Les régions redeviennent attrayantes
Pour la première fois en dix ans, la Gaspésie affiche un solde migratoire positif
Photo : Source Tourisme Îles de la Madeleine
«Nous sommes devant un mouvement de fond qui va aller en s’accentuant à l’avenir»
Le détail statistique ne passe pas inaperçu. Pour la première fois en 10 ans, au jeu des mouvements migratoires entre les régions du Québec, la Gaspésie a conservé en 2009-2010 plus d'habitants qu'elle n'en a perdu, indiquent les plus récentes données démographiques dévoilées par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). Un phénomène qui confirme un certain renouveau des régions, croit l'organisme Solidarité rurale du Québec, et qui pourrait bien s'étendre à d'autres coins éloignés de la province.
«Cette inversion de tendance est un bon signal, a indiqué hier au Devoir Claire Bolduc, présidente de ce groupe de défense de la ruralité et des régions. Ce n'est plus vrai que les régions se vident de leur sang neuf. Nous sommes même devant un mouvement de fond qui va aller en s'accentuant à l'avenir.»
La chose commence à se quantifier. Après des années dans le rouge, le solde migratoire de la Gaspésie passe en effet, pour la première fois en une décennie, dans le positif, indiquent les spécialistes du chiffre. Avec un taux de 0,15 %, cette région, qui administrativement comprend également les Îles-de-la-Madeleine, finit l'année 2009-2010 avec 146 personnes de plus sur son territoire. Ce solde a été alimenté en partie par des Québécois migrants issus de la tranche d'âge des 50-64 ans, mais également de celle des 30-34 ans, dont plusieurs avec enfants, peut-on lire.
«La situation des régions éloignées évolue généralement de façon encourageante», écrivent les statisticiens de l'ISQ dans ce rapport sur les migrations interrégionales, tout en précisant que d'autres régions semblent avancer dans la même direction que la Gaspésie. En effet, l'an dernier, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec ont certes affiché des soldes migratoires négatifs, précise l'institut, mais ce «sont les moins négatifs des dix dernières années», poursuivent-ils.
«Ce portrait n'est pas unique au Québec, indique Mme Bolduc. Dans tous les pays occidentaux, les régions qui se sont dépeuplées au profit des grands centres tendent désormais à se repeupler. C'est en partie en raison des baby-boomers qui y retournent pour amorcer leur retraite, mais il n'y a pas que ça, les jeunes aussi s'y retrouvent.»
L'an dernier, un sondage commandé par Solidarité rurale indiquait que plus de 700 000 adultes en zone urbaine au Québec envisageaient désormais de s'installer dans un milieu rural, dont près de la moitié dans un avenir proche de cinq ans. La tranquillité de la campagne, le rapprochement de la nature et la fuite du stress de la ville en étaient les principales raisons invoquées.
«Les gens ont retrouvé de la fierté dans les régions et ont désormais foi en leur milieu», ajoute Mme Bolduc, qui croit que l'apparition de nouveaux leaders régionaux inspirants est certainement à l'origine de ce changement de cap. «Ces données montrent aussi que le travail des dernières années pour enrayer l'exode des régions commence à donner des résultats.»
Les couronnes ont la cote
Ailleurs au Québec, ce sont les régions adjacentes à Montréal qui ont le plus profité de la migration interrégionale, indique l'ISQ. Ainsi, avec des taux nets variant de 0,5 à 1 %, la Montérégie, les Laurentides, Lanaudière et Laval ont fini l'année 2009-2010 avec plus d'habitants qu'elles en ont perdu. «Laval obtient même son meilleur taux net de migration depuis 10 ans», peut-on lire dans le rapport. Quant à la Montérégie, elle s'illustre avec le plus grand gain d'habitants en valeur absolue, ayant gardé 6500 personnes, soit deux fois plus qu'à Laval.
Pour sa part, Montréal s'est sort avec un solde une nouvelle fois négatif — après une pause positive en 2008-2009 — qui s'accompagne d'une perte nette de 23 640 citoyens, révèle l'ISQ.
Dans les zones dites intermédiaires, la région de la Capitale-Nationale et l'Outaouais ont également profité des déplacements de population en affichant toutes des soldes migratoires positifs, mais avec des taux qui ont «légèrement fléchi», peut-on lire. Taux également «surpassés par celui du Centre-du-Québec». Enfin, la Mauricie, l'Estrie et Chaudière-Appalaches font de «légers gains», variant de 353 à 754 habitants, ajoutent les statisticiens.
«Cette inversion de tendance est un bon signal, a indiqué hier au Devoir Claire Bolduc, présidente de ce groupe de défense de la ruralité et des régions. Ce n'est plus vrai que les régions se vident de leur sang neuf. Nous sommes même devant un mouvement de fond qui va aller en s'accentuant à l'avenir.»
La chose commence à se quantifier. Après des années dans le rouge, le solde migratoire de la Gaspésie passe en effet, pour la première fois en une décennie, dans le positif, indiquent les spécialistes du chiffre. Avec un taux de 0,15 %, cette région, qui administrativement comprend également les Îles-de-la-Madeleine, finit l'année 2009-2010 avec 146 personnes de plus sur son territoire. Ce solde a été alimenté en partie par des Québécois migrants issus de la tranche d'âge des 50-64 ans, mais également de celle des 30-34 ans, dont plusieurs avec enfants, peut-on lire.
«La situation des régions éloignées évolue généralement de façon encourageante», écrivent les statisticiens de l'ISQ dans ce rapport sur les migrations interrégionales, tout en précisant que d'autres régions semblent avancer dans la même direction que la Gaspésie. En effet, l'an dernier, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec ont certes affiché des soldes migratoires négatifs, précise l'institut, mais ce «sont les moins négatifs des dix dernières années», poursuivent-ils.
«Ce portrait n'est pas unique au Québec, indique Mme Bolduc. Dans tous les pays occidentaux, les régions qui se sont dépeuplées au profit des grands centres tendent désormais à se repeupler. C'est en partie en raison des baby-boomers qui y retournent pour amorcer leur retraite, mais il n'y a pas que ça, les jeunes aussi s'y retrouvent.»
L'an dernier, un sondage commandé par Solidarité rurale indiquait que plus de 700 000 adultes en zone urbaine au Québec envisageaient désormais de s'installer dans un milieu rural, dont près de la moitié dans un avenir proche de cinq ans. La tranquillité de la campagne, le rapprochement de la nature et la fuite du stress de la ville en étaient les principales raisons invoquées.
«Les gens ont retrouvé de la fierté dans les régions et ont désormais foi en leur milieu», ajoute Mme Bolduc, qui croit que l'apparition de nouveaux leaders régionaux inspirants est certainement à l'origine de ce changement de cap. «Ces données montrent aussi que le travail des dernières années pour enrayer l'exode des régions commence à donner des résultats.»
Les couronnes ont la cote
Ailleurs au Québec, ce sont les régions adjacentes à Montréal qui ont le plus profité de la migration interrégionale, indique l'ISQ. Ainsi, avec des taux nets variant de 0,5 à 1 %, la Montérégie, les Laurentides, Lanaudière et Laval ont fini l'année 2009-2010 avec plus d'habitants qu'elles en ont perdu. «Laval obtient même son meilleur taux net de migration depuis 10 ans», peut-on lire dans le rapport. Quant à la Montérégie, elle s'illustre avec le plus grand gain d'habitants en valeur absolue, ayant gardé 6500 personnes, soit deux fois plus qu'à Laval.
Pour sa part, Montréal s'est sort avec un solde une nouvelle fois négatif — après une pause positive en 2008-2009 — qui s'accompagne d'une perte nette de 23 640 citoyens, révèle l'ISQ.
Dans les zones dites intermédiaires, la région de la Capitale-Nationale et l'Outaouais ont également profité des déplacements de population en affichant toutes des soldes migratoires positifs, mais avec des taux qui ont «légèrement fléchi», peut-on lire. Taux également «surpassés par celui du Centre-du-Québec». Enfin, la Mauricie, l'Estrie et Chaudière-Appalaches font de «légers gains», variant de 353 à 754 habitants, ajoutent les statisticiens.
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