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L'hommage à Bourassa vire en querelle au Salon bleu

Antoine Robitaille   30 avril 2010  Québec
Québec — Un hommage à Robert Bourassa à l'occasion du 40e anniversaire de sa première élection a dégénéré en foire d'empoigne hier à l'Assemblée nationale. C'est pourtant de concert avec les partis d'opposition que Jean Charest avait déposé une motion reconnaissant «son immense contribution à l'édification d'un Québec moderne».

Premier à parler, M. Charest a surtout fait l'éloge des ambitions hydroélectriques de Robert Bourassa, devenu premier ministre à 36 ans, a-t-il insisté, avant de souligner que le chef libéral avait sacré le français «langue officielle» du Québec et créé le Conseil du statut de la femme.

C'est pendant l'allocution de Pauline Marois que les choses se sont gâtées. La chef péquiste a soutenu que «le gouvernement actuel se détache [...] de la pensée de Robert Bourassa». Ce dernier, a-t-elle dit, «n'a jamais hésité à prendre son bâton du pèlerin [...] pour que le Québec s'épanouisse au sein du Canada», que ce soit à Victoria ou, plus tard, à Meech. Au sujet de Meech, Mme Marois a rappelé que M. Bourassa avait dénoncé le rapport piloté par Jean Charest — à l'époque ministre dans le gouvernement Mulroney — en ces termes: «Parce que le Québec n'est pas compris du Canada anglais, on propose des exigences qui nous sont inacceptables.»

Lorsque la chef péquiste a lancé qu'il n'y avait rien de surprenant à ce que le gouvernement actuel à Québec «n'ait pas de position constitutionnelle sous prétexte que le fruit n'est pas mûr», des libéraux ont commencé à grommeler. Leur colère a vraiment éclaté lorsque la chef péquiste a souligné que Robert Bourassa n'avait pas hésité à créer la Commission d'enquête sur le crime organisé (CECO), en 1972; puis, en 1974, la commission Cliche. «L'emprise du crime organisé sur certains secteurs de la société était telle que le gouvernement se devait d'agir», a-t-elle dit.

Le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, s'est alors levé pour invoquer l'article 35 du règlement selon lequel «quand on prend la parole en [...] Chambre, [...] on ne peut pas avoir des propos qui sont de nature à susciter des débats». Les ministres Michelle Courchesne et Line Beauchamp ont alors crié aux péquistes: «Vous devriez avoir honte», les accusant de détourner un hommage parlementaire de manière étroitement partisane. Des péquistes, comme Martin Lemay, ont rétorqué en lançant: «Vous êtes comme le régime Taschereau!»
 
 
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  • France Marcotte - Abonnée
    30 avril 2010 09 h 55
    Brûlant comme la vérité
    Fascinant de voir combien le seul rappel de faits historiques fait dresser les poils et sortir les crocs d'un parti qui se montre plus à l'aise dans les faux-fuyant et le secret. On est loin de vouloir regarder la vérité actuelle en face! Mais cela ne nous dit pas comment se sortir de ce pétrin. Peut-être que l'on peut tranquillement habituer ce parti à la vérité en la lui assénant un peu tout les jours. Malheureusement pour eux, le temps presse.
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  • Jean-François Trottier - Abonné
    30 avril 2010 13 h 54
    Hilarant
    Comment virer à l'envers une cérémonie d'auto-congratulation! Le pire, c'est que ce n'est même pas difficile à faire!
    Ce qu'il y a de plus surprenant au PLQ, c'est le silence. PERSONNE ne semble éprouver le moindre malaise à évoquer les gouvernements précédents. PERSONNE ne semble avoir la fibre morale heurtée par la dérive qui frappe ce parti depuis 7 ans. PERSONNE n'élève la voix pour dire "Mais qu'est-ce que vous êtes en train de faire! Réveillez-vous!"
    Des belle-mères, ça dérange sur le coup mais ça a du mérite. Ça permet d'évoluer. Qui avez-vous, Libéraux, pour vous remettre en question?
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  • Drouin Denis - Inscrit
    30 avril 2010 16 h 09
    Et Vlan ! Entre les dents
    J'ai voté pour Bourassa à ses débuts qui coïncidaient avec les miens comme votant. Mais j'ai déchanté depuis ...

    Toutefois, il ne faut pas le lâcher ce gouvernement minable. Tant qu'à Mme Courchesne c'est elle qui devrait avoir honte de saccager à ce point l'enseignement au Québec. Elle n'a rien à être fière celle-là !
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