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Commission Bastarache - Bellemare en terrain miné

Son témoignage tant attendu pourrait ne pas être entièrement diffusé

Antoine Robitaille   24 août 2010  Québec
C’est aujourd’hui que le juge Michel Bastarache doit commencer à entendre le témoignage de l’ancien ministre de la Justice, Marc Bellemare, à propos du processus de nomination des juges.<br />
Photo : Agence Reuters Mathieu Bélanger
C’est aujourd’hui que le juge Michel Bastarache doit commencer à entendre le témoignage de l’ancien ministre de la Justice, Marc Bellemare, à propos du processus de nomination des juges.
Québec — Lors de son témoignage très attendu aujourd'hui devant la commission Bastarache, l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare s'exposera à des poursuites judiciaires, mais aussi à des interdits de publication qui pourraient être prononcés à tout moment par le commissaire.

Les poursuites pourraient venir d'une personne comme l'entrepreneur en construction de Québec Franco Fava. Le nom de ce dernier a été cité en avril par certains médias, car il aurait fait partie des collecteurs de fonds libéraux qui, au dire de Marc Bellemare, auraient fait pression sur Jean Charest pour que certaines personnes soient nommées juges.

«Bellemare n'a pas encore mentionné mon nom publiquement», a fait remarquer M. Fava, dans une entrevue téléphonique au Devoir, hier. Puis il a laissé tomber: «On va attendre ce que M. Bellemare a à dire. On va être bien attentifs. On réagira à ça.» Il estime que, depuis quelques mois, à partir de ce qu'il appelle «les hallucinations de Bellemare», «les gens disent n'importe quoi». Il est temps selon lui que l'ex-ministre précise ses allégations. «Et on va répliquer», certifie-t-il. Non seulement par la voie judiciaire, mais aussi lors d'un témoignage. Car M. Fava — comme 50 autres personnes — a rencontré les procureurs de la commission durant l'été pour une «entrevue préalable» en privé. Il s'attend à être convoqué incessamment pour témoigner devant la commission Bastarache. «Mais ça ne m'inquiète pas outre mesure. J'ai pas l'impression d'avoir rien fait d'incorrect», dit celui qui a toujours nié être intervenu de manière indue.

Audiences privées?

Il est toutefois loin d'être certain que l'ensemble du témoignage de Marc Bellemare sera diffusé aujourd'hui, même si les RDI, LCN et même CPAC ont promis d'en livrer une version in extenso.

Car M. Bellemare a refusé de rencontrer en privé les procureurs de la commission pour l'étape de l'«entrevue préalable», où il aurait exposé à l'avance les grandes parties de son témoignage. Me Bellemare a répété à de multiples reprises qu'il ne pouvait se fier aux procureurs de la commission, laquelle était à ses yeux un «piège à con». Il craignait qu'en allant leur livrer son témoignage en primeur, ces procureurs ne puissent transmettre ces informations à certains de ses adversaires dans cette affaire, notamment Jean Charest.

Ce n'est que le 13 août que Marc Bellemare a renoncé à sa requête déposée le 30 juillet dans laquelle il réclamait l'annulation de la commission et que, contre toute attente, il a annoncé qu'il se présenterait devant la commission. Par conséquent, le commissaire Bastarache et ses procureurs ignorent ce que Marc Bellemare s'apprête à dire aujourd'hui. Et c'est pour cette raison que Me Bastarache pourrait décider à tout moment de frapper d'interdit des parties, ou même l'ensemble, du témoignage de M. Bellemare. Contrairement à ce que ce dernier a affirmé, aucune assurance ne lui a été donnée que le tout serait diffusé in extenso, certifie la commission.

Le porte-parole de la Commission, Guy Versailles, explique le dilemme en ces termes: «Le préjugé de la commission et sa volonté ferme, c'est que tout soit ouvert, public, transparent, instantané, direct. Cela étant, les commissions d'enquête ont une obligation de protéger les réputations des personnes et de ne pas mettre sur la place publique de manière inutile des noms, des renseignements personnels.» Le seul fait d'être nommé dans le cadre d'une commission d'enquête «peut entraîner des perceptions», fait-il valoir. Ce à quoi certains spécialistes, comme le professeur de droit Patrice Garant, de l'Université Laval, répliquent que la commission pourrait simplement offrir à ces personnes de répondre à ces propos devant la commission.

Comment faire pour censurer instantanément un nom ou des informations? Selon M. Versailles, il y a une «variété d'approches». La plus radicale est le huis clos total, où tout le monde est expulsé de la salle. M. Versailles a même évoqué la possibilité qu'un enregistrement du témoignage soit fait, lequel serait diffusé en différé, après avoir été expurgé de noms ou d'informations pouvant nuire à des réputations.

On ignore pour l'instant quand le premier ministre Charest témoignera, mais son bureau a confirmé hier qu'il avait franchi cet été l'étape de l'entrevue préalable. Un sondage Angus Reid-La Presse indiquait hier que, jusqu'à maintenant, pour 53 % des Québécois, la version de Marc Bellemare est plus «crédible» que celle du gouvernement, laquelle fut considérée comme plus crédible par 12 % seulement des sondés.
 
 
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  • Normand Carrier - Abonné
    24 août 2010 06 h 18
    Une commission discréditée ....
    C'est un euphémisme de dire que Jean Charest et son gouvernement souffre d'un grave problème de crédibilité avec un gros 12% qui croit leur version contre 53% qui croient Marc Bellemare ! La très vaste majorité des contribuables ne s'attendent a rien de bon de cette commission et quelque soient les conclusions , elle souffrira de l'indifférence de la population et tout indique qu'elle aura été inutile et coûteuse .... Tout cela pour satisfaire l'égo et le désir de vengeance de Jean Charest car une commission parlementaire aurait pu faire un bon déblayage ....
    Maitre Bellemare marche en terrain miné mais heureusement pour lui qu'il est avocat et qu'il connait les méandres de la justice et nous devons assumer qu'il savait dans quoi il s'embarquait en prenant le risque de dévoiler et dénoncer ce système modifié de nomination des juges depuis 2003 ....
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  • Nicole Lamoureux - Inscrite
    24 août 2010 06 h 52
    OUI à Patrice Garant
    Effectivement les personnes nommées par Me Bellemare pourraient avoir le droit de répondre aux accusations mais, il est assuré que Bastarache ne fera pas cette ouverture vers la démocratie puisqu'il est enfermé dans la prison libérale.

    Les rats attendent juste un mot mal inséré dans une phrase pour lancer des poursuites contre Me Bellemare . Ces personnes sont tous sous la tutelle de Charest et sont incapables de parler sans le filtre Charest.

    Cette mascarade nous coûtera une fortune de 6 millions et plus alors que Charest est celui qui en est le seul responsable. Il me dégoutte.
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  • François Dugal - Abonné
    24 août 2010 07 h 33
    Péril
    Affronter l'establishment juridique, courage ou inconscience?
    Ce pauvre Bellemare va se faire ramasser.
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  • francaisdamerique - Inscrit
    24 août 2010 07 h 36
    Plus ça change, plus c'est pareil
    Aucun politiciens n'aiment les dénonciateurs comme M. Bellemarre et encore moins s’ils sont issus de la même classe politique. La Commission Bastarache ne fera pas de cadeau à l’ex-ministre Bellemare et encore moins ceux qui sont visés dans cette affaire (comme l'entrepreneur en construction de Québec Franco Fava). Mais personne n’est surpris des propos de M. Bellemare en ce qui concerne la nomination des juges puisque c’est partout pareil au pays. Pour cela, vous n’avez qu’à penser à l’ensemble du système judiciaire au Canada.

    Les juges, qui possèdent un pouvoir immense, sont nommés n’ont pas pour leurs compétences dans la majorité des cas, mais à cause de leurs affiliations politiques. Même si les juges de la Cour suprême doivent passer devant un comité de députés multipartite parlementaire, celui-ci ne détient aucun pouvoir décisionnel et c’est au premier ministre de faire le choix final. Au niveau provincial, on retrouve la même situation de patronage dans toutes les provinces. En ce qui concerne les juges de paix en Ontario, ils sont de simples citoyens choisis par les gouvernement provinciaux pour les récompenser ou leur accorder des faveurs pour leurs affiliations politiques en leur attribuant une charge publique (patronage).
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  • Claude Kamps - Inscrit
    24 août 2010 07 h 36
    Charest ne peut et ne veut pas perdre
    Il a toute les ficèles de cette pantomime en mains, c'est lui qui les a créés...

    Depuis le début, on sent la république de banane à mille lieu de la Ronde !

    La justice, rendue à ce niveau de connivence avec l'accusation est un déni de justice flagrant.
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    24 août 2010 07 h 45
    S'ils coupent quoi que ce soit, ça va être pire
    Tout finit toujours par se savoir. Couper l'ensemble ou une partie du témoignage de Marc Bellemare ne ferait que nous faire perdre du temps et nous en avons déjà assez perdu comme ça.

    Serge Grenier
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  • Stéphane Leclair - Abonné
    24 août 2010 07 h 55
    Ça s'annonce mal
    Donc, on a une commission chargée de faire la lumière sur un présumé scandale, et dont on a annoncé qu'elle allait être publique pour plus de transparence (par rapport à une audience du directeur des élections), mais finalement elle va être à huis clos quand même, et censurée selon l'humeur du boss. Tout ce qu'on va savoir, nous les pauvres moutons, c'est que M. Bellemare se fait poursuivre par X ou par Y pour ses allégations, mais on n'aura pas le droit de savoir pourquoi.

    Ne serait-ce pas normal que les témoins dans une commission comme celle-ci soient à l'abri des poursuites, d'une façon quelconque?

    Je pense que M. Bellemare a bel et bien vu ce qu'il a décrit, et plus, mais qu'il n'a pas beaucoup de preuves tangibles à l'appui de ses dires. Ce genre de témoignage ne fonctionne que sur une tribune ouverte. Si la commission n'est plus ouverte et publique, il est en effet tombé dans un piège à con.
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    24 août 2010 09 h 01
    Sous la photo de Bastaj'enarrache...
    ...il est écrit que le juge (sic) Bastarache doit commencer à ...
    M. Robitaille, Bastarache n'est plus juge. Un peu de professionnalisme ne ferait pas de tort.

    Quant à cet ex-juge de la Cour Suprême, il aurait mieux fait de refuser l'offre du tandem Charest-Dupuis. On se souviendra de lui comme quelqu'un qui a fait les basses oeuvres de Charest et non d'un juge, considéré comme excellent.
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  •  
  • martin grenier - Inscrit
    24 août 2010 09 h 14
    droit de savoir
    Expliquer moi pourquoi ce n'est^pas publique parce que a la fin c'est nous qui payons
    grenier.martin@videotron.ca
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  • Ciceron Derome - Abonné
    24 août 2010 10 h 02
    terrain miné?
    Mais qui a miné le terrain, bon nombre d'années plus tard? Il doit savoir où il a posé ses mines. Il n'a qu'à les éviter...

    Je ne suis pas d'accord avec Stéphane Leclair qui indique que "ce genre de témoignage" (sans preuves) ne fonctionne que sur une tribune ouverte." Justement, il est là le bobo. Il y en a même qui profitent de l'immunité parlementaire pour "témoigner", sans preuves, sachant très bien tout le tort que cela peut causer. Les stratèges de l'opposition officielle le savent très bien et cela s'inscrit sans retenue, puisque c'est bon pour le capital politique, dans ce vaste mouvement de démolition d'image et de parti plutôt que de présenter un argumentaire qui se tient. Bien sûr, pour présenter un argumentaire qui se tient, du contenu, il faut avoir de la substance. Nous sommes devant un ensemble vide camoufflé derrière des campagnes de salissage très bien organisées. Malheureux.
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  • michel lebel - Inscrit
    24 août 2010 10 h 29
    Triple erreur...
    Jean Charest n'aurait jamais dû donner de l'importance aux propos de Marc Bellemare. Il lui a donné tout l'espace médiatique qu'il voulait. Ce qui fut une grave erreur, comme ce fut une autre erreur de metttre sur pied la Commission Bastarache, sans oublier celle de la pousruite personnelle contre Marc Bellemare. Dans bien des circonstances de la vie, il vaut mieux laisser braire. Pour agir ainsi, il faut une certaine élévation, pour discerner entre ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Jean Charest a été incapable de viser haut cette fois-ci.

    Michel Lebel
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  • Pierre Véronneau - Inscrite
    24 août 2010 10 h 53
    Vaudeville
    Ça sent déjà le grand Guignol cette commission pastiche ne sert qu'à noyer le poisson, cette comédie burlesque ne règlera rien, nous ne saurons rien et pendant ce temps....Monsieur Charest: sait tout, comprends tout, voit tout. Le fait d'être rejeté par 80% de la population le laisse de bois, au japon un politicien à 25% de rejet démissionne en pleurs devant le pays à 50% il y a pas si longtemps se serait fait hara kiri.

    Monsieur omnipotent lui, glousse, pérore et continu de faire en sorte d'enrichir ses amis pétrolières gazières bétonnières et de laisser un Québec en ruine avant de partir en retraite doré. Il caquète sur les chances que son fils spirituel l,emporte dans St-Laurent ohhhh grosse prédiction, on le sait tous; tu peintures une belette en rouge et elle emporte St-Laurent. Navrant.
    Pierre Véronneau
    Montréal
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  • Joann Petrin - Inscrite
    24 août 2010 18 h 29
    commission Bastarache
    Cette commusion ne sert à rien car elle emontre encore une fois que le premier Ministre Jean Charest cherche à cacher la vérité et de plus jai toujour pensée que jean Charest nous ment depuis le début de son election car meme en élection il a tromper ces électeurs pour être promu Premier Ministre ey j`ajoute que se soit un MINISTRE un AVOCAT un JUGE ou un CONSEILLER FINANCIER ce sont tous des menteurs pour mieux vous faire payer d`avatage la justice au Québec il y en tout simplement pas il y a pas de justice au quebec il va falloir que Nous payeurs de taxes prennons cela entres nos mains et nous faire le ménage qui s`impose dans la classe politique et dans la justice car eux ils vont juste vous mettrent un fillet sur les yeux pour vous empècher de voir leurs vrai visages
    Merci Joann Pétrin
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  •  
  • Moustache - Inscrit
    24 août 2010 19 h 12
    Question de vocabulaire...
    Je trouve que Charest exagère sur le vocabulaire en mentionnant, et je cite ce qu'il a répété, ce soir. au moins dix fois: "indu"

    Que veut-il dire ?

    Que c'était quelque chose de dû ?
    Ou que c'était inconvenable ?

    Je suis certain que SON option est la seconde alors qu'il pense à la première....

    Je crois qu'il joue avec les mots et que c'est la première proposition qui est la bonne: "une chose due...."
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  •  
  • Michel Laurence - Inscrit
    24 août 2010 20 h 09
    Charest ne viendrait-il pas de dicter leur témoignage aux autres témoins ?
    En agissant comme il l'a fait aujourd'hui avec sa déclaration intempestive, Charest ne viendrait-il pas de dicter aux autres leur témoignage ?
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  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    24 août 2010 20 h 16
    Entre les deux
    Charest est perçu comme un menteur invétéré. La population croit davantage Bellemarre que Charest, dont le nez s'allonge de jour en jour.
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