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Intervention dans un procès criminel - Denis Roy nie avoir fait pression sur Marc Bellemare

L'ancien conseiller politique de Charest aurait plutôt agi «en appui» au procureur en chef du mégaprocès des Hells Angels, en 2003

26 août 2010  Québec
«Jamais je n’ai demandé à Marc Bellemare d’intervenir dans un procès de nature criminelle. C’est d’ailleurs, je dirais, plutôt l’inverse», a fait valoir Denis Roy, qui était il y a sept ans conseiller en matière de sécurité publique et de justice pour Jean Charest. <br />
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
«Jamais je n’ai demandé à Marc Bellemare d’intervenir dans un procès de nature criminelle. C’est d’ailleurs, je dirais, plutôt l’inverse», a fait valoir Denis Roy, qui était il y a sept ans conseiller en matière de sécurité publique et de justice pour Jean Charest.
Écorché par Marc Bellemare, l'ancien conseiller politique du chef du gouvernement Denis Roy a nié catégoriquement, hier après-midi, avoir pressé l'ancien ministre de la Justice de s'interposer dans le mégaprocès des Hells Angels, en 2003.

«Jamais je n'ai demandé à Marc Bellemare d'intervenir dans un procès de nature criminelle. C'est d'ailleurs, je dirais, plutôt l'inverse», a fait valoir M. Roy, qui était il y a sept ans conseiller en matière de sécurité publique et de justice du premier ministre du Québec, Jean Charest.

«L'accusation de Marc Bellemare est fausse», a martelé celui qui est, depuis 2004, président de la Commission des services juridiques.

Denis Roy aurait rencontré M. Bellemare «à la demande de [son] chef de cabinet», quelque part entre la mi-août et le 2 septembre 2003, date du fameux tête-à-tête entre M. Charest et son ministre de la Justice.

M. Roy est intervenu auprès de M. Bellemare, mais strictement afin de l'encourager à laisser le procureur en chef du mégaprocès découlant de l'opération Printemps 2001, Me André Vincent, «poursuivre son travail», et de lui réitérer la confiance du gouvernement, a-t-il mis de l'avant.

D'aucune façon, Denis Roy, qui faisait partie de la garde rapprochée du premier ministre, ne «comptait imposer quoi que ce soit» à M. Bellemare. Il aurait ainsi agi «en appui», non «en pression», a assuré Me Roy hier, soulignant au passage que M. Bellemare était spécialisé en droit administratif, mais non en droit criminel.

Il s'interrogerait hier sur les visées de la sortie de l'ex-procureur général devant la Commission d'enquête sur le processus de nomination des juges. «Marc Bellemare ne m'a jamais manifesté quelque signe d'embarras ou d'inconfort que ce soit à ce moment-là. Je l'aurais su. Je m'en serais, me semble-t-il, rendu compte», a-t-il affirmé.

Par ailleurs, lorsqu'on lui a demandé s'il était déjà tombé sur le grand responsable du financement du Parti libéral du Québec pour l'est du Québec depuis 25 ans, Franco Fava, ou s'il l'avait aperçu graviter autour de l'entourage de Jean Charest alors qu'il travaillait à Québec, M. Roy a opposé le silence.

Me Roy, qui est membre du Barreau du Québec depuis 30 ans, s'est présenté comme une victime collatérale de la commission Bastarache. Il ne comptait toutefois pas, hier, intenter un recours légal contre M. Bellemare. «Pour l'instant, a-t-il dit, j'ai exercé de nombreuses fonctions dans ma carrière avec une intégrité et un respect de la déontologie sans faille. Je ne suis pas particulièrement reconnu pour utiliser des méthodes d'intimidation dans ma carrière professionnelle et dans ma vie personnelle», a-t-il conclu.

Fournier reste muet, l'opposition est inquiète


Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, n'a pas voulu faire de commentaires à la suite de la déclaration de Denis Roy. Il n'a pas non plus répondu à l'exigence du Parti québécois qui le sommait de faire toute la lumière sur les allégations de Marc Bellemare visant l'ancien conseiller spécial de Jean Charest.

Hier, la député de Joliette et porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice, Véronique Hivon, a qualifié cette «révélation» de M. Bellemare d'«excessivement sérieuse».

«Dans notre démocratie, il doit y avoir une étanchéité et une indépendance complète du pouvoir judiciaire par rapport au pouvoir exécutif», a-t-elle fait valoir.

Selon la députée, le fait que le mandat de la commission Bastatrache ne lui permette pas d'enquêter sur cette allégation montre qu'elle ne peut pas aller au fond des choses. «C'est très frustrant et ce n'est rien pour améliorer la confiance des Québécois dans ces institutions», a-t-elle avancé.

En revanche, le syndic du Barreau du Québec va se pencher sur cette allégation, qui touche un des ses membres, a indiqué au Devoir hier la directrice des communications du Barreau, France Bonneau. Elle a rappelé qu'à la fin juin, le Barreau avait affirmé qu'il avait le devoir de protéger le public «puisque certaines allégations de Me Bellemare veulent que des membres de l'Ordre auraient pu commettre des actes dérogatoires au code déontologie des avocats».
 
 
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  • Roland Berger - Abonné
    26 août 2010 07 h 28
    Pression et appui
    « Il aurait ainsi agi «en appui», non «en pression», a assuré Me Roy hier. » Dans le monde politique, un appui n'est pas une forme de pression. Ainsi, dire à quelqu'un de continuer d'agir dans une direction donnée ne vise pas à l'influencer d'aucune manière. Et que le petit monde est niaiseux !
    Roland Berger
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    26 août 2010 10 h 07
    Question de vocabulaire...
    appui ou pression est-ce synomyme?
    Voilà qu'on veut disséquer les mots pour éviter les maux!!!
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  • Micheline Gagnon - Abonnée
    26 août 2010 11 h 58
    Marc Bellemare a été très vague à ce sujet lors de son témoignage
    Il n'a mentionné ni l'événement ni la date. Alors, à moins qu'ils n'aient eu qu'un contact durant l'année où Marc Bellemare était ministre de la justice, comment Denis Roy peut-il affirmer qu'il s'agit bien de cet événement?
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