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Lettres - Notre bulle «interculturelle»

Michel Paillé, démographe, Québec, le 6 février 2011  8 février 2011  Québec
Souvent, le credo québécois de l'interculturalisme nous est servi en opposition au multiculturalisme. M. Maka Kotto, député à l'Assemblée nationale, vient de le faire (Le Devoir, 26 janvier 2011). Mais de quoi parle-t-on au juste, six ans après que la commission Bouchard-Taylor eut noté l'absence d'une «définition formelle et officielle» de ce concept? Puisque la recommandation idoine n'a pas été réalisée («une loi, un énoncé de principe ou une déclaration»), nous ne savons toujours pas ce que c'est. Serait-ce une bulle que l'on gonfle pour cacher notre vacuité?

Or, il y aurait péril en la demeure, selon M. Kotto, car il faudrait «renverser la vapeur pour redonner au français son statut de seule langue publique» afin de créer un «Québec métissé serré». Objectif prométhéen, car après une augmentation de 73 % de l'immigration des vingt dernières années (1990-2009) en comparaison aux vingt précédentes, nos objectifs pour 2011 se situent entre 52 400 et 55 000 immigrants (de 35 % à 42 % de plus). Comme plus de 85 % des immigrants s'établissent toujours à Montréal, Laval et en Montérégie, force est d'admettre que le communautarisme se poursuivra, multiculturalisme aidant.

Le Québec français et métissé serré que l'on appelle de tous nos voeux implique la participation première de la majorité francophone. Tout francophone qui fait usage de l'anglais devant les «Autres» se fait ambassadeur de cette langue, ratant chaque fois une occasion de partager le français («pas touche, c'est à "Nous"»).

À juste titre, on nous en fait le reproche, telle Cassandra T., une immigrante qui déplore que l'on s'adresse toujours à elle en anglais «à cause de [s]on accent» (texte intégral à http://michelpaille.com). À quand remonte la dernière enquête portant sur les convictions et les comportements des francophones à l'égard de leur langue? Sont-ils autant, voire plus nombreux que les Anglos-Québécois, à préférer l'anglais? Notre bulle interculturelle pourrait conduire à un «Québec métissé serré bilingue» pour les «Autres».
 
 
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  • Stephanie L. - Inscrite
    8 février 2011 08 h 38
    Les francophones doivent s'investir davantage
    Il est essentiel que les francophones, en particulier ceux qui résident à Montréal, s'investissent davantage dans la promotion et la préservation du français, qui ne pourra pas se protéger tout seul. Nous ne donnons pas toujours aux immigrants l'image d'un peuple qui tient à sa langue et à sa culture.

    Chaque fois que nous passons à l'anglais en entendant un accent étranger ou que nous ne réagissons pas devant une personne incapable de nous servir en français, nous contribuons à la disparition de l'identité francophone de Montréal.

    Les immigrants sélectionnés sur la base de leur maîtrise du français doivent sûrement être très surpris de la difficulté qu'il y a à se trouver un emploi si on ne maîtrise pas également l'anglais. Rien pour favoriser l'intégration, qui passe souvent par le travail. Au rythme où Montréal et les immigrants s'anglicisent, ce sont peut-être les québécois unilingues francophones qui auront un jour le plus de difficulté à s'y intégrer et la seule solution qu'on leur proposera sans doute sera des cours d'anglais intensifs.

    L'atout que représente le bilinguisme dans le monde du travail et la société en général ne doit pas nous faire oublier que la meilleure façon de s'adapter à une société pour un immigrant et de continuer à se sentir chez soi pour un citoyen de naissance, c'est de pouvoir parler la langue de la majorité, entre autre à l'école et au travail.

    http://www.centpapiers.com/recul-de-la-langue-fran

    http://www.centpapiers.com/les-ecoles-passerelles/
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  • Franfeluche - Abonné
    8 février 2011 09 h 24
    Tout ce que je souhaite
    Tout ce que je souhaite, c'est qu'il n'y ait pas trop de Maxime Bernier chez les québécois.
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  • Michel Simard - Abonné
    8 février 2011 21 h 57
    Le fardeau aux francophones qui résident à Montréal ?
    Je m'inscris totalement eu faux contre la prémisse de Ste(é?)phanie L. qu'il est essentiel que les francophones, surtout ceux qui résident à Montréal, s'investissent davantage dans la promotion et la préservation du français. Les francophones qui résident à Montréal s'investissent énormément dans la promotion et la préservation du français, du seul fait qu'ils résident à Montréal.

    Plus il y aura de francophones sur l'île de Montréal, plus le français sera promu et préservé; moins il y en aura, moins le français pourra survivre au Québec. L'avenir du français au Québec se joue sur l'île de Montréal, pas à Chicoutimi, Sainte-Julie ou Saint-Georges-de-Beauce. Demeurer dans des patelins à 95% francophone ne représente en rien un investissement dans la promotion et la préservation du français.

    Les francophones qui résident sur l'île de Montréal sont les plus grands alliés de la langue française et ceux qui font jaillir la langue et la culture francophone. Cela pourrait être reconnu, mais évidemment c'est la méchante ville de Montréal.

    Je trouve très déplacé de la part des 6 millions de francophones hors île de Montréal de laisser tout le fardeau de promouvoir et de préserver la langue française au 1 million de francophones demeurant sur l'île, lesquels sont à peine majoritaires. Cela d'autant plus navrant qu'on entende de plus en plus des "de souche" dans les "régions" baragouiner en anglais parce que ça fait "in", ou d'entendre des ignorants de la réelle situation linguistique à Montréal, tels Maxime Bernier et autres membres de la galaxie conservatrice, qu'ils soient réformistes, adéquistes ou libéraux-provinciaux.
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  • Monsieur Pogo - Inscrit
    8 février 2011 22 h 51
    Le folklore des nouveaux arrivants
    Le multiculturalisme consiste à faire table rase des coutumes du pays hôte, afin que s’exprime sans réserve l’exotisme du folklore des nouveaux arrivants (sic).
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