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    Non au financement public d'un nouveau Colisée

    La région de Québec est la seule favorable à un investissement massif des gouvernements

    18 septembre 2010 |Alec Castonguay | Québec
    Résultats du sondage sur le financement de l'amphithéâtre à Québec
    Une majorité de Québécois s'oppose à ce que l'amphithéâtre à Québec soit financé entièrement avec des fonds publics, selon un nouveau sondage Léger Marketing-Le Devoir. En fait, les citoyens de toutes les régions de la province se disent en désaccord avec l'investissement massif d'argent public... sauf à Québec, où l'idée est très populaire.

    La décision du gouvernement Charest d'injecter 180 millions de dollars dans la construction d'un futur amphithéâtre dans la capitale est rejetée par 58 % des répondants dans la province. Près de 33 % se disent «tout à fait en désaccord», alors que 25 % se disent «plutôt en désaccord».

    À l'inverse, 38 % des 1000 répondants sont d'accord avec la décision du gouvernement du Québec, annoncée le 7 septembre dernier. Ils sont 16 % à se dire «tout à fait d'accord» et 22 % «plutôt en accord». À peine 4 % ont dit ne pas savoir ou ont refusé de répondre.

    Le gouvernement fédéral devrait-il imiter Québec et investir des fonds publics à hauteur de 45 % dans un nouvel aréna multifonctionnel de 400 millions de dollars? Les résultats sont semblables: 59 % s'y opposent et 37 % se disent pour.

    Selon Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing, il ne faut pas interpréter ces chiffres comme un refus total du projet de la Ville de Québec ou encore un rejet du retour des Nordiques. «Tous les sondages montrent que les Québécois souhaitent le retour du hockey professionnel à Québec, mais le financement public pose problème. C'est comme ça depuis longtemps. Même quand les Expos de Montréal menaçaient de quitter la ville, les gens ne voulaient pas qu'on investisse des fonds publics», dit-il.

    Le sondeur ajoute que l'incohérence du gouvernement Charest pèse dans la balance, lui qui répète depuis des mois que le Québec est dans une période d'austérité budgétaire et qu'il faut hausser les taxes pour équilibrer les finances publiques. «Les gens ne comprennent pas pourquoi il y a soudainement de l'argent, dit Christian Bourque. Si le gouvernement veut arriver à vendre ce projet, ce qui est encore possible, il devra davantage miser sur les retombées économiques de l'amphithéâtre et l'activité économique que ça peut générer.»

    Le débat sur la pertinence de construire un amphithéâtre à Québec avec des fonds publics fait rage depuis 10 jours. Lundi, de passage dans la capitale, le premier ministre Stephen Harper a refusé d'annoncer ses intentions. Le dossier est actuellement analysé à Ottawa. Alors que plusieurs partisans souhaitent le retour des Nordiques, le chef conservateur a toutefois prévenu que si l'aréna doit servir à héberger une équipe de hockey professionnelle, le secteur privé doit participer.

    La porte n'est toutefois pas entièrement fermée pour un complexe à vocation plus large, notamment pour la culture et le sport amateur. «S'il y avait un rôle pour le fédéral, ça devrait être équitable à travers le pays et abordable», a indiqué le premier ministre Harper.

    Lors d'une entrevue avec Le Devoir, le lieutenant de Stephen Harper au Québec, Christian Paradis, a souligné qu'il s'agit «d'une grosse décision», surtout en ces temps de restriction budgétaire. Les demandes pour financer des installations sportives sont très nombreuses au pays, dit-il. «Il faut évaluer les coûts rationnellement.»

    Des clivages régionaux importants


    Lorsqu'on raffine les résultats du sondage, on constate que les clivages régionaux sont importants. Ainsi, la région de Québec appuie massivement l'injection de fonds publics dans l'aventure de l'amphithéâtre, alors que 75 % des répondants de la capitale se disent d'accord avec la décision du gouvernement Charest. Ils sont 74 % à souhaiter que le fédéral en fasse autant.

    En revanche, 23 % des répondants de Québec se disent en désaccord avec la décision du gouvernement provincial de dépenser 180 millions de dollars en fonds publics pour ce projet. Les personnes «tout à fait en désaccord» ne sont que 9 %.

    Le portrait est toutefois différent ailleurs dans la province. À Montréal, 67 % des citoyens se disent en désaccord avec une facture payée par l'État. Ils sont 69 % à demander au fédéral de passer son tour. À l'inverse, 28 % des Montréalais voient d'un oeil favorable l'investissement massif des gouvernements dans la construction d'un amphithéâtre à Québec.

    Hors de Montréal et Québec, les citoyens s'opposent à un investissement de fonds publics important, mais dans une moindre mesure. Ailleurs en province, 56 % des répondants se disent en désaccord avec la décision du gouvernement Charest, alors qu'ils sont 41 % à l'approuver. Ils sont 57 % à demander au fédéral de ne pas assumer une large part de la facture, comme le réclament le maire Régis Labeaume et le premier ministre Jean Charest.

    «À Québec, on voit le projet dans son ensemble, ce qui inclut une candidature olympique, les Nordiques, les spectacles et ainsi de suite. Ailleurs, on voit surtout les dépenses publiques pour un amphithéâtre, sans les avantages. Les gens n'aiment pas que le gouvernement dépense quand ça ne les touche pas», dit Christian Bourque.

    Le sondage a été mené en ligne, du 13 au 16 septembre, auprès de 1000 personnes formant un échantillon représentatif de la population. Le coup de sonde a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée.
     
     
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