Jean Charest peaufine sa stratégie
Le remaniement sera majeur: Trois ministres influents devraient changer de chaise
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Michelle Courchesne et le premier ministre Jean Charest, en avril dernier: les jours de la ministre de l’Éducation seraient comptés.
Québec — Au plus bas dans les sondages et attaqué inlassablement sur plusieurs fronts ces derniers mois, le premier ministre Jean Charest juge l'heure venue de donner un important coup de barre, selon ce qu'a appris La Presse canadienne.
Il procédera, dans un premier temps, à un remaniement majeur de son cabinet d'ici à la fin juin. De plus, des changements de personnel sont à prévoir dans les cabinets ministériels, particulièrement ceux ayant montré des failles au cours des derniers mois. Enfin, à l'automne, un jeu de chaises musicales touchera cette fois les sous-ministres.
Avec ce brassage de cartes, le premier ministre voudra démontrer que son gouvernement peut encore rebondir et présenter un visage de renouveau, après des mois d'allégations de corruption et de favoritisme.
M. Charest a donc entrepris, ces dernières semaines, des consultations, en vue de présenter aux Québécois un nouveau tableau de son équipe.
Et même si le résultat final demeure inconnu, l'esquisse commence à prendre forme.
Ainsi, selon diverses sources proches du premier ministre, il semble désormais acquis qu'au moins trois ministres influents devront accepter de changer de chaise.
Les jours de Michelle Courchesne à l'Éducation sont donc comptés, tout comme ceux d'Yves Bolduc à la Santé et de Julie Boulet, aux Transports.
Au cabinet du premier ministre, où elle n'a pas que des amis, Mme Courchesne était déjà connue pour son caractère instable. Le fait de s'être mis à dos tout le milieu de l'éducation avec ses modifications, en catimini, du calendrier scolaire pour satisfaire quelques écoles juives n'a pas joué en sa faveur. Recruté pour régler les problèmes d'engorgement dans les salles d'urgence et diminuer les listes d'attente, Yves Bolduc n'a pas réussi à répondre aux attentes ni à rassurer la population. On lui trouvera un nouveau défi, ce qu'il s'est dit prêt à accepter.
Par contre, Line Beauchamp, à qui l'on reconnaît un parcours sans faute au Développement durable, jouit de toute la confiance du premier ministre et devrait être promue à la Santé ou à l'Éducation.
Julie Boulet demeurera au Conseil des ministres, mais loin des Transports, où elle a eu du fil à retordre ces derniers temps, notamment avec les allégations de corruption dans l'octroi de contrats, le coût prétendument plus élevé de la construction des routes au Québec et ses querelles avec Montréal sur l'échangeur Turcot.
Jacques Dupuis, reconnu pour son ton cassant et ses airs de bagarreur en Chambre, perdrait son rôle de leader parlementaire, au profit du whip, Pierre Moreau. M. Dupuis n'était déjà pas le premier choix de M. Charest comme leader, lors de la formation de son cabinet en 2008.
Claude Béchard, de retour la semaine dernière de plusieurs mois de convalescence, a obtenu l'assurance qu'il resterait au Conseil des ministres. M. Béchard, qui combat un cancer, a toujours la confiance de M. Charest. Cependant, compte tenu de sa santé fragile, son fardeau sera fortement allégé. Aussi, il devrait perdre l'Agriculture et la Réforme des institutions démocratiques, mais conserver son titre de ministre des Affaires intergouvernementales. S'il veut changer l'image de son gouvernement, M. Charest veut surtout, à l'approche de la mi-mandat, planter le décor des prochaines élections générales, en faisant les choix qui augmenteront les chances du PLQ de conserver certaines circonscriptions, disent des sources libérales.
Ainsi, la région de la Beauce, une des dernières où le vote adéquiste est encore solide, pourrait voir le ministre du Revenu, Robert Dutil, député de Beauce-Sud, monter en grade, d'autant plus qu'il avait pris la relève de Claude Béchard durant sa longue convalescence et que ses services ont été appréciés en haut lieu.
Il faut dire que l'exercice est délicat pour le premier ministre, qui dispose d'une marge de manoeuvre fort limitée, en raison de sa majorité fragile. En termes clairs, il ne peut pas se permettre de voir quelques ministres claquer la porte et provoquer des élections complémentaires.
M. Charest cherchera donc, tout en annonçant un rebrassage majeur, à éviter de faire trop de vagues.
Il procédera, dans un premier temps, à un remaniement majeur de son cabinet d'ici à la fin juin. De plus, des changements de personnel sont à prévoir dans les cabinets ministériels, particulièrement ceux ayant montré des failles au cours des derniers mois. Enfin, à l'automne, un jeu de chaises musicales touchera cette fois les sous-ministres.
Avec ce brassage de cartes, le premier ministre voudra démontrer que son gouvernement peut encore rebondir et présenter un visage de renouveau, après des mois d'allégations de corruption et de favoritisme.
M. Charest a donc entrepris, ces dernières semaines, des consultations, en vue de présenter aux Québécois un nouveau tableau de son équipe.
Et même si le résultat final demeure inconnu, l'esquisse commence à prendre forme.
Ainsi, selon diverses sources proches du premier ministre, il semble désormais acquis qu'au moins trois ministres influents devront accepter de changer de chaise.
Les jours de Michelle Courchesne à l'Éducation sont donc comptés, tout comme ceux d'Yves Bolduc à la Santé et de Julie Boulet, aux Transports.
Au cabinet du premier ministre, où elle n'a pas que des amis, Mme Courchesne était déjà connue pour son caractère instable. Le fait de s'être mis à dos tout le milieu de l'éducation avec ses modifications, en catimini, du calendrier scolaire pour satisfaire quelques écoles juives n'a pas joué en sa faveur. Recruté pour régler les problèmes d'engorgement dans les salles d'urgence et diminuer les listes d'attente, Yves Bolduc n'a pas réussi à répondre aux attentes ni à rassurer la population. On lui trouvera un nouveau défi, ce qu'il s'est dit prêt à accepter.
Par contre, Line Beauchamp, à qui l'on reconnaît un parcours sans faute au Développement durable, jouit de toute la confiance du premier ministre et devrait être promue à la Santé ou à l'Éducation.
Julie Boulet demeurera au Conseil des ministres, mais loin des Transports, où elle a eu du fil à retordre ces derniers temps, notamment avec les allégations de corruption dans l'octroi de contrats, le coût prétendument plus élevé de la construction des routes au Québec et ses querelles avec Montréal sur l'échangeur Turcot.
Jacques Dupuis, reconnu pour son ton cassant et ses airs de bagarreur en Chambre, perdrait son rôle de leader parlementaire, au profit du whip, Pierre Moreau. M. Dupuis n'était déjà pas le premier choix de M. Charest comme leader, lors de la formation de son cabinet en 2008.
Claude Béchard, de retour la semaine dernière de plusieurs mois de convalescence, a obtenu l'assurance qu'il resterait au Conseil des ministres. M. Béchard, qui combat un cancer, a toujours la confiance de M. Charest. Cependant, compte tenu de sa santé fragile, son fardeau sera fortement allégé. Aussi, il devrait perdre l'Agriculture et la Réforme des institutions démocratiques, mais conserver son titre de ministre des Affaires intergouvernementales. S'il veut changer l'image de son gouvernement, M. Charest veut surtout, à l'approche de la mi-mandat, planter le décor des prochaines élections générales, en faisant les choix qui augmenteront les chances du PLQ de conserver certaines circonscriptions, disent des sources libérales.
Ainsi, la région de la Beauce, une des dernières où le vote adéquiste est encore solide, pourrait voir le ministre du Revenu, Robert Dutil, député de Beauce-Sud, monter en grade, d'autant plus qu'il avait pris la relève de Claude Béchard durant sa longue convalescence et que ses services ont été appréciés en haut lieu.
Il faut dire que l'exercice est délicat pour le premier ministre, qui dispose d'une marge de manoeuvre fort limitée, en raison de sa majorité fragile. En termes clairs, il ne peut pas se permettre de voir quelques ministres claquer la porte et provoquer des élections complémentaires.
M. Charest cherchera donc, tout en annonçant un rebrassage majeur, à éviter de faire trop de vagues.
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