L'infiltration du crime organisé dans la construction inquiète Jean-Marc Fournier

Lac-Beauport — La présence présumée du crime organisé dans l'industrie de la construction, comme l'a évoquée mardi le président démissionnaire de la FTQ-Construction, Yves Mercure, inquiète le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier.

«J'éprouve une bonne inquiétude à l'égard de la présomption de la présence de la mafia dans la construction», a déclaré Jean-Marc Fournier en marge du caucus présessionnel des élus libéraux.

Cette présence présumée a justifié l'action du gouvernement. «Ce n'est pas pour rien que toutes les mesures sont prises pour essayer de mettre fin, autant que faire se peut, à tous ces éléments de collusion, de corruption et de blanchiment d'argent.»

Mardi dernier, Yves Mercure, en annonçant qu'il quittait son poste, a affirmé que le crime organisé avait infiltré l'industrie de la construction afin de blanchir de l'argent. Il a toutefois indiqué qu'il n'avait pas été témoin d'une pareille infiltration.

Au même diapason que le chef syndical, Jean-Marc Fournier a dit qu'il ressentait «un petit doute» quant à la présence de la mafia «quelque part». Mais pour le ministre de la Sécurité civile, Robert Dutil, les propos d'Yves Mercure sur la présence généralisée du crime organisé dans l'industrie de la construction surprennent. «C'est assez étonnant de voir des gens à ce niveau-là faire de pareilles déclarations», a-t-il dit.

En même temps qu'Yves Mercure annonçait son départ, André Ménard, après 17 ans à la tête de la Commission de la construction du Québec (CCQ), démissionnait pour prendre sa retraite, un départ forcé par la ministre du Travail, Lise Thériault.

Hier, la ministre n'a pas voulu établir de liens entre la démission d'André Ménard et la situation décrite par Yves Mercure. Jusqu'ici, la ministre, pour justifier le départ précipité de M. Ménard, avait invoqué les dépenses engagées ces dernières années par la CCQ pour permettre à ses dirigeants de participer à des congrès à l'étranger. Mais ces dépenses excessives ne sont pas la seule raison pour laquelle la ministre a voulu se débarrasser du président de la CCQ, a-t-elle reconnu hier. André Ménard n'était tout simplement pas la personne qu'il fallait pour mettre en oeuvre les changements que le gouvernement souhaite apporter à l'organisme.

«Je crois que pour le bien autant des travailleurs que des gens qui oeuvrent la construction, nous devons donner un coup de barre. Nous devons apporter certains changements et ça passait également par le changement à la présidence», a-t-elle déclaré Lise Thériault avant la réunion du caucus libéral.

«Nous avons posé des gestes pour faire en sorte qu'au niveau de la construction, on puisse faire le ménage, débusquer les gens qui posent des gestes pas corrects. Je pense notamment à l'argent qu'on a investi au niveau de la Commission de la construction du Québec et à la Régie du bâtiment. À mon avis, il est temps d'entreprendre des changements et j'ai demandé à M. Ménard de réfléchir à son avenir.»
11 commentaires
  • Manon Carrière - Inscrite 21 janvier 2011 07 h 14

    D'un ministre à l'autre

    L'autre nous entrenait du danger des vents des vaches sur la base d'une science assurée, celui-là, on ne sait pas trop de quoi il parle. Lui non plus, d'ailleurs. Dire qu'il éprouve une inquiétude à l'endroit d'une présomption le conduit à dire le contraire de ce qu'il souhaitait, à savoir que de fortes présomptions existent quant à l'infiltration de la mafia dans le monde de la construction. Dans sa formulation, l'inquiétude porte sur la présomption. Ce qui revient à dire qu'il n'est pas du tout certain qu'il y ait infiltration. Décidemment, il gouverne comme il parle, dans la clarté. Sont-ils tous comme ça dans ce gouvernement? Montrez-nous en au moins un qui ait un peu d'allure...

  • Carole Dionne - Inscrite 21 janvier 2011 08 h 54

    JEAN MARC OU FOURNIER OU JACQUES DUPUIS...

    Du pareil au même, sauf dans le ton. Mais les deux disent les mêmes platitudes. La MAFIA inquiète Jean-Marc Fournier? Il est bon pour un autre six mois avec cette interrogation là.

  • Sanzalure - Inscrit 21 janvier 2011 09 h 07

    L'infiltration est généralisée

    J'ai des petites nouvelles pour le ministre : la mafia n'est pas infiltrée seulement dans le domaine de la construction, mais partout où ça fait son affaire.

    Je m'en suis rendu compte tout seul, sans commission d'enquête, opération policière, ni rien qui coûte cher et prend beaucoup de temps.

    Si j'étais ministre avec une armée de fonctionnaires et la police à ma disposition, imaginez ce que je pourrais découvrir...

    Serge Grenier

  • Richard Ferland - Abonné 21 janvier 2011 09 h 16

    S'il a un doute notre cher ministre...

    Il devrait en faire part à son chef peut-être qu'il serait enclin à l'écoûter et à d`écider de mettre en place une commission pour étudier la question....

  • Franfeluche - Abonné 21 janvier 2011 09 h 31

    Et pendant ce temps !

    Et pendant que notre cher ministre n'en est qu'aux présomptions, à New-York on arrête des mafiosi parce qu'ils ont infiltré entre autres le domaine de la construction.