2011 11 h 15
    Pétrole bleu
    Le pétrole artificiel (cultures des algues et gaz carbonique)expérimenté
    à Alicante en Espagne par la compagnie BFS serait une formidable alternative:du pétrole sans fouille du sous-sol,récupération du Co2 des usines polluantes.
    Qu'attend le gouvernement et Hydro-Québec pour s'y intéresser?
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  • ti pere - Inscrit
    18 février 2011 11 h 55
    salut
    pourquoi pas faire la meme chose au quebec plutot que de l acheter dans l ouest on pourait depoluer le quebec
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  • Eric Allard - Abonné
    18 février 2011 12 h 53
    Manquer sa cible
    Encore une fois, Mme. Marois et le PQ manquent leur cible. Bien sûr qu'il va falloir une étude biaisée du BAPE avant d'aller de l'avant avec ce projet.

    Mais ce qu'il faut, c'est une poursuite pour invalider cette vente, ce bradage de nos ressources à une compagnie privée.

    Et des arguments, il y en a. Mais le PQ, dans la tiédeur de sa réaction, semble dans les faits approuver ce qui se passe. Pourtant, la meilleure façon de forcer le Québec a demeurer au Canada, c'est de l'appauvrir. Et le Parti Conservateur Libéral du Québec s'en sort très bien.
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  • Georges Paquet - Abonné
    18 février 2011 21 h 13
    240 milliards de beaux dollars...!
    J'espère que Mme Marois n'est pas déjà en train d'écrire le budget de l'an un de son administration, avec 240 milliards de dollars à dépenser. Il faut qu'elle sache que la firme Petrolia a déclaré en Bourse qu'elle n'a rien déclaré et qu'elle n'a rien à déclarer, au sujet de l'Ile d'Anticosti, pour justifier l'augmentation de la valeur de son action en Bourse, ses derniers jours. Je crains que nous soyons en présence d'une bulle, que certains appellerait une "balloune" qui va éclater d'un jour à l'autre. D'ailleurs la valeur l'action de Petrolia a chuté de 20% aujourd'hui.
    Alors, espérons que Mme Marois va cesser de "s'exciter" avec ses rêves éveillée.
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  • Jean-François Trottier - Abonné
    21 février 2011 01 h 33
    Georges et les bulles
    Depuis quand une compagnie essaie-t-elle d'enrayer une bulle boursière? C'est la première fois que je vois ça. Les patrons ont des actions, celles-ci montent, leur avoir aussi... ET ILS VEULENT ENRAYER ÇA? Voyons, Georges!
    Leurs déclarations ne serviraient pas plutôt à minimiser l'impact de leurs recherches de peur de devoir payer plus de redevances que leur actuel contrat avec le gouvernement leur en accorde? Peut-être ont-ils peur de se faire nationaliser?
    Budget de l'an un ou pas, ça ne vous intéresse pas de savoir ce qu'on pourrait faire avec l'argent que votre PLQ laisse filer au lieu de quémander de la péréquation? Vous préférez des années de paralysie à élire des gens qui dilapident votre avoir plutôt que de courir le risque de voir arriver ce fameux an un PARCE QU'ON SERAIT DEVENU PROSPÈRE?
    C'est votre choix...
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