Sondage Senergis-Le Devoir - L'opposition au gaz de schiste s'amplifie
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
L'opposition au gaz de schiste s'amplifie
À deux semaines du dépôt du rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement portant sur le gaz de schiste, un nouveau sondage Senergis réalisé pour Le Devoir confirme qu'une majorité de Québécois sont désormais contre l'idée de développer cette filière énergétique. Les appuis à la demande de moratoire demeurent quant à eux très élevés.
Plus le temps passe, plus le débat sur le gaz de schiste semble susciter des inquiétudes au sein de la population. De sorte que, selon les données obtenues à la suite de ce coup de sonde, un total de 55 % des Québécois affirment désormais être «défavorables» à l'exploitation du gaz de schiste emprisonné dans le sous-sol des basses-terres du Saint-Laurent. Il s'agit d'une nette progression du nombre d'opposants depuis quelques mois, puisque 37 % de la population était contre en septembre 2010.
Chez ceux qui sont au fait de l'épineux dossier, soit huit Québécois sur dix, la désapprobation grimpe même à 67 %. Bref, le gaz de schiste semble perdre chaque jour un peu plus d'appuis. «La tendance est là. L'appui au projet de développement s'effrite», constate d'ailleurs Daniel Lemieux, associé chez Senergis.
Selon les résultats du sondage, à peine une personne sur cinq est «favorable» au développement de la filière. Toutefois, précise le rapport, «un peu plus de la moitié des citoyens qui sont "défavorables", ou sans opinion, seraient ou pourraient être favorables à l'exploitation des gaz de schiste au Québec suite à un moratoire et à des études rigoureuses rassurantes».
Reste que pour le moment, la méfiance semble être là à long terme. Celle-ci s'exprime notamment dans l'opinion qu'ont les citoyens des acteurs de l'industrie gazière. En fait, quatre Québécois sur dix ne font clairement pas confiance à l'Association pétrolière et gazière du Québec — désormais dirigée par Lucien Bouchard — ni aux entreprises gazières. «Les gens croient peu l'industrie, observe M. Lemieux. Les représentants d'entreprises gazières ont eu beau se lancer dans des sorties publiques, ils n'inspirent pas confiance. Leur message ne passe donc pas et ils ne réussissent pas à convaincre les Québécois.»
S'ils ne font pas l'unanimité contre eux, les ministres Pierre Arcand et Nathalie Normandeau, porte-parole du gouvernement Charest dans ce dossier depuis des mois, ne rallient pas l'opinion publique non plus. «On ne peut pas dire qu'ils peuvent réussir à rassurer ou à convaincre la population», estime Daniel Lemieux.
Quelque 40 % des répondants font par ailleurs «le plus» confiance aux groupes environnementaux dans le débat qui se déroule actuellement au Québec. Et à l'instar de ces groupes, les Québécois continuent de réclamer un moratoire. En fait, parmi ceux qui connaissent le dossier ou en ont entendu parler, 75 % croient qu'un moratoire complet est nécessaire. Ces gens représentent 61 % de la population de la province. «La majorité des gens qui sont favorables à l'exploitation des gaz de schiste estiment tout de même qu'un moratoire est nécessaire. Ça semble être un incontournable», précise M. Lemieux.
Plus le temps passe, plus le débat sur le gaz de schiste semble susciter des inquiétudes au sein de la population. De sorte que, selon les données obtenues à la suite de ce coup de sonde, un total de 55 % des Québécois affirment désormais être «défavorables» à l'exploitation du gaz de schiste emprisonné dans le sous-sol des basses-terres du Saint-Laurent. Il s'agit d'une nette progression du nombre d'opposants depuis quelques mois, puisque 37 % de la population était contre en septembre 2010.
Chez ceux qui sont au fait de l'épineux dossier, soit huit Québécois sur dix, la désapprobation grimpe même à 67 %. Bref, le gaz de schiste semble perdre chaque jour un peu plus d'appuis. «La tendance est là. L'appui au projet de développement s'effrite», constate d'ailleurs Daniel Lemieux, associé chez Senergis.
Selon les résultats du sondage, à peine une personne sur cinq est «favorable» au développement de la filière. Toutefois, précise le rapport, «un peu plus de la moitié des citoyens qui sont "défavorables", ou sans opinion, seraient ou pourraient être favorables à l'exploitation des gaz de schiste au Québec suite à un moratoire et à des études rigoureuses rassurantes».
Reste que pour le moment, la méfiance semble être là à long terme. Celle-ci s'exprime notamment dans l'opinion qu'ont les citoyens des acteurs de l'industrie gazière. En fait, quatre Québécois sur dix ne font clairement pas confiance à l'Association pétrolière et gazière du Québec — désormais dirigée par Lucien Bouchard — ni aux entreprises gazières. «Les gens croient peu l'industrie, observe M. Lemieux. Les représentants d'entreprises gazières ont eu beau se lancer dans des sorties publiques, ils n'inspirent pas confiance. Leur message ne passe donc pas et ils ne réussissent pas à convaincre les Québécois.»
S'ils ne font pas l'unanimité contre eux, les ministres Pierre Arcand et Nathalie Normandeau, porte-parole du gouvernement Charest dans ce dossier depuis des mois, ne rallient pas l'opinion publique non plus. «On ne peut pas dire qu'ils peuvent réussir à rassurer ou à convaincre la population», estime Daniel Lemieux.
Quelque 40 % des répondants font par ailleurs «le plus» confiance aux groupes environnementaux dans le débat qui se déroule actuellement au Québec. Et à l'instar de ces groupes, les Québécois continuent de réclamer un moratoire. En fait, parmi ceux qui connaissent le dossier ou en ont entendu parler, 75 % croient qu'un moratoire complet est nécessaire. Ces gens représentent 61 % de la population de la province. «La majorité des gens qui sont favorables à l'exploitation des gaz de schiste estiment tout de même qu'un moratoire est nécessaire. Ça semble être un incontournable», précise M. Lemieux.
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