dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Collusion dans le génie-conseil ?

Le ministère des Transports et l'escouade Marteau s'intéressent aux hauts dirigeants du «club des neuf»

Kathleen Lévesque   22 novembre 2010  Québec
Les rencontres des hauts dirigeants du «club des neuf» du génie-conseil se tiendraient au rythme des annonces des projets municipaux et gouvernementaux.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Les rencontres des hauts dirigeants du «club des neuf» du génie-conseil se tiendraient au rythme des annonces des projets municipaux et gouvernementaux.
L'unité anticollusion du ministère des Transports et l'opération Marteau enquêtent sur neuf firmes de génie-conseil qui se partageraient des contrats publics dans l'industrie de la construction, a appris Le Devoir.

À la manière des entrepreneurs de la région de Montréal qui se répartiraient entre eux les chantiers de construction, il y aurait un «club des neuf» chez les ingénieurs selon une expression utilisée par des sources qui ont demandé l'anonymat. Six grandes firmes seraient présentes dans ce réseau à cravate en plus de deux qui sont de moyenne importance et une petite.

Le club aurait une direction à trois têtes. «Trois firmes mènent le bal. Une en particulier est très proche d'un gros entrepreneur», a expliqué une source au coeur de l'enquête qui parle même de «liens incestueux» entre firmes de génie et entrepreneurs. Cette personne a raconté qu'avant même de soumissionner, des entrepreneurs connaissent les «balises» qui leur permettent d'avoir des assurances pour décrocher un contrat. Les enjeux sont importants; on parle de «chiffres astronomiques», souligne cette source.

Les recherches des derniers mois du Devoir tendent à démontrer que les rencontres des firmes qui composent le «club des neuf» seraient rythmées par les programmes triennaux d'immobilisations (PTI) municipaux et l'annonce des projets gouvernementaux. Comme le raconte une source proche d'une grande firme, ces discussions entre joueurs de l'industrie permettraient une concertation sur l'affectation des ressources de chaque firme.

Le travail préparatoire à une soumission nécessite beaucoup de temps, d'énergie et d'argent, argue-t-on. La concertation ferait donc en sorte que les firmes se concentrent sur tel ou tel projet en fonction de la disponibilité des ressources pour répondre à un appel d'offres plutôt qu'à un autre.

Il ne semble pas que la fixation des prix soit au coeur des discussions. Il n'est toutefois pas exclu que ce genre d'arrangement puisse avoir un effet sur le coût assumé par les gouvernements et les municipalités, reconnaît-on.

La Loi sur la concurrence interdit que des entreprises s'entendent entre elles pour se répartir les contrats à tour de rôle. Il y a infraction à la loi entre autres lorsque «quiconque complote, se coalise ou conclut un accord ou arrangement avec une autre personne [...] pour restreindre, indûment, la concurrence». Il s'agit d'un acte criminel passible d'un emprisonnement maximal de cinq ans et d'une amende maximale de dix millions de dollars.

L'existence de ces rencontres entre joueurs de l'industrie est peu connue puisque le club réunit non pas les nombreux chargés de projets, mais bien de hauts dirigeants des firmes, a-t-on confié au Devoir. Du coup, la question d'une quelconque forme de concertation est délicate et génère beaucoup de résistance parmi les rares personnes au courant. La moindre question suscite beaucoup de nervosité dans les couloirs des firmes de génie.

Au Bureau de la concurrence du Canada, on enquête régulièrement sur des cas de collusion. On souligne qu'il est extrêmement difficile de débusquer ces accords et de les documenter. «Il n'y a pas de limite à l'imagination de ceux qui complotent. Et puisque leurs agissements sont faits en secret, il y a peu d'informations qui circulent. C'est très difficile de déceler le problème et de faire la démonstration», explique Donald Plouffe, de la Direction des affaires criminelles au Bureau de la concurrence du Canada.

Le Bureau de la concurrence travaille en collaboration avec les différents corps policiers dans le cadre de l'opération Marteau mise en place l'année dernière. Une personne y est attitrée à temps plein.

PTI: période faste

Des centaines de millions de dollars sont en jeu, rappelle la personne au coeur de l'enquête. C'est vrai pour les travaux routiers, par exemple, au ministère des Transports, mais également dans les municipalités qui sont actuellement plongées dans la période de planification des investissements à faire dans leurs infrastructures. D'ici quelques semaines, les municipalités feront connaître leurs PTI respectifs, c'est-à-dire les projets qu'elles prévoient effectuer, financés par des emprunts à long terme.

Les firmes de génie sont associées de près à ces travaux qui permettent d'établir les besoins d'une municipalité. «Elles [les firmes de génie] ont bien du fun actuellement», a affirmé cette même source. Trois autres personnes, dont deux provenant des fonctions publiques provinciale et montréalaise, ont également soutenu que la préparation des PTI est une période faste pour les firmes de génie.

Le recours aux firmes privées ne se limite toutefois pas au monde municipal. Avec le rétrécissement de la fonction publique, et avec elle, la perte d'une expertise indépendante, les corps publics (les différents ministères, les sociétés d'État et les secteurs de la santé et de l'éducation) font appel aux firmes de génie-conseil en amont du processus d'octroi de contrats.

Les firmes de génie-conseil se penchent sur la planification des projets, rédigent les appels d'offres, préparent les plans et devis, et participent activement à la sélection des entrepreneurs. Les ingénieurs du secteur privé sont devenus des alliés de premier ordre pour les décideurs publics qui s'appuient sur leur expertise.

Même la loi 76 adoptée en mars dernier pour contrer la collusion et l'intimidation dans l'octroi de contrats des municipalités, incite à se tourner vers les firmes de génie-conseil. Une des dispositions de cette loi, qui est entrée en vigueur le premier septembre dernier, oblige les municipalités à établir une estimation du coût pour tout contrat de 100 000 $ et plus. Or, bon nombre de municipalités, sans ingénieurs à leur service, n'ont d'autre choix que de recourir aux firmes privées.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Marc L - Abonné
    22 novembre 2010 05 h 55
    Économie de bouts de chandelle
    Il est politiquement correct de prétendre que les fonctionnaires coûtent trop cher, mais lorsqu'on fait maigrir la fonction publique professionnelle et qu'on lui enlève les moyens de faire son travail, alors faut-il se surprendre de voir des intérêts privés aller siphonner le bien public ? N'oublions pas que la raison d'être du privé, c'est le profit ! Bien naïfs sont ceux qui pensent que dans un marché oligopolistique, les grandes firmes vont laisser le "libre-marché" gérer les prix, quand un certain "travail d'équipe" permet à tous les joueurs de maximiser les profits.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roger Lapointe Roger Lapointe - Abonné
    22 novembre 2010 06 h 13
    La fronde dirigée contre Duchesneau par les profiteurs du système?
    Ce qui ressemble de plus en plus à une fronde contre le commissaire-enquêteur Duchesneau serait fort probablement orchestrée par les firmes de génie-conseil et autres qui profitent des largesses de l'État complice qui ferme sciemment les yeux pour mieux frauder ses contribuables-citoyens.
    Il y reste encore deux longues années avant la tenue d'une élection au Québec...mais entretemps il me semble que les honnêtes citoyens qui sont témoins de toutes malversations devraient dénoncer toutes formes de fraudes ou rackets qui nous appauvrissent davantage et qui rendent tout a fait cyniques les Québécois.L'absence de sanctions sévères contre les gestionnaires fraudeurs municipaux encouragent le vol sous toutes ses formes visibles et invisibles.Quand on verra sortir des Hôtels-de-ville des élus et des gestionnaires d'entreprises sortant de leurs bureaux avec menottes aux poignets on verra en même temps une baisse signifiante des fraudeurs.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Georges Paquet - Abonné
    22 novembre 2010 06 h 52
    Il s'agit bien de l'Opération Marteau
    Très intéressantes révélations. Est-ce que ce ne serait pas la peuve que l'Opération Marteau commence à donner des résultats?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    22 novembre 2010 07 h 04
    Le maillon le plus faible de la chaîne.
    Je vous cite:
    « Les ingénieurs du secteur privé sont devenus des alliés de premier ordre pour les décideurs publics qui s'appuient sur leur expertise.»

    Les firmes d'ingénieurs privés peuvent donner des plus hauts salaires à leurs ingénieurs, d'autant plus que ces salaires sont déductibles d'impôt. Autre chose, à moins d'être honnête et de bonne foi, ce dont je doute, les ingénieurs des firmes privés ont tout intérêt à faire pencher leurs expertises de leur côté à eux, le privé. De plus, je doute beaucoup que ça n'ait pas d'effet sur les prix des contrats donnés par les décideurs publics.

    Cela dit, c'est alors facile de comprendre pourquoi nos décideurs publics ont de plus en plus besoin de l'argent de nos taxes et de nos impôts pour le privé. Il est certain qu'il faudra trouver une solution pour nettoyer tout ça. Sinon, ça pourrait conduire les décideurs publics et les citoyens que nous sommes vers un gouffre économique monumental. Il en va de la survie du système capitaliste. Tout bien considéré, à long terme, tenant compte de ces abus, les firmes privées devraient comprendre qu’elles sont en train de se faire harakiri, autant elles que nous les concitoyens.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • lephilosophe - Inscrit
    22 novembre 2010 07 h 50
    Réduction de la taille de l'État
    Tous les partisans de la réduction de la taille de l'État, — ADQ, Réseau Liberté Québec, les Lucides, etc — devrait prendre acte de ce qu'il en coûte lorsqu'on réduit l'expertise de la fonction publique. On a vu ce qu'a donné le démantèlement des services d'urbanisme de la Ville de Montréal: les scandales à la SHDM, l'emprise des promoteurs privés comme Catania, etc.
    La réduction de la taille de l'État ne conduit pas à une diminution des coûts pour les payeurs de taxe. La preuve est faite: ce sont les firmes d'ingénieurs, d'entrepreneurs en construction, d'avocats, qui prospèrent au détriment des contribuables. Voilà le résultat de tant d'années de «réduction de la taille de l'État» et de «privatisation».

    Bernard Gadoua
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bernard Gervais - Abonné
    22 novembre 2010 08 h 14
    Le Québec rongé par la corruption
    Compte tenu de ce qu'aurait, selon le présent reportage, découvert l'escouade Marteau concernant les cas de collusion établis entre les firmes de génie-conseil et les entrepreneurs en construction pour l'obtention de contrats de travaux publics, qui osera encore prétendre que l'auteur de l'article si controversé, paru récemment dans Maclean's, n'avait pas un peu raison ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Denis Miron - Inscrit
    22 novembre 2010 08 h 17
    Un G9 municipale à Montréal?
    On utilise le mot «club» pour désigner cette collusion à l’échelle municipale, mais le pattern qui régit ce fonctionnement n’est-il pas le même qu’à l’échelle du commerce internationale lorsqu’on regarde du coté des sommets du G7, G8, G20, fondé sur la loi de la sélection naturelle de Darwin qui fait de la démocratie une illusion commode, tout en sachant que ces G-machin ont l’OTAN comme bras armée pour imposer par intimidation leur domination.? À l’échelle municipale, la mafia fait amplement bien la «job» depuis qu’on a réduit ces fonctions publiques sous prétexte de gouvernement obèse et dont on a pas les moyens de se payer. À Montréal on a remplacé l’expertise municipale en génie-conseil par un G9 contrôlé par un G3 sous les ordres d’un G1 («G» pour groupe gouvernance ou gangster qui sait?)
    Faut-il s’attendre à ce que l’on nous dise bientôt que l’on a plus les moyens de se payer des élections et que, étant donné la situation des finances publiques, nous soyons dans l’obligations de confier celle-ci au G1
    Quand les plus hautes instances gouvernementales en sont rendus à appuyer des guerres fondées sur le mensonge, au vu et au su de tout le monde, il est temps que nous prenions conscience que les élites issues de la démocratie sont dans un état de putréfaction irréversible et avancée.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • jean-claude Vincent - Abonné
    22 novembre 2010 08 h 21
    Un état bar ouvert non merci!
    C'est un autre exemple que malgré ce qu'en dit la droite et l'Institut économique de Montréal la privatisation de l'état n'est pas une panaçé.
    On a pas de meilleur exemple que les résultats à la ville de Montréal . En effet on apprenait dernièrement, que suite au scandale des compteurs d'esu et du SHDM l'administration municipale a resserré les moyens de controle et réengagés des fonctionnaires chargés d'étudier le processus d'appel d'offre et les résultats des travaux effectués par les firmes privées qui font affaire avec la ville.
    Résultats , avec la présence de l'escouade Marteau en arrière plan,on parle d'une baisse de 25% en moyenne sur les coûts de travaux quand on compare aux années antérieures.
    Quand même appréciable quand on pense aux milliards de contrats que s'apprètent à donner les gouvernements dans les prochaines années.
    Si on ajoute à cet exemple celui de la ville de Laval où on assiste à une explosion des coûts dans une ville où le privé qui mène tous les projets , on voit bien qu'il faut certes rechercher un assainissement des finances publique mais se garder par contre de transformer l'état en un espèce de bar ouvert à la rapacité de ceux qui ont le profit comme seul objectif.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Claude Archambault - Inscrit
    22 novembre 2010 08 h 39
    La preuve que M Charest a raison
    Oui, l'escouade Marteau fonctionne, on amasse des preuves (hors de tout doute) pour trouver des coupables et les amener devant la justice. Que ferait une commission de plus? Une commission n'a jamais le mandat de trouver et condamner des coupable, la preuve est souvent du ouï-dire et des réputations sont sait sans aucune preuve hors de tout doute. Une commission se politise, c'est un qui dit vrai et des preuve sans fondement et toutes croche comme des disquette trouvé à la dernière minute qui dans le fond ne disent rien. Combien de gens ont des réunion d'inscrites dans leur agenda, mais qui ont été cancelé à la dernière minute ou qu'on a simplement décidé de ne pas assister?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • François Dugal - Abonné
    22 novembre 2010 09 h 27
    Le capitalisme
    Le capitalisme fait jouer la concurrence qui, à son tour, assure les plus bas prix.
    Ben coudon ...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    22 novembre 2010 10 h 01
    La réponse est simple: plus de concurrence.
    Notre oligarchie fleurdelysée est bien installée sur des concepts usés comme l'achat chez nous et le développement de notre "classe d'affaires". Pour elle, faire des affaires avec le gouvernement du Québec, ce n'est pas une opportunité, c'est une rente économique.

    À mon avis, ce qu'il faut, de toute urgence, c'est plus de concurrence. Michael Porter l'a dit il y a des lunes: une société compétitive est celle où la concurrence est déjà féroce. Les meilleurs, qui se mesurent aux meilleurs, peuvent dès lors affronter le monde et entraîner les autres et des PME dans leur sillage.
    Au Québec, c'est plutôt "Enrichissez-vous" et surtout, "ne changez pas, nous vous aimons comme cela". Eh oui, c'est un devoir moral que d'aimer les "nôtres". Pas surprenant que nos grandes firmes, à l'abri des européens (un métro espagnol, vous voulez rire!), des ontariens, des américains, et toujours assurés d'obtenir les grands contrats gouvernementaux, veuillent éviter les coûts inutiles et redondants associés à la rédaction de soumissions somme toute semblables, sans imagination et sans innovation aux plans des matériaux, des procédés ou de la gestion.
    Alors, dans de telles conditions, pourquoi ne pas se doter d'un système "économique" léger et sans complication, qui leur permette de se relayer sans trop de heurts au portillon? Quand on y pense, c'est de la bonne gestion!

    Vive les nôtres!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Rheaume - Inscrit
    22 novembre 2010 10 h 00
    Une hirondelle ne fait pas le printemps
    Si ces révélations s'ajoutant aux autres ne convainquent pas le Premier ministre et ses députés de mettre sur pied cette fameuse commission, c'est parce que la rumeur est moins dommageable que la vérité.

    Jamais a-t-on vu un gouvernement qui combat aussi obstinément la volonté générale.

    J espère que bientôt le peuple se rendra dans les galeries du parlement pour y demeurer tant et aussi longtemps que le gouvernement Charest ne retrouve la raison.

    Je suis partant !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    22 novembre 2010 10 h 30
    L'opération Marteau ne suffit pas
    La preuve, c'est la mise sur pied de l'unité anti-collusion au MTQ.

    Plus encore, la recommandation du ministre de la Sécurité publique de mettre sur pied une unité spéciale pour lutter contre la corruption, comme à NYC, démontre que Marteau ne suffit pas.

    D'ailleurs, si Charest avait raison, pourquoi les policiers et les procureurs de la Couronne affirment que Marteau ne suffit pas ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Maxime Tremblay - Abonné
    22 novembre 2010 10 h 34
    Réflexion à envisager
    Bien que très choquante, cette nouvelle ne me surprend pas. Par contre, ce qui me surprend c'est de constater que beaucoup de québécois semblent ignorer la réelle raison d'être des compagnies Privées. Ces temps-ci, de plus en plus de gens adhèrent au discours de droite sans trop savoir ce qu'il représente vraiment. J'espère que cette nouvelle concernant une possible collusion dans le génie-conseil puisse faire réfléchir les québécois sur l'importance des sociétés publiques. Oui, la fonction publique coûte cher et est complexe à gérer, mais il en coûtera encore plus cher aux québécois si tout se privatise. À mon avis c'est une erreur de penser que la liberté individuelle passe par le privé.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    22 novembre 2010 10 h 41
    à monsieur Gadoua, dit Le philosohe.
    Je suis d'accord avec vous au sujet de la réduction de l'état. Réduire le poids de l'état, c'est la rendre d'autant plus vulnérable. Il s'agirait simplement de ne pas rendre l'état obèse. Ce n'est pas bon pour la santé de nos portefeuilles et c'est aussi le fait d'une certaine obésité mal répartie qui fait que le secteur privé se joue plus facilement du secteur public en raison du trop grand poids de la géante. C'est beaucoup moins les lois que la bonne foi et l'honnêteté des protagonistes (public et privé) qui pourraient changer la donne. Il faut tout de même m'excuser de vous avoir raconter mon rêve tout éveiller.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • MJ - Inscrite
    22 novembre 2010 10 h 41
    Vivement un grand ménage!
    Tout compte fait, cette tendance au démantèlement des gouvernements provincial et municipal au profit du privé coûte plus cher aux contribuables et citoyens. L’absence d’ingénieurs dans certaines villes (!) et la diminution concomitante des employés des travaux publics, avec un recours d’abord subsidiaire puis presque généralisé au secteur privé, (aux dépens des employés des travaux publics), ont favorisé la prolifération de nids de collusion et de favoritisme. Qu’en est-il des travaux exécutés en PPP? Plus chers que s’ils étaient exécutés par l’Etat? Le favoritisme et la collusion sont devenus hors de contrôle et ces manoeuvres occultes sont contraires à une gestion transparente des fonds publics. Comment contrer maintenant les augmentations de coûts de ces importants travaux d’infrastructures publiques, de restauration et de construction de bâtiments, routes, etc.?

    L’argument de l’économie que prétendaient faire les gouvernements par l’utilisation de contractants du secteur privé, en lieu et place du public, a résulté en l’effet pervers d’un favoritisme (avantager les amis et contributeurs des caisses électorales de certains partis politiques) et à une collusion entre certains agents économiques (firmes et entreprises privées) pour faire gonfler les prix et privilégier toujours le même club!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bernard Terreault - Abonné
    22 novembre 2010 10 h 49
    Solutions
    On ne pourra jamais empêcher des hauts dirigeants de firmes de se rencontrer "par hasard" au Mounr-Royal Golf Club, dans les meilleurs resataurants, ou au Bal du Musée. Donc, solutions:
    1 - Une loi obligerait les ministères québécois et les grandes municipalités (50 000 h et ?) à ne pas sous-traiter plus de 15% (en valeur) de leur travaux d'ingénierie. La raison de sous-traiter est soit un surplus de travail temporaire, soit un manque ponctuel d'expertise, mais 90% des travaux publics sont des travaux de routine prévisibles : on ne construit pas un stade olympique tous les jours et rappelons-nous que même les premières lignes de métro de Montréal ont été planifiées, conçues et construites en 4 ans sous la direction du service d'ingénierie de l'ancêtre de la STM. Les ministères et les villes embaucheront en fonction de leurs besoins à moyen-long terme (dizaine d'années).
    2- On ouvrirait la concurrence aux entreprises étrangères et on verrait que nos firmes s'ajusteraient vite. Si SNC est capable d'obtenir des contrats partout dans le monde face à la concurrrence féroce des géants comme Bechtel, Bouygues et autres, elle pourait aisément compétitionner ici aussi.
    3 - On adopte la réforme du financement des partis politiques proposée par les trois mousquetaires du PQ (Drainville. Girard, Marceau)
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Bédard - Inscrit
    22 novembre 2010 10 h 58
    Opération Marteau... C'est une Opération Massue qu'il faudrait.
    "Quand la fonction publique se fait enlever les moyens de faire son travail, faut-il se surprendre de voir des intérêts privés siphonner le bien public ?" dixit Marc L.

    Il est aussi dans la logique du "système" des pouvoirs publics de limiter ou d'amaigrir les budgets de l'OPC, du DGÉQ, de l'AMF, des vérificateurs généraux, des Protecteurs du citoyen, des bureaux de la concurrence, et autres organismes de surveillance...

    "On a vu ce qu'a donné le démantèlement des services d'urbanisme de la Ville de Montréal: les scandales à la SHDM, l'emprise des promoteurs privés, etc", dixit le philosophe Bernard. Avec des partis au pouvoir à Montréal, comme UM et VM, verra-t-on un jour le "démantèlement" du département de la protection du patrimoine, dont les recommandations sont très souvent ignorées ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    22 novembre 2010 11 h 10
    Enquêtes policières versus commission d'enquête
    Les enquêtes policières vont débusquer les vrais coupables, alors qu'une Commission d'enquête distribuerait le "blâme". Il nous faut d'abord des enquêtes réussies, mais aussi sans doute une commission d'enquête. Mais distribuer le blâme, c'est plus complexe et plus long.
    Une commission d'enquête qui irait plus loin, en s'attaquant aux comportements devrait, pour que nous soyions sérieux et conséquents, inclure tous les comportements malhonnêtes, incluant le recours au travail au noir par les citoyens, qui paient leur plombier, leur menuisier ou leur électricien sous la table. C'est beaucoup de monde, j'en conviens, mais une "économie" de quelques milliers de dollars à la fois, c'est significatif, surtout multipliée par des milliers de fautifs, non? Surtout quand nos finances sont au bord du goufre et que cette économie parallèle nous coûte 15 milliards!

    On me rétorquera que ce n'est pas "pareil"... Alors ce serait de la très mauvaise foi.



    L
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • normand richard - Inscrit
    22 novembre 2010 12 h 11
    À vos marteaux
    Une commission d’enquête ne permet pas d’envoyer les voyous en prison, son rôle est de débusquer, de délier les langues et d’établir des liens. C’est après que le « marteau » peut cogner beaucoup plus fort.

    Un n’empêche pas l’autre, au contraire! Et le gouvernement libéral le sait très bien. Le PLQ et Jean Charest prennent les Québécois pour des imbéciles.

    À vos marteaux! :
    https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-1123/index.html
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mathieu Dubeau - Inscrit
    22 novembre 2010 13 h 44
    Petites précisions sur le domaine du génie-conseil
    ** Avertissement ** : Je suis biaisé et informé puisque je travaille comme employé dans le domaine du génie-conseil.

    J'aimerais apporter quelques précisions ici:

    1- Environ 75 % des ingénieurs du Québec travaillent dans 8 firmes de génie. (je m'inspire ici du classement des 500 plus grandes entreprises du Qc: http://www.lesaffaires.com/classements/500-quebec-
    SNC-Lavalin (#31), 5000 employés,
    Dessau (#42), 3900 employés,
    Genivar (#68), 2200 employés,
    BPR (#78), 1960 employés,
    CIMA (#110), 1350 employés,
    AECOM (#115), 1300 employés,
    Roche (#117). 1261 employés,
    Teknika HBA (#129), 1100 employés

    Environ 70 % des salariés sont des ingénieurs, soit 12 700 ingénieurs. Le génie-conseil au Québec comporte environ 16 190 membres actifs (http://www.aicq.qc.ca/content.php?menu=904
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Guy Fauteux - Abonné
    22 novembre 2010 18 h 27
    Dans le vieux temps c'etait plus clair
    Dans une firme d'ingenieur conseil le ratio ingenieur/relation publique etait un pour un. Pour un associe realisant des travaux de genie un autre faisait exclusivement du PR ( travail d'election etc.)
    Comme ancien d'hydro quebec je peux vous dire que fonctionner sans les ingenieurs conseil c'est impossible.
    J'ai encore en memoire des projets qui n'aboutissait pas sur les tables a dessin.
    Comme par hasard une fois le contrat donne au prive le projet se completaqit dans 3 ou quatre fin de semaine avec les memes emplyes travaillant a contrat les fin de semaines pour une firme d'ingenieur conseil.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Gaudette - Inscrit
    22 novembre 2010 22 h 58
    A Georges Paquet
    Je crois que vous ne comprenez pas les enjeux actuels.

    La population veut avant tout savoir le COMMENT avant le QUI.

    Cela suppose de mettre en lumière, comme le souligne Claude Kamps, la relation du politique dans le système de corruption.

    Oui, comment opère la corruption !

    Voilà !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie-France Legault - Inscrit
    1 décembre 2010 18 h 37
    Comment opère la corruption?
    il semble que dans la construction c'est asez facile à voir...
    les coûts sont toujours dépassés, gonflés...
    il y a entente, collusion entre les entrepreneurs, les ingénieurs pour fixer les prix pour soumettre les prix les plus bas par un entrepreneur, quitte à les augmenter à la fin des travaux...

    ça fait des années que ça fonctionne ainsi dans le QUébec de 2010,
    nous avons toute une TRADITION de magouilles
    et des régimes politiques ont duré des années grâce à toutes ces magouilles: Duplessis 16 ans au pouvoir...
    Certains québécois ont acquis de l'expérience dans l'art de nous organiser...
    quels que soient les partis, il faudra toujours une vigilance, une surveillance.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
24 réactions
14 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012