Conseil national du PQ - Landry restera le chef... au moins jusqu'au printemps 2005
Québec - Le président du Parti québécois, Bernard Landry, a convié les militants péquistes à «un brassage d'idées sans précédent». Mais le chef péquiste s'est bien assuré qu'il sera le druide qui maniera la louche dans cette grande marmite en restant à son poste au moins jusqu'au printemps 2005.
Samedi, lors du premier Conseil national du PQ depuis la défaite électorale, Bernard Landry a mis fin aux espoirs des militants surtout associés au clan de Pauline Marois qui souhaitaient que le brassage d'idées visant le renouvellement du programme du PQ se fasse lors d'une course au leadership. «Le poste de président du Parti québécois n'est pas vacant», a déclaré M. Landry dans son discours d'ouverture du Conseil national en matinée. Plus tard en après-midi, les militants péquistes ont voté une proposition lui demandant de rester à la présidence au moins jusqu'au prochain congrès national, qui doit se tenir d'ici le printemps 2005. À ceux qui le sommaient de se brancher, comme la députée de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, l'a fait, le chef péquiste a répondu qu'il n'avait jamais été «débranché».
En conférence de presse, Bernard Landry est allé encore plus loin en indiquant qu'il pourrait bien être celui qui dirigera le PQ lors des prochaines élections: «Si j'ai la conviction d'être la meilleure personne pour mener le Parti québécois au pouvoir et le Québec à l'indépendance, je le ferai volontiers.»
Marois n'est pas démontée
Pauline Marois ne semblait pas du tout démontée par l'annonce de son chef, dont elle connaissait d'ailleurs la teneur depuis quelques jours. Opiniâtre et patiente, «c'est ce que je suis essentiellement», a livré Mme Marois au Devoir. «Des fois, je me dis: comment ça se fait que je suis encore là? J'ai le goût de la bataille. Je pense qu'on a des choses à apporter quand je regarde du côté libéral.» Dans son camp, non sans une certaine amertume, on indiquait que la course au leadership était devenue un «marathon».
François Legault était aux anges, hier, lui qui a besoin de «sortir, parler, convaincre» pour rallier des militants à son éventuelle candidature. «M. Landry est l'homme de la situation», a-t-il affirmé.
À ses militants, M. Landry a souligné que le PQ amorçait avec lui «un nouveau cycle qui va nous conduire à la réélection le plus rapidement possible et à l'indépendance du Québec comme conséquence immédiate». Ce dernier qualificatif ne signifie toutefois pas que l'élection d'un gouvernement péquiste conduirait à une proclamation unilatérale de l'indépendance, comme le souhaitent certains jeunes militants péquistes qui faisaient circuler une lettre en ce sens hier. «On a le droit de proposer cela. Je ne veux pas écraser une jeune militante de 25 ans qui parle d'une élection référendaire», a-t-il dit. Mais lui, il ne changera pas d'idée là-dessus: pour réaliser la souveraineté, un référendum gagnant demeure incontournable.
L'indépendance et rien d'autre
Dans son discours, M. Landry a pris soin d'énoncer deux «bornes» que le brassage d'idées qu'il propose aux péquistes ne peut pas transgresser: le PQ est «un parti qui veut l'indépendance et rien d'autre» et il est un parti progressiste. Ce sont des «balises naturelles» sans lesquelles le PQ n'existerait plus, estime M. Landry.
L'indépendance et rien d'autre, mais une indépendance toujours assortie d'une union confédérale. «Je crois toujours qu'il faut un régime associatif entre le Québec et le Canada», a-t-il dit. Sur ce point, M. Landry rencontrera l'opposition de certains péquistes, comme François Legault, qui, pour des raisons purement pratiques, croit que la présence de l'association dans la proposition souverainiste rend la souveraineté «plus difficilement vendable», expliquait-on dans son camp. Le député de Mercier et constitutionnaliste Daniel Turp estime, pour sa part, que l'idée d'une union confédérale comme M. Landry l'entrevoit est minée, notamment parce qu'un Québec indépendant devrait renoncer à une part trop grande de sa souveraineté.
En plus des deux bornes plantées par M. Landry, le chef péquiste a défini six chantiers pour la réflexion du parti, dont le renouvellement du modèle québécois, qui «n'est ni sacré ni saint», a-t-il dit. Il a invité les péquistes à concevoir «le meilleur modèle économique et social d'Occident», rien de moins, et à élaborer un programme «d'une modernité fulgurante».
Samedi, lors du premier Conseil national du PQ depuis la défaite électorale, Bernard Landry a mis fin aux espoirs des militants surtout associés au clan de Pauline Marois qui souhaitaient que le brassage d'idées visant le renouvellement du programme du PQ se fasse lors d'une course au leadership. «Le poste de président du Parti québécois n'est pas vacant», a déclaré M. Landry dans son discours d'ouverture du Conseil national en matinée. Plus tard en après-midi, les militants péquistes ont voté une proposition lui demandant de rester à la présidence au moins jusqu'au prochain congrès national, qui doit se tenir d'ici le printemps 2005. À ceux qui le sommaient de se brancher, comme la députée de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, l'a fait, le chef péquiste a répondu qu'il n'avait jamais été «débranché».
En conférence de presse, Bernard Landry est allé encore plus loin en indiquant qu'il pourrait bien être celui qui dirigera le PQ lors des prochaines élections: «Si j'ai la conviction d'être la meilleure personne pour mener le Parti québécois au pouvoir et le Québec à l'indépendance, je le ferai volontiers.»
Marois n'est pas démontée
Pauline Marois ne semblait pas du tout démontée par l'annonce de son chef, dont elle connaissait d'ailleurs la teneur depuis quelques jours. Opiniâtre et patiente, «c'est ce que je suis essentiellement», a livré Mme Marois au Devoir. «Des fois, je me dis: comment ça se fait que je suis encore là? J'ai le goût de la bataille. Je pense qu'on a des choses à apporter quand je regarde du côté libéral.» Dans son camp, non sans une certaine amertume, on indiquait que la course au leadership était devenue un «marathon».
François Legault était aux anges, hier, lui qui a besoin de «sortir, parler, convaincre» pour rallier des militants à son éventuelle candidature. «M. Landry est l'homme de la situation», a-t-il affirmé.
À ses militants, M. Landry a souligné que le PQ amorçait avec lui «un nouveau cycle qui va nous conduire à la réélection le plus rapidement possible et à l'indépendance du Québec comme conséquence immédiate». Ce dernier qualificatif ne signifie toutefois pas que l'élection d'un gouvernement péquiste conduirait à une proclamation unilatérale de l'indépendance, comme le souhaitent certains jeunes militants péquistes qui faisaient circuler une lettre en ce sens hier. «On a le droit de proposer cela. Je ne veux pas écraser une jeune militante de 25 ans qui parle d'une élection référendaire», a-t-il dit. Mais lui, il ne changera pas d'idée là-dessus: pour réaliser la souveraineté, un référendum gagnant demeure incontournable.
L'indépendance et rien d'autre
Dans son discours, M. Landry a pris soin d'énoncer deux «bornes» que le brassage d'idées qu'il propose aux péquistes ne peut pas transgresser: le PQ est «un parti qui veut l'indépendance et rien d'autre» et il est un parti progressiste. Ce sont des «balises naturelles» sans lesquelles le PQ n'existerait plus, estime M. Landry.
L'indépendance et rien d'autre, mais une indépendance toujours assortie d'une union confédérale. «Je crois toujours qu'il faut un régime associatif entre le Québec et le Canada», a-t-il dit. Sur ce point, M. Landry rencontrera l'opposition de certains péquistes, comme François Legault, qui, pour des raisons purement pratiques, croit que la présence de l'association dans la proposition souverainiste rend la souveraineté «plus difficilement vendable», expliquait-on dans son camp. Le député de Mercier et constitutionnaliste Daniel Turp estime, pour sa part, que l'idée d'une union confédérale comme M. Landry l'entrevoit est minée, notamment parce qu'un Québec indépendant devrait renoncer à une part trop grande de sa souveraineté.
En plus des deux bornes plantées par M. Landry, le chef péquiste a défini six chantiers pour la réflexion du parti, dont le renouvellement du modèle québécois, qui «n'est ni sacré ni saint», a-t-il dit. Il a invité les péquistes à concevoir «le meilleur modèle économique et social d'Occident», rien de moins, et à élaborer un programme «d'une modernité fulgurante».
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