Pauvreté: le nouveau plan de Québec suscite déjà la grogne
Des investissements de sept milliards sur cinq ans constitués surtout de mesures déjà en place
Le gouvernement du Québec a annoncé hier son Plan d'action gouvernemental pour la solidarité et l'inclusion sociale 2010-2015, assorti d'investissements de l'ordre de sept milliards de dollars. Une bonne partie de celui-ci se résume toutefois à une reconduction de mesures déjà en place. Les représentants des personnes démunies, qui se sont vu refuser l'accès à la conférence de presse, l'ont d'ailleurs jugé nettement insuffisant.
«Ce plan donne une nouvelle impulsion aux actions gouvernementales en valorisant le travail, en renforçant le filet de sécurité sociale, en protégeant le pouvoir d'achat des personnes à faible revenu, tout en accentuant la mobilisation locale, régionale et nationale», a résumé le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre du Travail, Sam Hamad, entouré des personnes qui ont pris part à l'élaboration de ce plan, qui s'inscrit dans le cadre de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.
Les représentants des organismes qui côtoient chaque jour les plus démunis de notre société, notamment le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec ou encore la Fédération des associations de familles monoparentales, n'avaient toutefois pas été invités à la conférence de presse. Celle-ci se tenait dans les locaux d'un organisme communautaire, le Patro Le Prévost, situé dans le quartier Villeray à Montréal.
Tandis que les groupes manifestaient sous la pluie battante, le ministre libéral a précisé que ce «plan à la hauteur de nos ambitions pour un Québec comptant toujours moins de pauvreté» était composé de mesures totalisant près de 7 milliards de dollars sur cinq ans. Vérifications faites dans les documents du dernier budget du gouvernement Charest, 5,6 milliards de dollars sont consacrés à des mesures récurrentes du plan 2004-2010. Un montant de 1,3 milliard étalé sur cinq ans est constitué de «nouvelles mesures». À l'instar de ce que l'on soulignait déjà dans le budget, Sam Hamad a répété hier que ces nouvelles sommes représentent «un effort considérable dans le contexte des finances publiques».
La nouvelle mesure la plus significative est le «crédit d'impôt pour la solidarité», qui devrait permettre de compenser l'effet des différentes hausses tarifaires et autres annoncées dans le dernier budget, selon le ministre. «Cette mesure de redistribution de la richesse modulée en fonction des revenus vise à protéger le pouvoir d'achat des ménages à faible revenu. En moyenne, les bénéficiaires recevront un montant moyen de 510 $ par année, soit 174 $ de plus que ce qu'ils recevaient précédemment», a-t-il précisé.
Une exemption mensuelle des revenus de pensions alimentaires de 100 $ pour chaque enfant sera également appliquée dans le calcul des prestations d'aide. Une mesure analogue devrait suivre aux prêts et bourses à compter de l'année scolaire 2011-2012. On prévoit en outre la construction de 3000 logements sociaux supplémentaires sur cinq ans. Difficile toutefois de savoir dans quelle mesure on atteindra les objectifs fixés par le gouvernement. Le premier plan de lutte prévoyait 16 000 nouveaux logements sociaux pour la même période.
Comme le gouvernement souhaite davantage «penser globalement et agir localement», le ministre a aussi confirmé une hausse de 115 millions du financement du Fonds québécois d'initiatives sociales pour financer des projets répondant aux priorités et aux réalités régionales.
Les mesures du premier plan d'action ayant permis de sortir 208 000 Québécois de la pauvreté, selon Sam Hamad, il a indiqué que le Soutien aux enfants, la Prime au travail, la Prime au travail adaptée et le Supplément à la prime au travail seraient reconduits. Il dit ainsi vouloir «valoriser le travail». Même chose pour la révision annuelle du salaire minimum. Mais le ministre ne s'est pas engagé sur d'éventuelles hausses de celui-ci, actuellement fixé à 9,50 $ l'heure. Une personne qui travaille 40 heures par semaine se situe ainsi sous le seuil de revenu minimum fixé par Statistique Canada. Les prestations du programme d'aide sociale, visant les personnes aptes au travail, continueront d'être pleinement indexées, comme elles le sont depuis 2009. Elles l'étaient auparavant à demi-taux.
«Ce n'est pas un plan»
Le responsable de l'Emploi et de la Solidarité sociale a par ailleurs lancé un message aux groupes qui seraient tentés de critiquer son plan: «Je les invite, avant de contester, à lire le plan. Parce qu'ils n'ont pas lu le plan. Ils ne savent pas ce qui est dans le plan.»
Mais les réactions n'ont pas tardé. Le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc, a dit que les mesures étaient dans l'ensemble déjà inscrites dans le budget. «Ce n'est pas un plan de lutte contre la pauvreté, a-t-il ajouté. L'objectif du plan, qui est inscrit dans la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale, est de faire du Québec un des pays parmi les pays industrialisés où il y a le moins de personnes pauvres d'ici 2013. De façon globale, on passe à côté de la cible.»
Selon le message relayé par plusieurs, il serait urgent d'améliorer le revenu des personnes assistées sociales. Surtout si l'on souhaite que certaines fassent le choix de retourner sur le marché du travail. «On maintient les gens dans l'extrême pauvreté et on leur dit d'aller travailler. On ne leur donne même pas assez pour s'habiller, pour se nourrir ou pour se payer des timbres pour envoyer des applications, mais on dit aux gens: "forcez-vous"», a laissé tomber M. Petitclerc.
Le milieu communautaire dénonce aussi les mesures du dernier budget qui imposeront des hausses de tarifs dans le secteur de la santé, de l'éducation et des biens de consommation essentiels comme l'électricité. Les groupes s'inquiètent enfin des annonces en logement social, jugeant qu'il en faudrait 50 000 de plus d'ici pour les cinq prochaines années. Tous promettent des réactions plus étoffées aujourd'hui, puisqu'ils n'avaient pas pu prendre connaissance de la totalité du plan d'une cinquantaine de pages hier. «Le diable est dans les détails», a résumé l'un d'eux.
«Ce plan donne une nouvelle impulsion aux actions gouvernementales en valorisant le travail, en renforçant le filet de sécurité sociale, en protégeant le pouvoir d'achat des personnes à faible revenu, tout en accentuant la mobilisation locale, régionale et nationale», a résumé le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre du Travail, Sam Hamad, entouré des personnes qui ont pris part à l'élaboration de ce plan, qui s'inscrit dans le cadre de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.
Les représentants des organismes qui côtoient chaque jour les plus démunis de notre société, notamment le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec ou encore la Fédération des associations de familles monoparentales, n'avaient toutefois pas été invités à la conférence de presse. Celle-ci se tenait dans les locaux d'un organisme communautaire, le Patro Le Prévost, situé dans le quartier Villeray à Montréal.
Tandis que les groupes manifestaient sous la pluie battante, le ministre libéral a précisé que ce «plan à la hauteur de nos ambitions pour un Québec comptant toujours moins de pauvreté» était composé de mesures totalisant près de 7 milliards de dollars sur cinq ans. Vérifications faites dans les documents du dernier budget du gouvernement Charest, 5,6 milliards de dollars sont consacrés à des mesures récurrentes du plan 2004-2010. Un montant de 1,3 milliard étalé sur cinq ans est constitué de «nouvelles mesures». À l'instar de ce que l'on soulignait déjà dans le budget, Sam Hamad a répété hier que ces nouvelles sommes représentent «un effort considérable dans le contexte des finances publiques».
La nouvelle mesure la plus significative est le «crédit d'impôt pour la solidarité», qui devrait permettre de compenser l'effet des différentes hausses tarifaires et autres annoncées dans le dernier budget, selon le ministre. «Cette mesure de redistribution de la richesse modulée en fonction des revenus vise à protéger le pouvoir d'achat des ménages à faible revenu. En moyenne, les bénéficiaires recevront un montant moyen de 510 $ par année, soit 174 $ de plus que ce qu'ils recevaient précédemment», a-t-il précisé.
Une exemption mensuelle des revenus de pensions alimentaires de 100 $ pour chaque enfant sera également appliquée dans le calcul des prestations d'aide. Une mesure analogue devrait suivre aux prêts et bourses à compter de l'année scolaire 2011-2012. On prévoit en outre la construction de 3000 logements sociaux supplémentaires sur cinq ans. Difficile toutefois de savoir dans quelle mesure on atteindra les objectifs fixés par le gouvernement. Le premier plan de lutte prévoyait 16 000 nouveaux logements sociaux pour la même période.
Comme le gouvernement souhaite davantage «penser globalement et agir localement», le ministre a aussi confirmé une hausse de 115 millions du financement du Fonds québécois d'initiatives sociales pour financer des projets répondant aux priorités et aux réalités régionales.
Les mesures du premier plan d'action ayant permis de sortir 208 000 Québécois de la pauvreté, selon Sam Hamad, il a indiqué que le Soutien aux enfants, la Prime au travail, la Prime au travail adaptée et le Supplément à la prime au travail seraient reconduits. Il dit ainsi vouloir «valoriser le travail». Même chose pour la révision annuelle du salaire minimum. Mais le ministre ne s'est pas engagé sur d'éventuelles hausses de celui-ci, actuellement fixé à 9,50 $ l'heure. Une personne qui travaille 40 heures par semaine se situe ainsi sous le seuil de revenu minimum fixé par Statistique Canada. Les prestations du programme d'aide sociale, visant les personnes aptes au travail, continueront d'être pleinement indexées, comme elles le sont depuis 2009. Elles l'étaient auparavant à demi-taux.
«Ce n'est pas un plan»
Le responsable de l'Emploi et de la Solidarité sociale a par ailleurs lancé un message aux groupes qui seraient tentés de critiquer son plan: «Je les invite, avant de contester, à lire le plan. Parce qu'ils n'ont pas lu le plan. Ils ne savent pas ce qui est dans le plan.»
Mais les réactions n'ont pas tardé. Le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc, a dit que les mesures étaient dans l'ensemble déjà inscrites dans le budget. «Ce n'est pas un plan de lutte contre la pauvreté, a-t-il ajouté. L'objectif du plan, qui est inscrit dans la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale, est de faire du Québec un des pays parmi les pays industrialisés où il y a le moins de personnes pauvres d'ici 2013. De façon globale, on passe à côté de la cible.»
Selon le message relayé par plusieurs, il serait urgent d'améliorer le revenu des personnes assistées sociales. Surtout si l'on souhaite que certaines fassent le choix de retourner sur le marché du travail. «On maintient les gens dans l'extrême pauvreté et on leur dit d'aller travailler. On ne leur donne même pas assez pour s'habiller, pour se nourrir ou pour se payer des timbres pour envoyer des applications, mais on dit aux gens: "forcez-vous"», a laissé tomber M. Petitclerc.
Le milieu communautaire dénonce aussi les mesures du dernier budget qui imposeront des hausses de tarifs dans le secteur de la santé, de l'éducation et des biens de consommation essentiels comme l'électricité. Les groupes s'inquiètent enfin des annonces en logement social, jugeant qu'il en faudrait 50 000 de plus d'ici pour les cinq prochaines années. Tous promettent des réactions plus étoffées aujourd'hui, puisqu'ils n'avaient pas pu prendre connaissance de la totalité du plan d'une cinquantaine de pages hier. «Le diable est dans les détails», a résumé l'un d'eux.
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