Québec veut punir McGill
L'université encourt une pénalité de 28 000 $ pour chaque étudiant devant payer 30 000 $ au MBA
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
L'élève rebelle McGill pourrait se faire administrer une sévère correction du ministère de l'Éducation s'il ne revient pas sur sa décision de hausser à 30 000 $ les droits de scolarité de son programme de MBA qui commencera cet automne.
Le Devoir a appris que le ministère de l'Éducation avait l'intention de sanctionner l'Université McGill non seulement en la privant des 11 000 $ par étudiant qu'elle lui donne déjà pour son programme de 2e cycle, mais en retranchant aussi de son enveloppe de financement global près de 17 000 $ par étudiant. Au total, c'est une pénalité de 28 000 $ pour chaque personne (équivalent à temps plein) admissible aux subventions et inscrite au MBA que l'on inflige à McGill.
Il n'est, pour l'instant, pas possible de déterminer avec exactitude le montant total que le ministère enlèvera à l'Université puisque seule la période d'inscription des étudiants étrangers est terminée. Les étudiants du Québec ont jusqu'au 1er mai pour déposer une demande.
À titre de référence, il y avait 63 étudiants inscrits dans ce programme à l'automne 2009, dont environ 50 % venaient de l'étranger, 20 % du Québec et 30 % d'ailleurs au Canada. Mais tout porte à croire qu'il y aura beaucoup plus d'étudiants à l'automne 2010, nous informe-t-on au bureau des communications de l'Université McGill.
La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne avait déjà rappelé à l'ordre l'Université lorsque celle-ci avait annoncé, en septembre dernier, qu'elle multiplierait par vingt les droits de scolarité de son programme, qui coûtait jusqu'ici environ 1700 $, frais afférents en sus.
Mme Courchesne avait également signifié à maintes reprises à la principale et vice-chancelière de l'Université, Heather Munroe Blum, que «ce type de programme ou d'activité nécessite, en vertu de règles budgétaires s'appliquant aux universités, que l'établissement qui souhaite l'offrir obtienne l'autorisation du ministère» et qu'il contrevient au principe même d'accessibilité aux études.
McGill offre déjà un programme de MBA conjointement avec l'École des HEC pour environ 65 000 $, mais cette formation de 16 mois, qui ne reçoit aucune subvention de gouvernement, est destinée aux professionnels et aux cadres d'entreprise qui en assument les frais sans problème.
Punition dissuasive?
En janvier dernier, la principale de l'Université McGill avait justifié une telle hausse des droits de scolarité par le coût élevé de la formation, soit 22 000 $ par étudiant. «On veut donner une expérience de classe mondiale aux étudiants», avait indiqué au Devoir Peter Todd, le doyen de la faculté de gestion.
La direction de l'Université avait expliqué que le déficit du programme était comblé par une portion de l'argent des subventions octroyées pour les étudiants en arts et sciences, une façon de faire que la principale de McGill jugeait peu équitable. Elle avait pourtant confirmé que ce projet de MBA à fort prix allait voir le jour. Avec ou sans l'aide de Québec.
Au cabinet de la ministre Courchesne, on croit qu'en privant McGill de 28 000 $ par équivalent temps plein, le jeu n'en vaudra plus la chandelle. «Leur objectif était de faire un profit, mais il n'y en aura plus aucun à faire», a soutenu Tamara Davis, attachée de presse de la ministre Courchesne.
Le calcul que Québec fait est simple: le montant exact de la pénalité (27 827 $) est égal au montant qu'exige McGill des étudiants (29 500 $) auquel on soustrait le montant qu'ils devraient normalement payer (1673 $). «McGill est avisé de notre position. En faisant ça, ils n'ont plus avantage à procéder», a rappelé Mme Davis, en disant vouloir dissuader McGill de mettre à exécution sa hausse des droits de scolarité.
La direction de l'Université n'a pas voulu faire de commentaires, indiquant qu'elle poursuivait ses discussions avec le gouvernement.
Le Devoir a appris que le ministère de l'Éducation avait l'intention de sanctionner l'Université McGill non seulement en la privant des 11 000 $ par étudiant qu'elle lui donne déjà pour son programme de 2e cycle, mais en retranchant aussi de son enveloppe de financement global près de 17 000 $ par étudiant. Au total, c'est une pénalité de 28 000 $ pour chaque personne (équivalent à temps plein) admissible aux subventions et inscrite au MBA que l'on inflige à McGill.
Il n'est, pour l'instant, pas possible de déterminer avec exactitude le montant total que le ministère enlèvera à l'Université puisque seule la période d'inscription des étudiants étrangers est terminée. Les étudiants du Québec ont jusqu'au 1er mai pour déposer une demande.
À titre de référence, il y avait 63 étudiants inscrits dans ce programme à l'automne 2009, dont environ 50 % venaient de l'étranger, 20 % du Québec et 30 % d'ailleurs au Canada. Mais tout porte à croire qu'il y aura beaucoup plus d'étudiants à l'automne 2010, nous informe-t-on au bureau des communications de l'Université McGill.
La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne avait déjà rappelé à l'ordre l'Université lorsque celle-ci avait annoncé, en septembre dernier, qu'elle multiplierait par vingt les droits de scolarité de son programme, qui coûtait jusqu'ici environ 1700 $, frais afférents en sus.
Mme Courchesne avait également signifié à maintes reprises à la principale et vice-chancelière de l'Université, Heather Munroe Blum, que «ce type de programme ou d'activité nécessite, en vertu de règles budgétaires s'appliquant aux universités, que l'établissement qui souhaite l'offrir obtienne l'autorisation du ministère» et qu'il contrevient au principe même d'accessibilité aux études.
McGill offre déjà un programme de MBA conjointement avec l'École des HEC pour environ 65 000 $, mais cette formation de 16 mois, qui ne reçoit aucune subvention de gouvernement, est destinée aux professionnels et aux cadres d'entreprise qui en assument les frais sans problème.
Punition dissuasive?
En janvier dernier, la principale de l'Université McGill avait justifié une telle hausse des droits de scolarité par le coût élevé de la formation, soit 22 000 $ par étudiant. «On veut donner une expérience de classe mondiale aux étudiants», avait indiqué au Devoir Peter Todd, le doyen de la faculté de gestion.
La direction de l'Université avait expliqué que le déficit du programme était comblé par une portion de l'argent des subventions octroyées pour les étudiants en arts et sciences, une façon de faire que la principale de McGill jugeait peu équitable. Elle avait pourtant confirmé que ce projet de MBA à fort prix allait voir le jour. Avec ou sans l'aide de Québec.
Au cabinet de la ministre Courchesne, on croit qu'en privant McGill de 28 000 $ par équivalent temps plein, le jeu n'en vaudra plus la chandelle. «Leur objectif était de faire un profit, mais il n'y en aura plus aucun à faire», a soutenu Tamara Davis, attachée de presse de la ministre Courchesne.
Le calcul que Québec fait est simple: le montant exact de la pénalité (27 827 $) est égal au montant qu'exige McGill des étudiants (29 500 $) auquel on soustrait le montant qu'ils devraient normalement payer (1673 $). «McGill est avisé de notre position. En faisant ça, ils n'ont plus avantage à procéder», a rappelé Mme Davis, en disant vouloir dissuader McGill de mettre à exécution sa hausse des droits de scolarité.
La direction de l'Université n'a pas voulu faire de commentaires, indiquant qu'elle poursuivait ses discussions avec le gouvernement.
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