Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    La vraie réingénierie

    Lise Payette
    30 avril 2010 |Lise Payette | Québec | Chroniques
    Notre bon gouvernement, celui des urgences qui débordent dans les hôpitaux, celui du décrochage généralisé dans les écoles, celui de la vente des places en garderie, notre formidable gouvernement, a besoin d'aide. Son incroyable réserve de bonnes idées est à plat. J'en veux pour preuve le budget du ministre Raymond Bachand qui va devoir être refait entièrement tant il est à des années-lumière de ce que les citoyens réclament.

    Quand on pense que l'équipe de Jean Charest a dû se montrer en public, un beau dimanche de printemps, en jeans et col ouvert pour faire la démonstration de sa capacité à travailler sept jours par semaine pour son bon peuple et pour réaffirmer son total dévouement à la cause du Parti libéral, on sait qu'on ne peut pas tomber plus bas.

    Encroûté dans ses vieilles habitudes, le premier ministre aura du mal à remplir ses promesses. 62 %, c'est pas de la tarte. Le citoyen doit collaborer. La citoyenne aussi. Si on part du principe qu'il faut fournir au gouvernement des solutions afin qu'il arrive à faire ses compressions sans fouiller encore dans nos poches comme il n'hésite pas à le faire chaque fois qu'il est en difficulté, il faut faire travailler notre imagination collective.

    Ma modeste contribution

    Je pourrais suggérer au gouvernement de supprimer totalement ses dépenses en publicité. Les deux bras me sont tombés quand j'ai appris que pour réduire ses dépenses, il se proposait d'en couper 25 % seulement pour l'an prochain. S'il a quelque chose à nous dire, le gouvernement, au lieu de faire faire le message par des agences, il n'aura qu'à nous parler directement. Je rêve d'un premier ministre qui viendrait chaque jour vers 18h me raconter: voici ce que j'ai fait aujourd'hui. Pas d'intermédiaire, la vérité, et en direct. Ce serait une petite économie d'argent, mais une grosse opération de relations publiques efficace, enfin.

    Je sais bien, malgré tout, que les petites sommes que le gouvernement offre de sacrifier sont bien trop minimes pour changer réellement les choses dans les budgets. J'ai donc poussé ma réflexion encore plus loin.

    Ma proposition est tout à fait originale et n'a jamais été envisagée auparavant. Et pourtant... elle est tellement tentante.

    Il va m'être impossible de la chiffrer comme je l'aurais souhaité, car les chiffres disponibles ne représentent probablement pas la réalité, comme c'est souvent le cas dans les affaires gouvernementales.

    Tout le monde reconnaît que pour faire de vraies économies, sortir le Québec du rouge, repartir à neuf, il faut avoir le courage de couper gros. Je pense avoir trouvé la solution.

    Je suggère qu'on coupe complètement et totalement le ministère de l'Éducation, ce monstre dont tout le monde a perdu le contrôle, y compris la ministre responsable. Autant ce ministère paraissait essentiel dans les années 1960, autant il est devenu un poids qui empêche le monde de l'éducation d'avancer. Ça fait déjà plusieurs générations que ce ministère assassine les jeunes avec tous ses brillants fonctionnaires qui ont le pied sur le tuyau d'oxygène. Avides de pouvoir, bien décidés à ne pas en céder une parcelle aux autorités des écoles, les fonctionnaires du MELS imposent leur formidable prétention du haut de leurs certitudes.

    De réforme en réforme, on aura réussi à bousiller plusieurs générations sans jamais rien proposer qui redonne l'envie d'apprendre, la curiosité de découvrir et le besoin de bien s'équiper pour affronter la vie qui vient devant. Il y a longtemps que plus personne ne parle de hausser la barre. On se contente de la descendre pour faire croire que tout baigne. On s'est d'abord assuré d'«écoeurer» à tout jamais une armée complète d'enseignants chez qui on a éteint toute velléité d'éveiller des jeunes à la connaissance, puis on a «écoeuré» les jeunes avec des éteignoirs de rêves qu'on a multipliés à profusion.

    C'est sûr qu'il y aurait de belles économies à faire de ce côté. Fermer un ministère. Mettre la clef sur la porte. On peut imaginer qu'un nombre important de fonctionnaires rentreraient à la maison, car il faudrait éviter de les recaser ailleurs où ils ne manqueraient pas de refaire le même dommage que ce qu'ils ont réussi à faire à l'éducation. Le résultat immédiat serait une augmentation du taux de chômage dans la belle ville de Québec, mais comme il n'est actuellement que de 4 %, on ne sentirait pratiquement pas l'augmentation.

    Qu'est-ce qu'on ferait des écoles? On les laisserait s'administrer, une par une. Ce qui permettrait de savoir rapidement lesquelles vont bien et où il faut faire des changements.

    Un ministère en moins! Une ministre en moins, et un chauffeur et une voiture... Beaucoup d'économies. Un vrai coup d'air pur.

    Je sens que je suis à la veille de me réveiller... mais pendant que je dors encore, qu'est-ce qui m'empêche de fermer un autre ministère? Que diriez-vous qu'on voie s'il est possible de faire la même chose à la santé... Complètement fou? Pas tant que ça. Pensez-y.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.