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Lettre à Michel Chartrand

Lise Payette   16 avril 2010  Québec
Tu vas me manquer. Je ne te l'ai pas assez dit. Ces derniers jours, c'est cette pensée qui a pris toute la place dans ma tête et dans mon coeur. Pourquoi laissons-nous la vie que nous menons nous priver du bonheur de nous retrouver entre amis pour nous dire à quel point la présence de l'autre est précieuse et à quel point le départ de certains change complètement le paysage environnant? J'aurais dû. J'aurais dû te dire le rôle que tu avais joué pour moi et qui a fait de moi une meilleure personne.

C'est à Rouyn que je t'ai connu. Je travaillais avec les Métallurgistes unis auprès des mineurs de la région. Nous envisagions la possibilité d'une grève, car la vie des mineurs n'avait rien de réjouissant et les patrons, tous anglophones, n'étaient pas très réceptifs aux demandes qui leur étaient faites. Au bureau de l'Union, un jour, on nous a annoncé que Michel Chartrand avait été engagé par le syndicat pour se joindre à notre équipe comme «motivateur» auprès des futurs grévistes et les encourager à appuyer un vote de grève qui devenait inévitable. Je ne te connaissais pas. Et quand je t'ai vu arriver, j'avoue que pendant un moment je me suis dit que mes patrons étaient devenus fous.

Tu criais, tu gesticulais, tu sacrais comme un charretier. En fait, tu faisais peur à tout le monde. Dans les grosses réunions avec les mineurs, on savait à quelle heure tu commençais à parler, mais on ne savait jamais quand tu allais finir. Tu ne semblais avoir aucune limite, pour rien, jamais.

Heureusement que de temps en temps, quand nous n'étions pas nombreux, tu riais tellement de bon coeur que tu en avais les larmes aux yeux. Parfois, je crois que tu riais de toi-même et de tes excès de langage. En 1953, l'année dont je te parle, tu étais parfaitement capable de faire la distinction entre l'homme qu'était Michel Chartrand et le personnage qu'on s'arrachait comme on le fait des humoristes aujourd'hui.

Un jour, Simonne, ta douce Simonne, est venue te rejoindre. Elle ne venait que pour quelques jours parce qu'elle en avait plein les bras avec les enfants pendant tes absences. Vous avez habité chez moi. C'est là que j'ai connu le vrai Michel Chartrand.

J'ai nettement préféré celui-là à l'autre, même si je sais que l'autre était nécessaire. Simonne avait le don de te ramener sur terre, de t'obliger à changer de peau et avec son sourire en coin, elle refaisait tout doucement le ménage dans tes idées.

Simonne m'a donné le mode d'emploi de ce Michel qu'elle connaissait si bien. C'est la seule personne que j'aie jamais entendu te dire: «Tais-toi donc...», mais sur un ton si doux que tu fondais devant elle.

La grève n'a pas eu lieu à la Noranda Mines cette fois-là. Malgré le fait que tu avais chauffé la salle comme toi seul savais le faire, quand nous avons compté les votes, nous avions au-dessus de 50 % (je ne me souviens pas du pourcentage exact), mais il a été décidé par les autorités des Métallos, venues exprès de Toronto et des États, que le résultat du vote n'était pas suffisant pour tenir une grève le temps qu'il faudrait. La majorité de 50 plus 1 venait d'être mise de côté sans états d'âme malgré le fait que les femmes des mineurs, qui n'avaient pas le droit de vote, appuyaient pourtant largement leur mari.

Je t'ai revu de temps en temps par la suite. On se croisait sur un plateau de télé, dans des manifs, sur des panels. En général, tu m'accueillais toujours de la même façon: «Tabarnak, la v'là encore celle-là!» On s'embrassait, parce qu'au-delà de tout, nous étions des amis.

J'ai pleuré Simonne. Le jour de ses funérailles, je me souviens avoir aidé Gérald Godin à entrer dans l'église, car visiblement, avec sa grosse tête malade, les gens le regardaient comme s'il avait été contagieux et personne ne se précipitait pour l'aider. Puis, Pauline est arrivée.

Aujourd'hui, c'est toi que je pleure. Et je trouve dommage que tu sois parti au moment où le Québec, qui jouait le dragon endormi depuis trop longtemps, vient de se réveiller. Je sens que tu vas manquer quelque chose que tu aurais bien aimé voir...

Tu auras été, mon cher Michel, le seul homme pour qui j'aurai manifesté, un jour de Noël, afin qu'on te libère de la prison où l'on t'avait enfermé. Je n'ose pas penser à la déception qui sera la tienne si tu viens de découvrir qu'il n'y a rien après la mort... J'aime mieux imaginer que tu vas leur en faire voir de toutes les couleurs...
 
 
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  • André Bourbonnais
    Abonné
    vendredi 16 avril 2010 01h12
    Michel Le Grand.
    Il était un franc parleur,un grand tribun, humain, défenseur des personnes opprimées,du droit des femmes, et dans sa vie privée un être sensible,cultivé
    aimant la vie. Tu nous manqueras.
    Lors de son emprisonnement, on l'a "relaché" parce-qu'il était en train de syndiquer les gardiens de prison !! Aujourd'hui, il doit faire de même avec les Anges, s'il y a une vie après la vie....

    Salut à TOI "MICHEL LE GRAND".
    Salut à TOI MICHEL LE GRAND

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 03h11
    Vous avez écrit: rien?
    Madame Payette, tout était parfait dans votre jusqu'au dernier paragraphe. Vous écrivez: «Je n'ose pas penser à la déception qui sera la tienne si tu viens de découvrir qu'il n'y a rien après la mort...J'aime mieux imaginer que tu vas leur en faire voir de toutes les couleurs».

    S'il n'y a rien après la mort, Michel ne peut pas de découvrir qu'il n'y a rien puisqu'il n'est plus là pour le constater. Quant à imaginer ce que vous pensez, à savoir une espèce de correction de vos propos antérieurs, la vie éternelle ne doit pas et ne peut pas être le prolongement de la vie présente. Sinon, je préfère votre première solution: rien.

    Merci quand même pour votre texte. Michel Chartrand, en accord ou en désaccord avec lui, était un être exceptionnel. Il ne connaissait pas la langue de bois des politiciens. Tous partis confondus.

  • Gérard Lépine
    Abonné
    vendredi 16 avril 2010 05h08
    ad multos annos, Michel
    Je t'ai connu au Collège André-Grasset où tu venais tôt le matin... servir la messe privée d'un psS que j'aimais bien aussi...
    Ne vous inquiétez-pas, Mme Payette, si Saint-Pierre ose le renvoyer "en bas", Lucifer va le lui renvoyer aussi sec avec une menace de démission de sa part comme démon en chef si le premier persistait.

  • Jean-Guy Dagenais
    Abonné
    vendredi 16 avril 2010 07h12
    Du papier qui brûle ...
    On tournait autour de la prison. Avec le vent le froid était intense. Simonne menait le pas et on la suivait et on tournait autour de Parthenais. Les porcs nous filmaient. Et puis soudain du haut de la tour une langue de feu est sortie comme un signal. Nous savions maintenant que tu savais que nous étions là, pour toi Michel Chartrand.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 07h23
    « Michel Chartrand, père de la nation et gardien de nos valeurs »
    Michel Chartrand est sans doute le plus grand indépendantiste de gauche que le Québec aura connu.

    Il a appuyé l'UFP et Québec Solidaire.

    Jamais je n'aurai vu un homme aussi fort de ma vie !

    Il fallait l'entendre en assemblée ou dans ses discours !

    J'estime avoir eu l'honneur et la chance de recevoir mon mandat et ma mission politique de ce véritable titan en 1998, devant une salle chauffée à bloc de plus de 750 personnes à l'école Gérard Fillion à Longueuil lors d'une de ses conférences sur le revenu de citoyenneté qui lui tenait tant à coeur.

    Faut-il que nos gouvernements et nos politiciens soient assez irresponsables et immoraux pour laisser crever du monde ici dans la misère à 575 $ par mois dans un pays aussi riche que le Québec !

    Je suis de sa révolte et de sa colère !

    Honte à nous de ne pas l'être tous !


    « Tout le monde doit faire de la politique. En démocratie, c'est un devoir : assumer ses responsabilités à son niveau, voir à ce que le monde s'épanouisse» - Michel Chartrand




    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre de Québec Solidaire
    Militant pour l'éradication de pauvreté et l'indépendance du Québec



    « Michel Chartrand, père de la nation et gardien de nos valeurs » :

    http://www.vigile.net/Michel-Chartrand-le-plus-gra

    .

  • Merelle
    Inscrite
    vendredi 16 avril 2010 07h24
    Merci Madame Payette
    Merci d'écrire une si belle lettre qui décrit si bien le vide que Michel laissera au coeur de nombreux, très nombreux québécois.
    Pour ma part, depuis les annnées 68-69 oû j'entendis parler de lui pour la première fois, je l'ai toujours admiré, suivi de loin comme une petite québécoise anonyme peut le faire. J,ai même fêté une Saint-Jean avec lui et Simonne alors que nous avons dansé gaiement dans les rues du Vieux-Montréal.
    J'aimerais avoir la moitié de son courage et de sa force afin de moi aussi tenter de faire avancer les causes qui me tiennent à coeur. Je le fais à ma modeste manière.

    Que ce soit la cause des femmes, des travailleurs ou de l'indépendance du Québec, j'ai toujours admiré l'homme.

    Moi aussi, je vais m'ennuyer de lui.

    Merci encore Madame Payette. Pour tout.

  • NELL HALLE
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 08h25
    beau témoignage!!
    bravo M Payette!!
    Votre témoignage envers Michel Chartrand me frappe beaucoup.
    Quel personnage ce Michel, Nous en aurions tellement besoin de ce temps-ci Vous êtes chanceuse de l'avoir si bien connu, parce que c'était un type unique au Québec, voila le destin nous la enlever.
    Michel n'a jamais renoncer a ses croyances de jeunesse tout a son honneur.
    Merci encore
    nell halle

  • martin grenier
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 08h27
    Chartrand
    Il n'etait pas capable d'etre premier ministre michel il n'etait pas hypocrite menteur visage a deux faces voleur enfin j'en ai asser dit
    grenier.martin@videotron.ca

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 08h52
    La violence sous toutes ses formes
    M. Chartrand n'était pas le premier ni le dernier à faire peur au monde, en vociférant, pour mieux gagner son point. C'est une technique qui a bien servi les collets bleus de Montréal.

    Un petit sacre, un petit blasphème, un coup de pied au cul ou une tape sur la gueule, une petite insulte n’ont jamais tué personne et fait avancer ou reculer bien des causes sociales et/ou matrimoniales, selon la façon de les administrer, ça a l’air.

  • Jean Leveillee
    Abonné
    vendredi 16 avril 2010 08h59
    Chartrand
    Il n'est pas disparu de nos coeurs.
    Il vit en nous, en quelque sorte. Cela nous rendra plus forts, plus compassés, et plus libres.
    Merci pour votre si vibrant témoignage. Comme toujours, vos écrits me nourrissent et j'en suis convaincu, il est là-haut et doit s'en crisser de la plus belle façon...de nos fossoyeurs de liberté.

  • Paul Verreault
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 09h03
    Merci Chartrand
    C'est grâce à ce grand homme que j'ai compris, très jeune, le devoir d'un citoyen de "faire" de la politique, que c'est la base même de la démocratie. C'était en 1957, mon père, avec un de ses amis, avait fondé le "NPD-Québec" dans Jonquière et je passais des pamphlets pour M. Chartrand qui s'y présentait. En 1997, mon frère, le p'tit dernier, a travaillé pour M. Chartrand qui se présentait dans Jonquière contre Bouchard, le "Lucide", qui nous a tiré dans le dos dernièrement, vous aviez encore raison Monsieur Chartrand...

  • Democrite101
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 10h12
    Un chêne vient de tomber
    Président-fondateur du syndicat des professeurs du CNDF en 1981, j'avais toujours en tête les êtres dignes d'admiration qui, tels des phares, éclairaient ma vie. Michel Chartrand en faisait partie. Il a été le modèle, l'inspiration, l'idole même du syndicalisme lucide et combatif dont toute société a besoin.

    Quelle splendide beauté dans ses indignations en feux d'artifices ! En «feux» parce que vraies; «artifices» en tant qu'art rhétorique fait de métal en fusion le plus pur. Il n'y a que la poésie pour dire ce que ses harangues portaient, et que la science politique pour révéler ce qu'il avait de sérieux et de solide.

    Hélas, il fut trop exigeant dans ses propos pour que les gens votent pour lui. Ancien président de syndicat, je puis affirmer que les gens sont si peureux, si limités dans leurs connaissances (économiques, politiques, philosophiques, sociologiques, etc.) qu'ils sont les victimes volontaires de ceux qui les bernent. C'est le drame vécu par tous les gens de gauche.

    Cependant, rien n'est désespérant puisqu'il suffit de quelques Justes, que d'un seul Juste pour tout soit sauvé, comme Jean Moulin a sauvé l'honneur de la France déshonorée par des centaines de milliers de pétainistes et collabos. Précisons: des Justes appuyés par les gens ordinaires.

    Tant que les medias seront, sinon au service, du moins dans l'orbite culturelle et politique de ceux qui mènent le monde, tant que les peuples s'abreuveront de tous les «opiums du peuple» qui épaulent la religion dans cette morbide fonction, nous avancerons tout de même, mais à petits pas...

    Michel Chartrand a vécu plus longtemps que Claude Ryan. Sans doute a-t-il joui de cette idée en y pensant et en vivant 93 ans. Qu'il a dû bien en rire !

    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 13h05
    @Gilles Bousquet
    Avec des fédéralistes qui n'hésitent pas à utiliser l'armée pour suspendre les droits civiques, et des péquistes qui ont, tout comme les libréaux , laissé cerver de misère les plus faibles et les plus déhérité-es d'entre-nous..

    Il y a des claques sur la gueule, des coups de pieds dans l'cul et des sacres qui se perdent...

    « Les péquistes... C’est des intégristes… Y r'connaissent même pas les inédépendantiste » - Michel Chatrand

    .

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    vendredi 16 avril 2010 13h18
    C’est ça qu’on va faire !!!
    J’ai eu l’insigne privilège d’avoir eu a côtoyer M Chartrand un soir d’ouverture de local référendaire en septembre 1995 dans le comté d’un député destiné a sortir du placard et être malheureux chef de parti quelques années plus tard.

    Je ne pouvais croire qu’il était a un PAS devant moi pour réciter un texte signifiant en vue de galvaniser les troupes présentes par sa prestance et son charisme tranquille d’humble homme encore capable et qui a beaucoup vécu.

    L'échec référendaire a dû être aussi cuisant pour lui qu'il a pu l'être pour Nous tous, mais son combat se situait bien au-dela des préoccupations quotidiennes et monomaniaques des ‘faiseux’ a cravate comme il aimait les dépeindre.

    Comme Félix, comme Bourgault, comme Lévesque (René, par Gérard Dé), comme les bons Drs Ferron et Laurin, comm Gérald Godin, comme Yves Blais, comme Falardô, comme Pierre Vadeboncoeur, il nous manquera cruellement quand le moment se fera sentir.

    Puissent des femmes et des hommes a voix puissantes, un peu moins échevelées mais tout aussi pertinentes, aguerries et acérées qu’un Léo-Paul Lauzon sortent bientôt de l’ombre pour succéder a l’ami qui tombe, car Chartrand s’est rendu irremplaçable par son engagement indéfactible pour la justice sociale dans la solidarité avec notre prochain et dans sa fougue démontrée pour la promotion et la défense d'une vie syndicale bien comprise parce que bien pratiquée et bien orientée idéologiquement.

    Ce fut en quelque sorte notre Léonardo Boff à sa manière.

    Salut camarade Chartrand, et nous ferons nôtres ton injonction de pourchasser inlassablement les boss, les faiseux a cravate et les possédants pour leur botter le c** inconsidérément.

    C’est ça qu’on va faire !!!

  • Rene Arbour
    Abonné
    vendredi 16 avril 2010 14h26
    Merci
    Merci à vous monsieur Chartrand. Merci encore et je sais que pleins d'autres occasions sont à venir où je vous redirai merci.

    Merci aussi à vous madame Payette pour avoir partagé cette émotion avec nous.

  • Fernande Trottier
    Abonnée
    vendredi 16 avril 2010 16h03
    rien après la mort !
    Madame Payette
    Sur quoi vous basez vous pour affirmer qu'il n'y a rien après la mort ? Avez-vous des preuves ? si oui, vous êtes bien chanceuse... car jamais une seule personne "mourue" n'est venue nous le dire. Aussi, la croyance de Michel est aussi valable que la vôtre. Ne vaut-il pas mieux croire (cela ne coûte rien) et que ce ne soit pas vrai, que de ne pas croire et que ce soit vrai ? Il y a votre vérité, la vérité de Michel et la "vraie vérité"; à nous de choisir ! Michel je vais m'ennuyer de ton rire et de tout ce que tu étais... Je vous aime Simonne et Michel !

  • Guy Vézina
    Abonné
    vendredi 16 avril 2010 16h43
    Un homme sensible
    J'ai connu Michel Chartrand lors d'une soirée où j'avais le mandat de l'interviewer au début des années 70 alors que j'étais journaliste pigiste de la presse parlée. Très nerveux devant ce géant du discours, je fus immédiatement rassuré quand il m'accorda l'entrevue avec une aimabilité et une sensibilité que je ne pouvais imaginer chez un homme aussi réputé. Le jeune timide que j'étais à cette époque venait d'être conquis par une telle gentillesse de la part d'un homme qui affichait tout le contraire lorsqu'il discourait.
    Un grand homme vient de nous quitter!

    Guy Vézina (RACINE)

  • Democrite101
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 16h48
    Rien après la mort ?
    Bonjour Fernande

    Vous devriez aller ouvrir toutes les tombes des cimetières du Québec, et vérifier s'ils sont encore vivants...

    Vous n'en croirez pas vos yeux. C'est justement là votre problème, le problème de tous les croyants: Ils n'en croient pas leurs yeux.... grands aveugles volontaires qu'ils ont toujours été.

    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 17h53
    Democrite
    Chacun peut croire ou ne pas croire. Mais il faut savoir de quoi il s'agit quand on croit.

    Vous ne convainquez personne avec votre histoire de tombeaux des cimetières. Pas plus de Gagarine n'a convaincu personne en revenant sur terre et de dire aux journalistes présents que Dieu n'existait pas puisque, de son hublot, il ne l'avait pas aperçu. C'est un peu enfantin comme réflexion.

    Continuons....dans le calme et le respect. Je vous félicite, cher monsieur, - car je présume que Démocrite est masculin - du ton que vous prenez pour parler de ces questions.

  • Guy Vézina
    Abonné
    vendredi 16 avril 2010 20h06
    Mes excuses pour cette faute de français (RÉ: Un homme sensible 16h43)
    Mes excuses pour cette faute quand j'ai utilisé le mot aimabilité alors que j'aurais dû utiliser le terme bien français amabilité (qualité d'être aimable).

    Guy Vézina (RACINE)

  • Fernande Trottier
    Abonnée
    vendredi 16 avril 2010 21h47
    Rien après la mort ?
    Monsieur Jacques
    Même si vous avez un PhD, cela ne m'impressionne pas ni ne me convainc qu'il n'y a rien après la mort, je ne suis pas naïve au point de croire que dans les tombes des cimetières il y a là des personnes vivantes. Je trouve votre argumentation enfantine, manquant de consistance et ce n'est certes pas avec cela que vous allez me faire changer d'idée, et Michel ne changerait pas non plus...vous n'êtes pas obligé de croire, c'est votre droit, mais ce serait bien que vous respectiez ceux qui ne pensent pas comme vous, cela s'appelle du respect... monsieur !

  • Jacques Baril
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 22h40
    Le chêne et le roseau de la «Richelieu»...
    Précieusement

    Précieusement une à une
    Comme une respiration d'enfant
    J'ai compté les marches
    De la montagne

    Mes yeux figés à leur marbre blanc
    Me sculptaient leur ombre
    Dans la molle fatigue de mon corps

    Je posais les pieds dans les antiques
    Pas de danse des civilisations oubliées
    Et le même soleil ranimait
    Leurs ombres perdues
    Dans les pierres de la mémoire

    En la nuit, j'ai regardé un ciel
    Disparu depuis des millénaires
    Leurs immuables positions
    Sous la fuite des âges
    Avancent glissées

    Quelque part un navire
    Sans voilures chavire
    Dans le glas d'un ressac

    André Nobert

    Tu salues Simone de ma part!

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 17 avril 2010 10h33
    Lettre....
    On appelle ça de la récupération politique; il aurait fallu le louanger de son vivant au lieu de se servir de sa mort à des fins partisanes.

  • Fernande Trottier
    Abonnée
    samedi 17 avril 2010 12h35
    Lettre
    Madame Chouinard
    je suis tout à fait d'accord avec vous, un jour j'ai eu la chance d'entendre Michel et j'ai pu lui dire que "je l'aimais" et de lui faire un bisou... lors d'une précédente occasion, c'est à Simonne que j'ai dit "je vous aime", cela m'était dicté par mon
    coeur. J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour ce couple engagé, pour avoir eu le courage de vivre jusqu'au bout selon leurs convictions. À leurs enfants j'offre mes plus sincères condoléances !

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    dimanche 18 avril 2010 08h34
    Falardeau, Chartrand mêmes comportements.
    Pourquoi faut-il être si mal engueuler pour attirer l'attention?
    Pourquoi faut-il sacrer pour être admiré?
    Pourquoi faut-il mépriser à ce point le peuple?
    Pourquoi faut-il des déluges de louanges envers la vulgarité?
    Pourquoi valorise-t-on à ce point la médiocrité?

    Le raffinement, le respect des citoyens sont-ils des valeurs à combattre, à dénigrer, à ridiculiser.
    On peut défendre, les démunis, les chômeurs, sans être vulgaire.
    On peut dénoncer les injustices, les magouilles, les arnaques sans descendre au plus bas niveau.
    Le peuple a droit au respect,. Il n'est pas ÉPAIS à ce point qu'il ne puisse faire la différence entre la défense énergique des opprimés
    et la vulgarité considérée comme adéquate, utile et nécessaire.
    Un peu plus de dignité, de respect ne ferait pas tort à la NATION.
    Et les citoyens seraient capables d'apprécier quand même.

    Au Québec, on a un problème...certains pensent.... qu'il faut absolument être vulgaiire pour défendre les opprimés, les démunis, les plus faibles de notre société. Tous les québécois ne sont pas des épais, des ignorants, des grossiers personnages. Le penser serait une offense, un mépris envers nos compatriotes.

  • Magali Bouchard
    Abonné
    dimanche 18 avril 2010 09h42
    Mais qu'est-ce qu'on délire !!!!!
    Peut-on parler de Chartrand au lieu de soi-même ?????

  • Troy
    Inscrit
    dimanche 18 avril 2010 09h56
    Adieu bonté incarnée
    Salut Michel! Repose en paix...surtout avec une vie si engagée à défendre les démuni(e)s, les exploités du système, les accidentés du travail, les aînés, etc. Je te remercie pour tout ce que t'as fait pour nous, le peuple québécois. Tu es mon modèle d'homme de droiture et d'intégrité. Tu n'as jamais dévié de tes convictions. Tu n'as jamais fait de politique pour faire des affaires et de l'argent. Tu en faisais plutôt parce que tu ne pouvais supporter de voir ton prochain dans la misère. Tu considérais que tout le monde avait droit au bonheur. Que le bonheur, ça se bâti en commun avec son prochain...et non chacun pour soi. Envoie-nous ta grandeur d'âme et ta combattivité pour dénoncer les injustices et se tenir debout. Je t'adore xxxxxxxxxxxx

  • Francine Tremblay-Quesnel
    Abonnée
    dimanche 18 avril 2010 11h12
    Altruisme, entraide, respect, solidarité, droiture et intégrité.
    Hier, je suis allée rendre hommage à ce grand homme que fut Michel Chartrand. Je me sens plus que jamais orpheline en ce trop gris dimanche matin.

    Il est des gens irremplaçables, les Leclerc, Lévesque, Godin, Miron, Bourgault, Falardeau, Vadeboncoeur, Chartrand... dont chaque départ ascène un coup douloureux au coeur. Peut-être me direz-vous que nous sommes tous aussi uniques et irremplaçables, mais certains, plus investis, nobles et grands, se sont décentrés de leur personne et des intérêts bassement matériels pour se donner coeur et âme, et ce, une vie durant, à la défense des droits et des valeurs d'un peuple et des moins bien nantis; ils n'auraient pu faire autrement, étant ce qu'ils étaient, entiers, droits, intègres et altruistes; ils ont toute mon admiration et j'ai pleuré leur départ tour à tour.
    Il est aussi, encore debout, des Lauzon, Payette, Duceppe, Kadir, David... Vous avez aussi toute mon admiration et ma reconnaissance. Vos propos, faits et gestes m'aident à vivre et à mieux supporter le mercantillisme ambiant hypnotisant les masses ainsi que la baisse de ferveur politique liée à l'aliénation matérielle ou, pour certains, à l'usure et au désabusement.

    Il faut savoir saisir, par-delà l'emballage, les nobles qualités sises au coeur du grand homme qu'était Michel Chartrand. Un coeur intègre aux nobles valeurs s'exprimant en Christ de Tabarnak vaut mieux qu'un coeur de pierre, égoïste, ignare et avide de pouvoir et d'exploitation, emballé de papier de soie pour faire diversion.
    Prise de parole et désaliénation sont intimement liées, et le style ou l'emballage importent moins que le contenu et l'intégrité du porteur de message!
    Salut Michel et merci! Je te dois un large tribut pour mon éveil politique de l'adolescence, début des années '70 et je continue à promouvoir les valeurs qui furent tiennes : droiture, respect, entraide, solidarité et intégrité.
    Francine Tremblay-Quesnel
    Enseignante en philosophie.

  • Gilles Delisle
    Abonné
    dimanche 18 avril 2010 13h10
    Un homme d'action, de parole et aussi visionnaire.
    Dans le cahier spécial du Devoir sur Michel Chartrand, la plupart des grands syndicats ont rendu hommage à ce batailleur hors du commun dans la société québécoise, sauf un: la FTQ!!

    GILLES DELISLE

  • Yvon Bureau
    Abonné
    dimanche 18 avril 2010 16h23
    Rienologie
    Après notre dernier souffle, j'espère que nous aurons au-moins 5 minutes pour savoir s'il y a une autre vie après notre décès.

    La «rienologie», une sciences du futur? Place aux «rienologues»?!!!

    J’ai bien aimé votre article, madame Payette, d’admiration et de gratitude. À raison !

    Diable, qu’il ne fut pas odieux, ce Michel! Tout le contraire !

  • Merelle
    Inscrite
    dimanche 18 avril 2010 19h49
    J'aurais bien voulu y être samedi
    Comme je l'avais fait pour René Lévesque. Mais étant enrhumée, je n'en avais pas vraiment l'énergie.

    Madame Tremblay-Quesnel, nous avons eu un éveil politique semblable... dans les mêmes années ou presque.

    Et Michel m'a inspirée et m'inspire encore et encore. J'ai tant pleuré devant mon écran de télé samedi.

    Je savais que je l'aimais que je l'admirais mais, c'était comme si j'avais perdu mon père.

    Il restera toujours gravé dans mon coeur.

    Salut Michel.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    dimanche 18 avril 2010 23h19
    Rien après la mort???
    Pour nous chrétiens, il y a la Résurrection....Notre foi est basée sur la Résurrection du Christ. S'il n'est pas ressuscité, vaine est notre foi: mangeons, buvons, forniquons! (Saint Paul)

    S'il n'y a rien, nous ne le saurons pas, s'il y a quelque chose, nous serons heureux d'avoir fait confiance en celui qui a dit: Celui qui croit en moi, ne mourra jamais.

    Cependant la FOI n'est pas l'absence de doutes...ce ne serait plus la FOI. C'est une affaire de confiance, de crédibilité et le Christ en est digne.

    Il n'est pas défendu de se poser des questions, d'être intelligents.
    Même la grande sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a eu des doutes sur son lit de mort. Mais elle s'est ravisé et est morte en disant: Mon Seigneur et mon Dieu, je vous aime!

    C'est la sainte des temps modernes où on remet tout en question. La Science ne peut pas TOUT expliquer, prouver, démontrer....

  • Bernard La Riviere
    Abonné
    lundi 19 avril 2010 10h26
    Michel Chartrand vivant
    Cher bayle, on peut ne pas avoir la foi et vivre très correctement, on peut avoir la foi et vivre comme un porc. Michel Chartrand survit dans nos cœurs, et en ce sens il est toujours vivant. Quant à la vie éternelle, elle est tellement improbable que tout être raisonnable n'y compte pas trop. Je ne veux pas vous faire de peine, mais si vous voulez survivre un tant soit peu, observez comment ont vécu ceux et celles qui survivent dans le cœur des gens et comment, le plus souvent, ils ou elles meurent paisiblement.

  • Yanick Descheneaux
    Inscrit
    lundi 19 avril 2010 17h58
    @ Bayle
    M. ou Mme Bayle,

    Vous dites "Pourquoi faut-il être si mal engueuler pour attirer l'attention?
    Pourquoi faut-il sacrer pour être admiré?
    Pourquoi faut-il mépriser à ce point le peuple?
    Pourquoi faut-il des déluges de louanges envers la vulgarité?
    Pourquoi valorise-t-on à ce point la médiocrité?"

    Si vous pensez que Monsieur Chartrand méprisait le peuple parce qu'il sacrait, vous n'avez franchement rien compris!! Et entre vous et moi, qu'est-ce qui est plus vulgaire: un sacre bien senti de temps à autres ou la misère abjecte dans laquelle des dizaines de milliers de nos concitoyens tentent tant bien que mal de survivre??

  • Democrite101
    Inscrit
    mardi 20 avril 2010 10h08
    Chers Nestor, Fernande et Bayle, passons de hier à aujourd'hui
    Chers Nestor, Fernande et Bayle

    La secte chrétienne a un passé trop lourd de crimes pour ne pas être bannie de la culture comme les Lumières en ont commencé l'éviction, aujourd'hui encore inachevée.

    L'un des problèmes, c'est justement des gens sincères, excellents citoyens, bonnes et braves personnes comme vous. Vous avez projeté dans ces fantasmes mythiques, dans cette mythomanie métaphysique, la meilleure part de votre imagination.

    Or, ce qui est fantasmé est récurrent, souvent indéracinable, comme une névrose ou une idiosyncrasie permanente. Personne ne doit donc vous le reprocher, vous en ostracisé ou vous en vouloir. Seuls la belle et bonne discussion démocratique nous rassemble dans le débat amical, sur ce sujet comme sur tous les autres.

    Mon propos donc n'est pas de vous arracher à votre croyance qui a la force bien réelle de l'effet placebo sur votre vie. C'est la science qui a découvert l'effet placebo. Il guérit par la régénérescence naturelle que produit l'espoir en nous. Mais il ne guérirait qu'à 30% de cas environ pour les problèmes de santé qui ne sont pas trop sévères.

    Votre foi n'est pas un problème de santé. C'est uniquement un imaginaire qui se nourrit de textes de fiction produits durant l'Antiquité. Or, je souhaiterais pour vous, comme pour nous tous, une nourriture intellectuelle de meilleure qualité, celle des arts et des sciences modernes.

    J'ai eu trop de gens dans ma propre famille, parmi mes amis et mes collègues qui méritaient mieux que la foi touchante mais puérile de leur enfance pour assumer leur vie et porter les misères et les joies de la condition humaine.


    En tout respect, avec une sincère amitié citoyenne,

    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique

    p.s. Un diplôme n'est pas un emblème de vanité, mais une information au lecteur pour lui dire d'où l'auteur tire sa formation et ses arguments.

    p.s. Je vous suggère la lecture des livres de André Comte-Sponville et de Michel Onfray.

    Et si vous êtes vraiment des gens courageux et honnêtes, vous les ferez lire à la jeunesse, de même que je faisais lire «Les Béatitudes» à mes étudiants dans le cours d'Éthique que je dispensais, de même que certains beaux textes de Mère Teresa.

  • Liliane
    Abonnée
    jeudi 22 avril 2010 10h38
    Des rencontres indispensables
    Madame Payette, je vous connais, je vous ai rencontrée et je vous ai lue. J'ai été en contact avec votre franchise et votre capacité de la communiquer et ça continue. J'ai connu aussi Michel Chartrand et Simone...J'étais là à quelques manifs et dans les années 70-80 et 90, ça brassait au Québec. Il y a plein de liens entre tous ces hommes et ces femmes, très engagés que j'ai eu l'honneur de connaître et je pense à René Lévesque et Félix Leclerc, les Pierre Falardeau et Pierre Bourgault, Jutras, Carle, Madeleine Ferron, Anne Hébert, et une multitude d'autres artistes de vérités d'ailleurs et d'ici. Nous les faisons nôtres et je crois que tous continuent leurs oeuvres après leur transformation, ils nous inspirent avec leur liberté accrue. Ils deviennent des guides pour ceux qui les gardent vivants en eux. Vous m'avez beaucoup inspirée et c'est encore le cas. Vous serez toujours là, dans mon paysage intérieur. Merci.

  • Fernande Trottier
    Abonnée
    samedi 8 mai 2010 23h18
    croyante ou non ?
    Democrite 101
    que je sois croyante ou non, cela ne change rien à ma valeur intrinsèque qui est la même que la vôtre, en effet, nous sommes des êtres humains ! Bien sûr il y a
    la valeur extrinsèque, celle que les autres nous donnent, mais ça c'est autre chose !

    f.t.

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