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L'approche autonomiste - Quand on se fonde sur une erreur historique

L'analyse de l'historien Maurice Séguin est encore fort pertinente pour tous ceux qui veulent comprendre les raisons qui justifient le combat pour l'indépendance du Québec

Robert Comeau - Professeur associé, département d'histoire, Université du Québec à Montréal  2 août 2010  Québec
Dans la réplique à l'article de Claude Bariteau du 26 juillet que signe Alexandre Thériault-Marois, président du comité national des jeunes du Parti québécois, et qui a été publiée dans Le Devoir du 30 juillet, une erreur historique s'est glissée, qui n'est pas sans conséquences.

Abordant les deux approches qualifiées respectivement par Claude Bariteau d'«affirmative» et d'«autonomiste», M. Thériault-Marois a voulu les situer dans l'histoire en précisant que ces deux approches ne sont pas deux doctrines séparées entre lesquelles les nationalistes doivent nécessairement faire un choix. «Il s'agit plutôt, selon le président des jeunes du PQ, de deux courants évoluant ensemble, s'entrecroisant et se propulsant l'un et l'autre dans l'histoire de notre nation.»

Si cela est vrai en pratique, il reste que ces deux courants ont été bien caractérisés et bien analysés. Et ils s'inscrivent dans une histoire.

Lorsque M. Thériault-Marois affirme: «Si lors de la Révolution tranquille, les historiens, dans un courant marxiste [sic], ont romancé l'apport des patriotes, ceux d'aujourd'hui pondèrent et rétablissent [sic] les réformistes comme Étienne Parent et Louis Hyppolyte LaFontaine», il semble ignorer que ce n'est pas un historien marxiste mais bien le théoricien du mouvement indépendantiste de l'École néo-nationaliste de l'Université de Montréal, Maurice Séguin, nullement marxiste et spécialiste de l'analyse de la question nationale du Québec, qui a le premier analysé à fond la pensée des réformistes et montré comment elle a été à l'origine ici du courant nationaliste-fédéraliste et a longtemps dominé les élites nationalistes-fédéralistes (ou autonomistes).

Mise en minorité

Séguin l'a bien synthétisé dans sa brochure L'Idée d'indépendance au Québec. Genèse et historique (Boréal-Express, 1968): derrière le conflit entre Papineau et LaFontaine, il y a deux courants de pensée bien distincts qui ont élaboré des analyses fort différentes de l'Union législative de 1840: LaFontaine et Parent, devant l'Union de 1840, l'ont acceptée — ils n'avaient pas le choix, bien sûr — en affirmant que l'indépendance nationale du peuple du Bas-Canada (le Québec d'aujourd'hui) n'était plus nécessaire pour développer son économie et sa culture. Par l'éducation économique et la bonne volonté des individus, notre infériorité économique peut être corrigée.

C'est cela que Papineau a contesté, car pour lui, le plus grave dans l'Union forcée de 1840 était bien la mise en minorité d'un peuple. (On lira, de Louis-Joseph Papineau, Cette fatale Union, textes réédités par Lux éditeur en 2003.)

Comme Papineau, Séguin a bien vu dans la mise en minorité l'oppression essentielle justifiant la lutte pour l'indépendance du Québec. Or cette mise en minorité n'a pas été corrigée en 1867.

Bien sûr, certains nationalistes-fédéralistes peuvent s'aveugler et affirmer que l'Union a échoué car LaFontaine a courageusement imposé la langue française au Parlement du gouvernement d'union. Mais là ne résidait pas l'oppression politique essentielle, plus difficile à détecter à l'époque, mais aujourd'hui bien analysée par les historiens indépendantistes.

Une illusion à expliquer

L'historien Maurice Séguin, professeur à l'Université de Montréal de 1948 à 1984, a bien expliqué «l'illusion progressiste» au lendemain de l'Union du journaliste Étienne Parent et du dirigeant L.-H. LaFontaine, qui remplace Papineau sur la scène politique.

Séguin écrivait il y a plus de 40 ans: «Sur le plan politique, grâce à l'idéologie fédéraliste, les chefs canadiens-français, politiciens comme LaFontaine ou journalistes comme Étienne Parent, en arrivent rapidement à croire que l'Union (de 1840) n'a fait que juxtaposer deux colonies qui, par la conquête en commun du self government, demeurent libres de s'administrer chacune dans sa zone. Ils voient dans l'Union une espèce de juxtaposition de deux autonomies coloniales en ce qui a trait à l'essentiel de la vie nationale du Canada français et du Canada anglais, même si l'on gère en commun certains secteurs dits neutres, comme les finances publiques, la politique tarifaire, le commerce, les transports, la défense, la politique extérieure (p. 38).»

Et au plan économique, ils en viennent à expliquer l'infériorité économique des Canadiens français qu'ils observent, non pas par l'absence d'État national, mais par «la négligence criminelle de l'élite au lendemain de la conquête et pour les générations suivantes, par la paresse des Canadiens français et leur ignorance de l'économie politique, bref ils attribuent aux Canadiens français eux-mêmes leur désastre économique» (p. 40).

Maurice Séguin a constaté que vers 1846, «l'illusion progressiste» est complètement mise en forme: «Pour cette école, le problème de l'émancipation politique est réglé. Grâce au fédéralisme, il y a égalité politique avec le Canada anglais. Un grave problème économique subsiste, dangereux au point de menacer d'assimilation. Cependant, tout peut être réparé, si les Canadiens français veulent bien se servir de leurs talents. Cette pensée progressiste des réformistes de 1846 comme LaFontaine et Parent devient le credo national, la doctrine traditionnelle aujourd'hui plus que centenaire de l'immense majorité de ceux qui, se croyant à l'avant-garde, prétendent que le Canada français a obtenu une autonomie politique suffisante pour parfaire, s'il le veut, son autonomie économique, sociale et culturelle».

Réhabilitation

Cependant, le récent ouvrage de l'historien Éric Bédard, sur les réformistes du XIXe siècle (Les Réformistes, Boréal, 2009), n'est nullement critique face à la pensée des réformistes. Cet historien, tout en citant l'ouvrage de Maurice Séguin sur l'idée d'indépendance dans sa bibliographie, ne s'en inspire nullement dans son étude.

L'analyse lucide de Séguin, qu'il a ignorée et qu'il rejette maintenant ouvertement dans ses récents articles, aurait pourtant été essentielle pour la compréhension de notre histoire. Car Bédard, qui a voulu réhabiliter les politiciens réformistes conservateurs et fédéralistes, n'a pas compris qu'il a fallu plus de 150 ans à la pensée indépendantiste pour ébranler ce vieux credo national.

Comme intellectuel, il aurait été plus utile qu'il travaille à démasquer cette illusion des réformistes du XIXe siècle qui a contribué au maintien du statu quo constitutionnel. Ainsi, il aurait pu mieux conseiller le président des jeunes du Parti québécois, qui se trompe, à mon avis, en attribuant la critique des réformistes du XIXe siècle aux marxistes de la Révolution tranquille.

L'analyse de l'historien Maurice Séguin est encore fort pertinente pour tous ceux qui veulent comprendre les raisons qui justifient le combat pour l'indépendance du Québec.


 
 
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  • michel lebel - Inscrit
    2 août 2010 06 h 53
    L'histoire!
    L'histoire, l'histoire, que de choses dites et écrites en ton nom! Autant de "vérités" en histoire qu'en économie! Une chose est sûre, l'histoire sert toujours le présent.
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  • J. Maurice Arbour - Abonné
    2 août 2010 07 h 06
    L'alliance du pot de fer et du pot d'argile


    Je me souviens que cette idée de la Défaite providentielle, qu'on doit au juge anglais William Smith, fut reprise plus tard en 1833 puis en 1868 par Étienne Parent, le grand Étienne Parent qui contribua d’une manière si exceptionnelle à la fondation du nationalisme culturel québécois et dont le leitmotiv de son journal Le Canadien était Nos Institutions, Notre langue, Nos Lois .Ce grand journaliste et essayiste, qui s’opposa de toutes ses force à l’Union de 1840, fut aussi l’homme de la soumission honorable et de la défaite providentielle ,Voici ce qu'il racontait en 1868 dans son discours sur la confédération (Discours de Rimouski)

    Je ne vous reporterai qu’à l’époque de la cession du pays à l’Angleterre. Eh! bien, celui qui aurait dit à nos pères que cette cession allait faire leur salut, aurait été traité d’insensé ou de mauvais Canadien. Pourtant, c’est ce que par la suite a démontré l’histoire. On est forcé de s’avouer aujourd’hui que si la tourmente révolutionnaire en France nous eût trouvés encore sujets français, nous en eussions rudement ressenti le contrecoup; tandis que sous la protection du drapeau britannique, nos pères purent tranquillement réparer la ruine où les avait laissés, je ne dirai pas la France, qui était aussi malheureuse que le Canada, mais le gouvernement corrompu de l’amant de Pompadour. Le moins triste sort qui eût pu nous arriver, est celui de la Louisiane, dont la nationalité a été étouffée entre les serres de l’Aigle américain ..

    Autrement dit, Parent reprend le discours des colonialistes anglais pour anoblir la conquête qui fut, on le sait tous maintenant, une oeuvre hautement civilisatrice qui délivra les culs-terreux de la Nouvelle-France de la dictature royale parisienne et leur apporta les lumières des droits de l'homme, l'épandage du fumier dans les champs, les maisons en briques et le thé. Beaucoup de Québécois pensent encore ainsi aujourd'hui.
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 août 2010 08 h 28
    Et en pratique s'il vous plaît messieurs?
    Avec cette brillante démonstration, je ne comprends pas l'auteur dise, après avoir rapporté les propos de A. Thériault-Marois au sujet des deux approches nationalistes qui ne seraient pas séparées, que ce que ce dernier affirmait était peut-être "vrai en pratique". Car, en bout de ligne, la pratique, n'est-ce pas vraiment ce qui importe? Les enjeux sont trop importants il me semble pour qu'on en fasse un simple combat de coqs afin de prouver qu'on a raison sur l'histoire. Il faut que tous ces palabres se traduisent par une ligne de conduite claire, dans la pratique justement.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    2 août 2010 08 h 36
    Infériorité économique
    Il est bien curieux de constater que l'infériorité économique des canadiens-français, particulièrement des québécois, s'estompe sans que l'indépendance ne soit réalisée.

    Les faits sont têtus.
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  • alen - Inscrit
    2 août 2010 09 h 04
    Que d'histoires!
    L'histoire, si elle est raccontée fidèlement, c'est ce qui est. L'analyse (de l'histoire) nous propose malheureusement trop souvent des possibles; si les événements avaient été autres, hein... Toutefois, nul ne saura jemais ce qu'aurait été notre parcours dans ces conditions, qui n'ont pas existées et qui n'existeront jamais.
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 août 2010 09 h 04
    M.Saint-Cyr
    Je crois que vous savez très bien que le problème n'est plus de savoir si l'infériorité économique des "canadiens-français" s'estompe mais s'il est possible qu'ils deviennent riches sans être de moins en moins "canadiens-français".
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    2 août 2010 09 h 04
    Relire Albert Nemmi
    Dans son ouvrage " Portrait du colonisé", l'auteur dit que c'est le propre du colonisé de s'approprier le discours du colonisateur. Comme le dit avec justesse M. Arbour, beaucoup de Québécois pensent encore ainsi aujourd'hui.
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  • Louis Cousineau - Abonné
    2 août 2010 09 h 44
    En pratique? et combat de coqs?
    C'est comme si un débat, un examen de l'histoire ou toute analyse ne sera pas nécessaire à une bonne compréhension du présent. "Il y a toujours du passé dans le présent." a écrit Lamartine.
    Souvent, chez-nous, réfléchir fait souvent défaut. Heurreusement qu'il y a "les coqs".
    Louis Cousineau
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 août 2010 10 h 41
    M.Cousineau
    Ne mélangez pas tout s'il vous plaît et relisez mon commentaire. Je me demande pourquoi monsieur Comeau, avec un si brillant exposé, finit par dire, qu'en pratique, les deux positions reviennent au même, ce qui ne devrait pas être le cas.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    2 août 2010 10 h 42
    L'infériorité
    L'infériorité économique des "Canadiens-français" a commencé à s'estomper quand le Québec a commencé à dire et à agir pour être “Maîtres chez nous”: les premiers pas vers l’indépendance.
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  • Jacques Patenaude - Abonné
    2 août 2010 12 h 11
    Petites questions à m. Comeau
    Quel était la position de Papineau lors de son retour au Québec après son exil? Était-ce l'annexion aux États-Unis? Qui fut le prédécessuer de Wilfrid Laurier à la tête du parti Libéral du Canada?
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  • Luc Archambault - Abonné
    2 août 2010 13 h 25
    Mission accomplie - La tutelle peut cesser maintenant
    @ Jacques Saint-Cyr - lundi 2 août 2010 08h36

    D'après vous, l'infériorité économique des québécois s'estompe sans l'indépendance politique, donc, ni la Conquête, ni l'imposition de la « Confédération » ne seraient les causes de l'infériorité économique, mais bien un effet de l'infériorité économique de la partie du peuple de France vivant en Nouvelle-France et du peuple du Québec d'ascendance neufrançienne. Ils seraient tout simplement inférieurs.

    C'est ce qu'on a prétendu à l'égard des noirs pour justifier l'esclavage. Et la preuve en serait que malgré l'abolition de l'esclavage, les afro-américains sont toujours inférieurs économiquement. La belle affaire !

    Dans cette optique, les noirs comme les nègres blancs d'Amérique, doivent être pris en charge et sous tutelle. Soit par l'esclavage, qui procure aux noirs le gîte, le vêtement et les aliments, comme on le fait pour des mineurs impuissants ou inconséquents ; soit par le... fédéralisme, puisqu'on est civilisé n'est-ce pas.

    Admettons que la tutelle s'imposait. Maintenant que le but est atteint, qu'est disparue l'infériorité économique, pourquoi donc la tutelle s'imposerait-elle encore ? Parce que sans elle, l'infériorité économique ne pourrait que resurgir, puisqu'elle est congénitale en quelque sorte. On saura bien en faire la preuve... non sans cependant tenter de mettre la main à la pâte congénitale en concrétisant au mieux les menaces de représailles économique qu'on profère sans gêne.

    Comme si c'est parce que nous étions inférieurs que l'on a fait une guerre de Conquête victorieuse contre la France et la Nouvelle-France. Comme si l'ont avait fait cette guerre pour nous sauver de l'oppresseur et de nous-même !?

    Or si c'est bien le cas... Merci à l'Angleterre, merci au Canadians...

    Nous sommes sauvés maintenant... Ne reste qu'au tuteur à quitter le Québec avec le sentiment du devoir accompli. À lui de ranger au placard de l'Histoire ses
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  • Luc Archambault - Abonné
    2 août 2010 13 h 52
    Mission accomplie - La tutelle peut cesser maintenant ( suite )
    @ Jacques Saint-Cyr - lundi 2 août 2010 08h36 ( suite ) ( le compteur n'est pas fiable... )

    Merci à l'Angleterre, merci au Canadians...

    Nous sommes sauvés maintenant... Ne reste qu'au tuteur à quitter le Québec avec le sentiment du devoir accompli. À lui de ranger au placard de l'Histoire ses menaces de représailles économiques, politiques, culturelles et indentitaires.

    Nous sommes maintenant une force qui compte.

    Ne reste qu'à faire l'UNION de nos forces.

    Endossons l'Appel citoyen à l'UNION transpartisane de nos FORCES du 20 mai 2010...

    http://www.jesignequebec.com/detail-proposition.ph
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  • Michel Gaudette - Inscrit
    2 août 2010 16 h 28
    Heureuse Conquête
    Oui heureuse Conquête britannique qui nous a délivré d'un colonisateur sans vision et incapable de gérer la Nouvelle-France.

    Heureusement, le colonisateur britannique a bien réussi ici, le Québec étant partie d'un pays, le Canada, qui est devenu une puissance mondiale, alors que le colonisateur français a trop souvent semé la désorganisation partout où il aura passé (Asie, Afrique, Antilles...)
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    2 août 2010 16 h 48
    Le complexe d'infériorité et le racisme.
    On me prête une pensée curieuse, celle d'être raciste puisque en affirmant que l'infériorité des canadiens-français s'est estompée grâce aux efforts de ses plus travaillants, j'invoquerais le bien-fondé d'une tutelle bienveillante, comme pour les noirs américains... C'est assez tordu et j'éprouve une certaine difficulté à comprendre.

    C'est sûr, Frantz Fanon était beaucoup plus clair.
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  • Michel Gaudette - Inscrit
    2 août 2010 17 h 45
    A J. St-Cyr
    Les Québécois ne sont pas inférieurs.

    Mais leurs ancêtres on choisi de demeurer catholiques, donc pauvres...
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    2 août 2010 19 h 16
    Une république canadienne
    Si les Canadiens et les Québécois s'étaient libérés du colonialisme britannique au XIX siècle, je parie qu'ils se seraient très bien développés.

    Célébrer la Conquête, comme l'a fait PET, me semble grotesque. Aucun pays ne tolère de monuments en l'honneur de ses conquérants.
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  • Luc Archambault - Abonné
    2 août 2010 20 h 44
    Heureuse Conquête = Indépendance inutile
    @ Michel Gaudette -lundi 2 août 2010 16h28

    Heureuse Conquête !?

    Comme si l'Empire colonial britannique n'avait pas « semé la désorganisation partout où il aura passé », en Inde, et en Afrique du Sud, pour ne mentionner que ces pays là. Comme si l'Angleterre n'avait pas prospéré comme les autres grâce à son Empire colonial, et la traite négrière ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Traites_négri& ).

    N'importe quoi ! Pour accréditer l'idée fausse que la Nouvelle-France ne pouvait prospérer sans être conquise, même sans la France.

    @ Jacques Saint-Cyr - lundi 2 août 2010 16h48

    « Les faits sont têtus » « ... l'infériorité économique des canadiens-français, particulièrement des québécois, s'estompe sans que l'indépendance ne soit réalisée » ... « grâce aux efforts de ses plus travaillants » nous dit Jacques Saint-Cyr.

    « ... sans que l'indépendance ne soit réalisée »

    Cela veut dire donc que son contraire, la tutelle de la Couronne britannique, puis canado-britannique, est bénéfique. Assez pour que l'infériorité économique « s'estompe » dès lors que « les plus travaillants » décident de travailler... puisqu'il ne le faisaient pas avant, faut croire... puisqu'elle ne s'est « estompée » que récemment l'infériorité économique des Québécois... Au fait, par rapport à qui ?

    Qu'est-ce d'autre que de valider le bien fondé de la tutelle et affirmer que l'indépendance n'est pas nécessaire ?

    Ce qu'a invoqué Fanon pour analyser, décrire et dénoncer la tutelle coloniale vaut pour celles et ceux qui trouvent « curieux » que l'indépendance ne soit pas nécessaire puisqu'elle ne l'aurait pas été pour que « s'estompe » « l'infériorité économique » des Québécois...

    Sinon, c'est moi qui ne comprend pas... Qu'est-ce qui est « curieux » dans le fait que l'indépendance ne soit pas nécessaire pour que « s'estompe » « l'infériorité économique » des Québécois ?
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  • Michel Gaudette - Inscrit
    3 août 2010 09 h 58
    A Luc Archambault
    Dans le contexte géopolitique du temps, croyez-voaus vraiment que la Nouvelle-France aurait pu prospérer d'elle-même. Sans appui colonial ?

    Vous n'avez pas de sens historique, je crois...

    La France possédait presque toute l'Amérique (du Nord) au 18e siècle et n'en a rien foutude bon... Pitoyable... Rien à attendre de ce pitoyable colonisateur. L'Empire britannique a quant à lui de nombreuses réussites coloniales ( États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande Afrique du Sud (au sens économique, Botswana, Ghana, Hong Kong, etc .)
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  • Luc Archambault - Abonné
    3 août 2010 12 h 34
    La fiction révisionniste suprématiste
    @ Michel Gaudette - mardi 3 août 2010 09h58

    « Rien foutu de bon » la France ! Voilà bien l'ethnocentrisme colonial britannique à son meilleur. Et tant qu'à faire vous pourriez mettre de l'avant la supériorité arienne des britanniques, comme d'aucuns l'ont fait avant Hitler. Lui aussi trouvait que les peuples dégénérés de la Pologne, de la Russie et de l'Europe devaient être « libérés ».

    Le succès colonial dont vous parlez se mesure en succès de la traite négrière, succès de l'extermination des Premières nations, succès d'une politique d'apartheid et de la saignée des colonies. À telle enseigne que les États-Unis s'en sont libérés, pour mieux poursuivre à leur compte l'extermination des Premières nations, la traite négrière et le colonialisme impérialiste qui est toujours leur lot.

    Le vainqueur a toujours raison, et c'est la raison du plus fort.

    La Nouvelle-France oui, aurait pu prospérer, avec ou sans la France. Le contraire suppose que le seul modèle de développement admis est l'hégémonie suprématiste de l'un sur les autres. Et on voit ce que cela donne : la faillite d'un modèle de développement de la fuite en avant qui va jusqu'à menacer la survie même de la vie sur la planète. Normal avec une logique qui table sur la richesse obtenue à n'importe quel prix humain, culturel, civilisationnel, incluant l'esclavagisme, la piraterie, l'apartheid, l'extermination des peuples et de leurs cultures. Tout ça justifié par la supposée supériorité d'une race sur une autre.

    Il s'en est fallu de peu pour que les britanniques parviennent à remporter le siège de Québec. Lévis les a battu au printemps 1760. Si Québec n'avait pas capitulé prématurément, si quelques troupes fraiches étaient venues appuyer les nôtres. l'Amérique serait française. L'histoire fiction fonctionne dans les deux sens. Le sens historique qui vous fait prendre le parti du vainqueur ne prouve rien d'autre que votre endossement d'une supréma
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  • Luc Archambault - Abonné
    3 août 2010 13 h 42
    Liberté, égalité, fraternité
    @ Michel Gaudette - mardi 3 août 2010 09h58 ( SUITE )

    Le sens historique qui vous fait prendre le parti du vainqueur ne prouve rien d'autre que votre endossement d'une suprématie raciste exterminatrice.

    J'ajoute...

    La Révolution française a voulu mettre fin aux monarchies absolutistes. Et c'est elle qui a ouvert la voie à la démocratisation du monde. Rien de bon la France !

    De Gaulle a, contre les britanniques décidé dans ce même esprit révolutionnaire, de mettre fin au colonialisme, à commencer par ce qui restait de celui de la France. Il a voulu aussi mettre fin pour de bon à l'impérialisme européen pour mettre fin définitivement aux guerres de conquête tablant sur la suprématie supposée des uns sur les autres. Et c'est avec l'Allemagne qu'il a bâti l'Europe, toujours en construction. Les Britanniques et les Irlandais ont suivi, finalement.

    Si les Britanniques avait pu être vainqueur en Chine, vous nous diriez que la Chine n'aurait pu se développer sans les Britanniques. Pareil en Inde. C'est n'importe quoi ! Plutôt non, c'est tout dire de l'ethnocentrisme hégémonique raciste et colonial typique de la politique de « l'indirect rule » britannique qui indirectement, via ses Rois nègres, impose sa Loi intégrée par le colonisé qui croit dur comme fer qu'il ne vaut que par la valeur de son maître. C'est le syndrome de Stockholm appliqué à l'échelle industrielle. Les otages en viennent à remercier leurs geôliers et intégrer leur délire absolutiste.

    Ici, nous serions des moins que rien, parce que partie de la civilisation française, comme on le sait, dégénérée, incapable de savoir gérer ses affaires, de se développer, faute de connaissance, de culture, de capacité civilisatrice.

    Absurde à sa face même.

    Québec n'est pas partie du patrimoine mondial pour ce qu'ont développé ensuite les Conquérants, mais bien à cause de ce qui s'est bâti ici bien avant et qui a su résister.
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  • Michel Gaudette - Inscrit
    3 août 2010 21 h 18
    Se débarrasser d'un pitoyable colonisateur.
    Moi je crois que s'être débarrassé de ce pitoyable colonisateur français fut une grâce.

    Quand on pense qu'il y avait pénurie de numéraire en Nouvelle-France, on comprend que cette colonie se soit si peu développée, comparé aux 13 colonies anglais d'Amérique....

    La superiorité de l'esprit anglais sur le français se situe dans la primauté du droit, l'habeas corpus, la représentativité politique dans l'équilibre entre royauté et parlement et l'entrepreneurship anglais tellement supérieur au français...
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  • Luc Archambault - Abonné
    4 août 2010 16 h 54
    Le suprématisme ethnique à son meilleur
    @ Michel Gaudette - mardi 3 août 2010 21h18

    Dans la monarchie française, le droit était infiniment plus développé que dans la monarchie britannique. La Révolution française a pu achever cette évolution vers un État de droit démocratique. Depuis, et depuis la 3e République, la République française et ce qui la constitue sont validés non seulement par la démocratie indirecte électorale, mais aussi par la démocratie directe référendaire. En France, ce qui gouverne l'État et qui gouverne le gouvernement, ce n'est pas une Couronne et son bon plaisir souverain qui échappe directement aux voix du peuple souverain, mais bien une Constitution nommément validée par la démocratie directe référendaire.

    L'Esprit anglais ici impose un État tronqué au sommet qui échappe à la démocratie directe référendaire. Et pour cause, l'État du Canada ne passe pas au Québec, il n'a jamais obtenu et ne peut toujours pas obtenir le clair et direct OUI des Québécois,es.

    L'Équilibre démocratique est décapité au sommet. La Couronne se réserve le droit de décider ce qui doit gouverner l'État, qui reste une prérogative exclusive de la Couronne qui s'autoproclame valide de manière circulaire en vertu de son droit divin, excluant la démocratie directe référendaire.

    C'est supérieur OUI, pour imposer à un peuple souverain une démocratie tronquée qui rejette cet État incapable d'obtenir de OUI référendaire.

    Tellement supérieur cet esprit anglais qui contredit le principe démocratique élémentaire qui impose la règle qui interdit le fait de déléguer ce qui a été délégué.

    La démocratie électorale permet d'élire une députation à qui le peuple souverain délègue la gouvernance de l'État. Une telle délégation ne peut en démocratie déléguer le pouvoir souverain du peuple à une Autorité qui contredit ce pouvoir souverain. C'est ce que fait cet État du Canada à l'Esprit anglais. L'esprit français lui, impose le respect de la
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  • Luc Archambault - Abonné
    4 août 2010 17 h 02
    Suprématisme ethnique anglais - Suite 1
    Un esprit fondé sur la liberté du peuple, l'égalité et la fraternité des citoyens et des peuples. Un esprit qui a fait « La Grande Paix de Montréal du 4 août 1701 » avec les Premières nations, au contraire de la politique d'affrontement et d'extermination de l'esprit anglais tel qu'incarné par les États-Unis ensuite. Cette redoutable force de l'esprit français aurait pu à la faveur de cette Grande Paix fédérant des forces infiniment supérieures à l'époque à celles des colonies anglaises résultat de leur conquête de la Nouvelle Amsterdam en 1664. Tel que le démontre bien Madame Morot-Sir dans un très édifiant texte publié dans Vigile http://www.vigile.net/La-Grande-Paix-de-Montreal-4

    Cet cet esprit français démocratique qui prévaut quand il est question de fonder un État qui soit le résultat non pas seulement de la démocratie indirecte représentative électorale qui délègue l'autorité déléguée à une Autorité d'une Couronne canado-britannique féodale, mais aussi le résultat de la directe expression démocratique de la volonté libre du peuple souverain devant s'appliquer sur son territoire national.

    Cet esprit français a pu Conquérir l'Amérique grâce à la liberté, l'égalité et la fraternité avec les Premières nations, et s'est refusé à se fonder sur la Conquête de la colonie anglaise au moment où cela aurait pu sceller le sort de l'Amérique française. L'esprit anglais suprématiste lui, est supérieur grâce à sa brutalité et grâce à l'exclusion du peuple en ce qui concerne ce qui doit ou pas Constituer l'État.

    La minorité activiste canadianisatrice à l'esprit anglais désespère de ne pouvoir imposer ici indéfiniment un État rejeté par le peuple souverain du Québec. Incapable d'obtenir le OUI clair des Québécois,es cet État est aux abois, menacé qu'il est d'être invalidé nommément sur le territoire national du peuple souverain du Québec par le peuple souverain lui-même.
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  • Geoffroi - Abonné
    4 août 2010 20 h 56
    Réformisme, carriérisme et révisionnnisme
    L'Assemblée nationale du Québec a cautionné dans ses murs une rencontre d'historiens et de politicologues pour discuter, durant la semaine de la Fête des patriotres de mai 2010. du fameux "réformiste" Pierre-Elzéar Bédard. Wow, quelle belle initiative ?/!*

    Ce Bédard, un collaborateur nommé juge par les Britanniques, est un héros pour certains historiens révisionnistes.

    On va discuter de qui lors de la prochaine rencontre ?

    D'un autre petit bourgeois carriériste de Québec !
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  • Michel Gaudette - Inscrit
    5 août 2010 09 h 39
    A Godefroy : Pas la faute des Britanniques....
    Revisionisme ?

    Je crois que l'hstoriographie québécoise a à être dépoussiéré de ses mensonges officiels.

    Par exemple, ce n'est pas la faute des Britanniques si nos ancêtres ont choisi de demeurer catholiques, et donc pauvres...
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  • Geoffroi - Abonné
    5 août 2010 10 h 41
    Catholiques, pauvres et soumis
    @ M. Gaudette

    Les évêques de Québec ont reçu un chèque des Britanniques jusqu'au milieu du XIX ième siècle ! ( selon l'historien Marcel Trudel )

    C'est peut-être pour ça qu'on est resté catholiques, pauvres et soumis.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Trudel
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