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Marc Bellemare enfonce le clou, et la Commission Bastarache ajourne ses travaux jusqu’à lundi

La Presse canadienne   26 août 2010 14h10  Québec
Jean Charest craignait que Marc Bellemare étale au grand jour les influences occultes du Parti libéral du Québec lorsqu’il a annoncé sa démission comme ministre de la Justice et député de Vanier au printemps 2004.

«Quand on s’est rencontrés le jour de ma démission, il (Jean Charest) m’a rappelé le serment. Il était très nerveux, il m’a dit: ’tu sais que tu as un serment ministériel: Fava, Rondeau, les juges, ça n’existe pas»’, a relaté l’ex-ministre ce matin, au 2e jour de la commission d’enquête Bastarache sur la nomination des juges.

Me Bellemare a dit avoir rassuré le premier ministre à l’effet qu’il n’était pas animé d’un esprit de vengeance et qu’il n’avait pas l’intention d’entreprendre une «vendetta» à son égard.

Il a cependant refusé de justifier sa décision de quitter la politique pour «des raisons familiales», comme l’aurait vivement souhaité le premier ministre.

De fait, M. Bellemare n’a jamais caché que la décision du gouvernement libéral d’abandonner le projet de réforme du mécanisme d’indemnisation des accidentés de la route (no fault) était à l’origine de son départ de la vie politique.

Après une journée et demi d’audition, la commission présidée par le juge Michel Bastarache a ajourné ses travaux jusqu’à lundi, alors que M. Bellemare poursuivra son témoignage.

En matinée, le témoin-vedette de l’enquête a été incapable de fournir une preuve de ses échanges avec Franco Fava, le collecteur de fonds libéral au centre des allégations de trafic d’influence.

L’avocat de Québec a déclaré avoir eu «quatre ou cinq rencontres» et une dizaine de conversations téléphoniques avec l’entrepreneur de Québec durant l’été 2003.

A mesure que le temps passait, M. Fava faisait preuve d’une «insistance et d’une arrogance croissante» pour obtenir la nomination des juges de son choix, a affirmé Me Bellemare.

Interrogé par le procureur de la commission, Me Giuseppe Battista, l’ancien ministre a cependant dû admettre qu’il détenait bien peu de preuve pour étayer ses propos.

«Je n’ai pas de document, d’audio ou de video de ça. C’était des conversations que j’avais à titre de ministre de la Justice. Des notes peut-être», a-t-il dit au procureur Battista. «Je prends rarement des notes, a-t-il ajouté un peu plus tard. J’ai une bonne mémoire et je m’en sers.»

La veille, l’ex-ministre a allégué que le premier ministre Jean Charest lui avait intimé d’entériner, en 2003 et 2004, la nomination de juges parrainés par M. Fava et un proche de ce dernier, le comptable Charles Rondeau.

Trois juges de la Cour du Québec — Marc Bisson, Michel Simard et Line Gosselin-Després — ont tous été nommés sous l’influence de MM. Fava et Rondeau avec l’aval du premier ministre Charest, a témoigné Me Bellemare.

De plus, M. Bellemare a raconté avoir été témoin de l’échange d’une importante somme d’argent liquide entre l’entrepreneur Fava et un permanent du Parti libéral du Québec (PLQ).
M. Charest a nié en bloc les allégations de son ancien ministre.

Mandatée par le premier ministre, la commission Bastarache vise à faire la lumière sur les allégations de trafic d’influence dans la nomination des juges soulevées le printemps dernier par Me Bellemare.

Une quarantaine de témoins devraient être entendus au cours des audiences à venir, d’ici au dépôt du rapport de la commission le 15 octobre.

Autre texte suivra.
 
 
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  • L'ex-Canard - Inscrit
    25 août 2010 14 h 42
    Vous rappelez-vous la longue saga Mulroney?
    Les payeurs de taxe ont fait les frais de la mauvaise farce devant des vieux routiers de la politique et leurs caisses occultes.

    Cet ajournement approuvé par le juge Bastarache me déplait particulièrement. Quand on va chez le dentiste, c'est pour en finir au plus sacrant. Ce n'est certes pas pour justifier une plus longue facture.
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    25 août 2010 15 h 14
    Manque de caractère
    «A mesure que le temps passait, M. Fava faisait preuve d’une «insistance et d’une arrogance croissante» pour obtenir la nomination des juges de son choix, a affirmé Me Bellemare.»

    Quel manque de caractère de monsieur Bellemare. Personnellement, je n'aurais jamais accepté, peu importe la couleur du parti, qu'un collecteur de fonds viennent me dicter ma conduite. Il faut mettre ses culottes dans la vie, et ne pas accepter, quand on est professionnel, que de parfaits ignorants viennent nous dire ce qu'il faut faire.

    Monsieur Bellemare a perdu une excellente occasion d'être authentique, congruent, en rappellant au premier ministre qu'un bâilleur de fonds n'a aucune affaire dans les ministères d'un gouvernement. On le sait, monsieur Charest, pleutre comme il l'est, aurait ptéféré son collecteur à son ministre. L'occasion était bonne de quitter à ce moment-là, et de dénoncer la situation.

    Aujourd'hui, c'est trop tard, et c'est sa parole contre le PM et les ouailles du PM.
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    25 août 2010 15 h 57
    Tant qu'on est ministre on obéit au PM.
    Ce que Bellemare a fait.Il n'a cependant pas cédé à la demande de Charest d'invoquer des raisons familiales pour quitter la politique. Ce culotté de Charest lui a demandé de mentir.

    Non, Bellemare a donné la vraie raison, soit que Charest n'avait pas tenu son engagement électoral, à savoir modifier le "no fault".
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  • Micheline Gagnon - Abonnée
    25 août 2010 17 h 02
    Before criticizing a man, walk a mile in his shoes
    S'il manquait de caractère, il aurait craqué depuis longtemps. Les raisons qu'il a données pour ne rien dire sont aussi valables que la raisons qu'il aurait pu avoir de parler et lui sont personnelles. Ne pas oublier l'absence de témoins pour Marc Bellemare alors que l'autre partie se tient les coudes serrés serrés, la fameuse et sinistre solidarité ministérielle (souvenez-vous des noms Tomassin, Wissell)! Pour votre information M. Fava est avocat, pas si ignorant que ça n'est-ce pas?
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  • Julien Renaud-Belleville - Inscrit
    25 août 2010 17 h 45
    Charest homme de bien?
    Cette commission est absurde et inutile. D'un côte il y a celui qui accuse sans preuve concrête et de l'autre, l'accusé qui joue au vierge offensée. Le seul but que poursuit Jean Charest dans cette farce est d'encore mettre la faute sur les autres et essayer de laver son image quelque peut démolie. On voit très bien ici la droite: toujours oeuvrer pour son intérêt personel et ceux de ses complices de coulisse qui garnissent les coffres et lui offre de profiter du confort américain avec un petit à côté de 75 000$. 6 millions pour essayer de redorer son image...vive la liberté de faire ce qu'on veut!
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    25 août 2010 17 h 50
    Les souliers de Bellemare
    Je ne voudrais pas être dans les souliers de Bellemare. J'ai écouté sa version et elle ne tient pas la routre. Quand on accuse son «boss» de tous les péchés de sodome, on doit posséder des preuves pertinentes et vérifiables pour soutenir les accusations portées, et jusqu'à maintenant, il n'en possède aucune. Qui plus est, il n'a aucun témoin qui puisse vaalider ses accusations.

    Pas fort pour un ex-ministre de la justice. Il a certainement coulé quelques cours en droit pour se mettre les pieds dans un pareil bourbier. Pas fort, maiss pas fort du tout!

    Comme on dit aussi en anglais: «He made his bed; NOW, SLEEP IN IT.»
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  • alen - Inscrit
    25 août 2010 20 h 24
    Simple..?
    Quiconque a occupé un poste décisionnel d'importance sait que la fonction vient avec des responsabilité et des aléas, comme des pressions de parties intéressées par les décisions qu'on prend ou s'apprête à prendre. Quiconque a consulté son entourage pour savoir que faire dans ces circonstances s'est probablement fait répondre plus souvent qu'autrement que ça vient avec le poste ou la fonction et qu'en bout de ligne on est bien seul dans ses décisions. On dit même que c'est dans leur capacité de réagir à tout cela qu'on distingue les bons administrateurs des moins bons.

    Bien sûr, sur cette base, on doit conclure que M. Bellemarre s'est avéré un mauvais administrateur. Mais la commission (ou toute autre personne) devrait prendre guarde d'insister sur le fait; M. Bellemarre débutait dans le métier et a démissionné rapidement (moins d'un an) après s'être rendu compte qu'il n'avait pas les talents pour continuer, peu importe les motifs qu'il ait invoquer pour officialiser sa décision.

    Il y a bien d'autres facettes de la question à analyser encore, mais l'essentielle, celle qui compte par dessus toutes les autres, est de savoir si Franco Fava a fait des pressions ou pas, pour faire nommer les juges mentionnés? En retour de quoi? De contributions au parti comme certaines garderies? Et si cela est un système érigé par le premier ministre?

    Évidemment, Me Bastarache n'a pas le mandat de chercher à savoir ça. Voilà, tout a été dit.
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  • Geoffroi - Abonné
    25 août 2010 21 h 43
    Solidarité et médiocrité
    « Ce qui rend la corruption, ou même la simple médiocrité des élites, si funeste, c'est la solidarité qui lie entre eux tous leurs membres, corrompus ou non corrompus, dans la défense du prestige commun.«

    Le Chemin de la Croix-des-Ames (1948), Mars 1942

    Citations de Georges Bernanos
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  • ClarkeCity - Inscrit
    26 août 2010 00 h 28
    Une commision d'enquête avec un mandat ÉLARGIE
    Selon moi, Monsieur Bellemare a bien livré la marchandise. J'ai vécu personnellement une expérience qui m'indigne de notre gouvernement. C'est le temps que Monsieur Charest élargisse le mandat de l'enquête.

    Télécharger le témoignage d’une vérité gênante : « Une communauté d’accueil abandonnée ». (Par le MDDEP, Sécurité Civile, MAMROT, et Protecteur du Citoyen)

    http://pages.globetrotter.net/sm-experience/downlo

    www.SergeMarchand.com
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  • Micheline Gagnon - Abonnée
    27 août 2010 14 h 41
    Finalement, un premier témoin
    Georges Lanlande corrobore ce qu'a dit Marc Bellemare à propos de M. Fava et devra se présenter à la commission pour témoigner.
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  • Micheline Gagnon - Abonnée
    27 août 2010 17 h 37
    Le DGE devra se présenter à la Commission Bastarache?
    En effet, il était prévu qu'il rencontre Marc Bellemare le 30 août. Alors, il devra se présenter à la commission pour obtenir son témoignage? À moins que l'on décide que le DGE est prioritaire? Cela devient difficile pour l'agenda de ce témoin, citoyen qui travaille pour gagner sa vie, quand on le convoque de tout bord de tout côté pour le faire parler (mais le moins possible, on veut savoir mais pas tout)!

    On se demande pourquoi on n'a pas fait une seule commission publique indépendante pour limiter l'éparpillement à moins que le but visé soit de stresser M. Bellemare afin qu'il parle, mais pas trop? Ou encore décourager tout témoin qui aurait le goût d'appuyer M. Bellemare? Ne pas oublier qu'il y aura une, peut-être deux poursuites au civil par la suite. Bien grosse machine contre un seul homme que l'on a poussé à parler bien malgré lui, alors qu'on voudrait en même temps qu'il se taise!
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