Conflit au Journal de Montréal: les jeunes libéraux veulent moderniser le Code du travail
Saint-Augustin-de-Demaures - La Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec a adopté aujourd'hui par une forte majorité une proposition pour modifier le Code du travail afin d’empêcher des entreprises de presse comme Quebecor d’utiliser des briseurs de grève pour remplacer ses journalistes en lock-out.
Réunis en congrès en banlieue de Québec aujourd'hui, les jeunes libéraux jugent qu’il faut moderniser les dispositions sur les briseurs de grève contenues dans le Code du travail afin qu’elles s’appliquent «équitablement» à tous les contextes de travail, notamment ceux qui sont affectés par le développement des nouvelles technologies.
«La nouvelle définition devrait s’appliquer à tout individu effectuant le travail d’un employé mis en grève ou en lock-out même s’il opère hors de l’établissement physique touché par la grève ou le lock-out», peut-on lire dans la proposition-cadre adoptée sous la rubrique «Protéger la liberté d’expression et l’indépendance journalistique».
Les jeunes libéraux estiment que le Journal de Montréal, dont les journalistes sont en lock-out, tout comme l’ont été ceux du Journal de Québec auparavant, viole l’esprit du Code du travail en engageant des journalistes de remplacement qui ne travaillent pas dans la salle rédaction.
«C’est un conflit qui est triste et qui dure depuis trop longtemps à mon avis», a dit en matinée la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre.
Joint par Le Devoir, le président de la FTQ, Michel Arsenault, s’est dit agréablement surpris par la position prise par les jeunes libéraux alors que les péquistes, de leur côté, n’ont pas eu ce courage. La FTQ presse le gouvernement libéral d’amender le Code du travail afin de «l’adapter au temps d’aujourd’hui» et de respecter l’esprit du législateur qui a établi en 1978 ces dispositions anti-briseurs de grève. La centrale, qui représente des travailleurs du Journal de Québec, s’est adressée à la Cour d’appel pour renverser une décision de la Cour supérieure qui a donné raison à Quebecor et qui limite à l’établissement l’application des dispositions anti-briseurs de grève.
Curieusement, la CSN, qui représente les travailleurs du Journal de Montréal en lock-out depuis près de 19 mois, est restée muette à ce sujet jusqu’ici. On n’a pu joindre un de ses porte-parole.
En faveur d'un statut de journaliste professionnel
Les jeunes militants libéraux se sont aussi prononcés en faveur de l’attribution d’un «titre de journaliste professionnel« par un regroupement désigné et géré par les journalistes. Ce titre serait conféré aux journalistes dits «de fait», ceux qui font de l’information factuelle, et non pas aux éditorialistes et aux chroniqueurs. Le regroupement de journalistes ne serait pas un ordre professionnel : si le titre de journaliste serait «protégé», l’acte ne le serait pas. Bref, tout le monde pourrait faire du journalisme mais les journalistes professionnels s’engageraient à respecter un code de déontologie et auraient accès aux points de presse du gouvernement. En outre, leurs sources jouiraient d’une protection légale.
Les jeunes libéraux veulent aussi que soient renforcés les pouvoirs du Conseil de presse du Québec, que Quebecor vient de déserter. Le Conseil de presse pourrait imposer des sanctions à un journaliste ou à un média fautif.
Par ailleurs, les nouvelles technologies ont eu raison du huis-clos imposé pour les délibérations des jeunes libéraux avec les députés et ministres en matinée. Un jeune blogueur et militant libéral, Jérémie Tremblay, a rapporté sur Twitter un résumé de propos qu’aurait tenu Christine St-Pierre au sujet des médias. «Christine St-Pierre accuse les médias d’avoir « un agenda »», a-t-il écrit. Quelques minutes plus tard, il a ajouté que « Christine St-Pierre accuse le JdeM [Journal de Montréal] d’être indépendantiste sans le dire à ses lecteurs (contrairement au Devoir) ». Le cabinet de la ministre n’a ni confirmé, ni infirmé que la ministre ait livré de telles observations lors du huis clos.
Jérémie Tremblay, un étudiant en relations industrielles à l’Université Laval, a déclaré au Devoir qu’il avait résumé fidèlement les propos de Mme St-Pierre, sans que l’organisation du CJ ne lui signifie qu’il brisait ainsi le huis clos.
Réunis en congrès en banlieue de Québec aujourd'hui, les jeunes libéraux jugent qu’il faut moderniser les dispositions sur les briseurs de grève contenues dans le Code du travail afin qu’elles s’appliquent «équitablement» à tous les contextes de travail, notamment ceux qui sont affectés par le développement des nouvelles technologies.
«La nouvelle définition devrait s’appliquer à tout individu effectuant le travail d’un employé mis en grève ou en lock-out même s’il opère hors de l’établissement physique touché par la grève ou le lock-out», peut-on lire dans la proposition-cadre adoptée sous la rubrique «Protéger la liberté d’expression et l’indépendance journalistique».
Les jeunes libéraux estiment que le Journal de Montréal, dont les journalistes sont en lock-out, tout comme l’ont été ceux du Journal de Québec auparavant, viole l’esprit du Code du travail en engageant des journalistes de remplacement qui ne travaillent pas dans la salle rédaction.
«C’est un conflit qui est triste et qui dure depuis trop longtemps à mon avis», a dit en matinée la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre.
Joint par Le Devoir, le président de la FTQ, Michel Arsenault, s’est dit agréablement surpris par la position prise par les jeunes libéraux alors que les péquistes, de leur côté, n’ont pas eu ce courage. La FTQ presse le gouvernement libéral d’amender le Code du travail afin de «l’adapter au temps d’aujourd’hui» et de respecter l’esprit du législateur qui a établi en 1978 ces dispositions anti-briseurs de grève. La centrale, qui représente des travailleurs du Journal de Québec, s’est adressée à la Cour d’appel pour renverser une décision de la Cour supérieure qui a donné raison à Quebecor et qui limite à l’établissement l’application des dispositions anti-briseurs de grève.
Curieusement, la CSN, qui représente les travailleurs du Journal de Montréal en lock-out depuis près de 19 mois, est restée muette à ce sujet jusqu’ici. On n’a pu joindre un de ses porte-parole.
En faveur d'un statut de journaliste professionnel
Les jeunes militants libéraux se sont aussi prononcés en faveur de l’attribution d’un «titre de journaliste professionnel« par un regroupement désigné et géré par les journalistes. Ce titre serait conféré aux journalistes dits «de fait», ceux qui font de l’information factuelle, et non pas aux éditorialistes et aux chroniqueurs. Le regroupement de journalistes ne serait pas un ordre professionnel : si le titre de journaliste serait «protégé», l’acte ne le serait pas. Bref, tout le monde pourrait faire du journalisme mais les journalistes professionnels s’engageraient à respecter un code de déontologie et auraient accès aux points de presse du gouvernement. En outre, leurs sources jouiraient d’une protection légale.
Les jeunes libéraux veulent aussi que soient renforcés les pouvoirs du Conseil de presse du Québec, que Quebecor vient de déserter. Le Conseil de presse pourrait imposer des sanctions à un journaliste ou à un média fautif.
Par ailleurs, les nouvelles technologies ont eu raison du huis-clos imposé pour les délibérations des jeunes libéraux avec les députés et ministres en matinée. Un jeune blogueur et militant libéral, Jérémie Tremblay, a rapporté sur Twitter un résumé de propos qu’aurait tenu Christine St-Pierre au sujet des médias. «Christine St-Pierre accuse les médias d’avoir « un agenda »», a-t-il écrit. Quelques minutes plus tard, il a ajouté que « Christine St-Pierre accuse le JdeM [Journal de Montréal] d’être indépendantiste sans le dire à ses lecteurs (contrairement au Devoir) ». Le cabinet de la ministre n’a ni confirmé, ni infirmé que la ministre ait livré de telles observations lors du huis clos.
Jérémie Tremblay, un étudiant en relations industrielles à l’Université Laval, a déclaré au Devoir qu’il avait résumé fidèlement les propos de Mme St-Pierre, sans que l’organisation du CJ ne lui signifie qu’il brisait ainsi le huis clos.
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