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Projet de loi 94 - Port du niqab: une loi inutile

Nathalie Des Rosiers - Avocate générale à l'Association des libertés civiles du Canada  3 avril 2010  Québec
Le projet de loi «établissant des balises encadrant les demandes d'accommodement dans l'administration publique et dans certains établissements» a été déposé à Québec la semaine dernière. Il est applicable à tous les secteurs gouvernementaux et à de nombreuses institutions publiques, dont les garderies, les conseils scolaires publics et les établissements de santé.

Sa disposition principale, l'article 6, se lit ainsi:

«Est d'application générale la pratique voulant qu'un membre du personnel de l'Administration gouvernementale ou d'un établissement et une personne à qui des services sont fournis par cette administration ou cet établissement aient le visage découvert lors de la prestation des services.

Lorsqu'un accommodement implique un aménagement à cette pratique, il doit être refusé si des motifs liés à la sécurité, à la communication ou à l'identification le justifient.»

Plusieurs critiques doivent être faites du projet de loi: il est vague et mal rédigé, il ne sortira pas indemne d'une contestation constitutionnelle, il aura des répercussions dangereuses pour certaines femmes musulmanes et plus généralement pour les relations entre citoyens et gouvernement. Et finalement, il doit aussi être critiqué parce qu'il est inutile.

Communication

Premièrement, le libellé du projet de loi semble mal ciblé. Il est difficile d'imaginer une interaction entre un citoyen et le gouvernement qui ne fasse pas appel à la «communication». Doit-on en conclure que toute interaction avec une femme portant un niqab est interdite? Le projet de loi vise-t-il uniquement les communications orales même si la distinction n'est pas faite? Sera-t-il interdit de porter un niqab, un foulard ou une tuque pour remplir un formulaire? Est-il nécessaire d'avoir le visage découvert lors de toute prestation de services, même celles par téléphone et par courriel? Bref, le texte doit être révisé.

Deuxièmement, beaucoup a été écrit sur les violations à la liberté d'expression, et de religion, qui sont apparentes. Le niqab, comme tout autre symbole religieux, ne devrait pas être réglementé par le gouvernement. Néanmoins, plusieurs personnes suggèrent que c'est un symbole qui peut être banni de la sphère publique pour les raisons suivantes:

- le niqab n'est pas exigé par la religion musulmane;

- il est un symbole de l'inégalité des femmes;

- il peut être identifié à un rejet des valeurs modernes, ce qui peut nuire à la possibilité d'intégration à la société québécoise et canadienne.

Expression de la spiritualité

A priori, aucune de ces trois raisons ne peut justifier qu'on refuse un service public aux femmes qui portent le niqab. Tout d'abord, la liberté de religion ne protège pas seulement les rituels qui sont mandatés par les différents ordres religieux, mais plutôt la possibilité d'exprimer sa spiritualité. Certaines personnes sont plus pieuses que d'autres: beaucoup de gens portent des signes religieux, y compris les prêtres et religieuses catholiques, certains juifs orthodoxes, certains membres sikhs ou bouddhistes. Est-ce que le gouvernement devrait réglementer les signes religieux de toutes ces personnes si elles désirent obtenir un service gouvernemental ou être employées par le gouvernement? De plus, si la philosophie derrière le niqab peut être contraire à l'égalité des femmes puisque le niqab n'est porté que par les femmes et semble renforcer l'idée que les hommes ne peuvent pas contrôler leurs pulsions sexuelles et que les femmes doivent se cacher pour se protéger, ce n'est pas le seul signe religieux discriminatoire à l'égard des femmes.

De nombreuses religions imposent des obligations différentes aux hommes et aux femmes et, que ce soit le voile de la religieuse catholique ou les robes longues des mennonites, les référents inégalitaires sont très répandus. Sont-ils tous à bannir? Si le gouvernement veut interdire l'offre de services à toutes celles qui portent des vêtements portant la marque de l'inégalité entre les hommes et les femmes, la liste sera longue: talons aiguilles, corsets, bas de nylon pourraient tous être analysés sous l'angle de l'inégalité des femmes.

Enfin, si le niqab est un signe de rejet de la modernité et de la société occidentale, c'est une forme d'expression politique qui doit être respectée. Pourquoi accepter un T-shirt qui dénonce le consumérisme excessif, la guerre en Afghanistan ou la pollution et non un signe, comme le niqab, qui peut être interprété comme une protestation contre les excès de la vie moderne?

Droits de la personne

Les libertés ne sont pas absolues et les gouvernements peuvent justifier de brimer les droits et libertés des citoyens pour des raisons acceptables. Pour ce faire, le gouvernement devra prouver que les limites qu'il impose sont justifiables. Or il est difficile de comprendre la nécessité de la législation: très peu de femmes portent le niqab, encore moins demandent des accommodements et, en général, les accommodements sont fournis ou refusés de façon raisonnable à la lumière de l'ensemble des coûts et de la disponibilité du personnel.

Bien que les gens puissent être en désaccord avec les décisions individuelles de la Commission québécoise des droits de la personne et des droits de la jeunesse, elle règle sur une base individuelle les demandes d'accommodement. C'est le forum approprié. Le droit des accommodements raisonnables permet aux parties d'en arriver à une solution pratique. Les préoccupations légitimes de sécurité ou d'identification sont ainsi abordées de manière individualisée. La démarche gouvernementale de légiférer semble créer une crise plutôt que d'inviter au dialogue interculturel.

Surtout que le projet de loi aura des répercussions négatives pour les femmes musulmanes qui sont dévotes: leur choix sera de rester à la maison, de ne pas participer aux rencontres parents-élèves, de ne pas obtenir de soins de santé ou de rejeter ce qu'elles croient important pour leur vie spirituelle! En matière de politique publique, on peut penser qu'isoler davantage certaines femmes est contraire à tous les indices de prévention de la violence conjugale, de promotion de l'égalité économique ou de l'intégration sociale.

Carte d'identité

Il faut aussi noter que des conséquences plus pernicieuses doivent aussi être envisagées: jusqu'à présent, il n'était pas nécessaire de fournir une identification faciale pour obtenir des soins ou des services gouvernementaux généraux. Il n'était pas nécessaire d'avoir une photo pour prouver son identité; le nom et le numéro de dossier étaient suffisants. Est-ce que ce projet de loi est une première étape vers la carte d'identité obligatoire pour toute interaction avec le gouvernement?

Aurons-nous besoin d'une carte avec photo pour aller à la bibliothèque, pour payer ses impôts ou recevoir un prêt-bourse, un chèque d'aide sociale ou de pension? En effet, pourquoi insister pour que les femmes portant le niqab se découvrent à moins que l'identification visuelle soit dorénavant la norme? Faudra-t-il que la tête soit complètement à découvert: le nez, la bouche, certainement, pour interdire le niqab, mais les cheveux (à bas les casquettes) et les yeux (à bas les lunettes soleil noires)?

Projet bâclé

Les leçons de l'histoire sont aussi intéressantes ici: lorsque la Ville de Québec a cherché à empêcher les témoins de Jéhovah de distribuer leurs brochures, elle agissait avec les meilleures intentions et avec un grand soutien de la population; lorsque l'Alberta a tenté de déloger le Doukhobors et de l'obliger à s'intégrer à la population locale, elle bénéficiait du soutien populaire.

Dans les deux cas, les tentatives ont échoué et, quelques décennies plus tard, des verdicts sévères d'intolérance sont portés à l'endroit des décideurs de l'époque. En sera-t-il de même pour le projet de loi 94? Le projet de loi semble avoir été bâclé: il est peu clair, constitutionnellement fragile, risqué et pourrait avoir des répercussions sérieuses. Pourquoi légiférer?

***

Nathalie Des Rosiers - Avocate générale à l'Association des libertés civiles du Canada
 
 
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  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit
    3 avril 2010 07 h 57
    DE BELLES CONSTESTATIONS JUDICIAIRES EN VUE...
    Tout en étant plutôt contre le port du Niqab dans les Institutions publiques, mais non dans l'espace public, là où le bat blesse dans ce débat, c'est la lecture déficiante que font les opposants radicaux à toute type de voile dans les Institutions ou l'espace public. Dans un régime démocratique et libéral, même si on peut être fondamentalement contre le port de signes religieux, que certains symboles nous heurtent plus que d'autres, il serait peut-être temps que l'auberge espagnole que constitue les opposants(Athées, laics, xénophobes, Islamophobes, ceintures fléchées, nationalistes vieille garde, tenants de l'extrème droite, etc) comprennent que dans ce type de régime libéral et démocratique dans lequel nous vivons, nous devons accepter que certaines pratiques nous agacent.

    Imaginons maintenant une Musulmane acharnée dy type de Naïma, l'Égyptienne d'origine, se presenter devant le tribunal et contester l,argumentation de la Couronne sur le symbole de l'inégalité des femmes qu'est le Niqab. Alors elle pourra y répondre par l'argumentation suivante, «ha ben, et que faites vous de l'équité salariale non respectée encore par plus de 80% des corps de métier malgré la loi votée il y a quelques années déjà».

    Vos réflexions sont des plus pertinentes sur le débat judiciaire que cela risque d'entraîner en conformité avec nos Chartes des droits et libertés.

    Imaginons maintenant une Musulmane au niqab qui s'apercevrait, alors qu'on qu'on vient de lui refuser un service public, qu'une dame très peu vêtue tout juste après son travail coin St-Laurent-St-Catherine (vous savez ce que je veux dire) qu'on accorde le même type de service à celle là mais non à elle. Disons que l'argument de l'exploitation et la soumission de la femme pourrait être facilement soulevé devant le juge avec un exemple semblable.

    L'argument que le Gouvernement a rédigé dans son projet de loi, concernant la sécurité, serait assurément utilisé lors de contestation judiciaire. Prenons par exemple, le jeune membre de gangs de rue(identifié aux couleurs bleues ou rouge, on connait bien quel type de symbole ils portent) qui se rend à la Régie de l'assurance maladie pour une photo. On lui accorde le service sous l'argument qu'il a le visage découvert contrairement à la Musulmane portant le niqab. Mais supposons que le jeune a été suivi par le gang adverse, et ils en sort deux de l'ascenceur pour faire la peau du client en attente. Qu'est ce qui répond le plus aux critères de sécurité ? La dame voilée ou le jeune ?

    Et là je ne cite même pas l,exemple où dans le projet de loi,québécois on ne mentionne pas clairement le niqab, tout comme la loi en Belgique, qui sera assurément contestée par sa nature même en terme de stigmatisation d'une communauté au détriment des autres.
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    3 avril 2010 09 h 47
    Un secret bien gardé: la Belgique...
    Alors que bon nombre de Québécois trouvent que le projet de loi 97 ne va pas assez loin, Mme Des Rosiers trouve qu'il va trop loin et n'est d'aucune utilité. Je ne crois pas non plus à son utilité pour ce qui ce qui concerne les fonctionnaires en lien... visuel avec le public, car je doute fort qu'il y en aient qui portent la burqa ou le niqab. Je crois que cette partie du règlement visait juste à calmer une partie de la population qui voudrait que le foulard islamique soit interdit dans la fonction publique. Et puis... en prime, la madame ressasse les arguments habituels: les droits, les libertés, les chartes, principalement celles émanant du fédéral. De tout façon, c'est son boulot de le faire.

    Mais jeudi matin, on apprenait lors d'un bulletin de nouvelles, que la Belgique s'apprête à voter incessamment une loi interdisant le port de la burqa et du niqab, dans l'espace public, c'est-à-dire les rues, les parc, etc. À peu près tout ce qui n'est pas commerce, institution, club privé et bien sûr résidence, incluant la cour ou le terrain. On ajoutait aussi que le projet de loi a toutes le chances de passer puisque le parti au pouvoir et les partis d'opposition sont d'accord. Et ce qu'on ne mentionnait pas, parce que ça relève de l'évidence, c'est que la Belgique n'est soumise qu'à elle-même... J'ai trouvé un peu étonnant que le Devoir ne fasse aucune référence à cette information-là, pourtant diffusée sur RDI ou LCN. Mais de toute façon, lors de l'adoption ça devrait refaire surface.

    Personnellement je trouve que ça rejoint l'opinion que j'ai émise à quelques reprises sur différents forums du Devoir, à savoir qu'on peut se servir des chartes et autres déclarations universelles sur les droits pour contrer les intégrismes religieux, quels qu'ils soient. D'ailleurs, des théocraties, souvent dictatoriales, et des dictatures tout court ont leur siège à l'ONU, des dictateurs de tout acabit peuvent venir y faire leurs discours et ne s'en sont jamais privé. Et du moment qu'ils ont de bons rapports, surtout commerciaux, avec les USA, ils ne sont jamais embêtés par des sanctions. Alors que craingnons-nous?

    Bien sûr, nos embêtements viendraient du Canada si on s'avisait d'établir une charte de la laïcité allant en ce sens, mais ça... c'est une autre partie du problème qu'il nous appartient aussi de régler.
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  • Robert Parenteau - Inscrit
    3 avril 2010 10 h 03
    Projet de loi 94
    Madame Des Rosiers.
    Qui vous dit que derrière ce niqab ou cette burka, il s'agit bien d'une musulmane très pieuse, très dévote? Pourquoi le préjugé favorable doit-il n'être que du côté de ces pièces de vêtement?
    Je suis d'acord avec le projet de loi du gouvernement lorsque pour raison de sécurité et d'identification, les services gouvernementaux doivent être offerts et reçus à visage découvert, point à la ligne. Et si votre grande dévotion vous interdit ce visage découvert, subissez avec courage et grande piété les inconvénients de votre piété. Vous n'en serez que plus méritante.
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  • Jean-G. Lengellé - Inscrit
    3 avril 2010 10 h 18
    Belle démonstration de ce que l'on prétend au nom du droit!
    Belle démonstration en effet des raisons pour lesquelles on n'avance qu'à reculons!
    Toute cette diatribe dont l'insignifiance est directement proportionnelle à la longueur vient démontrer une fois de plus la façon de couper les cheveux en 44444444...
    C'est ce qui a valu de ne pas pouvoir disposer de photo-radars qui ne sont pas là pour brimer les libertés mais bien pour faire mettre un terme au prétendu droit à tuer ou à blesser autrui.
    Le niquab n'est pas le seul vêtement de parade exhibitionniste qu'il faut supprimer pour dévoiler ce qu'il recouvre.
    Il y a aussi les toges des avocats et des juges qui servent à dissimuler la cupidité et la vénalité des uns et l'incompétence et la mauvaise foi des autres.
    Dès que l'on voit apparaître le titre d'avocat, ou de juge la réaction automatique devrait être : Qui sera le prochain à se faire plumer? Au bout de combien d'années, histoire d'augmenter sereinement les coûts au nom du droit, pourra-t-on prétendre arriver à une vérité bien évidemment tronquée?
    À défaut d'une enquête publique sur la construction, ce dont nous avons tous besoin c'est d'une enquête sur la justice, sur ses coûts, et en particulier sur les augmentations de salaire des juges, décrétées au Québec par un juge ( pourquoi riez-vous?), avec tout ce que cela comporte de coûts récurrents pour la population en général.
    Autrement dit, arrêtons de se faire charrier par des gens qui se voilent à nos dépens.
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    3 avril 2010 10 h 44
    Nathalie des Rosiers, avocate
    Cette avocate se cherche une cause pour soumettre des frais horaires exorbitants que le fédéral serait heureux de couvrir. Ça ne vous rappelle pas Alliance-Québec et toutes ces causes de Me Tyler contre la Loi 101 en cours Fédérale, d` Appel et Suprême!
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  • Minona Minona - Inscrite
    3 avril 2010 11 h 21
    Le Niqab est un symbole politique
    @Nathalie Des Rosiers

    "Enfin, si le niqab est un signe de rejet de la modernité et de la société occidentale, c'est une forme d'expression politique qui doit être respectée."

    Vous le savez mieux que moi, les employés de l'état sont tenu de ne pas montrer leurs opinions politiques. Il n'y a pas encore de parti islamiste (ce qui ne veut pas dire que ce ne sera jamais le cas) mais le niqab est moins un acte de dévotion qu'un acte politique destiné à faire la promotion d'une idéologie liberticide et sexiste.
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  • Charles Dubois - Inscrit
    3 avril 2010 13 h 42
    Le hidjab est aussi un symbole politique
    Pourquoi est-il défendu pour un fonctionnaire d'afficher une quelconque appartenance politique (macaron, casquette, chandail, etc,) ? Pourquoi un fonctionnaire pourrait-il d'afficher son appartencance à une idéologie politique et liberticide ( hidjab, niqab, tchador et tutti quanti..) ?

    Le niqab ..un bout de tissu de plus..
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  • Pierre Bernier - Abonné
    3 avril 2010 14 h 25
    Oups !
    La « cloche » canonique du droit civique fédéral canadien profite du samedi saint pour revenir ?

    Comme si dans un autre cadre constitutionnel, cet autre « greenpeace » né sur bord du Pacifique, ne pourrait pas « résonner » différemment !

    Discours prétentieux d'une « vicaire général » qui veut se faire remarquer par le commanditaire ?
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  • Jean de Cuir - Abonné
    3 avril 2010 15 h 10
    Liberté ?
    «que dans ce type de régime libéral et démocratique dans lequel nous vivons, nous devons accepter que certaines pratiques nous agacent.» ( voulant dire certaines pratiques religieuses) Ce que nous avons peine à discuter, ce sont les conditions de possiblité de l’espace démocratique. L’espace démocratique suppose une rationalité commune qui permet de s’ entendre sur des droits, des principes, des valeurs et des manières ( de vivre, de penser, de faire, de créer, etc.) Or, pour que cela soit partagée, ça suppose la reconnaissance de la souveraineté de la personne, de sa liberté et de l’égalité des personnes entre elles. Mais ces «valeurs» sont de fait aussi modulées par les personnes qui acceptent de négocier, donc de s’élever au-delà de leur dogmatique particulière. Or, ce faire, c’est reconnaître la priorité de la raison et de son espace «raisonnable». Ici, au Canada et au Québec, on semble avoir de la difficulté à reconnaître qu’il y a de fait un espace commun de négociation de la «chose» sociale, de l’existence en société. Par exemple, on affirme d’ une part qu’il y a une culture canadienne et du même souffle qu’elle est multi-culturelle : soit qu’elle est une ou plurielle, à moins de changer le sens du terme culture. Par exemple, on reconnaît la liberté de penser, mais sait-on ce que cela signifie puisqu’ il y a une série d’ institution, de groupe, de parti où cette liberté n’existe pas. Osera-t-on affronter la difficile question de la nature de la croyance en regard de la liberté et de la pensée? Car que dit le ou la croyante sinon que d’ une part elle ne pense qu’à l’intérieur de sa croyance qui le plus souvent est régie et dominée par une cléricature ou une personne. Ce croyant montre ainsi qu’il n’est pas libre et pourtant il fait appel à
    la liberté pour affirmer qu’il n’est pas libre! En somme ce que l’on fait, c’est composer avec la dure réalité qu’il y a des croyants-croyantes qui portent une «pensée» -- dira-t-on que la croyance n’est pas une vision du monde, une conception des choses? -- qui ne peut être soumise à une autre pensée, celle qui se déploie dans la pensée, mais hors du déjà pensée ( alors que le déjà pensé est présenté comme absolu et définitif --ils et elles sont dans la vérité n’est-ce pas?) Enfin, en attendant affichons n’ importe quoi sauf le fait que nous sommes en démocratie, qui n’ est pas neutre d’ailleurs, puisqu’elle suppose des valeurs premières!
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  • Normande Poirier - Inscrite
    3 avril 2010 17 h 31
    Que d’affirmations gratuites!
    Comme le rapporte « Le Devoir » du 1er avril, la Belgique et la France étudient la possibilité d’une loi visant l’interdiction du voile intégral dans tous les lieux publics. Rappelons que le hidjab est interdit en France dans les écoles. Et ici, au Québec, si tel est le souhait de la population et du gouvernement, lesquels s’entendent bien, pour une fois, du moins en ce qui a trait au voile intégral, on ne pourrait proposer une loi qui obligerait la prestation de services à visage découvert? Ce serait tout de même un comble!

    Comme Mme Des Rosiers le laisse entendre par cet article complaisant, le niqab est loin d’être un signe religieux banal. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil sur la photo de la page C5! Le niqab n’est pas non plus un signe que l’on peut assimiler aux costumes des religieuses des années cinquante. Il n’y a plus guère de vocations et les religieuses d’aujourd’hui, il en reste très peu, ne portent pas plus le lourd costume réglementaire. D’ailleurs, ledit costume leur laissait le visage découvert!


    Mme Des Rosiers fait également preuve de mauvaise foi quand elle affirme que le niqab n’est pas un signe d’inégalité plus sérieux que le talon aiguille et le bas nylon! Ce que Mme Des Rosiers occulte c’est que le niqab est un signe islamique, c’est-à-dire le symbole d’une religion qui est caractérisée par l’inégalité entre les hommes et les femmes. On lisait récemment dans la revue « The Economist » que des femmes portant le voile intégral ont manifesté dans les rues de Sana’a, capitale du Yémen, pour protester contre une loi visant à interdire le mariage des fillettes de moins de dix ans, sous prétexte que cette loi était porteuse de valeurs occidentales contraires à l’islam! Toujours selon le magazine, la coutume du voile est en recrudescence actuellement, largement inspirée par des groupes Qubaysiyat syriens qui favorisent l’avènement de sociétés totalement islamistes. Sans paniquer, je crois qu’il y a là matière à réflexion.

    Beaucoup de choses demandent à être réfutées dans le propos de Mme Des Rosiers. Par exemple, son affirmation que l’interdiction de voile intégral aura des répercussions dangereuses pour certaines musulmanes. Ce n’est pas ce que l’expérience montre, du moins en ce qui concerne la dame qui a été expulsée d’un cours de francisation. Si mon souvenir est bon, cette dame, plutôt que de rentrer piteusement chez elle, s’est empressée de contacter les médias du Canada anglais (?) et de leur accorder des entrevues! On dit même qu’elle va s’inscrire dans un autre cégep. On se demande pour qui ces répercussions sont dangereuses. Néanmoins, dangereux est ici un bien grand mot.
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  • Vezina Caroline - Inscrit
    3 avril 2010 19 h 04
    Merci à Des Rosiers
    Merci pour votre objectivité et votre lucidité car à voir ce que les gens écrivent ça donne franchement le goût de renier nos racines par honte vu l'imbécilité qui les aveuglent. C'est tellement important de réglementer les habits de certaines personnes pendant que le gouvernement en profite pour nous passer un merveilleux budget où seul les plus fortunés y trouveront leur compte. L'important aussi c'est les final de Star Académie ou toute autre téléréalité à la con. Les gens se perdent dans des débats futiles. J'aimerais bien savoir combien de femmes portent le niqab ou la burka au Québec? Une vingtaine? Et on fait tout un débat la-dessus? Mais vous n'avez donc rien à faire! Nous avons de graves problèmes de société et vous, vous vous acharner d'une manière discriminatoire sur une tranche spécifique de la population. L'holocauste a justement commencé lorsqu'on a empêché les juifs d'avoir les mêmes libertés que les autres et voyez comment ça s'est terminé.

    De plus, j'aimerais bien savoir ce qu'on fait les musulmans pour que les détestiez autant. De l'humanité, c'est à mon avis ce dont le Québec manque.
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  • Luc Archambault - Abonné
    3 avril 2010 20 h 02
    Une juriste de la dissociation cognitive
    Nathalie Des Rosiers, Avocate générale à l'Association des libertés civiles du Canada

    « De nombreuses religions imposent des obligations différentes aux hommes et aux femmes et, que ce soit le voile de la religieuse catholique ou les robes longues des mennonites, les référents inégalitaires sont très répandus. Sont-ils tous à bannir? »

    NON – Pourquoi ?

    Parce que tous ces symboles ne sont pas parties d’un dispositif sexiste, inégalitaire appliqué à toutes les femmes, en tout temps, dans l’espace public. Ce qui n’est pas le cas des religieuses catholique, et certainement pas le cas depuis Vatican II. Quant aux robes longues des mennonites, il est le pendant du pantalon masculin, il n’est pas question de cacher ce que l’homme ne cache pas, ou n’est pas tenu de cacher.

    Comment peut-on faire une analyse fine sans distinguer ce qui doit l’être !? Surtout de la part d’une juriste.

    « Si le gouvernement veut interdire l'offre de services à toutes celles qui portent des vêtements portant la marque de l'inégalité entre les hommes et les femmes, la liste sera longue: talons aiguilles, corsets, bas de nylon pourraient tous être analysés sous l'angle de l'inégalité des femmes. »

    Encore là… il ne s’agit pas de ports de vêtements ou accessoires qui sont parties de dispositifs culturels obligés en tout temps et par toutes les femmes endossant les dogmes d’une secte donnée. Il n’est pas question de s’attaquer à toutes les manifestations culturelles sexistes ou sexuées. Il est question de faire en sorte que l’État ne soit pas complice, par son aval, de dispositifs imposés à toutes les femmes en tout temps qui contredisent le sexisme et l’inégalité des hommes et des femmes. Si le port des talons hauts heurte le corps des femmes, le port de caleçons trop ajustés pour les hommes, la cravate au col trop serré, peut aussi blesser les hommes, et chacun a le choix de ne les pas porter et ne risquera pas de contredire un dogme religieux, et de recevoir de l’acide au visage, ou des coups en certains endroits du monde.


    « Pourquoi accepter un T-shirt qui dénonce le consumérisme excessif, la guerre en Afghanistan ou la pollution et non un signe, comme le niqab, qui peut être interprété comme une protestation contre les excès de la vie moderne ? »

    Parce que le voile islamiste, le niqab, la burqa, sont parties d’un dispositif parareligieux sexiste et inégalitaire devant s’appliquer en tout temps, à la femme, y compris le fait de devoir se couvrir la tête, les cheveux, les oreilles, le cou, la nuque, les bras jusqu’aux mains, les cuisses les genoux, les jambes et les chevilles, ce qui est inégalitaire puisque les hommes ne sont pas tenus aux mêmes exigences.

    Comment ne pas faire la distinction entre le port libre d’un gaminet, d’une croix, par les hommes et les femmes, et le port obligé par les femmes, des voiles islamistes cachant ou pas le visage, et même les yeux dans le cas de la burqa ? On peut le faire en succombant à la dissociation cognitive qui faisant impasse sur le dispositif culturel parareligieux islamiste, tient le port du voile pour un acte déconnecté de ce qui justifie et exige son port obligé, en tout temps, par les seules femmes.


    Notre juriste est victime d’une telle dissociation cognitive quand elle omet de faire les distinctions qui s’imposent, fines ou grossières.

    « … il est difficile de comprendre la nécessité de la législation: très peu de femmes portent le niqab… »

    Très peu de personnes commettent des meurtres prémédités, est-ce une raison pour ne pas légiférer ?

    « … leur choix sera de rester à la maison, de ne pas participer aux rencontres parents-élèves, de ne pas obtenir de soins de santé ou de rejeter ce qu'elles croient important pour leur vie spirituelle! En matière de politique publique, on peut penser qu'isoler davantage certaines femmes est contraire à tous les indices de prévention de la violence conjugale, de promotion de l'égalité économique ou de l'intégration sociale. »


    Ce qui enferme les femmes ce n’est pas leur choix, c’est la pression morale interne ou externe à la personne qu’exerce l’endossement d’un dispositif culturel sexiste et inégalitaire, ce n’est pas le fait de l’État qui refuse d’endosser, d’être la caution morale d’un dispositif qui contredit le principe de l’égalité des sexes.

    Faut-il que l’État s’interdise d’interdire les sacrifices d’animaux et humains, la bi et la polygamie, l’excision, l’infibulation, les mutilations génitales, sous prétexte que la « spiritualité » de la vie de certains zélotes sectaires, et non religieux, « croient important »…

    Falait-il que l’État s’interdise d’interdire l’esclavagisme parce que des esclaves refusaient de ne plus appartenir à leurs maîtres qui les prenaient en charge et leur procuraient un toit, de la nourriture et un travail ? On l’a dit un temps. De nombreux esclaves sont morts au combat contre l'esclavagisme. D'aucuns ont protesté de leur affranchissement.

    Or, c’est le principe de l’égalité des hommes qui a prévalu, au moment où celle des femmes n’était encore pas partie de notre culture et en faisait des mineures au sens de la loi. Cette époque est révolue et l’égalité des hommes doit aussi être celle des femmes. Le dispositif islamiste sectaire, et non religieux doit donc ne pas recevoir l’aval de l’État égalitaire.

    « …des verdicts sévères d'intolérance sont portés à l'endroit des décideurs de l'époque. En sera-t-il de même pour le projet de loi 94? »

    Non pas, et au contraire, l’abstinence ferait de l’État une caution morale à ce qui contredit le principe fondateur et constitutif de sa composante démocratique. À savoir, l’égalité entre les humains, dont celle entre les hommes et les femmes.

    « Le projet de loi semble avoir été bâclé: il est peu clair, constitutionnellement fragile, risqué et pourrait avoir des répercussions sérieuses. »

    Nous sommes d’accord, le projet de loi est bâclé. De même les arguments ici évoqués pour les contrer. Ils sont confus, procèdent de l’amalgame et de la dissociation cognitive à géométrie variable. D’un côté on dit que le port obligé des voiles islamistes est comparable au port circonstanciel d’un gaminets ou de talons hauts, et de l’autre on invoque la liberté des consciences et de « religion » pour exiger que l’État s’abstienne de légiférer.

    Ce ne peut à la fois être l’un ET l’autre.

    Constitutionnellement, dans la mesure où et invoqué l’égalité des hommes et des femmes, une loi qui tiendrait compte de ce principe, pourrait très bien permettre à des juges de convenir qu’il est bien question d’un port obligé sexiste inégalitaire partie d’un dispositif culturel qui contredit le principe de l’égalité des sexes et autoriser l’État à défendre ses principes en ne permettant pas que son abstinence soit perçue comme étant un endossement de la contradiction flagrante et affichée de ces principes.

    « Pourquoi légiférer ? »

    Parce que les arguments ici invoquées pêle-mêle confondent tout et son contraire. L’État doit donc clarifier les choses et se prononcer dans cette confusion sophistique des genres. Il doit donner aux instances réglementaires et juridiques les balises devant défendre le principe de l’égalité des sexes, et notamment lorsqu’est invoqué le principe de la liberté de religion et de conscience.

    L’égalité des sexes doit primer en ce qui concerne le caractère affiché de la soumission en tout temps de toutes les femmes aux dogmes des religions patriarcalistes machistes et sexistes. L’État ne saurait voir ses institutions et composantes déterminer à la pièce ce qui contredit d’évidence le principe de l’égalité des sexes de manière concertée comme aucun autre dispositif puisqu’il s’applique en tout temps à toutes les femmes endossant les termes et la justification de tel dispositions parareligieuses mise de l’avant par une secte, un mouvance sectaire de la foi musulmane qui n’exige rien de tout cela.
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  • Martin Dufresne - Abonné
    3 avril 2010 23 h 14
    Qui veut noyer son chien...
    La hargne dont font preuve les commentateurs et commentatraice de l'analyse claire et pragmatique de Madame Des Rosiers montre bien que lorsqu'on trouve un principe au nom duquel diaboliser une population, peu importe les distinctions entre burka, niqab ou foulard, entre institutions de l'État ou espace public. Ce sont autant de prétextes pour déchaîner la loi de la majorité contre le groupe contre qui se sont agglutinés les discours émotifs et irrationnels où la survie de la race et l'image de "nos" rues côtoient des fantasmes de terroristes à contrer. Personnellement, quand des journaux d'extrême-droite comme le National Post et le Calgary Herald applaudissent à une nouvelle loi québécoise, cela m'inquiète. Et je suis scandalisé de voir l'infâme gouvernement Charest chercher à se faire du capital politique avec une initiative opportuniste qui ne fera que braquer encore plus Catholiques intégristes, laïcistes aux fureurs sélectives et nationalistes aigris contre les Musulman-es - en attendant son invalidation inévitable par la Cour suprême au nom des libertés que certains veuilent liquider ici dans un geste qui rappelle les pires moments du duplessisme.
    Je ne veux pas d'un pays rassemblé sur de telles bases.
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  • emmanuelle caron - Abonné
    4 avril 2010 09 h 31
    une mauvaise foi troublante...
    Je suis effarée, à la lecture de votre article, par la mauvaise foi que vous affichez, sous le masque de votre fausse rigueur. Vous faîtes partie de ces hypocrites, de ces Sophistes, capables de tout démontrer pour peu qu'on y trouve un intérêt. Quel est votre intérêt? Je me le demande. Il est évident que le principe de la liberté religieuse, celui de la libre expression sont intangibles. Là n'est absolument pas la question. En ce sens, je me démarque des commentaires qui relient (encore) le refus du niqab à la haine du religieux et plus précisément de la religion musulmane. La pudeur, l'expression de la piété, tout ce qui fait qu'une femme doit pouvoir choisir de se présenter dans le monde comme elle le souhaite, cela encore est intangible. En revanche, dans tout votre article, vous faîtes semblant d'omettre un point, un point essentiel qui distingue le niqab de toute autre forme de piété...Le niqab cache le visage. Là est le point crucial, le noeud. Le visage, en tant que lieu d'épiphanie de la personne (je résume sauvagement Ricoeur ici), est le support, l'emblème de mon humanité. Quand on perd le regard, l'expression, on perd l'humain...Le niqab apparaît donc seulement comme un moyen totalitaire d'éliminer purement et simplement le pouvoir d'existence de la femme. Rien de religieux là dedans. Tous les signes religieux n'ont pas la même portée. Votre manière (culpabilisante en plus!) de tout niveler est odieuse et hypocrite.
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  • Denis Paquette - Abonné
    4 avril 2010 10 h 05
    ma liberté s'arrete ou celle des autres commencent
    madame je vois que vous en connaissez un bout en droit mais votre argumentation me semble falacieuse exagérée, nous savons tous que la liberté n'est pas absolue et que c'est le role de l'état d'en empecher les abus les plus criants, de la meme facon qu'en générale la société ne tolerent pas que les gens se promenent nus en toutes circonstances , ne permet pas le port d'armes en toutes circonstances par des gens autres qu'authorisés, de la meme facon que l'on ne tolerent pas que des gens se promenent avec des gagoules, etc.etc. voila la vraie responsabilité de l'état., votre sens de la liberté me parait louche et discutable
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  • Guy LeVasseur - Inscrit
    4 avril 2010 12 h 32
    Nathalie Des Rosiers ....... de Toronto !!!

    Pour en savoir plus sur madame Nathalie Des Rosiers de Toronto (!!!) voici une description de son CV trouvé dans le journal francophone de Toronto ( !!! ) l'Express.

    http://www.lexpress.to/archives/4236/

    Je comprend ainsi beaucoup mieux l'argumentaire ultra légaliste
    multiculturaliste canadien "du vivre un à côté de l'autre" de madame dont le but non avoué est d'assurer et maintenir "à tous prix" l'Unité Canadienne en réduisant la nation Québecoise francophone à une "minorité comme les autres sur le plan légal.

    Je répond à madame que le Québec à un autre projet de société pour
    sa nation : Le "vivre ensemble interculturel intégré" et ....... laïque
    neutre.

    Le Niqab a très très peu de place dans notre projet intégrateur et cela correspond à ce que pense la grande majorité de la population du Québec.

    Guy LeVasseur
    Rimouski
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  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit
    4 avril 2010 17 h 06
    Les stigmatisations de G.Levasseur
    Vous en êtes rendu à stigmatiser les Francophones vivant à l'extérieur du Québec ? Et si vous aviez découvert qu'elle vivait à Baie Comeau, Terrebonne ou Saguenay ? Moi même comme souverainiste depuis 1978, j'ai tendance surtout avec tout ce que je lis depuis 3 semaines sur cette tribune, à me méfier davantage de l'auberge espagnole(texte 3 avril 7 h57) que constitue les résistants aux symboles religieux que les avocatEs spécialisés en droits constitutionnels, spécialistes des questions interculturelles peu importe leur provenance au Canada.

    Ne perdre jamais de vue, que l'organisation qui se cache derrière la publication du Manifeste pour interdire tout port de symbole religieux confondus dans les Institutions publiques, est la même qui organise ce mois-ci à la Grande bibliothèque de Montréal, un débat qu'on dit «démocratique» où les 4 invitéEs ont signé le même manifeste. (Allo la démocratie !) dont un artiste(2 Fiq) qui ne carbure qu'à la provocation(à la Théo van Gogh) contre l'ensemble de la communauté musulmane et B. Benhabib(espèce de Kid Kodak) qui coincée lors d'un débat contre Françoise David de Québec Solidaire sur Radio-Canada a tenté de lui mettre des mots dans la bouche qu'elle n'avait jamais affirmé. Et là je n,ai pas cité toutes les horreurs lus sur cette tribune depuis 3 semaines envers la Communauté musulmane Québécoise toute confondue.
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  • Guy LeVasseur - Inscrit
    5 avril 2010 06 h 02
    Vision canadienne du "vivre un à côté de l'autre".
    @ Duchêne Denys Mehdi

    pour mieux comprendre la vision canadienne du vivre "un à côté
    de l'autre" je vous invite à consulter l'étude ci-jointe ( 27 pages en anglais ) des Dr. Kadeer et Kumar que je pourrais traduire le titre de la manière suivante :

    Les enclaves ethniques de Toronto :
    Sites de ségrégation ou Communautés de choix ?

    http://ceris.metropolis.net/events/seminars/2005/M

    Les graphiques présentés dans cette étude sont ..... éloquents !!!!

    On peut mieux comprendre que les dames en Niqab résidant à Toronto peuvent le faire en toute ..... "liberté".

    Elle vivent dans un ghetto qui reproduit un micro pays musulman
    en terre canadienne. On appelle cela le multiculturalisme canadien.

    Hors, je le redis, le Québec à un autre projet de société pour sa nation :

    Le "vivre ensemble interculturel intégré" laïque et neutre qui est en fait l'antithèse de l'approche Canado Torontoise.

    Le Niqab a très très peu de place dans notre projet intégrateur et cela correspond à ce que pense la grande majorité de la population du Québec.

    Guy LeVasseur
    Rimouski
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  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit
    5 avril 2010 09 h 01
    Précisions M. Levasseur
    C'est justement pour cela qu'existe un ghetto du type de celui de Toronto et non à Montréal. Ces gens ont compris le multiculturalisme canadien. Ils s'installent là où ils peuvent le vivre. Et c'est la raison pour laquelle ce type de ghetto n'existe pas au Québec, quoique le Chinatown à Montréal où on croise de nombreuses personnes âgées ne parlant ni français, ni même l'anglais est en soit une forme de ghetto.
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  • jacques noel - Inscrit
    5 avril 2010 16 h 15
    Pendant ce temps au Maroc....
    http://fr.news.yahoo.com/64/20100405/twl-expulss-p

    Isabelle Mandraud
    Ce soir-là, mardi 30 mars, les fidèles réunis à l'église Notre-Dame-de-Lourdes de Casablanca, pour la messe chrismale d'avant Pâques, ont sans doute tendu l'oreille plus qu'à l'accoutumée. Pour la première fois, un responsable de l'Eglise catholique évoquait, publiquement, les expulsions de chrétiens au Maroc, nombreuses depuis le début du mois.

    Dans son homélie, le nonce apostolique Mgr Antonio Sozzo a insisté sur la ligne de conduite tenue et à tenir. L'Eglise, a-t-il souligné, ne fait pas de prosélytisme. Mais devant l'assistance médusée, l'ambassadeur du Vatican a dû également reconnaître qu'il n'avait obtenu aucune explication des autorités marocaines au sujet de l'expulsion du prêtre Rami Zaki, le 8 mars, en même temps que 15 autres missionnaires, évangéliques pour la plupart.

    Tous sont soupçonnés d''ébranler la foi des musulmans', un délit de prosélytisme inscrit dans la loi marocaine et puni de six mois à trois ans de prison. Comme les autres, le Père franciscain Zaki, qui officiait à Larache, dans la région de Tanger, n'a donc eu que quelques heures pour faire ses bagages.

    Une première. Hispanophone, d'origine égyptienne, il a été renvoyé par avion au Caire, où il est resté sept heures en garde à vue sans pouvoir expliquer les raisons de son départ forcé. Et sans motif clair, pas de recours possible. 'Est-ce une erreur ? A-t-il commis une faute ? Nul ne le sait', soupire le Père Daniel Nourissat, chargé de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes de Casablanca.

    En l'espace de quelques semaines, ce sont ainsi une trentaine de religieux, Américains, Coréens, Néerlandais... qui ont été priés de quitter sans délai le territoire marocain. Du jamais-vu. Seize de ces personnes travaillaient dans le Village de l'espérance, un orphelinat situé à Aïn Leuh, (province d'Ifrane) dans l'Atlas. Depuis plusieurs années, le centre s'occupait d'enfants défavorisés ou orphelins, et avait même obtenu les agréments officiels pour cela.

    Pour une raison ignorée, les autorités marocaines, encouragées par les discours outranciers de l'imam local, ont décidé, le 8 mars, qu'il ne respectait pas la kafala ('procédure d'adoption'). Les seize personnes, parmi lesquelles figuraient des éducateurs, des administratifs, ont eu deux heures pour rassembler leurs affaires. Avant cela, il y a eu l'expulsion d'un Américain - installé au Maroc depuis vingt-deux ans ! - à Amizmiz, au pied du Haut Atlas. Après, il y a eu les refoulés, ceux qui, de retour de congés, n'ont même pas pu sortir de l'aéroport. C'est le cas notamment d'un pasteur sud-africain de Fès. Ou bien du président de l'organisme qui chapeaute l'école américaine George-Washington
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  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    5 avril 2010 20 h 04
    Madame Massicotte au sujet de la Belgique.
    J'ai suivis un peu ce débat et cette fameuse loi qu'ils se préparent à adopter, n'est absolument pas certaine de prendre effet. Vous avez mentionner avec un certain manque de respect que la charte canadienne n'accepterait pas et avec raison ce genre d'attaque sur les droit individuels. Mais la Belgique fait parti de L'union Européenne qui à plusieurs égard, est plus contraignante que la confédération canadienne. Il est presque certain que l' UE interdirait à la Belgique ce genre de loi.
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  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    5 avril 2010 20 h 08
    M Levasseur
    Vous dites.... Je répond à madame que le Québec à un autre projet de société pour
    sa nation : Le "vivre ensemble interculturel intégré" et ....... laïque
    neutre.

    Une question Ce fameux Québec dont vous parlez, existe t il, car le Québec qui existe présentement est canadien et multiculturel protégé par une charte des droits et liberté individuel blindée.
    Aussi le Québec qui existe présentement est le choix populaire de la majorité des québécois.
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  • Martin Dufresne - Abonné
    6 avril 2010 09 h 27
    Racines coloniales de l'islamophobie actuelle
    Christine Delphy a prononcé il y a deux semaines en France une allocution qui éclaire singulièrement le débat en cours ici, plus qu'inspiré comme on le sait de la dynamique qui a sucité des lois similaires en Europe. Je me permets d'en citer le premier paragraphe:

    QUE VEULENT VRAIMENT LES BLANCS ?
    Caste et classe en France
    http://www.entrailles.fr/index.php?post/Que-veulen

    La question que je pose ici, c’est celle des campagnes d’opinion et des loi ou propositions de loi anti-musulmanes en France ; qui commencent apparemment en 89 avec la première affaire du foulard, mais en fait bien avant par une dénonciation permanente depuis au moins trente ans du danger que représente l’islam, en France en Europe et dans le monde, dénonciation bien documentée par Thomas Deltombe (dans "L’islam imaginaire : la construction médiatique de l’islamophobie en France (1975-2005)", Paris : La Découverte, 2005. (...)

    A lire impérativement pour éviter les dérives vers l'insulte et le procès par association, bien commodes pour masquer le coup de force en cours.
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