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    Sondage Léger Marketing-Le Devoir - La commission Bastarache jugée insuffisante

    Les Québécois sont plus nombreux que jamais à réclamer une enquête sur la corruption

    20 septembre 2010 |Alec Castonguay | Québec
    Commission d'enquête publique sur la corruption dans le monde de la construction<br />
    Photo: - Le Devoir Commission d'enquête publique sur la corruption dans le monde de la construction
    Résultats du sondage sur la politique provinciale et fédérale au Québec
    La commission Bastarache est loin de suffire aux Québécois, qui souhaitent massivement une véritable enquête sur le milieu de la construction pour dissiper le parfum de scandale qui flotte depuis un an sur la politique québécoise. En fait, jamais depuis 12 mois la demande pour une telle commission d'enquête élargie n'a été aussi forte, selon un nouveau sondage Léger Marketing-Le Devoir.

    Pas moins de 78 % des 1000 répondants souhaitent la tenue d'une enquête sur la collusion et la corruption dans le milieu de la construction, alors que 14 % s'y opposent. Ils sont 8 % à ne pas savoir ou à refuser de répondre.

    La firme de sondage pose la même question tous les trois ou quatre mois depuis un an, avec des résultats semblables. Généralement, la proportion de Québécois qui veut une enquête publique sur le milieu de la construction oscille entre 74 % et 76 %. Jamais le chiffre de 78 % n'a été atteint avant ce coup de sonde.

    Malgré le début de la commission Bastarache, qui a entamé ses travaux à la fin du mois d'août pour faire la lumière sur le processus de nomination des juges et les pressions des collecteurs de fonds libéraux, l'appétit des Québécois pour une enquête plus substantielle ne diminue pas, constate Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing.

    «Il y a toujours ce sentiment que la commission Bastarache n'est pas suffisante, dit-il. Les Québécois suivent les travaux de la commission, mais ils ont l'impression qu'on tourne autour du vrai sujet. C'est comme un strip-tease. La commission dévoile seulement des morceaux, ce qui attise l'intérêt pour en savoir plus.»

    Taux de satisfaction

    Les Québécois demeurent fortement insatisfaits du gouvernement Charest, à 73 %. Près de 23 % des répondants se disent «satisfaits». Il s'agit d'une légère amélioration depuis un mois, alors qu'en août, l'insatisfaction était à 76 % et le taux de satisfaction, à 20 %.

    «Ce léger changement montre qu'en août, le gouvernement Charest a frappé un plafond. Il revient au taux qu'il a connu tout l'hiver», dit Christian Bourque.

    Intentions de vote

    Dans le volet du sondage sur les intentions de vote, réalisé en partenariat avec le journal The Gazette, on constate qu'il y a très peu de mouvement. «C'est stable depuis des mois», dit Christian Bourque.

    Ainsi, le Parti québécois (PQ) récolte 40 % des intentions de vote, devant le Parti libéral du Québec (PLQ), à 32 %. Québec solidaire grimpe à 11 % (+2 % depuis un mois), alors que l'Action démocratique du Québec est quatrième, avec 10 %. Le Parti vert ferme la marche, à 6 %.

    «Jean Charest ne descend plus. Il a atteint un plancher depuis quelques mois. La question est de savoir s'il va réussir à rebondir, comme il l'a déjà fait», dit M. Bourque.

    Selon le sondeur, la popularité personnelle du député Amir Khadir permet à Québec solidaire de tirer son épingle du jeu.

    Chez les francophones, qui décident du sort dans la vaste majorité des circonscriptions dans la province, l'avance du PQ est écrasante, alors qu'il récolte 48 %, contre 24 % pour le PLQ. Si des élections avaient eu lieu la semaine dernière, le parti souverainiste aurait formé un gouvernement majoritaire.

    Le PQ est en avance dans toutes les régions de la province. À Québec, c'est toutefois l'ADQ qui est deuxième. Dans la capitale, le PQ récolte 34 %, suivi de l'ADQ (28 %) et du PLQ (25 %). La décision du gouvernement Charest de financer à hauteur de 45 % la construction d'un nouvel amphithéâtre à Québec, soit 180 millions de dollars, ne semble pas avoir fait bouger l'aiguille dans la capitale pour le PLQ.

    À la question de la personnalité qui ferait le meilleur premier ministre, aucun politicien ne se démarque, même pas Pauline Marois, pourtant en avance dans les intentions de vote. Elle obtient 22 %, contre 19 % pour Jean Charest, 11 % pour Amir Khadir, 7 % pour Gérard Deltell et 2 % pour Guy Rainville.

    À 39 %, la proportion de gens qui ne savent pas ou refusent de répondre est particulièrement élevée. «Tout le monde semble en attente», dit Christian Bourque.

    D'ailleurs, le passage de Jean Charest devant la commission Bastarache, dans les prochains jours, pourrait être important pour le premier ministre, dit Christian Bourque. «Sa performance sera très suivie, alors, autant sur le fond que sur la forme, il doit faire attention. Il y a une opportunité pour lui de faire bouger l'aiguille.»

    Le sondage a été mené en ligne du 13 au 16 septembre, auprès de 1000 personnes représentatives de la population. Le coup de sonde a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée.

    Les données ont été pondérées selon l'âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité et la composition du foyer. Léger Marketing a développé le plus grand panel Internet aléatoire et probabiliste comptant plus de 320 000 personnes. L'utilisation de techniques de recrutement aléatoire éprouvées, combinée à un processus d'inscription rigoureux, assure le caractère hautement représentatif du panel.
    Commission d'enquête publique sur la corruption dans le monde de la construction<br />
Intentions de vote au provincial<br />












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