Projets informatiques gouvernementaux : trop de contrats confiés à la sous-traitance
La ministre Courchesne resserre les règles de gestion des projets informatiques
Photo : Clément Allard - Le Devoir
Michelle Courchesne a dévoilé hier la politique-cadre sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles.
Québec — Alors que plusieurs projets informatiques confiés à la sous-traitance par l'administration publique sont allés à vau-l'eau ou ont connu des ratés, la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, reconnaît que l'expertise gouvernementale en la matière est défaillante et que trop de contrats sont donnés «à l'externe».
La présidente du Conseil du trésor a dévoilé, hier, la «politique-cadre sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles» et déposé le projet de loi 133 qui met en oeuvre cette politique. «On a perdu trop d'expertise, il faut le reconnaître», a dit Michelle Courchesne au cours d'une conférence de presse. «Trop de contrats externes? Probablement», juge-t-elle, ajoutant qu'elle souhaite que le développement informatique se fasse davantage par des employés de l'État. «Il faudra être beaucoup, beaucoup plus, je dirais, vigilants, ou, en tout cas, plus précis dans la façon d'octroyer nos contrats», a-t-elle indiqué.
«J'ai une grande préoccupation sur le fait que l'État perde dans tout domaine son expertise et son savoir-faire. Donc, il faut le rebâtir», estime Michelle Courchesne, qui se donne deux ou trois ans pour mettre en oeuvre sa politique.
Le gouvernement dépense 2,6 milliards par an, soit 4 % de ses dépenses de programmes. La moitié de cette somme est dévolue au réseau de l'éducation et à celui de la santé et des services sociaux. Plus de 1 milliard par an est consacré à la réalisation de projets et le reste va à l'entretien et l'exploitation. La présidente du Conseil du trésor s'est fixé pour objectif d'économiser 200 millions par an à compter de 2013-2014.
Rapport critique
Le dévoilement de cette politique survient alors que le Vérificateur général du Québec vient de reporter à la prochaine session parlementaire le dépôt d'un rapport critique sur la gestion des grands projets informatiques. La liste des «fiascos», un terme que n'a pas voulu utiliser la ministre hier, est longue et les dépassements de coûts sont légion: outre l'énorme projet avorté GIRES, on relève le projet suspendu de la Commission de la santé et sécurité du travail (CSST), celui, qui s'est soldé par un échec, de la CARRA, le gestionnaire du régime de retraite des fonctionnaires, et cet autre du Réseau des services intégrés pour personnes âgées, abandonné par le ministère de la Santé et des Services sociaux. C'est sans compter le Dossier santé Québec, qui accuse un sérieux retard.
La solution avancée par Michelle Courchesne, c'est de centraliser la gestion des projets informatiques. Le Conseil du trésor imposera aux ministères et organismes une planification triennale des dépenses affectées aux «ressources informationnelles», des approbations annuelles ainsi que des approbations en trois étapes pour chacun des projets. Tout dépassement de coûts de 10 % ou plus devra être justifié auprès du Conseil du trésor. Aussi, le gouvernement préconise désormais l'utilisation du logiciel libre lorsqu'il s'avère avantageux.
Pour le député de Richelieu et porte-parole de l'opposition officielle pour l'administration publique, Sylvain Simard, ajouter «une couche de structure gouvernementale» ne suffira pas; il faudrait plutôt concentrer l'expertise informatique de l'État et améliorer la concurrence entre les grandes firmes informatiques. «Le gouvernement admet très explicitement que ça va très mal, qu'il a perdu le contrôle et qu'il n'a pas l'expertise nécessaire», juge-t-il. Le critique adéquiste François Bonnardel abonde dans le même sens. Le projet de loi 133 est «l'aveu du fiasco libéral» en matière d'informatique, croit le député de Shefford.
La présidente du Conseil du trésor a dévoilé, hier, la «politique-cadre sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles» et déposé le projet de loi 133 qui met en oeuvre cette politique. «On a perdu trop d'expertise, il faut le reconnaître», a dit Michelle Courchesne au cours d'une conférence de presse. «Trop de contrats externes? Probablement», juge-t-elle, ajoutant qu'elle souhaite que le développement informatique se fasse davantage par des employés de l'État. «Il faudra être beaucoup, beaucoup plus, je dirais, vigilants, ou, en tout cas, plus précis dans la façon d'octroyer nos contrats», a-t-elle indiqué.
«J'ai une grande préoccupation sur le fait que l'État perde dans tout domaine son expertise et son savoir-faire. Donc, il faut le rebâtir», estime Michelle Courchesne, qui se donne deux ou trois ans pour mettre en oeuvre sa politique.
Le gouvernement dépense 2,6 milliards par an, soit 4 % de ses dépenses de programmes. La moitié de cette somme est dévolue au réseau de l'éducation et à celui de la santé et des services sociaux. Plus de 1 milliard par an est consacré à la réalisation de projets et le reste va à l'entretien et l'exploitation. La présidente du Conseil du trésor s'est fixé pour objectif d'économiser 200 millions par an à compter de 2013-2014.
Rapport critique
Le dévoilement de cette politique survient alors que le Vérificateur général du Québec vient de reporter à la prochaine session parlementaire le dépôt d'un rapport critique sur la gestion des grands projets informatiques. La liste des «fiascos», un terme que n'a pas voulu utiliser la ministre hier, est longue et les dépassements de coûts sont légion: outre l'énorme projet avorté GIRES, on relève le projet suspendu de la Commission de la santé et sécurité du travail (CSST), celui, qui s'est soldé par un échec, de la CARRA, le gestionnaire du régime de retraite des fonctionnaires, et cet autre du Réseau des services intégrés pour personnes âgées, abandonné par le ministère de la Santé et des Services sociaux. C'est sans compter le Dossier santé Québec, qui accuse un sérieux retard.
La solution avancée par Michelle Courchesne, c'est de centraliser la gestion des projets informatiques. Le Conseil du trésor imposera aux ministères et organismes une planification triennale des dépenses affectées aux «ressources informationnelles», des approbations annuelles ainsi que des approbations en trois étapes pour chacun des projets. Tout dépassement de coûts de 10 % ou plus devra être justifié auprès du Conseil du trésor. Aussi, le gouvernement préconise désormais l'utilisation du logiciel libre lorsqu'il s'avère avantageux.
Pour le député de Richelieu et porte-parole de l'opposition officielle pour l'administration publique, Sylvain Simard, ajouter «une couche de structure gouvernementale» ne suffira pas; il faudrait plutôt concentrer l'expertise informatique de l'État et améliorer la concurrence entre les grandes firmes informatiques. «Le gouvernement admet très explicitement que ça va très mal, qu'il a perdu le contrôle et qu'il n'a pas l'expertise nécessaire», juge-t-il. Le critique adéquiste François Bonnardel abonde dans le même sens. Le projet de loi 133 est «l'aveu du fiasco libéral» en matière d'informatique, croit le député de Shefford.
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