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    Aveux du candidat David Grégoire - Plusieurs libéraux sont embarrassés

    L'ancien président du PLQ Robert Benoît veut «une enquête en profondeur» sur le parti

    24 novembre 2010 |Robert Dutrisac | Québec
    Le premier ministre Jean Charest et le leader parlementaire Jean-Marc Fournier ont réitéré leur foi dans les enquêtes policières.<br />
    Photo: Agence Reuters Jacques Boissinot Le premier ministre Jean Charest et le leader parlementaire Jean-Marc Fournier ont réitéré leur foi dans les enquêtes policières.
    Québec — À la veille du vote sur la motion de censure contre le gouvernement Charest, les révélations d'un candidat libéral qui affirme avoir accepté de l'argent comptant ainsi que la prise de position de l'ancien président du Parti libéral du Québec, Robert Benoît, en faveur d'une enquête sur ce parti ont donné des munitions à l'opposition, tandis que certains députés libéraux trahissaient leur embarras.

    «C'est un drame qu'on est en train de vivre. C'est grave, ce qui se passe au Québec», a déclaré la chef du Parti québécois, Pauline Marois, avant la réunion du caucus de ses députés.

    Lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, la chef de l'opposition officielle a fait l'énumération des révélations qui ont jalonné la dernière année, à commencer par celles qu'ont suscitées Marc Bellemare et la commission Bastarache, pour finir avec l'aveu du candidat libéral défait dans la circonscription de Masson, David Grégoire, et la sortie de Robert Benoît, qui, après avoir affirmé au Devoir la semaine dernière que le PLQ était devenu «une machine à ramasser de l'argent», réclame aujourd'hui «une enquête en profondeur» sur le parti. «Le gouvernement se réfugie, se retranche dans le déni», a accusé Pauline Marois. «Pendant combien de temps les députés libéraux vont-ils continuer à cautionner le refus du premier ministre [de tenir une commission d'enquête]?», a-t-elle demandé.

    Candidat libéral défait dans la circonscription de Masson, David Grégoire a déclaré à Radio-Canada qu'il avait accepté à deux reprises de l'argent comptant, une enveloppe de 3000 $ pour lui-même puis une liasse de billets de banque que lui aurait donnée l'entrepreneur Luigi Salvatore et qu'il a remise à son organisateur Alain Gauthier. David Grégoire s'est aussi adressé à l'escouade Marteau tandis que le Directeur général des élections a annoncé qu'il ferait enquête.

    Après le PLQ, qui a nié avec vigueur les allégations du candidat libéral, l'entrepreneur Luigi Salvatore a envoyé hier, par l'entremise de ses avocats, une mise en demeure à David Grégoire lui enjoignant de se rétracter immédiatement, à défaut de quoi il intentera une poursuite formelle en diffamation.

    Malaise chez les libéraux

    «Je suis perturbé par tout ce que j'apprends, a reconnu le député de Verdun, Henri-François Gautrin. C'est des pratiques qui ne doivent pas exister.»

    «C'est plutôt étonnant», a dit la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, tout en saluant le fait que David Grégoire ait communiqué avec l'escouade Marteau. «C'est vraiment la bonne chose à faire.» Pour le député de la circonscription de Jean-Lesage, André Drolet, ces dernières révélations indiquent que «l'opération Marteau commence à faire effet».

    Interrogé sur la question de savoir s'il était «perturbé» par les aveux de David Grégoire, le député de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour, lui-même impliqué dans une affaire d'enveloppe d'argent, a répondu: «Pas vraiment.»

    Le whip libéral, Pierre Moreau, a repris la position du parti. «Je n'ai aucune idée pourquoi on croirait M. Grégoire», a-t-il dit.

    Durant toute la période de questions, l'opposition a frappé sur le même clou, réclamant une commission d'enquête. «On assiste maintenant à un festival d'enveloppes remises à des politiciens», a lancé la leader parlementaire de l'Action démocratique du Québec, Sylvie Roy. «C'est devenu presque banal de voir des enveloppes bourrées d'argent comptant à la télévision. Ce n'est pas des acteurs, c'est des anciens membres du Parti libéral. Qu'est-ce que ça prend pour que le premier ministre déclenche enfin cette enquête?»

    L'opposition officielle a cité le témoignage d'un ancien policier de la Sûreté du Québec, Clément Bousquet, qui a participé à la Commission d'enquête sur le crime organisé (CECO) et à la commission Cliche dans les années 1970. M. Bousquet juge que, non seulement une commission d'enquête ne nuirait pas au travail des policiers, mais que les enquêtes policières ne permettent pas de forcer un accusé à parler. Personne n'est obligé de collaborer avec la police, contrairement à une commission d'enquête qui peut sommer quelqu'un à témoigner.

    Tant le premier ministre Jean Charest que le leader parlementaire Jean-Marc Fournier et le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, ont réitéré leur foi dans les enquêtes policières. «Ça prend des faits, ça prend des preuves», a dit Jean Charest.

    «On fait peu de cas de la présomption d'innocence, qu'on considère comme un caprice pour protéger les coupables», a soutenu Robert Dutil, alors que «c'est un pilier de notre liberté».
     
     
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