Les hausses de tarifs choquent des milliers de citoyens de Québec et Montréal
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
À Québec, une soixantaine d’étudiants ont bravé la pluie et le froid hier midi sur le boulevard Charest pour dénoncer le premier ministre. Mais à Montréal (notre photo), les organisateurs en ont dénombré 2000, deux fois plus que ce qui était prévu.
Québec — Alors que tout le Québec s'indigne des scandales de corruption qui éclaboussent le parti de Jean Charest, des groupes de gauche sont sortis hier dans les rues de Québec et Montréal pour dénoncer à nouveau les hausses de tarifs imposées dans le dernier budget.
«C'est vraiment contre le budget Bachand que l'on combat. C'est ça qui nous touche présentement», a déclaré Valérie Plante, une représentante de l'Association étudiante du cégep François-Xavier Garneau, à Québec.
Prévu depuis quelques semaines, l'événement d'hier a été organisé par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, qui dit rassembler 120 groupes communautaires, syndicaux, féministes et étudiants du Québec.
Dans la capitale, une soixantaine d'étudiants ont bravé la pluie et le froid hier midi sur le boulevard Charest pour dénoncer le premier ministre du même nom. Mais à Montréal, les organisateurs en ont dénombré 2000, deux fois plus que ce qui était prévu.
Un ajout qu'ils attribuent à la pétition parrainée par le député Amir Khadir réclamant la démission du premier ministre. «La pétition a contribué à mobiliser beaucoup plus de gens», a fait valoir Marie-Ève Rancourt, du Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MEPACQ).
Mais pas question de placer la lutte contre la corruption au centre de leurs revendications, ajoute-t-elle. «On ne va pas changer notre message pour faire descendre plus de gens dans la rue. On veut être intègres. [...] La corruption, c'est juste un problème. Quand ce problème-là va être réglé, s'il se règle un jour, dans deux ans par exemple, on aura passé deux ans sans parler de ce qui se passe en ce moment: les hausses de tarifs, des droits de scolarité, la contribution santé à 200 $.»
Son collègue du FRAPRU, François Saillant, souligne par ailleurs que la pétition s'en prend aussi aux mesures contenues dans le budget: elle reproche au gouvernement de «refuser de négocier [...] quant aux mesures prévues dans le budget 2010». Au moment d'écrire ces lignes, près de 230 000 personnes l'avaient signée hier.
Plusieurs syndicats étaient par ailleurs associés à la manifestation d'hier, dont la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). Prié de dire s'il était embarrassé de marcher aux côtés de la FTQ alors qu'elle est frappée de plein fouet par les scandales de corruption, M. Saillant hésite et répond que «tout le monde souhaite la tenue d'une enquête publique». Selon lui, cela est d'autant plus nécessaire que la corruption entraîne des coûts supplémentaires qui aident à justifier les compressions et les hausses de tarifs du gouvernement.
Selon le député Khadir, qui était retenu au Parlement pendant les manifestations, il faut s'en prendre aux causes profondes de la corruption, soit la «tendance néolibérale» des gouvernements, de gauche comme de droite, «à abandonner leurs prérogatives aux milieux d'affaires», tendance qui mène systématiquement à des «abus», dit-il.
Créée il y a près d'un an, la Coalition cherche à remobiliser le public contre le dernier budget, dans le but faire reculer le gouvernement sur la contribution santé ou encore les droits de scolarité, comme il l'a fait avec les tickets modérateurs.
Après avoir symboliquement bloqué la circulation aux bureaux montréalais d'Hydro-Québec hier, elle promet «une grande manifestation nationale à l'hiver 2011 en marge du prochain budget».
D'après un sondage publié hier dans les journaux de Quebecor, la majorité des Québécois continue de pencher plus à gauche qu'à droite. Priés de dire quelle position ils souhaitaient voir défendue au Québec ces dix prochaines années, 35 % des répondants ont répondu «gauche» et 39 % «centre gauche», contre 26 % pour la «droite». Le penchant à gauche est encore plus marqué chez les 18-24 ans, qui soutiennent cette option à 42 %, contre 17 % pour la droite.
«C'est vraiment contre le budget Bachand que l'on combat. C'est ça qui nous touche présentement», a déclaré Valérie Plante, une représentante de l'Association étudiante du cégep François-Xavier Garneau, à Québec.
Prévu depuis quelques semaines, l'événement d'hier a été organisé par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, qui dit rassembler 120 groupes communautaires, syndicaux, féministes et étudiants du Québec.
Dans la capitale, une soixantaine d'étudiants ont bravé la pluie et le froid hier midi sur le boulevard Charest pour dénoncer le premier ministre du même nom. Mais à Montréal, les organisateurs en ont dénombré 2000, deux fois plus que ce qui était prévu.
Un ajout qu'ils attribuent à la pétition parrainée par le député Amir Khadir réclamant la démission du premier ministre. «La pétition a contribué à mobiliser beaucoup plus de gens», a fait valoir Marie-Ève Rancourt, du Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MEPACQ).
Mais pas question de placer la lutte contre la corruption au centre de leurs revendications, ajoute-t-elle. «On ne va pas changer notre message pour faire descendre plus de gens dans la rue. On veut être intègres. [...] La corruption, c'est juste un problème. Quand ce problème-là va être réglé, s'il se règle un jour, dans deux ans par exemple, on aura passé deux ans sans parler de ce qui se passe en ce moment: les hausses de tarifs, des droits de scolarité, la contribution santé à 200 $.»
Son collègue du FRAPRU, François Saillant, souligne par ailleurs que la pétition s'en prend aussi aux mesures contenues dans le budget: elle reproche au gouvernement de «refuser de négocier [...] quant aux mesures prévues dans le budget 2010». Au moment d'écrire ces lignes, près de 230 000 personnes l'avaient signée hier.
Plusieurs syndicats étaient par ailleurs associés à la manifestation d'hier, dont la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). Prié de dire s'il était embarrassé de marcher aux côtés de la FTQ alors qu'elle est frappée de plein fouet par les scandales de corruption, M. Saillant hésite et répond que «tout le monde souhaite la tenue d'une enquête publique». Selon lui, cela est d'autant plus nécessaire que la corruption entraîne des coûts supplémentaires qui aident à justifier les compressions et les hausses de tarifs du gouvernement.
Selon le député Khadir, qui était retenu au Parlement pendant les manifestations, il faut s'en prendre aux causes profondes de la corruption, soit la «tendance néolibérale» des gouvernements, de gauche comme de droite, «à abandonner leurs prérogatives aux milieux d'affaires», tendance qui mène systématiquement à des «abus», dit-il.
Créée il y a près d'un an, la Coalition cherche à remobiliser le public contre le dernier budget, dans le but faire reculer le gouvernement sur la contribution santé ou encore les droits de scolarité, comme il l'a fait avec les tickets modérateurs.
Après avoir symboliquement bloqué la circulation aux bureaux montréalais d'Hydro-Québec hier, elle promet «une grande manifestation nationale à l'hiver 2011 en marge du prochain budget».
D'après un sondage publié hier dans les journaux de Quebecor, la majorité des Québécois continue de pencher plus à gauche qu'à droite. Priés de dire quelle position ils souhaitaient voir défendue au Québec ces dix prochaines années, 35 % des répondants ont répondu «gauche» et 39 % «centre gauche», contre 26 % pour la «droite». Le penchant à gauche est encore plus marqué chez les 18-24 ans, qui soutiennent cette option à 42 %, contre 17 % pour la droite.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

