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Langue d’enseignement: Louis Bernard fustige la position du Parti québécois

La Presse canadienne   8 septembre 2010 19h05  Québec
Louis Bernard, ex-candidat à la direction du Parti québécois, a servi une rebuffade à ses alliés péquistes aujourd’hui, en s’opposant à l’application de la loi 101 dans les écoles privées anglophones non subventionnées.

En commission parlementaire à l’Assemblée nationale, l’ancien bras droit de René Lévesque a rejeté la solution préconisée par le PQ, estimant qu’elle «va trop loin» et risque de nuire à la réputation du Québec à l’étranger.

«La position du PQ empêcherait tout le monde d’aller à l’école anglaise non subventionnée. On enlèverait cette zone de liberté, comme je l’appelle, qui est disponible à l’heure actuelle et il ne faut pas l’enlever à mon sens», a résumé M. Bernard, en point de presse.

Selon lui, il est abusif et contre l’esprit de la loi 101 de limiter la liberté des parents francophones ou allophones qui choisissent d’inscrire leurs enfants dans une école non financée par les fonds publics.

L’ancien haut-fonctionnaire n’appuie pas pour autant le projet de loi 103 de la ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre.

Il propose plutôt que les parents signent une déclaration solennelle dans laquelle ils s’engageraient à ce que leur enfant complète son parcours scolaire dans le réseau anglais non subventionné.

«Ils vont préciser que c’est une intention définitive, que c’est un projet pédagogique et s’ils demandent un peu plus tard de passer au réseau subventionné, ils devront soumettre des raisons objectives pour le justifier», a-t-il dit.

En de rares occasions seulement, un élève inscrit dans le réseau non subventionné pourrait obtenir, pour lui-même, ses frères et soeurs et leur descendance, le droit de passage dans le réseau anglophone subventionné.

Par exemple, dans le cas d’un «revers de fortune très important» qui empêcherait les parents d’acquitter les frais de scolarité ou encore la nécessité d’offrir des services spécialisés à un enfant à la suite d’un accident.

«On peut examiner le cas par cas parce que c’est ce que la Cour suprême nous demande. Mais, à mon sens, si on suit ce projet, il n’y en aura pas des centaines (de cas)», a soulevé M. Bernard.

Légitimiser les écoles passerelles


A l’inverse, selon l’ex-fonctionnaire, le projet de loi 103 risque de drainer beaucoup plus d’élèves francophones vers le réseau scolaire anglophone parce qu’il «légitimise» les écoles dites passerelles.

«Le parcours est plus difficile, il y a des obstacles, mais si on franchit les obstacles, on arrive au fait qu’on a utilisé les écoles non subventionnées comme une porte d’entrée dans le régime subventionné», a-t-il fait valoir.

S’il est adopté tel quel, le projet de loi 103 permettra aux écoliers francophones et allophones d’intégrer le réseau public anglophone pour autant qu’ils aient fréquenté une école privée anglaise non subventionnée pendant trois ans.

La tare majeure de ce projet de loi, d’après M. Bernard, est qu’il procure aux parents francophones «la recette» pour que leurs enfants puissent intégrer à coup raisonnablement sûr le système public anglophone.

Robert Libman s’oppose aussi

L’ancien chef du Parti égalité Robert Libman s’oppose lui aussi au projet de loi 103 du gouvernement Charest, mais pour d’autres raisons. Il juge le projet de législation inutile et injuste envers la communauté anglophone.

Que quelques centaines de francophones profitent chaque année d’écoles privées non subventionnées pour «s’acheter» le droit de passer au réseau anglophone subventionné n’est pas dramatique, aux yeux de l’ex-député.

«Pourquoi cette grande priorité dans la société québécoise aujourd’hui? Pourquoi ne pas aborder le dossier du décrochage scolaire ou les grands enjeux plutôt que d’arracher des centaines d’élèves qui rentrent dans le système (anglophone) par la porte d’en arrière?», a demandé M. Libman.

Toute cette histoire d’élèves francophones qui passent au réseau public anglophone est grandement exagérée et n’implique qu’une poignée d’écoliers sur les centaines de milliers que compte le réseau public francophone, a soutenu l’ex-président du lobby anglophone Alliance Québec.

Soutien de la FAE au PQ

En matinée, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) s’est plutôt rangée du côté du PQ, plaidant pour une application intégrale de la loi 101 aux établissements privés non subventionnés, avec le recours à la clause dérogatoire.

Le président de la FAE, Pierre St-Germain, a dit trouver triste que le gouvernement du Québec n’ose pas prendre les mesures qui s’imposent de peur de déplaire aux autres.

Déposé en juin à l’Assemblée nationale, le projet de loi 103 fait suite au jugement rendu en octobre 2009 par la Cour suprême invalidant la loi 104, adoptée en 2002 sous le gouvernement péquiste.

Cette loi mettait fin au phénomène des écoles-passerelles, c’est-à-dire des établissements dont la seule raison d’être était de faire «passer» des élèves francophones et allophones au réseau anglophone subventionné.

Tout en reconnaissant que les écoles-passerelles constituaient un «problème», la Cour suprême estimait que les moyens utilisés par Québec pour y mettre fin étaient «excessifs».

Le plus haut tribunal du pays avait alors accordé un sursis d’un an au gouvernement québécois pour trouver une autre solution.
 
 
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  • michel lebel
    Inscrit
    mercredi 8 septembre 2010 18h07
    Non à la solution Bernard
    Je ne suis pas d'acccord avec la position de Louis Bernard. La solution qui me semble la plus juste est d'étendre l'application de la Loi 101 aux écoles privées non subventionées. Rien n'empêcherait, sauf l'argent, les parents anglophones d'envoyer leurs enfants à ces écoles. Comme pour écoles publiques de langue anglaise, le même régime d'accès aux écoles s'appliquerait. Inutile de compliquer le débat et de construire toutes sortes d'exceptions. Et dire que je ne suis pas souverainiste!

    Un problème de taille demeure: la Cour suprême a erré sur le sujet et elle veut assouplir les règles d'accès à l'école anglaise. Dans ce cas-ci, un cas vraiment exceptionnel, le gouvernement doit dire non à la Cour. J'ajouterais que sur le fond, ce n'est pas une question de droits et de libertés, mais une de saine et juste politique linguistique scolaire.

    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    mercredi 8 septembre 2010 18h18
    Un bonhomme pas facile à suivre
    L'important est qu'il s,oppose au projet de loi 103.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 09h13
    Une dictature dans l'Éducation...
    voilà qu'on veut IMPOSER le français, à tous les québécois.
    On ne veut plus du LIBRE CHOIX...

    Le pragmatisme impose de savoir deux langues en Amérique du Nord.
    On ne peut pas ignorer les 300,000,000 de citoyens anglophones qui nous entourent y compris dans le CANADA.

    Déjà que 600,000 anglophones ont quitté le Québec en 1976,
    y aura-t-il une autre déportation ailleurs?
    Cela signifie des pertes d'emplois, d'impôts, de taxes, de revenus.

    Au Québec, la fierté de bien parler n'existe pas...
    Je suis d'accord avec Monsieur Louis Bernard..
    Tu ne peux pas imposer une langue à celui qui n'en veut pas...
    La qualité du français, on en parle JAMAIS...
    alors pourquoi ce réveil pour conserver le français,
    attendu qu'il n'est pas le souci majeur des québécois?

    J'aime beaucoup la langue française, j'essaye de la parler et de l'écrire
    le mieux possible, mais je ne peux pas affirmer
    que j'en ferais un ABSOLU...
    nous sommes "dépendants" du milieu: Amérique du Nord.

  • d.lauzon
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 11h38
    On ne peut pas ignorer les 300 000 000 de citoyens anglo d'Amérique
    @ Bayle

    Vous dites qu'il ne faut pas oublier les 300 000 000 d'anglophones vivant en Amérique. A cela je dis que c'est justement à cause du fait que les francophones représentent une toute petite minorité parmi cette vaste majorité d'anglophones, que nous sommes, du point de vue du français, très vulnérables. Renversez les rôles et cela pourrait vous aider à comprendre.

    Comme je le répète souvent sur différents forums, je crois que la Loi 101 devrait s'appliquer et que les francophones et allophones ne devraient pas pouvoir fréquenter l'école anglaise. Cependant, puisque les parents trouvent important que leurs jeunes apprennent l'anglais, l'école française devraient offrir aux jeunes un enseignement de l'anglais selon des méthodes beaucoup plus efficaces que celles existantes et qui permettraient aux jeunes de bien le maîtriser dès la fin du Secondaire. Au lieu d'enseigner l'anglais - et il en est de même pour le français- sur des bases théoriques seulement, il faudrait qu'on y ajoute un volet pratique, c.a.d. basé sur la conversation. Il est évident que l'on ne peut pas apprendre convenablement une langue sans y inclure la conversation.

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 11h55
    La réputation du Québec
    (Louis Bernard) " a rejeté la solution préconisée par le PQ, estimant qu’elle «va trop loin» et risque de nuire à la réputation du Québec à l’étranger."

    Ah bon. C'est où exactement cet "étranger" de M. Bernard ? Ne sait-il pas que les USA interdisent les écoles linguistiques et qu'elles doivent TOUTES enseigner en anglais ?

    C'est quel pays étranger dont M. Bernard semble attribuer une autorité sur la qualité de la réputation du Québec ?

  • d.lauzon
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 20h42
    COMMENT SATISFAIRE LES DEUX GROUPES LINGUISTIQUES?
    Il serait inimaginable que 40 ou 50% de la population parlant une autre langue que le français puisse habiter dans la ville de Paris ou que la même proportion de population vivant à Berlin ne parle pas allemand. Pourtant, c'est cette situation que l'on retrouve à Montréal en ce qui concerne la communauté francophone et anglophone. Ces deux groupes linguistiques vivent en parallèle et cela n'est pas normal ni acceptable.

    La solution: faire en sorte que les jeunes fréquentant les écoles anglaises reçoivent une formation plus intensive en français de façon à ce qu'ils puissent le parler couramment à la fin du primaire. Pour ce qui est des jeunes fréquentant les écoles françaises, des cours d''anglais intensifs devraient être offerts à ces jeunes de façon à ce qu'ils soient en mesure de le parler couramment à la fin de leurs études. Il faut comprendre que l'engouement pour les écoles anglaises vient du fait que les parents considèrent que l'enseignement de l'anglais, axé principalement sur la théorie, dans les écoles françaises, n'apportent pas les résultats escomptés. Il est important que les fonctionnaires du Ministère de l'Éducation et la Ministre reconnaissent une fois pour toutes que l'apprentissage d'une langue doit reposer principalement sur la conversation. C'est ainsi que fonctionnent les écoles de langues et elles obtiennent beaucoup de succès.

    Les écoles passerelles ainsi que les CÉGEP anglophones pour les francophones et allophones devraient être abolis. En apportant les ajustements décrits ci-haut, les 2 groupes linguistiques pourraient y trouver leur compte.

  • Geoffroy,Mylène
    Abonné
    vendredi 10 septembre 2010 13h52
    Entre opinions et faits
    Il est vrai que le contexte économico-institutionnel nord-américain, voire mondial, implique l'apprentissage de deux langues. Cela est d'autant plus vrai au Québec par sa situation géographique et son enclavement dans l'Amérique anglophone. Il faut par contre reconnaître comme le tend à démontré une récente étude de l'IRFA (voir article de L.M. Gervais de l'édition du 8 septembre) que l'enseignement de l'anglais au Québec concoure plutôt à l'unilinguisme anglophone. Dans cette perspective, l'amélioration du programme et des techniques d'enseignement de l'anglais langue seconde m'apparaît comme une solution à cette "nécessité" du bilinguisme.
    Par ailleurs, en ce qui a trait à cette idée de "réputation" émise par M. Bernard, elle est certainement valable pour un souverainiste qui aspire à une reconnaissance immédiate et future d'un État québécois démocratique et ouvert.

  • Ysgarran
    Inscrit
    vendredi 10 septembre 2010 17h58
    Langues des Amériques
    Juste une précision pour certains.

    Dans les deux Amériques, il y a près de 300M d'anglophones, 400M d'hispanophones et 200M de lusophones pour seulement 8M de francophones.

    Les Etats-Unis s'hispanisent au détriment de l'anglais surtout dans l'ouest américain et la Floride, ou dans de nombreux états, l'espagnol est déjà la langue la plus parlée.

    Si nous étions vraiment honnête, nous choisirions d'enseigner l'espagnol comme première langue dans tout le canada car c'est une langue qui supplantera tôt ou tard l'anglais. L'idéal serait d'enseigner l'espagnol, l'anglais et le français dès le primaire. Les Canadiens deviendraient ainsi les libanais des Amériques.

    Pour résumé, il y a plus de 600M américains parlant une langue latine contre 300M d'anglophones, donc le rapport de force est loin d'être en faveur de l'anglais, certes le français perdra du terrain tant que les pays francophones ne feront rien pour enrayer sa chute.

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