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Lobbying - Rien d'illégal, mais...

Josée Boileau   3 septembre 2010  Québec
Il n'y a rien d'illégal de passer de chef de cabinet d'un ministre le vendredi à directeur général d'un puissant lobby le lundi, même si le lobby en question pousse le dossier qui s'annonce l'un des plus controversés de l'automne, l'un des plus engageants pour l'avenir du Québec et l'un des plus camouflés du gouvernement.

Après tout, comme il l'explique lui-même, Stéphane Gosselin, chef de cabinet du ministre du Développement économique, Clément Gignac, devenu en quelques heures d.g. de l'Association pétrolière et gazière du Québec, n'a jamais touché auparavant au dossier des gaz de schiste, jamais eu de contacts avec l'APGQ. De plus, ce n'est même pas lui mais d'autres membres de l'association qui interviendront auprès du gouvernement. Et de toute manière, suivant les règles, il a le droit de faire affaire avec tous les ministères sauf celui du Développement économique. Voilà qui respecte scrupuleusement les directives gouvernementales et les règles édictées par le commissaire au lobbyisme.

Le problème, c'est qu'à s'en tenir strictement à la lettre de la loi, on en sacrifie l'esprit et on prend les gens pour des imbéciles. Les purgatoires imposés aux gens qui se retirent de la politique active ont une raison: il s'agit de couper court aux apparences de complicité entre un gouvernement et des entreprises. Outre les directives, le bon sens doit aussi servir de guide quant à la manière d'agir.

On veut bien croire que M. Gosselin n'a jamais entendu parler du gaz de schiste au sein du gouvernement: il ne serait pas en cela différent de la grande majorité des Québécois. Reste que puisque le gouvernement Charest serine sur tous les tons ces jours-ci qu'il est de sa responsabilité de miser sur cette «formidable opportunité» que représente l'exploitation des gaz de schiste, il est douteux que le ministère du Développement économique ait été tenu à l'écart du débat, et le cas échéant que le chef de cabinet soit sorti de la pièce lorsque le sujet était évoqué.

Ce qui ramène à une autre règle du commissaire au lobbyisme: un ancien membre de cabinet devenu lobbyiste ne peut «donner à quiconque des conseils fondés sur des renseignements non accessibles au public dont il a pris connaissance et qui concernent l'institution gouvernementale dans laquelle il exerçait sa charge». À quoi monsieur Gosselin peut répondre que ce n'est pas lui le lobbyiste de l'APGQ et jurer sur l'honneur qu'aucun secret de son ancienne fonction ne sera révélé.

Il peut en fait couper les cheveux en quatre, comme l'ont fait avant lui tant d'autres élus, conseillers politiques ou fonctionnaires qui traversent de l'autre côté de la barrière, serviteurs de l'intérêt public un jour, serviteurs d'intérêts privés dès le lendemain. Mais qui se préoccupe encore de l'intérêt public?

***

jboileau@ledevoir.com
 
 
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  • Carole Dionne
    Inscrite
    vendredi 3 septembre 2010 01h41
    VOUS MADAME
    Pour le reste, ils s'en foute comme en l'an quarante. De toute façon, le peuple va les réélire en disant que le PQ est pire ou que l'ADQ...


    Un peuple comme dans bien d'autre pays, NAÏF. Et continuez votre bon travail, il ne reste que la presse pour nous informer.

  • Marc Gagne
    Inscrit
    vendredi 3 septembre 2010 06h46
    La question doit être plus fondamentale
    Et ça vient comme une surprise? Les projets du Suroît et de Rabaska ne vous rappellent-ils rien? Le Parti libéral et l'industrie gazière vont main dans la main. Avez-vous déjà relevé le nombre de libéraux (dirigeants de sociétés, militants, ministre, attachés, chefs de cabinet) qui ont transité chez Gaz Métro?

    La bonne question est plutôt la suivante : Sachant que le Parti libéral est une entreprise et que le gouvernement du Québec représente pour lui une occasion d'affaire, peut-on opposer une conception de l'État, un argumentaire, pour combattre la privatisation de la vie publique?

  • André Chevalier
    Abonné
    vendredi 3 septembre 2010 06h58
    Ça sent la fin de régime
    Les rats commencent à quitter le navire.

    Personne ne me fera croire que Stéphane Gosselin n'était pas au courant des stratégies du gouvernement au sujet du développement du gaz naturel dans le poste qu'il occupait et qu'il n'en fera pas bénéficier de façon privilégiée ses nouveaux maîtres.

  • alen
    Inscrit
    vendredi 3 septembre 2010 08h14
    Ouf!
    ... comme si c'était pas pour l'ascendent que peut avoir M. Gosselin sur le Cabinet qu'on l'a recruté, afin... d'avoir la loi la plus acceuillante possible.

    Un bon contrat, avec prime de départ une fois la mission accomplie, ce n'est certainement pas non plus une enveloppe brune aux yeux du commissaire à l'éthique.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 3 septembre 2010 09h26
    Corrompus à l'os
    Le leadership des Libéraux fait que tout avantage financier pour ses membres se veut une bonne nouvelle pour le Parti Libéral du Québec. Normandeau, championne des cocktails régionaux avec l'industrie, nous dit que rien n'empêche, selon le DGE, tout employé du gouvernement de partager ses connaissances avec une industrie très gourmande. Ça ressemble étrangement aux Accurso, Catania, Tomassi, Whissel, bons amis des Gérald Tremblay, Charest, Damours et Normandeau. Me Suzanne Côté dirait:'Très colossal' tout ça. Au diable l'intérêt du peuple québécois. Oh népotisme quand tu nous tiens! Merci monsieur Bellemare pour votre courage de dénoncer tant d'abus d'influence en si peu de temps.

  • Carole Dionne
    Inscrite
    vendredi 3 septembre 2010 13h07
    SI JE VOUS AI BIEN COMPRIS, CHERS PARTISANS LIBÉRAUX...
    C'est tous les journalistes, éditorialistes, du Devoir etc qui sont contre tout ce que fait le gouvernement CHAREST. Pourtant, je regarde les autres médias et c'est la même chose ou presque sauf André Pratte de La Presse. Plusieurs journalistes de La Presse parlent ouvertement des bizarres actions du gouvernement Charest et du parti Libéral. Peut-être que le Devoir est un peu plus incisif mais déjà que le québécois moyen est molasse...

    Donc, si on vous suit bien , partisans libéraux: tous les médias ont tort, tous les partis politiques ont tort, toutes les associations ont tort et il n'y a que vous qui avez le "pas". Est-ce comme la religion: "Crois ou meurs".

    Désolé, je ne crois plus les LIBÉRAUX, même s'ils disent la vérité. Quand on perd son nom et sa crédibilité, HUM

  • Socrate
    Inscrit
    vendredi 3 septembre 2010 15h04
    Duplessis
    Tout comme sous Duplessis, où le minsitre Martineau vendait des machines à écrire au Gouvernement pour écrire des lettres au Devoir.
    Où est le pôblème?

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    samedi 4 septembre 2010 08h39
    Pourquoi autant de tolérance...
    Les Québécois seraient-ils tous des Jean Charest et cie pour en tolérer autant ?

    Auraient-ils tous de la graine de malfrats ?

    Auraient-ils oublié ce qu'est la fierté, l'honneur, le respect de soi-même et l'honnêteté, ce qu'on appelle aujourd'hui l'éthique ?

  • Godefroy
    Abonné
    samedi 4 septembre 2010 10h19
    Mines de rien : les mains sales dans la caisse
    Attention. On va se faire avoir comme des cons :

    « En laissant en place le régime désuet de la Loi sur les mines, le Québec s'est privé d'une richesse collective au profit des investisseurs privés, affirme-t-il. «On est des triples cons, dit M. L'Homme, qui est ingénieur et économiste. Les prospecteurs et les entreprises partent carrément avec la caisse.»

    Selon Daniel Breton, président de MCN21, les Québécois se sont fait avoir: «Présentement, le gouvernement du Québec et l'industrie ne travaillent pas pour l'enrichissement collectif des Québécois, dit-il. C'est évident. Ils parlent de créer de la richesse. C'est plutôt créer quelques riches au détriment de la collectivité québécoise.»

    Référence : Charles Côté, La Presse

  • fmagin
    Inscrit
    samedi 4 septembre 2010 10h32
    Devise
    La devise des Libéraux est, comme chacun sait :

    UN POUR TOUS, TOUS POURRIS !

  • Socrate
    Inscrit
    samedi 4 septembre 2010 11h42
    Enjeux
    Les enjeux sont très clairs maintenant. 400 milliards dans poches des citoyens en énergies renouvelables, ou 400 milliards de dettes pour le Québec suite à l'incurie de Johnny et de ses petits-z-amis de Toronto.

  • Raven
    Inscrit
    samedi 4 septembre 2010 14h05
    @Carole Dionne
    -Est-ce comme la religion: "Crois ou meurs".

    Une idéologie (théologie) bien ficeler rend ses adeptes sourd et aveugle au point de perde tout sens de la réalité. Le PLQ et le PQ en sont de parfaits exemples.

  • francosi
    Abonné
    samedi 4 septembre 2010 17h08
    pour une chanson
    Autres temps autres moeurs?

    "Tu penses que j'm'en aperçois pas
    Quand tu mets ta pancarte
    A vendre, à vendre, avec en bas
    Indiqué sur les cartes
    Si vous aimez mon Labrador
    Ajoutez-y donc ma Côte Nord
    Le bois y est hors d'âge
    Quand tu descends nous voir dans l'bas
    On sait qui c'qui paye ton voyage
    Tu penses qu'on s'en aperçois pas"--B.Vigneault

  • d i a n e
    Inscrite
    dimanche 5 septembre 2010 02h21
    L'union fait la force...
    Ceci devrait être la devise des Canadiens francais!

    Présentement - c'est un autre groupe ethnique - à Montréal qui l'utilise... entre autre....
    et d'ici 50 à 100 ans... ils s'y préparent jour après jour...
    ils vont devenir les maîtres de /et du Québec!

    Pendant que certains "cons" se chicanent... eux, il avancent!!!
    LE LINGE SALE LAVÉ EN PUBLIC.... RIEN DE BON POUR NOTRE IMAGE'...

    M. Charest n'est pas pire que M. Duplessis et autres qui sont passés après lui. Du même au pareil - rien de nouveau!

  • fmagin
    Inscrit
    lundi 6 septembre 2010 10h52
    Ô Chasseresse !
    « Ô Chasseresse, retiens tes chiens !
    Même si j'ai vu le bout de ton tétin ! »
    Actéon

    Les partisans des Libéraux sont à ce point à court d'arguments que tout ce qu'ils trouvent maintenant à dire, c'est : « Monsieur Charest n'est pas plus pourri que Duplessis et d'autres après lui ! »

    Que voilà une belle leçon de morale !

    Et puisque notre devise devrait être « l'union fait la force », rangeons-nous donc tous comme des cons derrière les Libéraux pour qu'ils puissent continuer à piller le Québec en toute quiétude. Comme nous ferons désormais partie de leurs tizamis, peut-être consentiront-ils à nous faire, sous la table, l'aumône des reliefs de leur festin !

    Ben voyons !

  • Jean Rousseau
    Inscrit
    lundi 6 septembre 2010 17h04
    LE SUCCÈS PAR LE RENFORCEMENT *amélioré

    À force de durcir le ton envers les fonctionnaires, (ou les politiciens), pour leur langue de bois qui m'anéantit, je suis parvenu à me demander si les structures qui les enserrent ne seraient pas les véritables causes de leur impuissance. Par exemple, lorsque le PM réussissait récemment à vendre notre électricité au Vermont, les critiques négatives qu'il a pu subir à cet effet relevaient de la petite politique, (à mon avis). Alors, que le seul but de tous se devrait celui du développement du Québec. De même, si un infantilisme nous ferait oublier de récompenser tous ceux qui amènent de l'eau au moulin, comment voudriez-vous se tirer d'affaire dans ces conditions d'extrême indigence? Un lobby, composé de libres-penseurs, dédié aux intérêts de la nation, permettrait une saine surveillance de tout ce beau monde, de même que la possibilité d’appliquer les semonces ou, au contraire, les encouragements, en temps et lieux.

    Jean Rousseau, B. Ps
    consultant en psychologie du développement
    courriel : jeanrousseau1956@live.ca

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