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La loi 103 va fragiliser le français

Étienne Gougoux - Président du Conseil jeunesse de la Société Saint-Jean-Baptiste  1 septembre 2010  Québec
En octobre dernier, la Cour suprême du Canada a invalidé la loi 104. Cette loi avait comme objectif d'empêcher le contournement de la loi 101. En effet, avant sa mise en place, plusieurs personnes inscrivaient leurs enfants dans une école anglophone privée non subventionnée pour qu'ils obtiennent rapidement le droit de fréquenter le réseau anglophone public, qui est normalement réservé à la minorité anglophone.

Certaines écoles, surnommées «écoles passerelles», ne se gênaient pas pour faire la promotion de ce stratagème. Cette voie de contournement qui gagnait en popularité d'année en année mettait en péril la mesure la plus importante de la Charte de la langue française, soit la nécessité pour tous les francophones et les allophones d'envoyer leurs enfants à l'école française du primaire au secondaire. Notons qu'avant la création de la loi 101 en 1977, une écrasante majorité des immigrants inscrivaient leurs enfants à l'école anglaise, d'où l'importance des dispositions de la loi 101 concernant l'éducation.

Cour suprême

En invalidant la loi 104, la Cour suprême du Canada, qui est composée de juges non élus et qui se base sur une Constitution que le Québec n'a jamais signée, est allée à l'encontre de la volonté du peuple québécois. En effet, cette loi a été votée à l'unanimité, en 2002, par les députés élus de tous les partis politiques présents à l'Assemblée nationale du Québec. Toutefois, la Cour suprême a donné un délai d'un an au gouvernement du Québec pour trouver une solution de remplacement à la loi 104. C'est dans ce contexte que le gouvernement libéral du Québec dirigé par Jean Charest a déposé, en juin dernier, le projet de loi 103.

La loi 103 prévoit la mise en place d'une grille de points pour évaluer le «parcours authentique» des élèves et ainsi déterminer leur admissibilité au réseau scolaire anglophone subventionné. Par exemple, un enfant allophone qui fréquentera une école privée non subventionnée anglaise pendant trois ans pourrait avoir suffisamment de points pour accéder au réseau d'écoles anglaises publiques et pourra envoyer tous ses descendants dans ce même réseau.

En bref, la loi 103 légalise le contournement de la loi 101 et permettra ainsi à de nombreuses personnes de ne jamais envoyer leurs enfants à l'école française. Malgré ce que tente de nous faire croire le Parti libéral du Québec, c'est le coeur même de la Charte de la langue française qui est ainsi touché.

Retour en arrière

Dans un contexte où le français est en déclin au Québec et plus particulièrement dans la région de Montréal, la loi 103 propose un retour en arrière dangereux et inquiétant pour l'avenir de notre belle langue. Pourtant, à la lumière des récentes statistiques sur l'état du français, on serait en droit d'exiger un renforcement des mesures pour protéger cette langue plutôt que de subir un nouvel affaiblissement de notre loi 101 comme le propose le Parti libéral du Québec avec sa loi 103.

Une chose est certaine, l'automne ne sera pas de tout repos pour Jean Charest et son parti puisque plusieurs partis politiques et organismes, dont la Société Saint-Jean-Baptiste, prévoient se mobiliser contre le projet de loi 103 qui sera soumis au vote de l'Assemblée nationale au cours des prochains mois.

***

Étienne Gougoux - Président du Conseil jeunesse de la Société Saint-Jean-Baptiste
 
 
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  • Philippe Perreault
    Abonné
    mercredi 1 septembre 2010 00h52
    Encourageant!
    Il est vraiment encourageant de voir les jeunes se mobiliser pour le français! Voilà qui donne du courage!

  • Andre Vallee
    Abonné
    mercredi 1 septembre 2010 02h59
    Ètre oune pas être
    Oú en étaient notre régime “CONfédératif” et notre Suprême Cour qui reconnaissaient l'existence de deux nations, quand les écoles françaises furent fermées ”légalement” au Manitoba et en Ontario, et progressivement ailleurs par la pression sociale?
    Et maintenant, ces deux institutions “trudeausement” démocratisées, continuent de saper notre nation à la base. Et je ne compte pas sur Jean Charest dont les intérêts sont ailleurs pour renverser la tendance. Réveillons-nous.

  • Michel Paillé
    Abonné
    mercredi 1 septembre 2010 06h54
    Une évidence
    C’est devenu une évidence que « le français est en déclin au Québec et plus particulièrement dans la région de Montréal » comme vous dites si bien. Ceux qui aimeraient lire quelques courts textes illustrant certains aspects de notre recul, comme ceux qui n’en sont pas encore convaincus, pourraient trouver sur mon site (http://michelpaille.com) des informations toujours d’actualité.

    Il y a toujours « Urgence [de] franciser les immigrants adultes » comme cette fâcheuse habitude des francophones de s’adresser en anglais à ceux qui ne leur ressemblent pas (« L'aliénation des francophones face à l'anglais » ; « Le retour du mouton »). Sans compter que « la loi 101 est insuffisante » et que notre « pérennité démographique [n’est pas] en vue ».

    MP, démographe
    Québec

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 09h00
    que fait on du libre choix
    Que fait on du libre choix des individus??? Si je choisi d'envoyer mes enfants à l'école anglaise, qui en passant est une langue officielle du pays, c'est mon choix et si on est des millions à faire ce choix, alors ce sera le choix de société, pas celui de quelque ayatollah de la langue.

    Je vous invite donc à signer la pétition. https://www.assnat.qc.ca/en/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-841/index.html

  • Gajepi
    Abonné
    mercredi 1 septembre 2010 12h17
    libre choix
    Certains prônent le libre choix du génocide culturel chez les francophones québécois: c'est tellement plus facile de ne pas avoir à assumer notre identité et se fondre au "melting pot" anglo plutôt que de protéger cette identité singulière qu'est la nôtre sur ce continent. Le choix de la honte ? Non merci !

  • vincentrioux
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 13h15
    La logique
    Il est logique que tout État qui se respecte éduque les enfants de la nouvelle génération dans la langue de la Nation. Alors que la loi 103, une loi sans dent, est un prétexte de molesse(ou de je-m'en-foutisme) du gouvernement Charest, le français se meurt dans notre Nation. Le Québec, pas le Canada. La grosse différent entre nos deux Nations est la langue. Certes, la façon ne fonctionner en société, les différentes politiques et mentalités créent aussi l'appartenance, mais la langue française est toujours et sera le fondement le plus important de notre identité.
    Alors pour répondre à Monsieur Archambault, le libre choix est le pire ennemi de notre culture. Va-t-on laisser mourir le Québec sous prétexte que le libre choix devrait primer? J'espère que non. Je serai au grand rassemblement du 18 septembre, au centre Pierre-Charbonneau. J'espère que vous y serai, ce sera le moment d'exprimer notre mécontentement de la loi qui ne fait qu'aggraver le problème.
    J'ai eu la chance de rencontrer Étienne à deux reprises, et laissez-moi vous dire qu'il est très au courant de ces dossiers. Il a parfaitement raison. Il FAUT étendre la loi 101 au cégep.

    Vincent Rioux, étudiant au Cégep.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 1 septembre 2010 14h25
    Le français grugé
    La loi 103 est un autre faux pas concernant le français au Québec. Le français est menacé et continuellement grugé au Québec.

    Le génocide culturel du peuple québécois francophone est en marche. Qui va se réveiller?

  • Steve Harvey-Fortin
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 16h04
    Discrimination enver la liberté de choix et la personne.
    Nous ommes à l'ère de la puissance anglo-américaine mondialement et au lieu de suivre la tendance d'évolution pour une condition meilleure, on tente de restreindre le petit peuple de québécois à évoluer et se renouveller dans la langue de Shakespeare. Qu'y a-t-il de malsain à vouloir être meilleur pour une meilleure qualité de vie ? Au Québec, on voudrait nous voir comme au temps de la grande noirceur (emprise du Clergé catholique sur le petit peuple) pour nous garder dans l'ignorance absolue pour mieux nous exploiter, alors c'est pour cette raison qu'il ne faut pas être capable de parler anglais au Québec car cela pourrait vous libérer de l'isolement culturelle que veux nous imposer un système ou ceux qui prône ce genre de discour envoient eux-mêmes leurs enfants dans des écoles anglophone.

    C'est de la discrimination pure et simple que d'obliger les gens à aller à l'école française plutôt qu'à l'école anglaise afin de les détournés l d' un meilleur avenir et de meilleurs conditions existentielles que d'ailleurs la Charte canadienne reconnait à tous le libre choix en cette matière.

    Réveillez-vous et libérez-vous pour le meilleur !

    Repentigny

  • J. Hardy
    Inscrit
    jeudi 2 septembre 2010 00h30
    Notre avantage économique est le bilinguisme
    J'ai moi-même appris le français, puis l'anglais et maintenant l'espagnol. C'est un avantage économique très puissant pour les Québécois que d'apprendre de facto plusieurs langues. Notre présence unique au sein d'un continent majoritairement anglophone nous permet d'aller plus loin qu'eux pour qui tout est déjà disponible dans leur langue maternelle.

    Il ne s'agit pas de l'isolation, mais bien d'un choix d'identité. La relation avec la langue et l'entourage est tout autre en français. C'est ce qui forge nos politiques et notre vision sociale.

    L'immigration, qui représente une part toujours plus importante de notre croissance économique, se doit de se faire d'abord en français. Ils apprendront bien l'anglais en deuxième comme tous les Québécois.

  • Steve Harvey-Fortin
    Inscrit
    jeudi 2 septembre 2010 09h35
    La médiocrité culturelle d'une doctrine d'isolement
    L'anglais vous ouvre plusieur portes contrairement au français qui comme langue en Amérique, vous limite à la seule province de Québec qui dans son agenda culturelle et politique prône l'isolement culturelle et politique des citoyens québécois dans un Québec éventuellement souverain ou tous ne parleraient que le français. Alors qu'elle perspective y aurait-il pour ces futurs citoyens d'un Québec souverain isolé en Amérique ? Peut-être celle d'être simplement différent dans la différence.

    La culture anglaise est plus favorable que la culture française d'un point de vue doctrinale car elle inclut les gens sur la base d'une Charte qui reconnait les droits fondamentaux des individus contrairement à la Charte québécoise qui limite les droits en reconnaissant les individus et leurs droits. Il est donc autrement plus facile d'être discriminer par la doctrine française qui n'inclut pas, mais qui cherche à exclure plutôt qu'à inclure sur une base d'égalité que le fait français ne peut garantir. De facto, le fait français est appeller à disparaître selon sa doctrine d'isolement culturelle qui isole les gens et leurs droits dans une hypocrisie discriminatoire doctrinale.

    L'identité ce n'est pas celle d'un territoire donné auquel appartient un individu, c'est l'identité personnel de l'individu qui se fond dans une diversité culturelle. La relation et l'entourage est tout en français car elle n'est pas avantageuse sur le plan culturel. Ce qui devrait forger la vision sociale des gens n'a rien de commun avec la politique et devrait polutôt s'appuyer sur le droit fondamental jurisprudentiel d'une saine législation et sur la liberté de choix des individus en matière de liberté de religion, d'expression et de conscience. Ce que ne semble pas vouloir reconnaître le fait français dans son déni constitutionnel par sa doctrine malsaine de discrimination.

    Repentigny

  • Benoit Auger
    Inscrit
    dimanche 17 octobre 2010 00h45
    Trois paragraphes de langue de bois plus tard...
    Dites-moi, s'il-vous-plaît, qu'il s'agit d'un cas isolé. Dites-moi que tout Repentigny n'est pas contaminé. Y a t'il un exorciste dans la salle ? Justin Trudeau, sors de ce corps (ce corpse ?) !!

    La chasse aux zombies est ouverte. Rendez-vous ici : http://www.quebecsolidaire.net/actualité-na

    Nous commençons à peine à nous tenir debout. Plus question de plier l'échine. Apprenons des langues étrangères. l'Éphélide si ça nous chante. Le Sélénite pour draguer au clair de lune. Mais que ce soit, plutôt qu'une obligation, autant de cordes à notre violon.

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