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Lettres - L'échec de Jean Charest

Michel Magnant - Montréal, le 18 juin 2010  19 juin 2010  Québec
Jean Charest va-t-il échouer à cause de l'aura de magouille qui entoure son administration? Eh bien, ce ne serait qu'une cause parmi d'autres, une cause fort superficielle d'ailleurs. C'est en fait plutôt l'échec de son programme non déclaré qui serait la cause de ses malheurs. Rappelons qu'il avait battu Bernard Landry en 2003 en mettant l'accent sur la réforme du système de santé, un objectif plus sympathique aux yeux des citoyens qu'un État péquiste devenu omniprésent, bureaucratique et féru de langue de bois.

Et en cette matière, bien que cela ne fit pas partie de la campagne électorale, Jean Charest avait justement un programme ambitieux: celui d'une modernisation néo-libérale de l'État, en y introduisant des méthodes de fonctionnement propres à l'économie de marché. Ce qui fut appelé «la réingénierie».

Malheureusement, bien que cette approche fut à la mode et sut faire fortune ailleurs, elle échoua à toutes fins utiles au Québec. La taille amincie de l'État n'a pas eu lieu, les PPP n'ont pas su prendre leur envol, le contrôle des sociétés d'État semble avoir été perdu, l'idée selon laquelle les règles de l'entreprise imposées à l'administration publique puissent avantager les citoyens a au contraire été perçue par eux comme un détournement de la mission de l'État pour avantager les corporations!

C'est donc l'échec de son vaste projet de réforme qui provoque l'échec actuel du premier ministre Charest. Aurait-il fallu que le projet soit davantage ficelé? Aurait-il fallu tenir davantage compte des «cordes sensibles» particulières des Québécois, pour qui la communauté prime et primera encore longtemps le monde des affaires? Un programme spécial ou un petit livre expliquant la réingénierie et ses avantages pour les citoyens aurait probablement fait une différence. Le terrain québécois pour la réforme de Charest n'avait pas été suffisamment préparé. Il ne reste qu'à lui souhaiter bon succès malgré tout.

***

Michel Magnant - Montréal, le 18 juin 2010
 
 
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  • Geoffroi - Abonné
    19 juin 2010 01 h 10
    Lorsque la bise s'en fût venu
    La réingénérie ce n'était qu'un petit vent électoral accrocheur de 2003 qui s'est depuis transformé en un méchant vent froid et sec qui n'en fini plus de geler la nation - les fourmis comme les cigales -.
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  • Marie Mance Vallée - Inscrite
    19 juin 2010 08 h 01
    Manque d'envergure
    Il aurait fallu avoir de l'envergure pour mettre en place cette réingénierie. Et M. Charest n'en avait pas. La preuve est maintenant faite. Il a démontré qu'il n'était qu'un petit politicailleur.

    Au suivant...
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  • Marc Lévesque - Inscrit
    19 juin 2010 12 h 42
    Une modernisation néo-libérale de l'État
    "[...] une modernisation néo-libérale de l'État, en y introduisant des méthodes de fonctionnement propres à l'économie de marché [...] sut faire fortune ailleurs [...]"

    Pouvez-vous me donner des examples ou le néo-libéralisme* a su faire fortune?

    *utopie du libre marché?
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