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Programme du Parti québécois- La souveraineté, oui, mais «au moment jugé approprié»

Antoine Robitaille   20 juin 2010 09h00  Québec
Référendum «tenu au moment jugé approprié», loi 101 appliquée au cégep, adoption d’une constitution québécoise, d’une charte québécoise de la laïcité, etc., l’ébauche du nouveau programme péquiste, déposée aujourd’hui par les dirigeants du parti à la suite de colloques, contient plusieurs propositions annonçant d’âpres débats.

Dans l’actuel programme, adopté par le PQ lors de son congrès de 2005, un gouvernement péquiste n’avait d’autre choix que de tenir un référendum dans la première année suivant son élection. Ce changement de cap avait déjà été entériné il y a un an dans le Plan pour un Québec souverain que Pauline Marois avait fait adopter à l’unanimité, a-t-elle rappelé samedi, estimant qu’elle est «solide» sur ce plan.

Avant un référendum gagnant, un PQ élu, selon la proposition principale, se comporterait en «gouvernement souverainiste» en freinant au maximum les intrusions d’Ottawa, en «repoussant à sa limite le carcan constitutionnel canadien» et en exigeant des nouveaux pouvoirs.

S’agit-il de susciter des crises pour démontrer aux Québécois l’inanité du système fédéral et les amener à choisir la souveraineté ? Pauline Marois s’en défend. Elle soutient vouloir entre autres profiter de l’introduction de la notion de «nation» par le gouvernement fédéral, en 2006 : «Si ça a un sens, j’imagine que concrètement, ça devrait vouloir dire que les pouvoirs pour assumer nos responsabilités comme nation doivent nous être concédés», a répondu Mme Marois.

Mais lorsque le fédéral refusera de répondre aux demandes d’un gouvernement péquiste, comment ce dernier réagirait-il ? La réponse reste ouverte: «L’ordre des moyens peut être très diversifié», a répondu Mme Marois, mentionnant «les demandes d’amendement constitutionnel […] des motions unanimes votées par l’Assemblée nationale, […] des démarches devant les tribunaux. Il y a toutes sortes d’avenues». Elle n’a pas exclu de tenir des référendums dits «sectoriels», portant sur un sujet donné — par exemple le rapatriement des pouvoirs en matière de Culture. Sa préférence demeure toutefois de tenir un grand référendum sur la question nationale.

Nette prédominance du français

Estimant que le français est menacé à Montréal, un gouvernement souverainiste imposerait, partout, le principe de «nette prédominance». Il restaurerait et amplifierait la Charte de la langue française pour «remédier aux dégâts causés par divers jugements de la Cour suprême du Canada». Il étendrait aux Cégeps les dispositions de la loi 101, tout en permettant aux élèves d’y suivre, le temps d’une session, leurs cours en anglais. Il s’assurerait que les services de garde éducatifs accueillent les enfants et intéragissent avec eux en français. Les entreprises de 11 à 49 employés ainsi que celles à charte fédérale seraient aussi assujetties à la loi 101.

Un gouvernement Marois tablerait sur l’identité, qui serait affirmée dans une Constitution québécoise; mais aussi dans une Charte de la laïcité qui établirait que le Québec «est un État laïque, neutre par rapport aux croyances ou non-croyances des uns et des autres en matière de religion». Une citoyenneté québécoise serait instituée.

Déception des purs et durs

«M. Parizeau faisait appel à un plan qu’on devrait proposer au Québécois pour expliquer ce que c’est que la souveraineté, on a deux pages sur un programme de 50 pages», a déploré Marc Laviolette, président du SPQ-Libre, club politique qui n’est plus reconnu par le Parti québécois, mais qui continue d’exister en dehors du parti. M. Laviolette, aussi président de l’association péquiste de Jacques-Cartier, estime que dans cette ébauche, le PQ est beaucoup trop «flou» sur la souveraineté et se contente de préparer une «gérance provincialiste», ce qu’il a qualifié d’«inquiétant».

À ses yeux, le Bloc québécois à Ottawa fait davantage la promotion de la souveraineté et explique beaucoup plus franchement aux Québécois la «grande illusion du renouvellement du fédéralisme». Le PQ, dans ce texte de la proposition principale, semble accepter que les Québécois continuent d’espérer un tel renouvellement, même 20 ans après l’échec de l’Accord du Lac Meech, croit M. Laviolette.

Parizeau, l’impatient

Mme Marois a répondu en point de presse aux critiques de M. Laviolette et Parizeau en soutenant que l’ébauche de programme est au contraire la preuve que sa formation politique «prépare l’indépendance». «Et je peux vous dire que, pour échanger régulièrement avec M. Parizeau, il savait précisément quelle était notre orientation et je sens de sa part plutôt un appui.» Elle a mis les propos de M. Parizeau sur le compte de l’impatience, explication qu’a aussi utilisée l’épouse de l’ancien chef, Lisette Lapointe, députée de Crémazie.

Par la proposition principale, Pauline Marois souhaite aussi que son parti fasse «le choix de l’environnement» tout en rendant les québécois plus riches. «Notre objectif, c’est de réussir un Québec vert et bleu», a-t-elle lancé dans son allocution du matin. Un gouvernement péquiste réclamerait du fédéral «l’ensemble des pouvoirs en matière d’évaluation environnementale afin d’éliminer les dédoublements et les pertes d’efficacité».

Le mandat du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) serait élargi pour en faire un «Bureau d’audiences publiques sur le développement durable, afin d’analyser l’impact global de tout projet majeur», peut-on lire dans le document. L’octroi de subventions deviendrait progressivement soumis à un principe d’«écoconditionnalité». Les compagnies qui transgressent les normes environnementales ne pouvant plus obtenir d’aide financière de l’État.

La proposition principale sera discutée dans différentes instances du PQ en automne et au début de l’hiver. Un ultime débat se tiendra lors du congrès d’avril 2011, où des modifications seront apportées au texte, qui sera alors adopté dans sa version finale.
 
 
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  • michel lebel
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 10h05
    Blabla et propagande...
    Tout un blabla! Plutôt prématurée comme annonce, à moins que Le Devoir soit devenu un organe de propagande péquiste...

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    dimanche 20 juin 2010 12h27
    Merci
    Merci Monsieur Robitaille de nous donner des nouvelles de dernière minute sur le programme positif et affirmatif du Parti Québécois.

    Quant à Monsieur Lebel, il continue son blabla et sa propagande, comme à tous les jours.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 12h48
    Mieux qu'à un moment inapproprié...Logique
    Très bon et réaliste programme du PQ qui ne peut quand même pas forcer les Québécois à faire une chose s'ils ne sont pas d'accord à plus de 50 %...Logique et démocratique.

    Que les pressés s'enlignent avec les autres ou qu'ils sortent leurs alternatives claires à la place de tenter de faire des trous dans la coque de leur navire comme Messieurs Parizeau, dans les journaux de Toronto ou Laviolette qui critique tout ce que fait le PQ tout en demeurant en poste dans son comté, afin de mieux le faire souffrir...probablement.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 12h50
    au moment approprié!
    si le P.Q. reprend le pouvoir, il fera un nouveau Référendum...mais cette fois nous verrons à ce que la question soit claire, simple et courte...une phrase au maximum..pas des états d'âme...

    Le P.Q. bâtit son pouvoir sur le "fumier" des attaques personnelles, des procès d'intention, des accusations, des condamnations, des mensonges etc...
    c'est avec ça qu'il compte reprendre le pouvoir...

    Que les québécois soient perspicaces et avisés...porter le P.Q. au pouvoir c'est ranimer les chicanes constitutionnelles, les conflits avec le Fédéral, les accusations ,les éternelles discussions stériles...

  • Kebekwa
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 13h02
    Re " ... au moment jugé approprié".
    En d'autres mots, quand la cage à homard sera prête.

  • Marcel Bourget
    Abonné
    dimanche 20 juin 2010 13h30
    La sagesse
    Madame Marois fait preuve de pragmatisme. Une brève description du pragmatisme serait de dire que la vérité se révèle progressivement par l’expérience et on pourrait ajouter ici par l‘expérience du pouvoir. Mais il faut d’abord prendre le pouvoir. Et pour prendre le pouvoir il faut proposer un programme politique qui correspond aux aspirations présentes de la population.

    C’est peut être pour cela que les Parizeau et Laviolette de ce monde n’arrivent pas à saisir la démarche proposé par Madame Marois qui, selon Marc Laviolette ferait preuve de “provincialisme”. Monsieur Laviolette serait il dépourvu de pragmatisme? Le Québec n’est il pas présentement qu’une province, du moins par défaut.

    On ne peut convaincre une majorité de Québécois du bien fondé de la souveraineté sans une démonstration pragmatique par l’exercice du pouvoir. Un gouvernement souverainiste aura plusieurs moyens à sa disposition pour essayer de sortir du “carcan constitutionnel fédéral”(voir ci haut)dont les référendum sectorielles afin de rapatrier un maximum de pouvoirs d’Ottawa. En attendant la souveraineté totale, une souveraineté partielle devrait être négociée. “Rome n’a pas été bâtie en un jour”. Soyez patient Monsieur Parizeau! On y arrive.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 14h24
    @ M. Bayle
    Est-ce que m. Bayle pourrait donner un exemple de mensonges ou des fausses accusations qui viendraient du PQ ?

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 14h41
    @ Kebekwa
    Si la cage ne vous convient pas, il y a toujours l'idée de déménager en Ontario ou au New-Brunswick où il y a de si bonnes sardines du même nom et du homard aussi, endroits idéaux pour bien approfondir son anglais plus rapidement, à moins que l’on fasse un mur autour du Québec pour que les séparatistes jugent mieux les fédéralistes, avant qu’ils ne sauvent à l’étranger.

  • Michel Savard
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 14h43
    Après 40 ans de tergiversations, voilà maintenant le référendum " au moment jugé approprié " !!
    Après avoir entendu parler :
    - de souveraineté-association ( avec ou sans trait d'union !) ,

    -de souveraineté tout court,

    -de souveraineté avec partenariat ( où les Québécois croyaient dur comme fer qu'ils conserveraient leur passeport canadien !! )

    - d'indépendance ( mais très peu car ce mot fait peur ! )

    - de la cage à homards de Jacques Parizeau

    - des conditions gagnantes de Lucien Bouchard,

    - des 1000 jours avant la souveraineté du Québec ( énoncé en septembre 2002 par Bernard Landry alors qu' il perd le pouvoir le prinremps suivant, Oupps! )

    - du référendum obligatoire durant la première année de la prise du pouvoir par le PQ ( adopté en juin 2005 par le PQ )

    voilà maintenant que Pauline vire "boutte pour boutte" et met la hache dans cette proposition de 2005 !
    Elle nous annonce maintenant qu'il y aura un référendum
    "au moment jugé approprié " après la prise du pouvoir par le PQ ! Rien de moins !
    Si plusieurs péquistes ont de la difficulté à se retrouver dans le cheminement de leur cheffe , imaginez pour le reste des Québécois !

    Et vogue la galère ! Go Pauline Go !

  • Charles-Antoine Bachand
    Abonné
    dimanche 20 juin 2010 15h12
    La souveraineté...
    Un parti souverainiste... Si ça se passe un jour.

    Un parti avec des convictions... Si d'aventure elles sont réalisables.

    Wow!

  • Claude Archambault
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 15h18
    Merci à M. Dion
    Maintenant il y a une loi sur la clarté référendaire, et peu importe le résultat, nous sommes garantie d'être protégé de la cage à homard.

    Et Le fédéral ne laissera jamais le PQ proclamer unilatéralement l indépendance. Le Québec n'a pas d armée, le canada en a une des meilleur, Merci M. Harper pour nous avoir bien équipé.

  • l poisson
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 15h35
    ''M. Laviolette, aussi président de l’association péquiste de Jacques-Cartier''
    Quand les bottines suivent les babines, les critiques sont mieux perçues.

    J'ignore si M. Laviolette est maintenant domicilié dans ce comté-orphelin. Passes-t-il autant de temps dans les rues de Jacques-Cartier que dans les hautes instances péquistes ? Si oui, félicitations et continuez votre longue marche dans les West-Island. Si non, est-ce de l'entrisme ?
    À la dernière élection générale, le PQ a terminé derrière le Parti vert dans le comté de Jacques-Cartier. Le libéral Kelly a obtenu plus de 80 % des votes. Et 52% des électeurs inscrits sont allés voter.

  • Renny
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 16h49
    3e référendum sur la souveraineté du Québec
    Je suis tout à fait à l'aise avec la position actuelle du Parti québécois en ce qui concerne le "timing" pour déclencher un 3e référendum sur la souveraineté du Québec. La proposition qui voudrait que ce référendum soit tenu au moment jugé approprié me satisfait pleinement et de ce fait je ne suis pas d'accord avec ceux qui voudraient forcer sa tenue le plus vite possible ou à l'intérieur d'un laps de temps imparti.
    Le Parti québécois a déclenché de lui-même jusqu'à maintenant 2 référendums en 1980 et en 1995 en utilisant une tactique liée (après la prise du pouvoir) à une limite de temps plus ou moins longue et qui n'a pas donné de résultats positifs en faveur de la souveraineté.
    Il m'apparait évident que les résultats négatifs de ces 2 référendums ont passablement affaibli le Québec et cet état de fait ne doit plus jamais se reproduire dans notre histoire.
    Dans mon esprit, il serait inacceptable qu'un 3e référendum donne aussi un résultat négatif. Ce serait un jugement très sévère sur l'intelligence de ceux qui se battent depuis 50 ans pour faire avancer cette très belle idée qu'est l'indépendance du Québec.
    Il faut absolument que nous, les indépendantistes du Québec, apprenions du passé et comprenions que cette idée si belle de faire du Québec un pays indépendant doit être portée avant tout par toute la population du Québec.
    C'est donc pour cette raison que le 3e référendum sur la souveraineté sera déclenché par les Québécoises et les Québécois eux-mêmes quand ils seront assez à l'aise pour le réclamer. Quand le peuple québécois sera prêt pour sa souveraineté, il le fera savoir.
    Le grand défi qui nous reste en tant que nation est celui de durer. Personne ne sait d'un façon sûre et certaine quand le 3e référendum aura lieu, mais il est évident qu'il sera là un jour ce grand rendez-vous gagnant!

    René Lasanté, Montréal

  • michel lebel
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 18h01
    Non à l'idéologie!
    @Madame Saint-Arrnaud,

    Je suis allergique à toute forme de propagande. Je garde mon esprit critique à l'égard de tous les politiques(politiciens) et de leur chef, tant au niveau provincial que fédéral. Si je suis fédéraliste, c.est parce que je crois que c'est le meilleure formule politique pour le Canada, ses citoyens et ses peuples. Et aussi parce que ce système réunit sous un même toit deux grandes langues et cultures. Pour moi, le fédéralisme est aussi la voie de l'avenir pour tous le peuples de la terre.

    Ceci dit, je conviens que le fédéralisme demeure un moyen du vivre ensemble et non une idéologie. En ce sens, je ne fais jamais d'aucune formule du vivre ensemble un absolu. Ni le fédéralisme, ni le souverainisme. Aux peuples de décider ultimement leur formule de gouvernement et d'État.


    Michel Lebel
    Ancien professeur de droit constitutionnel

  • Kebekwa
    Inscrit
    dimanche 20 juin 2010 18h07
    @ Gilles Bousquet
    Merci pour l'invitation au départ. Mais je suis québécois depuis 325 ans et je tiens à le demeurer. Vous êtes bien prompt à vouer à l'exil ceux d'entre nous qui ne partagent pas vos idéaux. sans doute sommes-nous pour vous ces "traitres", des "collabos", des "fédérastres", des "francophones de services". Le Québec dont vous rêvez, s'il tombait entre des mains comme les vôtres, chagrinerait René Lévesque et ne disposerait pas de la moitié de la liberté dont vous jouissez au Canada .....

  • Lavallée,Simon
    Abonné
    dimanche 20 juin 2010 21h02
    Ça s'énerve
    Si ça s'énerve du coté fédéraliste c'est peut-être bien que Mme Marois et son équipe ont très bien ciblés les enjeux.
    Il me semble que le plein controle sur des sujets aussi important que la langue, la culture, l'immigration et notre pouvoir de dépenser dans nos programmes sociaux devraient intéresser tous les Québecois.
    C'est vendeur comme option.
    Bravo Mme Marois, et vive l'indépendance.
    Simon Lavallée

  • Mathieu Bouchard
    Abonné
    lundi 21 juin 2010 09h54
    Cage à homard
    En quoi le fédéralisme ne serait-il pas la cage à homard ? Il me semble qu'on applique la métaphore à la mauvaise option politique. Il y a plus qu'assez d'histoire politique pour le démontrer, et ce, depuis longtemps.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    samedi 26 juin 2010 14h03
    Suivez-vous l'actualité?
    @Gilles Bousquet....

    depuis 1968 que le P.Q. accuse le Fédéral de tous nos malheurs...
    Quand c'était le temps d'aller s'asseoir à la table des Négociations le P.Q. a laissé une chaise VIDE...

    Le P.Q. passe son temps à chiâler sur le supposé empiètement du Fédéral dans les champs de compétence...

    Le Fédéralisme c'es le partage des pouvoirs...si le »Québec récupère (à la carte) tous les champs de compétence (Santé, Éducation etc...) il n'y a plus de fédéralisme...




    Cependant il y a une seule chose qui n'est pas contestée de la part du P.Q. c'est la "PÉRÉQUATION" nous en avons tellement besoin des $$$$$...

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