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Avis de la CIJ sur le Kosovo - Parlons de l'essentiel

Louis Bernard - Ex-candidat à la direction du Parti québécois et secrétaire général du Conseil exécutif du gouvernement sous René Lévesque  27 juillet 2010  Québec
Des Kosovars célèbrent l’indépendance du Kosovo, proclamée en février 2008.<br />
Photo : Agence France-Presse Daniel Mihailescu
Des Kosovars célèbrent l’indépendance du Kosovo, proclamée en février 2008.
Dans son article publié dans La Presse de samedi dernier à la suite du jugement de la Cour internationale de justice (CIJ) sur le Kosovo, l'auteur de la loi sur la clarté, M. Stéphane Dion, met l'accent sur les difficultés pratiques susceptibles de découler d'une déclaration unilatérale d'indépendance de la part du Québec. C'est insister sur une évidence secondaire pour éviter de parler de l'essentiel.

L'importance de cette décision, c'est qu'elle renforce considérablement la position du Québec à la table de négociation, et, par la suite, à l'égard des autres nations. Le Québec sait qu'à la suite d'un référendum gagnant, la procédure normale à suivre en vertu du droit international, c'est de négocier avec le Canada les modalités de son accession à l'indépendance. Cela était d'ailleurs prévu dans le projet de loi sur l'avenir du Québec auquel la question référendaire de 1995 faisait expressément référence. Cela était également prescrit par la décision de la Cour suprême du Canada sur la sécession du Québec, laquelle précisait d'ailleurs que le Canada aurait alors l'obligation constitutionnelle de négocier de bonne foi avec le Québec.

L'étape importante à la suite d'un référendum gagnant, c'est donc celle de la négociation Québec-Canada. Et ce qui compte, à cette étape, c'est le pouvoir de négociation de chacune des parties. Or c'est là que la décision de la CIJ sur le Kosovo prend toute son importance en affirmant qu'en cas d'échec des négociations, une déclaration unilatérale d'indépendance de la part du Québec serait conforme au droit international.

Le Québec a donc dans son jeu une carte maîtresse pour assurer l'aboutissement fructueux des négociations. C'est un peu l'équivalent du droit de grève ou de lockout dans les négociations collectives: le simple fait de l'existence de ce droit assure, la plupart du temps, que les négociations se poursuivront de bonne foi et qu'une entente satisfaisante sera conclue.

Désormais incontestable

Avant la décision de la CIJ sur le Kosovo, la possibilité de recourir à une déclaration unilatérale d'indépendance, en cas d'échec des négociations, était contestée comme étant contraire au droit international. Cela, dorénavant, ne peut plus être contesté. La Cour suprême du Canada, dans sa décision, l'avait d'ailleurs déjà laissé entendre, mais la chose est désormais incontestable.

Toutes les pièces du processus d'accession à la souveraineté du Québec sont maintenant en place.

Il reviendra au peuple du Québec de prendre la décision de devenir souverain au moyen d'un référendum tenu suivant la Loi sur la consultation populaire. La constitutionnalité de cette loi a d'ailleurs été reconnue par la Cour suprême du Canada. Puis se tiendront des négociations entre le Québec et le Canada sur les moyens de donner suite à la volonté des Québécois: le Canada aura alors l'obligation constitutionnelle de participer à ces négociations et d'y négocier de bonne foi.

Le pouvoir de négociation du Québec à cette table de négociation sera fortement renforcé par la pression internationale qui découlera de la possibilité légale qu'aura le Québec, en cas d'échec, de déclarer unilatéralement son indépendance. Tous auront alors intérêt à ce que cette question se règle rapidement par la voie de la négociation et, évidemment, feront des pressions en conséquence sur le Canada.

La vraie leçon qu'il faut tirer de la décision de la CIJ sur le Kosovo, ce n'est pas que le Québec n'est pas le Kosovo, mais plutôt que le Canada n'est pas la Serbie.

***

Louis Bernard - Ex-candidat à la direction du Parti québécois et secrétaire général du Conseil exécutif du gouvernement sous René Lévesque
 
 
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  • Georges Paquet - Abonné
    27 juillet 2010 04 h 06
    La pression internationale...?

    M. Bernars écrit:"Le pouvoir de négociation du Québec à cette table de négociation sera fortement renforcé par la pression internationale qui découlera de la possibilité légale qu'aura le Québec, en cas d'échec, de déclarer unilatéralement son indépendance."
    D'où viendrait la pression internationale? Certainement pas de la France dont le président a dit que personne ne le convaincrait "que le monde a besoin de plus de division" et qui a écrit à Pauline Marois et Gilles Duceppe:"Je souhaite que cette nouvelle relation franco-québécoise s’épanouisse en harmonie avec la relation que la France entretient avec le Canada dans son ensemble. "
    Cette pression ne viendra certainement pas des États-Unis qui ne souhaitent pas plus que les Québécois et autres Canadiens vois à leurs frontières les années de turbulences annoncées. Pas plus de l'Espagne (qui a suffisamment de questions à résoudre en Catalogne et au pays Basque), ni de la Chine (qui a sa question du Tibet et de Taïwan), ni de la Russie (qui a sa question de la Tchéchénie) etc etc.

    M. Bernard, l'essentiel est et demeure d'en convaincre les Québécois qui, non seulement ne souhaitent pas l'indépendance, mais qui ne veulent plus entendre parler de référendum.
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  • Georges Paquet - Abonné
    27 juillet 2010 06 h 48
    Quelle pression internationale?
    Prenant comme hypothèse qu'un de ces jours, les Québécois voteraient oui à un référendum, j'ai fait, plus haut, un court inventaire des pays sur lesquels les indépendantistes ne devraient pas compter pour excercer une éventuelle pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il accepte les conditions du Québec, ou faire face à une déclaration unilatérale d'indépendance.

    Il faut bien sûr ne pas compter sur l'appui de la Grande-Bretagne et des pays du commonwealth, qui feraient possiblement une opposition à ce projet. Avouez qu'il ne reste pas plusieurs pays sur lesquels les souverainistes peuvent compter de façon indéfectible. Le Conseil de sécurité de l'ONU, au complet, n'y serait pas sympathique.

    Il faut aussi dire aux tenants de la séparation que le paradigme d'une communauté internationale faisant la leçon aux moyennes et grandes puissances, ne tient plus.

    Il faut constater que le monde change rapidement et qu'il faut changer de paradigme d'une Communauté internationale sympathique, car cette Communauté, au prise avec une gouvernance mondiale complexe et inquiétante, n'est plus très fort disposée à entretenir de petites ou de grandes turbulences.
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    27 juillet 2010 07 h 53
    @Paquet
    Sarko ne sera pas là au prochain référendum. Et Sarko n'est pas la France

    "l'auteur de la loi sur la clarté" n'est pas le p'tit gars de Sillery mais l'ancien maire de Québec
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  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit
    27 juillet 2010 08 h 22
    Ce que les souverainistes nous cachent toujours...
    Que ce soit cette analyse de Louis Bernard, de quel que professeur universitaire aux sympathies souverainistes, ou d'indépendantistes excités, se servir de cet exemple kosovar pour l'appliquer à la réalité québécoise me semble plutôt tordu en matière de droit international. Ce que le Kosovo n,a pas vécu dès après leur déclaration et que le Québec pourrait risquer de vivre c'est une problématique qui relève du contrôle de son territoire.

    Il suffirait d'une bonne crise(j,ai en mémoire celle d'Oka en 1990) où un groupe d'Autochtone quelconque sur un territoire donné du Québec prenne les armes, bloque quelques routes et affirment ne pas vouloir reconnaître la décision de l'Assemblée nationale ou un référendum pour bloquer toute reconnaissance d'un Québec indépendant. Le droit international stipule bien que le nouvel État entrant dans son indépendance doit démontrer qu'il a un contrôle effectif de son territoire avant d'être reconnu. Un scénario qui pourrait bien plaire aux «bonzes« d'Ottawa...à moins qu'il l'alimente eux-mêmes !!!!!!!!!!!!
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    27 juillet 2010 10 h 27
    Prévenir le coup...
    On peut s’attendre à ce que des fanatiques fédéralistes soient tentés par le reflexe primaire de la «Terre brulée» afin de prouver aux nations que le nouvel état du Québec n’est pas viable politiquement.

    Nul doute que les partitionnistes orangistes et leurs «accointances» tenteront de reprendre du flambeau. Ils sont présentement dans tout leur état suite au jugement de la CIJ. C’est pour cette raison qu’il faut prévenir le coup et s’adresser immédiatement aux différentes Cours internationales avec un dossier bien étoffé.
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  • Georges Paquet - Abonné
    27 juillet 2010 11 h 17
    À Tremblay
    Plus le référendum prendra du temps à se matérialiser, plus la position de la France, exprimée par Sarko, se raffermira.
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    27 juillet 2010 12 h 16
    On ne peut être certain de rien
    É.U., Espagne, Chine et Russie ne sont que 4 pays parmi les 200 nations présentes à l'ONU. On verra ce que diront les autres. Le Kosovo fera son entrée à l'ONU malgré que les 3 derniers pays ne le reconnaissent pas. De plus, tout indique que le PS, dirigé par Martine Aubry gagnera le prochain scrutin. Or celle-ci est une grande amie du Québec. Enfin bravo à M. Bernard, qui est toujours aussi lucide tet clairvoyant.
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  • NDNM - Inscrit
    27 juillet 2010 14 h 10
    Sarkosi et le Québec
    le président Sarkosi a perdu sa crédibilité dans bien des dossiers et c'est le cas dans celui du Québec. D'ailleurs que connait-il des problèmes du Québec, il ne fait qu'affirmer les positions qu'ont toujours les états colonialistes (France, Grande Bretagne, Espagne...) L'interdiction de parler Breton et l'enseigner jusque dans les année 60, sous développement économique de la Corse, refus d'indépendance de colonie comme la Nouvelle-Calédonie... c'est la position d'un tel état (à bien distinguer de celle du peuple) qui refuse la fameuse diversité culturelle, linguistique et politique dont on rebat pourtant les oreilles. Indépendance ne veut pas dire repliement sur soi au contraire mais le refus d'une dilution dans une aculturation et un asservissement à ce modèle Étatsunien que Monsieur Sarkosi apprécie tant.
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  • Marc-Antoine Daneau - Inscrit
    27 juillet 2010 19 h 43
    @Georges Paquet
    Franchement, vous dites vraiment n'importe quoi.

    Lors d'un rencontre entre Parizeau et un représentant de la NSA à Washington en 1995, le gars de la NSA frappait du poigt sur la table en disant que les Étas-Unis reconnaîtrait le Québec en premier.

    Alors vos avis sur la géopolitique, vous pouvez les garder.
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  • Georges Paquet - Abonné
    28 juillet 2010 19 h 38
    Marc-Antoine Daneau, aux États-Unis comme ailleurs c'est le chef d'État qui décide de la politique étrangère.
    Mon cher Monsieur, je ne vais pas vous retourner votre insulte en déclarant que vous dites n'importe quoi, mais vous n'en êtes pas très loin. Quelque soit la soilidité de votre information, vous êtes-vous au moins demandé qui du Président des États-Unis ou d'un gars de la NASA détermine la politique étrangère des États-Unis.
    Depuis des générations, les américains croient aux vertus du fédéralisme. Les présidents successifs l'ont démontré. Et Bill Clinton, lorsqu'il exercait la présidence est venu le dire lui-même au Canada, à au moins deux reprises.

    Par ailleurs, si vous souhaitez que je garde pour moi, mes avis sur la géopolitique, ce qui est une forme de censure inacceptabe, pourriez-vous nous dire où vous prenez l'information pour formez les vôtres.
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  • Georges Paquet - Abonné
    28 juillet 2010 19 h 45
    À Marc Tremblay, Hildgen Patrice et Marc-Antoine Daneau...
    Quand une cause, quelle qu'elle soit, ne reçoit pas l'attention, ni surtout l'appui, du Conseil de sécurité de l'ONU, son succès est pour le moins incertain. Or il n'y a pour l'instant, aucun des cinq pays membres du Conseiil de sécurité qui accepterait une déclaration unilatérale d'indépendance du Québec.
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  • Georges Paquet - Abonné
    3 août 2010 05 h 56
    L'aveuglement de Marc-Antoine Nadeau n'a pas de limite.
    1- M. Nadeau peut sans rire, dire une chose et son contraire, dans une même phrase. Preneons cet exemple:"Par ailleurs, sachez que ce n'est pas le chef d'État qui décide de la politique extérieure d'un pays, il prend plutôt la meilleure solution pour son pays en fonction des possibilités qu'il a." Depuis quand, "prendre la meilleure solution" ce n'est pas décider?

    2- Et son ignorance n'a pas de borne. Il écrit:"Et si le Québec demain déclare son indépendance même dans les conditions les plus attroces, les États-Unis nous reconnaîtrons sur le champ car nous commerçons avec eux."
    Demandons donc à M. Nadeau où les Américains achètent leur pétrole, une partie de leurs voitures et où ils espèrent un jour acheter de l'eau.

    3- Je reconnais que j'ai fait une faute de frappe. Mais qu'un idividu, sympathique à la souveraineté du Québec, soit de NSA, de la NASA, de la FED ou de la FDA, ça ne fait pas une politique étrangère pour les États-Unis.

    4- M. Nadeau utilise assez habilemaent le grand mot de géopolitique, mais il n'en comprend pas le sens.
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  • Georges Paquet - Abonné
    4 août 2010 09 h 02
    Mon texte destiné à Marc -Antoine Daneau...
    Je ne suis pourtant pas dyslexique, mais j'ai appelé M. Daneau du nom de M. Nadeau. Toutes les excuses. S.V.P. faire les corrections nécessaires.
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